Législatives au Royaume Uni : Boris Johnson, le modèle à suivre ?

Le résultat des législatives britanniques nous donne une leçon capitale : la démocratie fonctionne, et réussit même à contenir la radicalisation populiste.

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Législatives au Royaume Uni : Boris Johnson, le modèle à suivre ?

Publié le 13 décembre 2019
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Par Frédéric Mas.

Let’s get Brexit done. C’est sur ce slogan que l’actuel Premier ministre britannique a mené sa campagne. Pari gagné.

Les conservateurs ont remporté une majorité écrasante aux législatives face aux travaillistes. Avec 364 sièges remportés sur 650, le parti conservateur 43,6 % des suffrages face à un parti travailliste qui lui n’obtient que 203 sièges, soit 32,2 %.

Les électeurs ont choisi de clarifier la situation en donnant à Boris Johnson les moyens d’acter la sortie de l’Union européenne dans les temps. La décision des électeurs de quitter l’Union européenne est cette fois-ci indiscutable.

Il n’est plus possible pour les opposants ou les commentateurs d’imaginer un hypothétique second vote ou de refaire la campagne pour gagner les esprits et les cœurs des Britanniques.

Un camouflet pour Corbyn

C’est une première depuis Margaret Thatcher, et un camouflet pour Jeremy Corbyn. Le programme libéral-conservateur et souverainiste n’est pas sans rappeler celui de Margaret Thatcher, qui a remis sur pied la Grande-Bretagne au début des années 1980 après une longue période de léthargie socialiste. La situation de 2019 n’est bien sûr pas la même.

Le Premier ministre, souvent critiqué pour son opportunisme, n’a sans doute pas la stature politique de la dame de fer, mais ses propos sur le libre-échange sont clairs. Il fait confiance à la libre entreprise et à la mondialisation pour assurer la prospérité de son pays. Ses prises de position sur l’immigration sont beaucoup moins strictes que celles de Theresa May, et ses positions sont libertariennes sur le plan sociétal.

Face à lui, la ligne socialiste dure de Jeremy Corbyn a été défaite. Celui qui promettait de détricoter l’héritage de Thatcher au nom d’une sorte de mélenchonisme local n’a pas remporté les suffrages des classes moyennes. Le modèle libéral britannique ne disparaîtra pas.

En France, l’opinion est divisée : c’est un coup dur pour le parti européen qui redoute le Brexit, et un sujet de réjouissance pour une partie des souverainistes et des libéraux, mais pas pour les mêmes raisons.

Le parti européen voit dans la Grande-Bretagne de Boris Johnson le témoignage du repli identitaire en Europe, et l’influence du populisme xénophobe qui traverse tout l’Occident, des États-Unis de Donald Trump à la Hongrie de Orban. Il est vrai que la panique identitaire a beaucoup joué dans le vote leave et la décision de Theresa May de quitter l’UE.

Pour les souverainistes comme le Rassemblement national à l’extrême droite, la politique de Boris Johnson est un modèle à suivre car il respecte la « volonté du peuple » de sortir des traités européens.

Certains libéraux se réjouissent aussi de la victoire des conservateurs non seulement parce qu’elle sort Corbyn du jeu électoral, mais parce que la Grande-Bretagne fait sécession d’un empire bureaucratique européen d’inspiration social-démocrate. Il convient cependant de remettre les idées à l’endroit.

La démocratie britannique fonctionne

Le résultat des législatives britanniques nous donne une leçon capitale : la démocratie fonctionne, et réussit même à contenir la radicalisation populiste. La discussion entre brexiters et remainers a été vive, et l’électorat s’est mobilisé pour voter de manière cohérente avec ses premiers engagements pour le leave. L’extrême gauche à la Corbyn est contenue, et, plus remarquable encore, le parti du Brexit de Nigel Farage n’obtient aucun siège.

Seulement, cette leçon démocratique n’est pas exportable telle quelle. Le souverainisme en France se divise entre un camp national et un camp socialiste qui ne pourrait tenir les promesses de prospérité du parti conservateur britannique.

Accepter le Frexit serait aussi accepter le retour aux affaires d’une classe politique totalement prisonnière des corporatismes nationaux. Qu’on soit partisan ou adversaire de la construction européenne, force est de constater qu’une partie non négligeable des réformes libérales en France nous ont été inspirées par Bruxelles. Notre personnel politique franco-français est constitué d’énarques et de bureaucrates qui ont tout intérêt à ce que rien ne change. Ce n’est pas le cas de la Grande-Bretagne, heureusement pour elle.

Maintenant, avec le retrait certain des Britanniques, le poids des pays non libéraux au sein de l’UE va sans doute se faire sentir avec plus d’insistance. La victoire des conservateurs britanniques pourra-t-elle inspirer les partisans de la liberté sur le continent pour se rassembler et enfin agir ?

 

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  • Où donc se trouve-t-il en France, des socialistes souverainistes?

    • De quelles réformes libérales en france parlez vous? De celles qui comme la fin du monople de la SS c’est traduite par des lois françaises qui la rendent impossible . De l’impossibilité des déficits excessifs qui sont cachés sous les tapis de la république populaire de france? Le point le plus positif avec l’élection d’hier, c’est surtout qu’il va devenir possible de trouver un point de chute près de la France le jour ou cette clique de mafieux aura passé les bornes .

  • Pourquoi toujours penser que les populistes français qui encourage le Brexit voudraient le Frexit ?
    On peut penser que c’est une bonne chose pour l’Angleterre qui a les moyens d’être plus libre face à l’Europe bureaucratique et penser qu’il est impossible pour la France de faire la même chose, étant hyper dépendante maintenant à cette même Europe ; ça serait un désastre de revenir au Franc…

    • Absolument d’accord . Ce n’est pas l’UE le problème, c’est son manque de respect des peuples qui la composent . Une poignée de technocrates non élus qui pensent avoir le droit d’imposer leurs idées tordues à 300M de personnes sans leur demander leur avis et, pire, incapables de s’apercevoir qu’ils creusent leur propre tombe lorsque l’on rejette les choix qui ne sont pas conformes à ce qu’ils veulent imposer . Ce n’est pas du frexit dont nous avons besoin, c’est du Bruxit . L’europe pouvait être une chance avant Maastricht, depuis… Quant au retour au franc il ne serait possible qu’en taillant à la hache dans toutes les absurdités sur lesquelles est assise toute la vision pourrie héritée du CNR

      • Le retour au franc est possible s’il est assorti de la volonté de créer une monnaie plus forte que l’euro. Au vu des premiers bredouillis confus de Lagourde cette semaine, ça ne devrait pas être impossible.

        • Pour cela, il faut la volonté et faire un effort réel : plus de déficits. Au vu de l’appétence de l’élite pour le Homard Géant accompagné des meilleurs vins fins de France, mariages, 80 km/h… je me permet d’en douter.
          L’élite est dans le paraître et le confort. Dans cette position, comment demander au « bas »* peuple le moindre effort?

          *en opposition à l’élite qui se croit tout permis. Bas, c’est ce que pense l’élite qui se pense géniale sans comprendre qu’elle est hautaine au possible.

          • Effectivement, la création d’un franc fort implique que la caste au pouvoir qui se prend pour une élite soit d’abord remplacée par une véritable élite, avec le renouveau du mérite républicain pour remplacer le copinage et la connivence collectivistes.

        • Vous débloquez complètement. Pour permettre à nos politiciens de dépenser à leur guise et dévaluer quand cela leur chante. Ce qui aura pour conséquence de nous ruiner! Merci bien.

  • Si on était restés au franc, les gouvernants auraient réagi pour lé défendre avec un minimum de protectionnisme; aujourd’hui on a l’euro, c’est à dire un franc surévalué et un mark dévalué, portes et fenêtres largement ouvertes aux produits importés et au casino des financiers. Les anglais ont bien fait d’éviter l’euro!

  • …Ou comment tenter de récupérer la victoire des autres.

    Mr Mas, où sont les « libéraux », les libdem ? Dans les choux.

    « et, plus remarquable encore, le parti du Brexit de Nigel Farage n’obtient aucun siège. »

    Il n’y a absolument rien de remarquable : Le parti de Farage n’était présent que comme vigie. Il a servi d’indicateur sur la volonté des Brexiter lors des européennes ; les électeurs sont revenus au parti conservateur après avoir passé leur message. Les espérances de Farage étaient que la campagne des conservateurs soit absolument pour le Brexit, ce qui fut fait. Et Farage n’est pas un politicien « permanent ».

  • Farage n’a aucun élu puisque il a retiré tous ses candidats pour ne pas fausser le débat. Je pense qu’en se retirant, il s’est sacrifié et il a permis à Johnson de faire un super score. D’où la plainte générale de l’UE et des remainders britanniques de voir que, finalement, les anglais avaient encore plus envie, que le premier vote ne l’avait indiqué, de se barrer. On va enfin pouvoir assister, en live, à une sortie de l’UE. Et encore, les british avaient conservé leur monnaie. Dommage cela aurait définitivement planté l’euro…

    • Nigel Farage a eu une attitude remarquable : il s’est sacrifié pour ses idées !
      chose incompréhensible pour les politiciens français.

      • Tout à fait. Les nôtres ne pensent qu’aux avantages que leur apportera le poste! Voyez Hollande qui réussi à se taper des jolies gourdes socialistes, pourtant Dieu sait à quel point il est laid, un véritable Gargamel.

  • « cette leçon démocratique n’est pas exportable telle quelle »

    Elle pourrait s’exporter avec avantage vers la France pour la question des retraites par exemple. La négociation a été suffisamment riche. Passons au référendum sur la question, sans oublier de mettre toutes les options sur la table (capitalisation vs répartition).

    • Globalement, concernant les retraites, comme pour tous les sujets depuis 2017 d’ailleurs, il n’y a pas eu de « négociations » mais des réunions d’information appelées, uniquement, à permettre au gouvernement de peser les rapports « bénéfice-risque » des différentes mesures ce qui explique que les dites mesures n’ont été dévoilées qu’à postériori !

      Le « débat » capitalisation/répartition n’a même pas été évoqué dans ces ersatz de négociations tant les syndicats pèsent très lourd dans la gestion de ce budget « social » (abondé par les contribuables d’ailleurs) avec les retombées financières personnelles pour les dirigeants de ces « mafias »…

      Donc d’ici à soumettre cette question à un référendum : on connait d’avance le résultat : la répartition, la « solidarité », l’emporterait haut la main !

  • Les britanniques ont un autre avantage sur nous: leur mode de scrutin uninominal à un tour. Les arrangements honteux du système à deux tours, ou du scrutin de liste de la proportionnelle magouillé par les états-majors des partis, sont ainsi réduits sinon évités..

  • En se libérant de l’UE et en tissant des liens beaucoup plus forts avec son allié de toujours : les Etats-Unis; la Grande-Bretagne montrera aux autres pays de l’UE, dont la France, comment redevenir un pays de croissance, au lieu de se suicider en confiant son avenir à des technocrates qui en font un enfer fiscal où la ruine et la misère se répandent telles de fulgurantes épidémies.

  • « Accepter le Frexit serait aussi accepter le retour aux affaires d’une classe politique totalement prisonnière des corporatismes nationaux.  »

    Ah bon?! Parce que cela n’est pas déjà le cas de notre classe politique actuelle? 🙂

  • A noter que si le parti du Brexit n’obtient aucun siège, c’est parce que Nigel Farage a choisi de ne présenter aucun candidat face à un conservateur. Il n’est pas si courant qu’un politicien fasse passer ses idées avant son parti…

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