Pas de panique ! ni la France ni la planète ne s’appellent Titanic !

Il faudra des années pour relever le niveau scientifique du pays, mais en attendant on se doit de ne pas obéir aux injonctions manifestement stupides et on peut donc s’essayer à la dérision .

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Pas de panique ! ni la France ni la planète ne s’appellent Titanic !

Publié le 28 janvier 2020
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Par Loïk Le Floch-Prigent.

En écoutant Roger Genet, Directeur Général de l’ANSES se débattre contre les volées de bois vert reçues de toutes parts contre l’avis de son Agence sur les SDHI, c’est-à-dire les substances qui bloquent la respiration des cellules des champignons  affectant les cultures, qui sont la base des fongicides, j’ai eu le cœur serré.

Scientifique infatigable au service de la collectivité, voilà un homme qui ne souscrit pas à l’émoi de quelques scientifiques et il est immédiatement accusé de collusion avec les « lobbies industriels ».

Lanceur d’alerte…

Il suffit donc de s’autoproclamer « lanceur d’alerte », de rédiger un texte annonçant l’apocalypse et d’en faire une bonne publicité dans les médias pour se donner le droit de salir deux professions : celle des contrôleurs des produits consommés par la population et celle des industriels qui les fabriquent et les mettent à disposition.

Sans doute dans l’air du temps, cette façon de procéder est mortifère car une fois le doute instillé, la population est rapidement inquiète et les soupçons pénètrent la population à grande allure.

Cette utilisation de la science pour apeurer et stigmatiser est inquiétante car il apparait aussitôt dans la société française l’inaptitude à utiliser les connaissances en principe apprises par l’école et l’université et l’esprit critique dont on dit que notre pays est largement pourvu… pas assez, loin s’en faut à mon goût !

Mais comme on a pu l’observer avec les émissions « Envoyé spécial «  ou « Cash investigation » les scientifiques conséquents sont démunis devant les formules des médias qui sont à la recherche de vérité révélée, de dogmes clairs, de « bien » ou de « mal » et qui n’utilisent jamais les précautions dues à la complexité des sujets traités.

Le niveau scientifique en berne

Vouloir toujours simplifier et trouver des coupables n’est pas dans la préparation de l’esprit scientifique et nos « savants » s’essayant à la nuance sont soit caricaturés soit tout simplement trahis en isolant un propos parcellaire. On aurait pu espérer qu’une communauté scientifique représentative, Académie des Sciences par exemple, mette le holà à l’égard de ces dysfonctionnements ; cela n’a pas été le cas, et depuis bien longtemps, il va donc falloir trouver une solution différente.

Les sujets d’irritation ne manquent pas et les sondages permettent d’illustrer tous les jours le manque de connaissances de base de la communauté nationale tandis que politiques et journalistes perpétuent les approximations et les contre-vérités reprises d’ailleurs par toutes sortes de professions, en particulier les banquiers.

Il faudra des années pour relever le niveau scientifique du pays, mais en attendant on se doit de ne pas obéir aux injonctions manifestement stupides et on peut donc s’essayer à la dérision .

Phobies VS industrie chimique

Restons dans le domaine de l’agriculture, nous aurons suffisamment l’occasion d’évoquer les éoliennes plus tard.

La levée de boucliers contre les pesticides, contre la chimie en général et contre la chimie de synthèse ou la chimie du pétrole en particulier est absurde d’un point de vue scientifique mais les craintes voire les phobies sont là et l’industrie chimique a eu du mal à ne pas se sentir en situation d’infériorité depuis Seveso et surtout depuis Bhopal.

Mais entre des accidents industriels et des frayeurs à la seule qualification de produit « chimique » il y a un gouffre.

Après la civilisation de la cueillette, il y a eu celle de la culture et de l’élevage avec la recherche de la meilleure utilisation du sol. La terre nourricière a été au centre des préoccupations de nos ancêtres, les populations émigrant en cas de disettes.

Le climat et ses fantaisies étaient des obstacles périodiques et chacun s’est efforcé de maintenir ses productions en luttant contre la sécheresse, les inondations, les insectes, les champignons, les mauvaises herbes et l’infertilité du sol, tout en inventant des instruments capables de labourer avec toujours plus d’efficacité.

La mécanisation de l’agriculture a modifié considérablement le métier tandis que les connaissances scientifiques conduisaient à l’amendement des sols par l’engrais et au traitement des cultures avec des produits contre les mauvaises herbes, les champignons et les insectes.

Nous sommes rapidement passés des remèdes de bonnes femmes aux pesticides pour améliorer les récoltes tandis que la sélection des semences devenait de plus en plus sophistiquée. L’ère industrielle a conduit à une concentration des terres, une diminution des acteurs et une augmentation des rendements grâce à la mécanisation et aux sciences chimiques et biologiques. La population mondiale est passée de un à sept milliards d’individus et malgré cette augmentation la faim dans le monde a reculé.

Les écosystèmes ont été fortement altérés par cette course aux rendements et à juste titre, depuis les années soixante l’écologie est venue nous rappeler à nos devoirs envers notre environnement et les nouvelles générations. Scientifiques, techniciens et industriels se sont donc mis au travail pour améliorer la qualité des produits et des terres tout en maintenant les rendements.

Certes, une autre solution pourrait être de faire décroître la population ou le niveau d’alimentation, mais même si une partie de la population semble le demander il parait illusoire de contraindre l’ensemble de l’humanité à adhérer à ces perspectives, surtout dans les zones où l’abondance n’est pas encore parvenue.

Les agriculteurs travaillent la qualité et ne comprennent pas l’ostracisme dont ils sont victimes de la part de certains consommateurs qui commencent à venir les attaquer dans leurs fermes.

Les contrôleurs sont à la fois en contact avec les utilisateurs des produits pesticides et les fabricants ; c’est ainsi qu’ils sont compétents et peuvent émettre des avis motivés et cependant indépendants.

Soupçonner a priori la malhonnêteté des experts et observer jour après jour la calomnie s’étendre est indigne car on peut facilement démontrer que dès qu’une personnalité s’écarte de la doxa de certains militants elle est attaquée, suspecte et déchirée.

Oui, les experts ont eu des relations professionnelles avec tous les praticiens du secteur, c’est même pour cela qu’ils ont été choisis, et comme tous les hommes ils ont le droit d’être honnêtes, d’avoir une conscience et de vouloir le bien et la santé de la population française dont ils s’estiment responsables.

Donner un avis après des mois de travaux de laboratoire et se retrouver menacés d’être traduits en justice est totalement déplacé. L’État doit y mettre bon ordre, c’est son devoir, mais peut-être est-il embarrassé aujourd’hui d’avoir pris une position idéologique et émotive sur le glyphosate alors que les organes de contrôle du monde entier le contredisent.

Enfin les industriels fournissent des produits dont ils ont mesuré l’efficacité mais au départ, il y a des dizaines d’années, ils n’ont pas étudié suffisamment les conséquences sur l’environnement.

Depuis soixante ans, ce n’est plus le cas, et ils essaient d’évaluer et surtout de préconiser les doses qui permettent le traitement sans massacrer la nature.

Le principe de précaution

La science n’est pas au bout de ses connaissances et beaucoup reste à accomplir, les laboratoires recherchent ce qui est le plus efficace et le plus indolore. Mais les ruptures brutales sont impossibles pour les agriculteurs sauf causes majeures de dangers réels ; comme le dit le Directeur de l’ANSES, un risque n’est pas un danger.

Le principe de précaution consiste à éviter le danger, pas le risque. Toute substance éradiquant une mauvaise herbe, un champignon ou un insecte présente un risque.

Mais ces risques sont présents dans la nature et donc depuis la nuit des temps tout apport extérieur de substance a présenté un risque, peu importe son origine. En d’autres termes le caractère naturel sans cesse revendiqué n’a aucune réalité scientifique, que l’on ait trouvé la substance active dans une plante, dans le pétrole ou en synthèse ne préjuge pas de son danger éventuel.

Il va falloir du temps pour convaincre une population désormais sur les nerfs que les produits bio utilisent des pesticides et que ces pesticides s’ils sont naturels et mal dosés peuvent être plus dangereux que des produits de synthèse à l’action bien mieux ciblés. Tout cela c’est de la chimie et les plantes sont passées maîtres dans la réalisation des synthèses quelquefois dramatiquement mortelles comme l’amanite phalloïde ou la ciguë.

Aucun industriel n’a envie d’empoisonner quiconque, les industriels essaient au contraire de développer les meilleurs produits pour satisfaire le client final, le consommateur. Il n’y a pas complot mais au contraire volonté de suivre la volonté d’une clientèle justement préoccupée de la qualité de ce qu’elle trouve dans son assiette et qui veut rester en bonne santé.

Arrêtons les anathèmes inutiles, dangereux et inexacts. Et dans un premier temps soutenons ensemble les professionnels qui ont dédié leur vie à la protection de la population française comme ceux de l’ANSES.

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  • quand une idéologie est en panne et ne sait plus fabriquer des utopies faire peur est un autre moyen d’être élu
    peu importe la réalité scientifique de leur temps les religions s’en sont allègrement passée… et ont régné
    20 sciecle

  • « Envoyé spécial » , « Cash Investigation »
    Ne produisent strictement aucunes informations, uniquement de l’audience. l’auteur les a cité a juste titre. Récemment la Marionnette Greta Thunberg et Bilal Hassani qui se moque dans une vidéo des attentats du Bataclan et de Charlie Hebdo, ont servit de titre a cette manipulation télévisée.

  • Quelques remarques :
    « Sans doute dans l’air du temps, cette façon de procéder est mortifère car une fois le doute instillé, la population est rapidement inquiète et les soupçons pénètrent la population à grande allure. »
    Tchernobyl restera comme le déclencheur de la défiance des populations dans le domaine de la santé vids à vis de leur gouvernement…
    Et puis le mépris envers le résultat du référendum de 2005 a su démontrer que l’état se « tape » complètement de l’avis des citoyens.

    « politiques et journalistes perpétuent les approximations et les contre-vérités reprises d’ailleurs par toutes sortes de professions, en particulier les banquiers. »
    Il faut dire qu’ils sont absolument tous de formation littéraire pour lesquels le summum de la difficulté est l’équation à une inconnue du deuxième degré…(sauf les banquiers ayant fait un grand école de commerce bien sûr). Le nivellement par le bas du niveau scientifique moyen semble être d’ailleurs pérennisé par la dernière réforme de l’enseignement.

    • pour 2005 il s’agit largement d’une manipulation de la gauche

      • Cela serait intéressant de développer car l’accord de Lisbonne, sauf erreur c’est Sarkozy…et 2005 c’était Chichi

        • volontiers
          le referendum de 2005 posait une question:
          la constitution europeenne
          le resultat fut non , il n’y a pas de constitution europeenne.
          Suite a l’élargissement a 26 ( accepté par Chirac), le precedent accord europeen n’était plus compatible au niveau du poids des participants, les petits pays de l’est avaient le meme poids électoral que les grands pays..il a fallu élaborer un autre accord , l’accord de Lisbonne!
          cet accord a été avalisé par les parlementaires français au congrès a Versailles a la majorité des 3/5 eme..gauche inclue donc
          comme ces dispositions étaient prévues dans le texte soumis a referendum , les opposants se sont gargarisés avec la théorie comme quoi on ne respectait pas le referendum…
          la presse de gauche a fait le buzz
          z.. les couillons ont suivi et hollande a gagné les Elections… bien fait!

    • « …le summum de la difficulté est l’équation à une inconnue du deuxième degré… » ? C’est FAUX !

      Julien Bayou et Yannick Jadot ne savent pas calculer la surface d’un cercle. Ils en ont fait la démonstration éclatante sur Twitter quand ils ont voulu contredire Mme Géraldine Woessner dans l’affaire des « bébés sans bras » de l’Ain.

  • En lisant cet article équilibré, je me dis que ce discours a forcément moins de succès que les simplismes catastrophistes…
    Non seulement « Il faudra des années pour relever le niveau scientifique du pays »… mais on n’en prend pas le chemin (voir l’état de l’EN et même maintenant l’idéologisation d’une partie de l’enseignement supérieur et de la recherche).
    Quant à faire décroître la population ou le niveau d’alimentation, un certain nombre d’idéologues bien en cour auprès des politiques et des medias n’y ont las renoncé, bien au contraire. Ces idées traînent depuis des décennies dans certaines sphères élitistes, elles ont fini par irriguer les milieux scientifiques. L’abrutissement de la population et la propagande font le reste.
    L’humanité n’est en danger que par les idéologies et les abus de pouvoir qu’elles entraînent…

  • Je mettrai cet article en relation avec celui de Philippe Silberzahn sur Christensen, où il question du processus (car plusieurs années) de rupture dans l’environnement d’une entreprise et son adaptation ou non. Bien sûr une opinion publique n’est pas une entreprise mais il y a cependant des similitudes.
    Les agriculteurs qui ont connu les progrès (mécanisation, engrais et protection chimique des cultures) étaient des paysans sans formation à ces nouveaux outils. Ce n’est que dans les années 90 que le métier s’est profondément professionnalisé. Les produits étaient donc insuffisament maîtrisés et les surdosages fréquents (qui peut le plus peut le moins). D’autant que, comme l’indique l’article, l’industrie communiquait peu à tort ou à raison sur les risques. Comme les effets de ces pratiques se voient des années ou des décennies plus tard en devenant visible au yeux de la société, nous obtenons ce que nous observons depuis une vingtaine d’années : l’agriculture est polluante et empoisonne. Sauf qu’entretemps, l’agriculture en question s’est professionnalisée avec des pratiques bien mieux maîtrisées. Nous avons affaire à de vrais entrepreneurs qui réduisent leurs intrants au strict minimum nécessaire pour améliorer leur marge.

    L’opinion publique est comme une entreprise dans un environnement en rupture, elle met un certain délai qui se compte en années pour constater (de visu pourrais-je dire) les changements et s’adapter en conséquence. Le dogme apparaît dès lors que la réalité n’est plus en phase avec une perception qui devient de plus en plus anachronique.

    • Paradoxalement la radicalisation est le signe que le rattrapage de la réalité par l’opinion est en cours (au moins dans ce domaine).

  • Merci, Monsieur, pour cet excellent article rappelant la nécessité d’un retour à la raison, seul capable d’éviter une régression de la civilisation.

  • Quand on me vante telle crème en me disant : « tu peux l’utiliser sans risque, c’est naturel » je rappelle systématiquement que le contenu d’un baril de pétrole brut est parfaitement naturel. Ou la cigüe, le cyanure, l’arsenic, le plomb, le mercure… ce n’est pas une raison pour s’en tartiner.
    En général, mon interlocuteur laisse tomber ce sujet.

    • Les pharmaciens me détestent. Ils essaient tous avec plus ou moins d’insistance de me refiler leurs grigris hyper dilués et leur bave de crapaud « naturelle » et je leur réponds que non merci, je suis hyper scientifique.
      La phytothérapie pourrait marcher, mais vu les procédures simplifiées de mise sur le marché on peut être certain que c’est du bullshit ou que c’est carrément dangereux comme pour les huiles essentielles toxique.

  • Elise Lucet est la principale responsable de la phobie des français et de ces soupçons!

    • l’Etat et les politiques bien avant Elise luçet..à force de bourrer le mou aux gens

      • Lucet est plus une propagandiste qu’une journaliste . La gauche totalitaire et marxisante est à l’agonie et n’a plus de limite . Ce qui est inadmissible c’est surtout quelle distille son poison sur une chaine publique, financée par le contribuable

  • Je partagerais le point de vue de Loïc Le Floch Prigent si je savais que les industriels, dans tous les domaines, ne sont conduits par le fric. Médiator ? le fric ; les statines? le fric ; la détérioration des cultures vivrières ? le fric ; le truandage des émissions de particules fines des véhicules ? le fric… vous en voulez d’autres ? Mais la question soulevée concerne le niveau des scientifiques, dommage que l’article dévoie le thème…

    • Les dizaines de milliers de petits patrons et travailleurs qui te fournissent ton pain, ta nourriture, ton smartphone, ta voiture, tes centaines de biens ne se lèvent pas le matin pour l’amour de te servir.
      Donc quoi ?

  • Quand je pense a ce que Loïk Le Floch-Prigent a subi de la part de la hyène rouge verte mal nommée JOLY, je comprends mieux le mot résilience.
    Bon courage Monsieur !

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