La tentation humanicide de l’écologisme

Il faut prendre l’écologisme au sérieux car cette idéologie porte des revendications totalitaires et humanicides plus radicales que n’importe laquelle de ses devancières. OPINION

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Climate justice now By: Fibonacci Blue - CC BY 2.0

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La tentation humanicide de l’écologisme

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 décembre 2018
- A +

Par Drieu Godefridi.

Fascinante fécondité de l’esprit humain qui, au fil des siècles, ne cesse d’engendrer des théories et de nouvelles idéologies, plus fantaisistes les unes que les autres.

Fantaisistes, et souvent dangereuses ; l’histoire du XXe siècle d’abondance en témoigne. On l’oublie, mais le marxisme s’offrait à l’origine comme une théorie scientifique ; Marx prétendait décrire le fonctionnement de l’histoire et prédire —non préconiser — la révolution, la dictature du prolétariat puis l’avènement de la société sans classe, et finalement sans État.

Le marxisme en tant que science, cent fois réfuté depuis les travaux du socialiste critique Eduard Bernstein, mille fois réfuté par les faits, n’est plus revendiqué comme tel que par de petites sectes très locales.

La grande idéologie de notre temps est l’écologisme (au sens de l’écologie politique). Oh, rien de bien neuf. Le national-socialisme, également étayé de prétentions scientifiques, se revendiquait de sa proximité avec la nature ; ainsi la « brute aryenne » était-elle réputée plus « naturelle » et plus « saine » que sa nemesis, le marchand, le bourgeois, le Juif. Cette pseudo-science de pacotille fut rapidement balayée par le vent de l’Histoire, grand désinfectant de la raison.

L’écologie antihumaniste

Dans sa version contemporaine, l’écologisme naît d’une improbable matrice théorique, dans laquelle se mêlent l’hostilité à la technique (Jünger, Heidegger, Habermas), le malthusianisme (Thomas Malthus, auteur anti-humaniste à la charnière des XVIII et XIXe siècles) et ce que l’on appelle la deep ecology, ou écologie profonde (Hans Jonas, Paul Ehrlich), soit la conviction que l’homme est non seulement un danger pour l’homme, mais qu’il s’inscrit dans une relation foncièrement antagoniste avec la nature.

L’écologie contemporaine est un antihumanisme au sens strict. Au mieux, l’homme est perçu comme un danger et une nuisance à contenir ; au pire, comme un virus proliférant qu’il convient d’éradiquer. Ainsi l’écologisme rompt-il de façon radicale avec la tradition judéo-chrétienne, qui fait de l’homme le siège du sens et de la morale. La Torah — le Pentateuque de l’Ancien Testament — enjoignait les hommes à cesser de vénérer des arbres, tels des païens, pour comprendre qu’il n’y a de raison et de sens qu’en l’homme et dans la transcendance. Dès les années 60, s’imposait dans les cercles écologistes américains l’idée que nous ne sortirons de la « crise écologique » qu’en renonçant au postulat judéo-chrétien de la maîtrise de la nature par l’homme (Samuele Furfari retrace la généalogie de cette polémique dans son remarquable ouvrage Dieu, l’homme et la nature.)

Inutile de multiplier les considérations théoriques. Car notre thèse se laisse démontrer, très simplement, par les revendications des écologistes contemporains. Prenons-en deux exemples.

Le problème, c’est l’homme

Lors d’une conférence donnée en septembre 2018, l’astrophysicien Aurélien Barrau, membre du comité de direction du Centre de physique théorique de Grenoble-Alpes et du laboratoire d’excellence ENIGMASS, responsable du master de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble, membre du Comité national de la recherche scientifique (CNRS), expliquait que l’homme est une nuisance pour la nature, et que nos comportements destructeurs (pour la « macrofaune ») sont malheureusement inhérents, non seulement à ce que nous faisons, mais à ce que nous sommes.

Le problème est ontologique, selon M. Barrau. L’homme, explique notre physicien, est une créature faible, incapable de raisonner à « l’échelle collective », en somme un être maladif.

Il faut, par conséquent, des mesures politiques concrètes, coercitives, impopulaires, s’opposant à nos libertés individuelles. On ne peut plus faire autrement.

Terrible sentence ! Un régime qui supprime les libertés individuelles — se déplacer, se chauffer, se vêtir, entreprendre, circuler, créer, fonder une famille — n’est pas seulement « autoritaire ». Un tel régime est totalitaire au sens strict, visant à régenter la vie — la survie — des hommes jusque dans le moindre détail de leurs faits et gestes.

Renoncer à la démocratie pour le bien de la planète

Dans une interview à Libération datée du 29 juillet 2018, le climatologue François-Marie Bréon du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (IPSL), auteur au GIEC (organisme politique de l’ONU sur le climat) explique que nous devons impérativement renoncer au chauffage, au tourisme, fermer purement et simplement des pans entiers de nos économies, et finalement renoncer aux libertés individuelles et à la démocratie, toutes réalités incompatibles avec la lutte contre les émissions de CO2.

Encore ces mesures seront-elles insuffisantes, précise ce distingué climatologue. Car la seule mesure apte à préserver l’environnement serait de diviser l’humanité par dix. M. Bréon reste en défaut de préciser comment nous débarrasser des neuf dixièmes de l’humanité. C’est ce que je nomme la tentation humanicide de l’écologisme, parfaitement cohérente avec ses fondations théoriques.

Il faut prendre l’écologisme au sérieux. Non comme science, car l’écologie politique n’est pas plus scientifique que ne l’étaient le marxisme ou le national-socialisme.

Il faut prendre l’écologisme au sérieux car cette idéologie porte des revendications totalitaires et humanicides plus radicales que n’importe laquelle de ses devancières.

 

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  • Merci.
    Ces écologistes, humains, qui critiquent les hommes, me font penser aux males blancs féministes ou anti males blancs.
    version ultra courte:

    J’ai une solution pour tout ces gens: si vous commenciez pas traiter le mal à la racine, et sauviez la planète, en vous tirant une balle dans la tête par exemple? Ou en vous faisant castrer ?Vous iriez au bout de votre logique.

    • faire étalage de sa vertu…
      vertu de mes deux en général. qui se résme à se déclarer favorable aux idées qui sont supposées appartenir au camp du bien.

      il n’y a pas de gris…le noir et le blanc…
      le diesel comme le nucléaire, le glyphosate, le pétrole, les migrations, et maintenant le profit n’ont plus des avantages ou des inconvénients…c’est mal.

  • Excellent article.
    L’écologisme n’est finalement qu’une détestation de soi, de l’Homme. Quelle horreur!!!!!
    Nos écolos d’opérette sont des fous dangereux.

  • Dans son interview à Libération, Bréon préconisait la baisse des vitesses sur route, l’augmentation des prix du carburant et du gaz.
    Chose faite avec le résultat que l’on sait…

  • oui….
    c’est assez difficile à nier.
    Mais vous auriez pu parler de cousteau..ou d’autres personnes fort populaires qui ont toujours tenu des discours similaires.
    Le discours de la surpopulation plait, c’est un fait .. mais il me semble qu’il fait écho au péché originel, vous naissez pécheur, désormais vous êtes le péché.

    le ventre est encore chaud d’où est sorti la bête immonde…
    La grande erreur est de se penser civilisé. Ce faisant on se pense meilleur.
    Dans un registre d’inhumanité moins direct, j’ai souvent entendu des gens, bien élevés rêver à voix haute de pouvoir établir un permis de faire des gosses.. par ailleurs ils peuvent avoir un discours très social ou généreux.
    un écologiste peut tenir un discours très généreux sur l’immigration.

    en général, ces gens se sont élevés au dessus de l’humanité, ils sont le peuple qui s’est élu…

    • « Ah, si les choses étaient si simples, s’il y avait quelque part des hommes à l’âme noire se livrant perfidement à de noires actions, et s’il s’agissait seulement de les distinguer des autres et de les supprimer ! Mais la ligne de partage entre le bien du mal traverse le cœur de chaque être humain. Et qui est ira détruire un morceau de son propre cœur ? …. « 

      • En effet :
        « La Torah — le Pentateuque de l’Ancien Testament — enjoignait les hommes à cesser de vénérer des arbres, tels des païens, pour comprendre qu’il n’y a de raison et de sens qu’en l’homme et dans la transcendance »
        L’écologisme est bien un produit de la « raison ».

        • Heu, oui et non?
          Le côté malthusien de l’écologisme est bien un raisonnement par l’absurde – un abus de raison, qui s’affranchit de ses limites pour extrapoler à l’infini sans tenir compte des faits. En ce sens, plus un problème d’hubris que de raison..
          Mais la croyance de base – que la « nature » fantasmée est bonne, éternelle, immuable, et seule digne de vénération- est totalement imperméable à la raison – ne résiste pas une minute à l’analyse critique- et représente juste un paganisme de pacotille de la part de ceux qui, ayant vu tomber les statues de Lenine, et toujours pas remis de la mort de Dieu, se cherchent une religion de remplacement.

  • Comme vous avez raison, et le propre de ces idéologies est de se présenter sous l’aspect du Bien alors qu’elles ont un objectif de destruction. Ce n’est pas la « Planète » qui est en danger, c’est l’humanité.
    Quelques citations complémentaires de brillants écolomaniaques:
    « Peu importe que la science soit complètement bidon, il y a des bénéfices collatéraux pour l’environnement…  » (Christine Stewart, ancien ministre de l’environnement Canadien laquelle on expliquait que les données climatiques avaient été falsifiées et détournées et que rien n’était prouvé)

     » Ce qui est la vérité n’a pas d’importance. Seul compte ce que les gens pensent être la vérité ». (Paul Watson, cofondateur de Greenpeace Magazine Forbes, Nov 1991)

    « Je pense que si nous ne renversons pas le capitalisme, nous n’avons aucune chance de sauver le monde du point de vue écologique ». (Judi Bari, membre de l’organisation éco-extrémiste « Earth First » soit « Terre d’abord »)

    « Nous devons présenter des scénarios effrayants, proférer des affirmations simplistes et catastrophiques sans prêter attention aux doutes que nous pourrions avoir. Chacun d’entre nous doit choisir entre l’efficacité et l’honnêteté « . (Stephen Schneider du National Center for Atmospheric Research Boulder, Colorado, interview à Discover Magazine en 1989)

    « Il est possible que nous en arrivions au point où, pour sauver le monde, la solution sera l’effondrement de la civilisation industrielle ». (Maurice Strong, créateur du mouvement « New Age »)
    Poursuivant son raisonnement, Maurice Strong donne des pistes pour parvenir à ces fins: « recherche de la pauvreté…réduire la consommation des ressources… et installer des normes pour la mortalité ».

    LecClub de Rome est une source d’inspiration privilégiée de la plupart des « écologistes » de la deep ecology. L’agenda 21 de l’ONU reprend un grand nombre de ces idées.
     » En recherchant un nouvel ennemi qui pouvait nous unir, nous en sommes arrivés à l’idée que la pollution, la menace du réchauffement climatique, la raréfaction de l’eau douce, les famines et les choses de ce genre, pourraient faire l’affaire… Tous ces dangers résultent de l’intervention humaine et ce n’est qu’en changeant d’attitude et de comportement qu’on peut en venir à bout. Dès lors, le véritable ennemi c’est l’humanité elle-même »
    Et encore: « La démocratie n’est pas la panacée. Elle ne peut pas tout organiser et elle est inconsciente de ses propres limites. On doit voir les choses en face. Aussi sacrilège que cela puisse paraître, la démocratie n’est plus adaptée pour résoudre les tâches qui nous attendent. La complexité et l’aspect technique de beaucoup de problèmes actuels ne permettent pas à des élus de prendre des décisions compétentes en temps voulu. » (« Le Club de Rome: La Première Révolution Globale, pp.104-105)
    Ou encore cette citation tirée d’une autre publication du Club de Rome: « La terre a un cancer et ce cancer, c’est l’homme. »

    Peccei, l’un des fondateurs du Club de Rome en 1968, explique dans son autobiographie de 1974 (La qualité humaine) les étapes du plan écologiste: d’abord un grand choc culturel avec la manipulation sur l’idée de ressources limitées et de désastre imminent, puis la conquête de la citadelle du pouvoir politique et la subversion de la communauté scientifique et enfin la réalisation, à partir de gouvernements nationaux ou d’institutions internationales, des projets de réduction de la population.

     » Pour stabiliser la population mondiale nous devons éliminer 350.000 personnes par jour. C’est horrible à dire mais c’est aussi horrible de ne pas le dire » (Jacques Y. Cousteau, Courrier de l’Unesco).

    « Si j’étais réincarné, je souhaiterais renaître sur terre sous forme de virus mortel afin de faire baisser le niveau de la population mondiale… », (Prince Philip d’Angleterre, Président du WWF, Décembre 1995.)

  • Les ecolos de la tendance decrite ici ne representent meme pas 2 % des electeurs (deja EELV fait 3 a 5 %), donc pas de raison de les prendre trop aux serieux.

    Sur la surpopulation, qu on le veuille ou non, on peut pas avoir une croissance infinie de la population (c est une croissance exponentielle pour ceux qui aiment les math) car a un moment ou un autre on va heurter les limites de la terre (on peut certes penser a coloniser Mars ou se serrer pour vivre comme au Bangladesh).

    Apres on peut esperer quel esprit humain trouve une solution (voyages spaciaux abordable ?) mais la solution risque plutot d etre comme au moyen age : on envahi le voisin pour piller ses ressources. Puis suite a la guerre une famine+epidemie fait retomber la population a un seuil compatible avec les ressources que peuvent produire l economie

    • Les fous de l’écologie sont des gens influents et souvent des chercheurs. Leur motivation première est souvent politique et n’a rien à voir avec la science et encore moins avec l’humanisme. En outre ce sont des manipulateurs.
      Donc quelque soit leur nombre, ce sont des gens dangereux !

    • « Les ecolos de la tendance decrite ici ne representent meme pas 2 % des electeurs (deja EELV fait 3 a 5 %), donc pas de raison de les prendre trop aux serieux. »
      2% des suffrages, certes, mais 100% de la politique énergétique micronnienne.

      • Tout le problème est là, l’Etat a rapidement compris l’intérêt financier/taxatoire d’utiliser l’écologie à tout va.

        Il suffit de voir les mesures ridicules, idéologiques et, au mieux, sans conséquences pour l’environnement, au pire néfastes pour ce dernier.

  • Ce qui me surprend le plus, en tant que scientifique moi-même, c’est que l’écologisme arrive à séduire de grands esprits scientifiques. La science a permis jusqu’ici à l’Homme de perfectionner la technique et de s‘affranchir de nombreux handicaps comme la maladie (pas encore toutes !), la misère, la naïveté ; elle a permis d’utiliser la richesse naturelle et aussi les ressources non renouvelables. Le scientifique honnête sait bien que l’Humanité disparaîtra un jour, quelque soient les efforts faits pour la perpétuer. Il est vrai que des populations sont en croissance excessive pour le milieu dont elles disposent ; que le monde technologique organise le pillage des ressources au profit d’une minorité d’une seule génération. L’écologiste veut donc détruire rapidement ce qui fait la civilisation scientifique et technique, ce qui fait notre niveau de vie. Il voudrait pouvoir convaincre les populations en croissance de pratiquer la limitation draconienne des naissances, et sans doute aussi de renoncer à tous les éléments qui permettent un réel progrès humain. Qu’est-ce qu’un progrès humain : c’est de pouvoir se libérer suffisamment des contraintes matérielles pour pouvoir penser, échanger, pratiquer l’art. Pour cela, il faut poursuivre le travail scientifique, le développement technologique. Il doit être mis au service de tous. L’écologisme est pour moi comme un réflexe de protectionnisme : c’est aux autres de se limiter ; l’écologisme sait ce que les autres, qu’il croit moins savants ou moins intelligents, doivent faire pour sauver « la planète ». Comme si la Terre n’était pas capable de continuer à évoluer sans l’Homme ! Puisqu’à long terme, que nous ne connaissons pas, la fin de l’Humanité est inéluctable, il faut simplement chercher le bien-être de celle-ci, en reculant l’échéance, grâce à nos connaissances et grâce au partage de celles-ci. Sinon arrêtons de faire de la physique nucléaire, de la recherche médicale, des manipulations génétiques, des avions gigantesques, de l’informatique. Castrons-nous ; faisons hara-kiri. Et que les écologistes montent l’exemple. Mais cela ne servira à rien ; nous serons simplement remplacés par d’autres.

    • Les grands scientifiques ont aussi des fins de mois difficiles et des frais abominables pour quémander des subventions !

    • En fait, il y a une incroyable arrogance dans le fait de parler au nom des générations futures. En l’espace d’une génération, les idées changent, les habitudes changent, la façon de se comporter change, la société change.

      Je pense qu’il est préférable de regarder le passé pour analyser les constantes humaines afin d’éviter des erreurs, plutôt que de tenter de construire le futur au dela de 50 ans.

      Quand vous dites « L’humanité disparaitra un jour », il faut se demander quelle humanité. Ce sera peut-être encore l’espèce humaine, bio-ionique avec des gènes sélectionnés et modifiés. En revanche je serais incompable d’en comprendre les désirs, les motivations et enjeux. Je suis donc parfaitement incapable de parler au nom de cette humanité.

    • « « L’expertise produite par la recherche scientifique, en particulier quand elle est sollicitée et financée par les pouvoir publics, est utilisée à des fins de légitimation des choix politiques arbitrés par ces derniers » Anne- Emmanuelle BOURGAUX

    • rien de surprenant à ça en fait, être éduqué voire intelligent ne vous protège pas du tout de ce genre de chose…

    • Belle analyse.
      On pourrait aussi choisir un optimisme radical, et estimer que le chemin de l’Humanité mène aux étoiles.

  • L’écologisme souffre d’un défaut de conception, d’un pêché originel qui corrompt toute sa pensée : il considère l’Homme comme un agent extérieur à son environnement, et par nature néfaste. L’Homme EST la nature. C’est un être vivant, un animal, et toute action de sa part, même le simple fait de respirer, agit sur son écosystème car il fait partie de ce système. Et parce qu’il fait partie de ce système, ses interactions avec lui n’ont ni bonnes, ni mauvaises en soi. Elles sont bonnes si elles lui bénéficient, et mauvaises si elles lui nuisent.

  • Votre description de l’écologisme en tant que nouvel obscurantisme et socle pour un système d’oppression menaçant l’humanisme me semble très juste mais il y manque une nuance.
    Malthus avait (en son temps) à la fois raison et tort. Raison parce que la production des surfaces agricoles d’Angleterre ne permettrait pas de nourrir une population croissant au-delà d’une certaine limite. Tort parce qu’il n’imaginait pas que des progrès techniques permettraient d’accroître le rendement de ces terres.
    La croissance des rendements productifs a permis non seulement de satisfaire les besoins vitaux d’une population dont le nombre a cru très au-delà de ce que Malthus pouvait imaginer mais aussi d’atteindre des niveaux de vie alors impensables (et malheureusement aussi de développer une culture de gaspillage…).
    L’action de nos écologistes qui mènent une guerre aveugle contre les techniques ayant permis cet accroissement productif (ainsi que celles permettant de poursuivre cette tendance) me semble plus irresponsable que celle de ceux qu’ils dénoncent comme apprentis-sorciers. Et leur doctrine de nivellement par le bas (qu’ils ne commencent pas par s’appliquer à eux-même) va à l’encontre de l’humanisme.
    Bien évidemment toute technique a des aspects positifs et des aspects négatifs mais sans croissance des rendements productifs, celle de la population humaine mène à des difficultés.
    En ce sens, je pense qu’une forme de neo-malthusianisme peut devenir justifiée et humaniste car il est irresponsable de donner naissance à des enfants à qui on ne pourrait pas assurer des moyens de vivre, voire de survivre.

    • Sauf qu’on y est arrivé! De nos jours les famines ne subsistent que dans les régions de guerre ou de cataclysme! Et cela malgré la réduction importante des zones cultivées. En France nombre de terres qui l’étaient sont en friches et la forêt a considérablement augmentée! Sa surface a presque doublé par rapport à 1830. De vastes zones sous sous exploitées, les rendements minables de la Roumanie, de l’Ukraine (autrefois grenier de l’Europe) et de la Russie à cause du communisme, et qui sont toujours loin des rendements occidentaux! La Terre peut facilement nourrir 10 milliards d’habitants!

      • Sur le plan alimentaire, je suis totalement d’accord avec vous. Celui de l’eau potable est un peu moins rassurant mais les solutions techniques existent. Sauf si l’on renonce au nucléaire, l’énergie n’est pas un vrai problème. Mais il y a tout le reste. Lorsque, à l’intérieur d’une société, les écarts deviennent trop grands, des troubles surviennent. Ce problème n’existait pas au niveau d’une tribu, a accompagné l’histoire des pays et me semble devenir prégnant dans le monde globalisé introduit depuis 2 ou 3 générations. Mon interrogation ne porte pas sur le nombre d’habitants mais sur la pente de la croissance de ce nombre.

  • « …Il faut prendre l’écologisme au sérieux car cette idéologie porte des revendications totalitaires et humanicides plus radicales que n’importe laquelle de ses devancières…. » Voila une excellente introduction. J’attends une suite avec un comparatif entre Le Communisme, L’islam, le Nazisme, le Polpotisme, La libre concurrence non faussée, et l’Ecologie, pour savoir comment je vote le 19 Mai !

  • Bréon n’est peut-être si affreux que cela. Voir sur l’Afis : Changement climatique et transition énergétique, par F-M. Bréon – 20 mai 2017

  • Hitler, Staline et Mao étaient des écologistes précurseurs!

  • Dans un autre commentaire aujourd’hui , je signale livre de George
    Watson: la littérature oubliée du socialisme qui relate de pareilles énoncés concernant ces utopies . Il serait intéressant de faire une compilation des textes et déclarations de tous ces « sinistres » pour les confondre ….

  • L’histoire de l’humanité est faite de guerres et de génocides, à tel point qu’on peut penser que s’entretuer est un acte naturel pour le genre humain.
    Avec le progrès de l’armement, la prochaine guerre va remettre les choses en place, la nature pourra repartir sur les ruines.

    • pas que ça…https://www.herodote.net/Un_monde_moins_violent_que_jamais_-article-1193.php?lang=en

      d’abord et avant tout les gens ont une fausse idée du monde…

      sur le plan humain..tous les indicateurs matériels sont en amélioration ce qui fait d’ailleurs que quand les écologistes vous disent que l’impact de l’homme augmente…ils vous disent une banalité…. c’est le contraire qui serait étonnant…

      une écologie » saine » et humaine se poserait la question pourrions nous avoir moins d’impact sur l’environnement avec la population mondiale actuelle et le niveau de vie actuel.

      il n’y a que les nazillons en herbe du WWF qui considère que 50% en moins d’éléphants est une catastrophe…

  • bon article de judith curry sur le cas d’un dénommé cliff mass..

    le monde académique est déjà foutu..

  • Lorsque la science s’éloigne de l’éprouvette et s’aventure dans la vraie vie et sa complexité, elle ne peut pas avoir la même puissance et la même fiabilité : il y a trop de variables et l’exercice ce corse. Un espace s’ouvre où l’imagination, l’affect, le parti pris et l’idéologie peuvent se glisser et se glissent effectivement. Pour autant l’exercice reste légitime à tenter. L’écologie est une tentative d’appréhender notre monde dans toute sa complexité. Normal qu’il soit difficile d’y voir clair. Normal aussi qu’on y côtoie le vrai et le faux, le risque réel et le risque fantasmé. Mais en dépit de cette difficulté, on peut quand même affirmer des choses vraies. Et si à ce jour, je n’ai encore jamais pu vérifier ma prévision que je mourrai un jour, avais-je pour autant tort en m’aventurant dans cette telle prévision ? Non évidemment. Idem pour pas mal de trucs : la finitude du monde, sa limite géographique : La masse, la surface, le rayon de la Terre ne changeront pas sur des millions d’années encore….Les énergies fossiles deviendront de moins en moins accessibles et le Co2 relargué dans l’air et ne pouvant s’échapper, s’y accumulera; effet de serre en augmentation prévisible ; c’est très proche de la physique de base et donc incontournable. On ne pourra pas non plus remplacer une énergie qui viendrait à manquer par autre chose que de l’énergie, de même qu’on ne peut pas remplacer les « moins de patates » de la purée par « plus d’eau ou plus de lait » ; aucun estomac aguerri ne sera jamais leurré par un tel stratagème. Tout n’est pas substituable à tout et l’Economie est peut être aveugle face à cette question (Tout ce qui vaut un Euro ayant à ses yeux la même valeur, donc la même importance, par définition même).
    Ce n’est donc pas parce qu’on ne peut manquer de se tromper qu’il est vain de chercher à y voir clair ; alors sachons faire la part des choses et distinguer les vrais risques des risques imaginaires. Quant à la morale, au bien et au mal, à la culpabilité etc… la Nature n’est évidemment ni bonne ni méchante mais juste aveugle et restera toujours de marbre face aux courbettes d’humilité qu’on se sentirait obligé de lui faire pour la convaincre de notre vertu et obtenir ses bonnes grâces. La morale n’a donc rien à faire dans l’Ecologie et l’on a surtout un devoir de lucidité ; nous devons gérer la Nature non comme une finalité en elle-même, mais comme une ressource nécessaire à notre vie d’humain ; elle fait partie de nos intérêts d’humains bien compris. Une ardente obligation : ne pas se tromper. Tous les avis doivent être mis dans la boîte.

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