Y aura-t-il de l’électricité 100 % renouvelable aux JO 2024 ?

"100 % d'électricité renouvelable" afin que les Jeux Olympiques Paris 2024 soient « les plus responsables de l'histoire ». Le paradoxe d'EDF.
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Paris 2014 by nicolas michaud (CC BY-NC-ND 2.0)

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Y aura-t-il de l’électricité 100 % renouvelable aux JO 2024 ?

Publié le 14 décembre 2019
- A +

Par Michel Gay.

Selon le journal Les Échos du 19 novembre 2019, EDF s’engagerait à respecter un objectif « zéro carbone » émis et à « fournir 100 % » de ses sites en électricité renouvelable afin que les Jeux Olympiques Paris 2024 soient « les plus responsables de l’histoire ».

Le Président de ces JO, l’ex champion olympique de canoë Tony Estanguet, cité dans l’article, a-t-il mal compris et transformé « électricité zéro carbone » (qui inclut le nucléaire) en « électricité renouvelable », ou EDF s’est-elle prêtée à cette mascarade ?

Le stockage du renouvelable

Les productions d’électricité issues d’énergies renouvelables (EnR), notamment éoliennes et photovoltaïques par nature intermittentes, ne sont toujours pas stockables à grande échelle pour un coût acceptable par la collectivité. Et cette condition indispensable pour leur compétitivité ne sera peut-être jamais réalisée.

Par exemple, le 20 octobre 2016, les éoliennes irlandaises ont réussi ce grand prodige d’absorber de l’électricité du réseau en consommant davantage pour leur fonctionnement que pour leur production totale.

Le certificat vert ou la magie des GO

Pour contourner astucieusement cette difficulté rédhibitoire et pouvoir prétendre être alimenté en permanence par des EnR, il suffit d’acheter des « garanties d’origine » (GO), une sorte de « certificat vert » que leurs productions confèrent le droit d’émettre.

Ces GO destinées à tracer la quantité produite (et consommée) sont commercialisables par n’importe quel fournisseur d’électricité, indépendamment de l’électricité physique réellement produite.

C’est Powernext qui en tient le registre et les commercialise depuis janvier 2019. La traçabilité est identique pour l’injection de biométhane et pour les certificats d’économie d’énergie établis grâce aux « isolations à un euro ».

Ces GO sont magiques car, par un véritable tour de passe-passe, elles confèrent l’appellation « énergie renouvelable »… à n’importe quelle source de production !

De plus, si l’électricité ne se stocke pas, ces GO se conservent parfaitement pendant un an. Elles peuvent être achetées à l’étranger et sont transférables d’un compte à l’autre !

N’importe qui peut vendre de l’énergie verte en achetant des garanties d’origine (GO) qui « verdissent » toutes les productions… Les fournisseurs « verts », tels que Enercoop par exemple qui dispose pourtant de quelques moyens de production en énergie renouvelable, ne s’y prennent pas autrement. Certains sont mêmes des pures players qui ne possèdent aucun moyen de production d’électricité…

Énergie verte, ou renouvelable ?

Pour nos politiciens, les médias et quelques affairistes « écologistes », il est avantageux de faire croire, ou de laisser croire, au Père Noël ; surtout ceux qui veulent rêver à une énergie « gratuite » tombée du ciel.

La confusion entre énergie verte et énergie renouvelable résulte d’un choix politique imposé par des écologistes décroissants et anti-nucléaires. ENGIE, Total, et aussi EDF surfent sur cet abus de langage qui les arrange dans un but commercial. Ces grandes entreprises entretiennent ce concept vide de sens qui écarte volontairement le meilleur outil de décarbonation de notre économie qu’est l’énergie nucléaire concurrent du gaz de Total…

Il faut en finir avec cette confusion entretenue  « d’énergie verte » et revenir à une stratégie d’énergie bas-carbone ou « propre », comme dans la plupart des grands pays hors d’Europe, dans laquelle le nucléaire a toute sa place, ce qui fait horreur aux Verts.

Le seul concept d’énergie qui vaille est celui d’énergie sans carbone pour réduire notre consommation d’énergies fossiles !

Dans le contexte d’une démographie en croissance, de la demande légitime de milliards de gens d’accéder au minimum vital, voire aux modes de vie des Occidentaux, vouloir éradiquer ou même seulement réduire en même temps les combustibles fossiles et l’électronucléaire constitue une impasse socio-économique pour les démocraties des pays développés.

Le nucléaire représente 10 % de l’électricité dans le monde, 25 % en Europe et plus de 70 % en France et son bilan sanitaire est bien meilleur au regard des autres moyens de production d’électricité.

L’intermittence des EnR n’a pas permis de fermer le moindre moyen pilotable, ni en Allemagne, ni en France (les puissances pilotables installées sont restées identiques). Et pour fermer le moindre d’entre eux (nucléaire ou non), il faudrait le remplacer par un autre moyen pilotable, comme le gaz (importé de Russie ?), ou la biomasse (importée du Brésil ?).

De l’audace, encore de l’audace…

Nos politiques oseront-ils affronter cette réalité difficilement recevable par une opinion droguée par les mantras des Verts relayés en boucle par les grands médias depuis des années ?

L’inquiétude grandissante des pouvoirs publics allemands à l’approche de leur abandon du nucléaire (toujours environ 12 % de leur production) et du charbon (38 % de leur production) devrait au moins freiner les engagements irresponsables des futurs candidats à notre prochaine élection présidentielle.

France Stratégie, un organisme chargé de guider l’action du gouvernement, a renouvelé en janvier 2017 une vision critique du financement des EnR, notamment dans sa conclusion, malgré la présentation flatteuse des « territoires à énergie positive » :

« Dans ce paysage en pleine évolution, le risque à éviter est de voir le contribuable financer via des subventions ou des investissements publics l’équipement d’une entité locale qui se transformerait en producteur d’électricité non compétitif, tout en faisant supporter les coûts du maintien de la sécurité d’approvisionnement au reste de la collectivité ».

Racket et achats d’indulgences !

Les directives européennes imposent à quelques secteurs industriels l’obligation d’attester leur soutien aux énergies renouvelables par l’utilisation de ces GO, ce qui constitue une forme de racket écologique masqué sous le terme « certificat vert ».

Mais d’autres le font volontairement pour s’acheter des « indulgences », comme au Moyen-Âge, et verdir leur image (greenwashing). Certains parmi eux, plus royalistes que le roi, ont décidé d’acheter la totalité des certificats verts correspondant à leur consommation, comme les trains hollandais ou… les JO 2024. Le surcoût de ces GO retombant bien sûr d’une manière ou d’une autre sur les clients et les contribuables.

Donc, fournir « 100 % d’électricité renouvelable » aux JO de Paris en 2024, « oui, c’est possible ! » monsieur Estanguet. Mais il faudra acheter beaucoup de GO !

Ce n’est pas grave, la France est riche et les Français paieront l’addition, encore une fois, pour subventionner les énergies « gratuites » du vent et du Soleil…

Voir les commentaires (31)

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  • claude henry de chasne
    14 décembre 2019 at 6 h 06 min

    la seule énergie verte viable existante aujourd’hui c’st le nucléaire ! point
    Tout le reste c’est du marketing de supermarché

    • Euh non, la seule énergie verte et renouvelable, c’est celle qu’on capturera dans l’espace à partir de panneaux solaires sans la prendre au passage au budget de la Terre.

  • Je suis vert de rage ,on nous noie sous des milliers d’appels telephoniques à jeter son téléphone par la fenêtre….pour s’acheter des GO (qui sortent de nos poches évidemment) ..le bilan carbone de ce truc doit être particulièrement dégueulasse .
    Pas plus simple de supprimer les JO pour verdir la planète…et même le sport en général et toutes ces réunions de joyeux lurons et luronnes autour de l’écologie ?

    • Il est question, si j’ai bien compris, de faire pratiquer les compétitions de surf et autres sports de plage à Tahiti…Les compétiteurs iront-ils là-bas à la nage, ou ….en avion ? Bonjour le »bilan carbone »!

  • Vous avez amélioré l’accès aux commentaires. Renvoyer moi vos coordonnées je vous ferai un virement

  • Au départ, il y a une étrange conception de l’électricité dans le public, conception totalement contraire à ce qu’on enseignait autrefois, comme quoi l’électricité serait un flux d’électrons de la centrale au consommateur comme l’eau est un flux de molécules de la source au robinet. M. Gay, ne vous donnez pas la peine de démonter ces slogans débiles, nous manquons avant tout de gens qui en rigolent bien fort, pas de gens qui ont raison (des raisonneurs 🙂 ) et qui expliquent les vérités que seuls les convaincus écoutent !

    • L’électricité n’est pas plus un « flux d’électrons » que les vagues ne sont un flux d’eau.

      • Et la fumisterie continue!!! Le CO2 n’est pas un polluant il faudrait peut-être qu’on cesse de nous prendre pour des jambons même si c’est bien pratique pour créer des taxagogo

  • Une chose à regretter c’est l’abandon des potences ! Comprenne qui voudra !

  • Il serait temps de cesser de nous prendre pour des jambons avec le CO2 même s’il est bien pratique, puisque quantifiable, pour créer des taxes et autres rackets injustifiables . Je trouve particulièrement malsain de valider cette escroquerie en validant l’idée qu’il est un polluant, ce qui, au taux actuel, est totalement faux et la marge de sécurité si importante que rien ne justifie de se servir du meilleur ami de l’homme comme prétexte ou justification de cette arnaque qu’est l’écologisme

  • ce concept ou comment certains cherchent à vivre et se faire de la pub aux dépens de tous les autres (sic bastiat)

  • Le CO2 permet aux plantes de pousser. Donc une énergie qui produit du CO2 fait verdir la planète. Pourquoi est-ce un problème?

    • si vous sacralisez la nature telle qu’elle est , c’est un problème, pus vert moins vert..
      plus chaud moins chaud, plus de malaria moins de malaria , c’est la catastrophe environnementale…

      il ne faut pas protéger l’environnement… ceci n’a RIEN à voir avec le fait de faire en sorte que son environnement soit sain..où conserver quelques bestioles sauvages ou autre trucs…

    • Vous trouvez qu’il n’y a pas assez de verts comme ça ?

  • bon….. je pense que tous les techniciens, tous les gens impliqués dans le secteur savent que c’est du jambon en sucette…

    à l’époque des fakes news et des légions de fonctionnaires payé à traqué les escroqueries faites aux consommateurs…

    quand on pense à des histoires comme le sucre caché dans les produits ( forcement) industriels..alors que la présence de sucre est indiquée sur l’emballage…

    on r^ve…

    c’est fini..je suis désolé le respect pour les autorités scientifiques est pour moi terminé..

    chercheur public est devenu synonyme de vendu ..

    le » j’ai autre chose à faire que de parler de la propagande en cours »..non merci…
    on voit les institutions tomber les unes après les autres dans la propagande.

    • Et pour faire tomber ces institutions, il suffit de corrompre les plus corruptibles et/ou ou de faire monter dans la hiérarchie ceux qui pensent correctement. C’est vrai maintenant dans toutes les disciplines.
      A partir du moment où l’on a désacralisé la vertu et l’honnêteté, c’est le règne de l’argent.

  • Les JO 2024 100 % renouvelables.

    Le parcours du Tour de France 2024 a été dévoilé. Il sera statique, situé dans une enceinte à proximité du stade olympique. Les échappées seront mesurées en kWh produits par les forçats de la route, rebaptisés pour l’occasion les forçats du watt. Parallèlement, les épreuves de course à pied seront organisées dans des roues géantes que les athlètes feront tourner en courant. Enfin, les spectateurs seront invités à souffler sur des petites éoliennes portatives distribuées par les stadiers à l’entrée.

    • blague à part..la force animale est elle comptée dans les renouvelables? si la nourriture nécessaire utilise du vilain pétrole pour être produite..j’en doute..

  • Déjà qu’on n’en veut pas de ces jeux ,du moins beaucoup d’entre nous, alors cette promesse loufoque….

  • C’est pourtant possible: il suffit (yaka) couper le courant les nuits sans vent…

  • L’autre face de la question est qu’aujourd’hui lorsque monsieur « bobo » veut aller faire du ski dans la station qu’il à choisi et que pour des raisons naturelles il n’y en a pas, de même que lorsqu’il pleut au mois de juillet et aout quand ce même pecno veut bronzer sur une plage et que le soleil se fait désirer c’est la faute à l’homme. Et de toute urgence déclarer la troisième guerre mondiale.
    Que depuis la nuit des temps la météo varie en fonction de nombreux paramètres ne l’intéresse pas.
    Ainsi que déjà dit, l’ignorance, l’égoïsme et l’arrogance sont devenu les substituts de « pâturage et labourage les deux mamelles de Lafrance. Le bon sens paysan!

  • « Dans ce paysage en pleine évolution, le risque à éviter est de voir le contribuable financer via des subventions ou des investissements publics l’équipement d’une entité locale qui se transformerait en producteur d’électricité non compétitif, tout en faisant supporter les coûts du maintien de la sécurité d’approvisionnement au reste de la collectivité ».

    Quel dommage que France Stratégie n’ait pas eu la même conclusion au regard de la dépense publique. Le « risque de voir le contribuable financer via des subventions ou des investissements publics » [des taxes, des impôts, des amendes] les délires de l’entité nationale étant tout de même bien acté.

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