Margaret Thatcher : une politique qui a fait ses preuves

Publié Par Nathalie MP, le dans Histoire de l'économie

Par Nathalie MP.

Margaret Thatcher

« Iron Lady » Margaret Thatcher By: Glenn DettwilerCC BY 2.0

Margaret Thatcher, la brutalité ? Tel semble être aujourd’hui le mot qui rassemble tous les candidats à l’élection présidentielle de 2017 contre François Fillon, candidat désigné par la droite en novembre dernier. De Le Pen à Mélenchon en passant par Bayrou, Peillon ou Macron, on a soudain découvert que l’ancien Premier ministre avait l’odieuse intention de supprimer 500 000 emplois publics en 5 ans et qu’il comptait réformer notre système de santé, pour citer deux de ses mesures les plus cruelles. Pire, il ne s’en cache même pas, profitant de toutes les occasions pour dire combien il « aimerait bien laisser dans l’histoire une trace aussi forte que celle de Mme Thatcher ». Le gros mot est lâché. Fillon = Thatcher = Brutalité, CQFD.

En réalité, François Fillon ne dit pas exactement qu’il compte mettre en œuvre un programme parfaitement similaire à celui de la « Dame de Fer » en son temps, même s’il est évident qu’il s’articule autour du « moins d’État » et du recul de la dépense publique effrénée. Il revendique avant tout la possibilité d’agir positivement pour son pays, pays qu’il voit depuis quelques années déjà dans une situation proche de la faillite, ainsi qu’il l’explique dans la vidéo jointe au tweet ci-dessous (24″) :

« Je n’ai jamais de problème à être comparé à une personne qui a sauvé son pays…  mais je n’ai pas du tout envie d’être comparé à M. Hollande qui n’a rien fait pour sauver son pays. »

Les voix n’ont pas manqué pour nous expliquer que Margaret Thatcher n’avait nullement sauvé son pays, bien au contraire. Ce fut par exemple le cas du journaliste Thomas Sotto le 23 novembre 2016 sur Europe 1 (de 08′ 54″ à 10′ 40″ dans la vidéo ci-dessous) :

« Cette sorte d’héritage thatchérien, vous le revendiquez, sauf que Margaret Thatcher, elle a tué l’industrie britannique, elle a mis des millions de personnes dans les rues, elle a renforcé les inégalités, et elle a fait exploser le chômage. »

À quoi François Fillon a répondu :

« C’est n’importe quoi ce que vous dites, c’est à mourir de rire. (…) Quand elle est arrivée, la Grande-Bretagne était par terre. On ne travaillait pas. Les syndicats étaient tout-puissants et l’industrie britannique s’en allait par pans entiers. Margaret Thatcher a remis l’Angleterre au travail, elle a remis les syndicats à leur place et aujourd’hui les gouvernements britanniques profitent du travail qui a été fait par Mme Thatcher. »

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Qui dit vrai ? On ne pourra pas accuser François Fillon de ne pas connaître le Royaume-Uni depuis de nombreuses années, puisqu’il a épousé Penelope Clarke, Galloise, en 1980. Regardons cependant de plus près ce qu’il en est.

Margaret Thatcher avait hérité d’une économie moribonde

Dans sa tirade, Thomas Sotto fait habilement l’impasse sur la situation de départ. Or, dans les années 1970, le Royaume-Uni était bel et bien considéré comme « l’homme malade de l’Europe ». À cette époque, l’inflation était galopante (16% en 1977, ramenée à moins de 7% en 1990), l’interventionnisme s’invitait partout et la fiscalité atteignait des niveaux confiscatoires, inspirant aux Beatles leur chanson Taxman : la tranche marginale d’imposition sur le capital était de 98% et celle sur les salaires de 83% !

La désindustrialisation était rapide, les économistes parlant même de rétro-développement. Margaret Thatcher pouvait difficilement désindustrialiser un pays dont l’industrie était déjà moribonde avant qu’elle n’arrive au pouvoir, par asphyxie totale des forces productives sur le plan du capital comme sur celui du travail. Pendant ses 11 ans de gouvernement, le secteur industriel n’a jamais retrouvé les niveaux des années 1950 et 1960, mais le secteur des services, notamment financiers, s’est fortement développé, faisant aujourd’hui de Londres la première place financière mondiale.

Vivant depuis 1945 avec l’idée keynésienne que c’est la dépense publique qui permettra de fournir des emplois à tout le monde, allant de nationalisations en nationalisations et de grèves en grèves décrétées par des syndicats tout-puissants, le pays s’est retrouvé en véritable situation de faillite que seul un prêt du FMI de 4 milliards de dollars en 1976 lui permit d’éviter1.

Malgré cette alerte, le gouvernement travailliste de James Callaghan (1976-1979) cède encore aux syndicats qui paralysent totalement le pays lors de « l’hiver du mécontentement » de 1978-1979. Opposés à une limitation des hausses de salaires à 5%, ceux-ci provoquent une pagaille indescriptible, allant de fréquentes coupures d’électricité à des pénuries dans les magasins, des amoncellements d’ordures dans les rues et un dramatique manque de chauffage dans les hôpitaux faute de fioul. À tel point que le gouvernement en arrive à élaborer des plans pour faire intervenir l’armée, instaurer l’état d’urgence et assurer ainsi les services essentiels à la population.

Population qui, manifestement arrivée à un point de ras-le-bol irrécupérable, ne pardonnera pas la faiblesse des travaillistes et portera ainsi Margaret Thatcher au pouvoir en mai 1979 avec 44% des voix et 339 élus contre 37% et 269 élus aux travaillistes.

Notons tout de suite qu’elle sera élue deux fois : en 1983 avec 42% des voix et 397 sièges contre 28% et 209 sièges aux travaillistes ; et en 1987 avec 42% et 376 sièges contre 31% et 229 sièges aux travaillistes. Fin 1990, mise en minorité au sein de son propre parti conservateur, en raison d’une taxe locale très mal reçue par la population (poll tax) et également sur la question européenne, elle démissionne de son poste de chef du parti ainsi que de celui de Premier ministre.

John Major, conservateur, lui succède avant de céder la place à Tony Blair puis Gordon Brown (travaillistes) à partir de 1997. Ces derniers n’ayant jamais remis en cause ses réformes structurelles, ses privatisations ou sa réforme du marché du travail (Employment Act de 1982) par exemple. C’est donc pour plusieurs décennies que les Britanniques ont signé avec le thatchérisme à partir de 1979.

Avant Margaret Thatcher : des emplois publics à foison et un taux de chômage biaisé

Thomas Sotto se montre également fort imprécis lorsqu’il aborde le taux de chômage. Il est passé de 5,5% à l’arrivée de Margaret Thatcher en 1979 à 11,6% en 1986, nous dit-il. C’est exact, à ce petit détail près que Margaret Thatcher a quitté le pouvoir en 1990 sur un taux de chômage de 7%. Et à cet énorme détail près qu’avant 1979, plus de 29% de la population active travaillait dans le secteur public compte tenu de toutes les nationalisations.

Or un emploi payé par la dépense publique n’a rien à voir avec un emploi financé par le chiffre d’affaires supplémentaire d’une entreprise privée, le sauvetage in extremis du FMI en 1976 étant là pour le prouver. Dans Le Point, Pierre-Antoine Delhommais cite l’exemple véritablement soviétique de British Steel (entreprise nationalisée à l’époque) qui ne produisait pas plus d’acier avec 270 000 salariés que l’Allemand Thyssen avec 90 000 à la fin des années 1970 !

Margaret Thatcher ayant beaucoup dénationalisé pendant ses 11 ans de gouvernement2, je crois pouvoir affirmer à M. Sotto que les 7% de chômage qu’elle laissa en partant étaient beaucoup plus sains que les 5,5% qu’elle trouva en arrivant.

Fin du chantage des syndicats et assainissement des comptes publics

Entretemps, elle était parvenue à mettre un terme au chantage permanent et aux grèves à répétition des syndicats. Le long bras de fer de 1984 avec le syndicat des mineurs et surtout son leader marxiste et fanfaron Arthur Scargill tourna à son avantage. En effet, cette grève contre la fermeture des mines non rentables (pour lesquelles Scargill réclamait, comme d’habitude, comme la CGT en France, des investissements publics) fut décidée sans vote, car elle n’était soutenue que par 40% des mineurs.

Parmi ses succès, citons également l’assainissement des comptes publics. Le solde budgétaire passa d’un déficit de 2,2% en 1980 à un excédent de 1,7% en 1990. L’argent tiré des privatisations y a certes contribué, mais pas seulement.

Le recul de la dépense publique, passée de 45% à 35% du PIB pendant son gouvernement, était au cœur de sa politique destinée à enrayer les effets néfastes de l’assistanat et des subventions distribuées sans discernement, et sans résultats sociaux appréciables comme en témoigne encore une fois le sauvetage du FMI. De ce fait, la dette publique a été ramenée de 46% du PIB en 1980 à 32% dix ans plus tard (voir graphique ci-dessous, extrait du Point).

Source : Le Point, cité par Nathalie MP

Parallèlement, Margaret Thatcher a réduit les taux d’imposition : de 53% à 33% pour les entreprises et de 83% à 60 puis 40% pour le taux marginal de l’impôt sur le revenu. Cela a d’ailleurs entraîné une hausse des recettes fiscales (conformément à la théorie de Laffer qu’on pourrait résumer par la formule bien connue « trop d’impôt tue l’impôt »).

Margaret Thatcher a-t-elle fait augmenter les inégalités ?

J’en arrive maintenant au délicat sujet des inégalités. Il est vrai de dire que les écarts de fortune et de revenus se sont creusés pendant la décennie Thatcher. Mais il serait plus honnête de préciser également que le niveau général des revenus s’est élevé pour toutes les catégories sociales pendant la même période.

Au cours des années 1980, le Royaume-Uni a même vu l’émergence d’une classe moyenne de petits propriétaires et actionnaires qui n’existait quasiment pas auparavant entre les ouvriers et les aristocrates. Ce n’est que relativement aux autres que l’on peut dire que les 10% les plus pauvres sont devenus plus pauvres sous son administration, pas en valeur absolue.

Margaret Thatcher s’en est expliquée lors de sa dernière intervention à la Chambre des communes en novembre 1990 lors d’un célèbre échange aussi bien verbal que gestuel avec un député qui lui faisait justement remarquer (voir 1ère moitié de la vidéo ci-dessous) :

« Il ne fait pas de doute que le Premier ministre a obtenu des succès appréciables en de nombreux domaines. Il reste cependant une statistique qui, je crois, n’est pas contestée. Pendant ses 11 ans de gouvernement, l’écart entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres de ce pays s’est considérablement accru. Comment peut-elle justifier que tant de personnes (…) soient relativement (relatively) plus pauvres qu’en 1979 ? »

Il convient également de remarquer que la pauvreté étant appréciée par rapport à un pourcentage du revenu médian (d’un pays, d’une région…), il y aura par construction toujours de la pauvreté même si le revenu médian devait atteindre des sommes exorbitantes. Cette question a été traitée dans l’article Que faut-il combattre : la pauvreté ou les inégalités ?

Ce que Margaret Thatcher cherche à mettre en évidence dans la vidéo, c’est que le combat contre les inégalités est le mauvais combat à partir du moment où tout le monde voit son niveau de revenu progresser. L’expérience montre, du Royaume-Uni des années 1970 à l’URSS, en passant par Cuba, le Venezuela ou la Grèce, que les politiques (socialistes) fondées sur la réduction de l’écart débouchent inévitablement sur la stagnation, voire la baisse des niveaux de revenus.

Les erreurs de Margaret Thatcher

Margaret Thatcher n’étant qu’un humain comme vous et moi, elle n’a pas été sans commettre des erreurs et même des fautes. On peut citer son soutien très politicien aux thèses du réchauffement climatique anthropique et son activisme pour créer le GIEC, occupée qu’elle était à démanteler les charbonnages britanniques non rentables et à briser les syndicats qui s’opposaient à leur fermeture. Il semblerait cependant qu’elle se soit ravisée au début des années 2000 pour adopter les positions climato-sceptiques.

On peut citer également sa reconnaissance déplacée à l’égard du dictateur chilien Augusto Pinochet qui lui avait apporté un soutien logistique contre l’Argentine lors de la guerre des Malouines (1982).

Enfin, si elle ne fut pour rien dans la décision des prisonniers du mouvement terroriste de l’IRA de faire une grève de la faim très médiatisée jusqu’à en mourir (1981), on peut regretter qu’un dialogue n’ait pas été instauré pour tenter de trouver une solution moins radicale.

Selon un sondage publié par le quotidien The Guardian au lendemain de la mort de Margaret Thatcher en 2013, il apparaît que 50% des personnes interrogées approuvent son action contre 34% qui la désapprouvent. Sa mesure la plus appréciée (65%) concerne l’accession à la propriété des locataires de logements sociaux, suivie par la mise au pas des syndicats. La mesure la plus détestée (14% d’avis favorables) est cette fameuse « poll tax » (impôt locatif forfaitaire) qui contribua à sa chute.

Le Royaume-Uni d’aujourd’hui, celui qui jouit en 2016 d’un taux de chômage de 5% quand le nôtre est à 10%, celui qui a enregistré une croissance de 2,2% quand la nôtre est à 1,2%, celui qui attire nos jeunes Français, tant pour y étudier que pour y travailler, ce Royaume-Uni est très différent de celui des années 1970.

Inspirée par les thèses libérales de Popper, Hayek et Friedman, sensible aux notions d’effort, de travail et d’initiative individuelle, farouchement opposée à toute forme de socialisme, Margaret Thatcher alla jusqu’à dire dans ses mémoires :

« Je n’ai jamais oublié que l’objectif inavoué du socialisme était d’accroître la dépendance. La pauvreté n’est pas seulement le sol nourricier du socialisme : elle en est l’effet délibérément recherché. »

Margaret Thatcher a mené des réformes de fond qu’aucun de ses successeurs, travailliste comme Tony Blair ou conservateur comme David Cameron, n’a remises en cause. Elles sont au contraire à la base de la formidable renaissance qu’à connu ce pays depuis les années 1970, époque où il était voué au déclin.

N’en déplaise à M. Sotto, il n’est dès lors pas très étonnant qu’un observateur attentif de la politique et de l’économie française, voyant combien notre pays se rapproche tous les jours un peu plus de la faillite en raison d’un tropisme béat à l’égard de la dépense publique et d’un égalitarisme démotivateur, trouve une source d’inspiration dans les mesures libérales mises en œuvre par Margaret Thatcher.

Sur le web

  1. Le plus grand emprunt jamais consenti par le FMI à l’époque.
  2. British Airways par exemple, compagnie aérienne déficitaire alors, et florissante aujourd’hui par rapport à notre Air France toujours en butte au chantage des syndicats de pilotes.
  1. lehamstersortidesaroue

    Je suis surpris de constater que certains croient encore que dans le système de création monétaire actuel, il y a des solutions.
    On pourra discuter tant qu’on veut su sexe des anges, tant que la création monétaire sera un privilège accordé aux banques privées, tant qu’il faudra payer des intérêts pour ce privilège, nous sommes condamnés soit à une course folle (croissance perpétuelle), soit au blocage.
    Je suis toujours étonné que peu voient l’absurdité du système(de création monétaire) dans lequel nous vivons, c’est la clé….le reste n’est que diversion.

    1. oh oui, expliquez nous encore la création monétaire ex nihilo, j’adore

      donc la banque crée des soussous, et quand elle est remboursée, elle détruit les soussous?
      sont fous ces banquiers, moi, je ne détruirais certainement pas des soussous
      hein?
      eux non plus?

      1. lehamstersortidesaroue

        « donc la banque crée des soussous, et quand elle est remboursée, elle détruit les soussous?
        sont fous ces banquiers, moi, je ne détruirais certainement pas des soussous
        hein?
        eux non plus? »
        c’est une obligation comptable… mais vous n’avez pas l’air de saisir que pour payer les intérêts il faut des soussous et que seuls les banques ont le pouvoir de créer des soussous.
        vous ne saisissez pas toutes les implications au niveau de la société ?

  2. on fait facilement l’impasse, dans ce dossier de l’affrontement dans tous les domaines est ouest.
    un épisode peu connu pour illustrer ceci

    https://wattsupwiththat.com/2015/12/21/green-war-on-jobs-britains-last-deep-coal-mine-closes/

    L’Angleterre était et est toujours l’alliée inconditionnelle des USA, ce qui provoque un urticaire virulent à des gens comme Sosot, mais les parents de Vlad n’avaient guère plus de principe que ce dernier.

    Concernant l’affaire Pinochet, à voir le niveau de développement du Chili,on ne peut que regretter qu’il ne se soit pas trouvé d’autres « dictateurs » dans certains pays tombés dans le cauchemar communiste pour se débarrasser des grands « démocrates » encore vantés aujourd’hui par une gauche azheimer.

    1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

      « Concernant l’affaire Pinochet, à voir le niveau de développement du Chili… »

      Depuis quand le développement économique légitimerait la violation des droits naturels des individus et excuserait des crimes commis par des gouvernants ?

      1. L’article aborde essentiellement les résultats économiques. On devrait penser que le libéralisme c’est plus que ça ?

        1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

          Tout à fait : le libéralisme, c’est bien plus que du fiscal conservatism.

          1. Ça n’a pas l’air si évident. L’économie est un sujet omniprésent dès qu’il s’agit de libéralisme, voire même exclusif. C’est peut-être un biais : en France, on ne peut qu’être conservateur et libéral ?

            1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

              « …en France, on ne peut qu’être conservateur et libéral ? »

              Être conservateur, ce n’est pas être libéral, même pas libéral-conservateur.

      2. Eternelle question : que faire des droits naturels de certains individus dont la profession de foi et l’engagement de toute une vie consiste à organiser la société pour violer systématiquement les droits naturels de tous les autres individus ?

        1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

          La réponse est simple : on respecte les droits naturels de ceux qui violent les droits naturels d’autrui. Et on les juge et condamne pour leurs crimes.

          L’indécente maxime de Saint-Just n’a pas cours chez les libéraux.

          1. Parce que condamner quelqu’un à la privation de sa propriété privée (amende) , à la privation de sa liberté (prison) ou à la privation de la vie (peine de mort) respecte ses droits naturels ? Ah bon, on est content de l’apprendre, juste un peu surpris, mais content quand même.

            Référence à Saint-Just : le point Godwin de nos ancêtres post-révolutionnaires ?

            1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

              Condamner quelqu’un qui a violé les droits d’autrui à réparer sa faute n’a rien à voir avec une quelconque violation de ses droits naturels. Le principe de justice est assez bien circonscris depuis Platon et Aristote.

              Et pour revenir à la question de départ, on ne voit toujours pas pourquoi le développement économique d’un pays pourrait légitimer ou excuser des crimes commis par des gouvernants. Il s’agit d’une position répugnante pour les libéraux. Comme est répugnant l’argument du progrès social brandi par ceux qui veulent excuser les crimes des régimes socialistes.

            2. on pourrait même aller plus loin
              nos grands contempteurs de gauche, dépositaires des « valeurs » et qui ravalent toute autre conception à la bête immonde, ont poussé leur habituelle ritournelle quand la ministre de l’époque Aliot Marie avait proposé son aide pour tenter de sauver ce bon Ben, et au passage la boite à chaussures de son épouse.
              Las celui-ci s’est enfoui,et cela enflammé toute l’Afrique du Nord, par des printemps arabes plus ou moins spontanés.Au final, des milliers de morts,des pays dévastés, des idéologies cette fois vraiment immondes se sont installées.
              Quelle mauvaise surprise de lire maintenant chez certains « penseurs », toujours de gauche, car finalement penser c’est typiquement de gauche,que finalement Kadafi était sans doute un brave homme, que Saddam était un moindre mal, et que ce pauvre Assad a bien du mal , malgré l’aide de Vlad, vous savez, celui qui renforce son arsenal nucléaire, a rétablir sa bonne gouvernance.

              et finalement ,que pouvait-on attendre d’un ancien du KGB?

              • Les agences américaines affirment que la Russie a mené « une campagne globale », « qui mélangeait des opérations de renseignement et de piratage avec des efforts menés par les agences gouvernementales, des médias publics russes, des intermédiaires rémunérés et des “trolls” (« harceleurs ») sur les réseaux sociaux ».

              http://www.lalibre.be/actu/usa-2016/poutine-a-t-il-favorise-trump-voici-ce-que-dit-le-renseignement-americain-5870a688cd708a17d55be37c

              fort heureusement, ils n’envoient pas encore des caisses de kalachs, comme au Chili, mais certains voisin de ce bon Vlad commencent à serrer les fesses, surtout que paradoxalement, il y a toujours des amateurs de ces funestes expériences, il n’est que de lire les louanges adressées au géant des caraibes

              1. Pour avoir ne pas subir le veto de la Chine au Conseil de sécurité et compromettre le lancement de l’opération tempête du désert en 1991, suite à l’invasion du Koweït par l’Irak, les USA on levé leurs sanctions suite au événements de Tian’anmen. La Chine ayant obtenu gain de cause à opté pour l’abstention ce qui a permis la libération du Koweït. A méditer…

                Bref au niveaux des relations internationales: le libéralisme n’est qu’une théorie parmi d’autre, d’où son ancrage historique à l’économie.

      3. Le point ici est de dire qu’entre deux mots il faut choisir le moindre.

  3. « Sa mesure la plus appréciée (65%) concerne l’accession à la propriété des locataires de logements sociaux, »

    Quand j’étais à Londres, j’avais sorti cet argument à mon prof d’anglais, il m’a rétorqué que les jeunes par contre sont embêtés … car les vieux ont racheté les logements sociaux … et du coup il y en a plus pour les jeunes, alors en attendant que ces vieux qui vivent assez longtemps maintenant décèdent et lèguent ces logements …

    1. L’idéologie des profs… Avoir un logement social serait donc un droit? Et pourquoi donc?
      Le plus drôle est la contradiction dans l’affirmation de cette prof: il n’y a plus de logements sociaux (selon elle, à vérifier) car rachetés par leurs occupant mais c’est donc que ces logements étaient occupés… donc les jeunes n’y auraient pas eux accès de toute façon. Ils auraient du attendre soit l’amélioration de la situation économique de l’occupant (improbable dans le système UK pré-tatchérien) ou son décès. La situation est donc la même sauf qu’on a rendu indépendant beaucoup plus de personnes, on leur a permis de se constituer un petit patrimoine transmissible et on a allégé la charge de l’Etat (compensation des impayés et entretien du parc immobilier). Evidemment, cela est d’autant plus insupportable pour un socialiste qu’un électeur avec un patrimoine est moins attiré par les sirènes du gauchisme.

      1. C’était dans une école privée londonienne, le gars n’était pas « gauchiste », il évoquait simplement un fait, si on veut les logements sociaux à une génération, il n’y en a plus pour la suivante.

  4. « reconnaissance déplacée à l’égard du dictateur chilien Augusto Pinochet qui lui avait apporté un soutien logistique contre l’Argentine »

    Remercier le pays qui vous a aidé à gagner la guerre serait déplacé de la part d’un chef d’Etat ?

  5. Je suis en total désaccord avec vous. La dette n’a pas diminué sous Thatcher, elle a au contraire augmenté.

     

    Vous trouverez les données ici

    Quant à l’effet Laffer, il reste une illusion. Voici la variation des recettes issus de l’impôt sur le revenu et le patrimoine. On s’aperçoit que les années 86 et 87 sont celles où les recettes ont le moins augmenté. Tout le contraire de la théorie de Laffer.

    Données ici

    1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

      « Vous trouverez les données… »

      C’est bien mignon de fournir les chiffres bruts qui augmentent automatiquement du fait de l’inflation.
      Par contre, si on analyse la dette publique en terme de pourcentage par rapport au PIB, on voit bien que le poids de la dette sur l’économie britannique diminue bien à partir de Thatcher jusqu’à 1992. On va quand même rappeler que le Royaume-Uni, juste avant Thatcher, c’était quand même le seul pays occidental à avoir demandé l’aumône d’un prêt auprès du FMI, comme n’importe quel autre pays du Tiers-Monde.

      debt

      Quant à votre graphique sur l’effet Laffer, même chose : si les années 1986 et 1987 sont celle qui connaissent la moins forte augmentation des recettes fiscales, c’est bien parce que ce sont les années qui connurent l’inflation la plus basse. Par ailleurs, les recettes fiscales peuvent parfaitement augmenter moins vite si les taux d’imposition diminuent. Ce que l’effet Laffer dit c’est que trop d’impôt tue l’impôt, pas que moins d’impôt donne des recettes fiscales en constante augmentation. L’objectif des imôts, ce n’est pas d’augmenter sans cesse, mais de couvrir les dépenses de l’État. Si ces dernières diminuent, on peut diminuer la masse totale fiscale. Or, on observe une tendance à la baisses des dépenses gouvernementales sous les années Thatcher.

      Sinon, durant les années Thatcher, les recettes fiscales furent bien supérieures aux huit années précédant ses mandats.

      Alors, revenez avec des graphiques avec des chiffres en monnaie constante et les taux d’imposition en vigueur et on en discute.

      1. Ne pas oublier que la France a été dans la même situation que la GB environ deux décennies auparavant, à devoir honteusement mendier l’aide du FMI (650 milliards d’anciens francs en 1957) pour la même raison d’un socialisme en roue libre, socialisme que de Gaulle a heureusement balayé. Malheureusement, le Général a omis d’aller au bout de la démarche, à savoir interdire définitivement tout retour du socialisme, le monstre finissant par revenir en 1981 (et même, dans une certaine mesure, dès 1974). La suite lui a évidemment donné tort et aujourd’hui, la France est une nouvelle fois revenue à la case départ, au bord du défaut public et de la ruine de sa population après plusieurs décennies de gabegie budgétaire et d’impérities économique et fiscale.

        1. José Lopez-MartinezJosé Lopez-Martinez

          « Ne pas oublier que la France a été dans la même situation que la GB environ deux décennies auparavant… »

          Je ne connaissais pas cet épisode.

          1. C’est un épisode peu glorieux des finances publiques françaises qui été enfoui très profondément pour ne pas contredire la thèse farfelue du coup d’Etat permanent. Un cas d’école de révisionnisme de la réalité économique à des fins de propagande.

            Pour ne surtout pas oublier : http://www.imf.org/external/pubs/ft/ar/archive/pdf/ar1958.pdf

            De plus, la quasi faillite publique de 57 démontre la totale vacuité des économistes préconisant le financement direct de l’Etat par la banque centrale ou celle des contempteurs de la loi financière de 73, puisque que leurs préconisations étaient précisément à l’œuvre à l’époque de cette faillite. On voit avec quel succès foudroyant…

        2. Que le socialisme revienne en 1981, à la limite que la génération Mai 68 fasse connaissance de la réalité comme Tspras en 2015, c’était une bonne chose, la tragédie est selon moi la reconduite en 1988, plutôt que d’emboîter le pas aux Anglo-Saxons, la France a continué sur cette voie tragique … et surtout en 1995, quand Juppé remercie Madelin au bout de 2 mois.

          Que peut faire Fillon ? Même si l’opinion publique a évolué, il est trop tard pour les pensions, la croissance à plus de 2 % semble derrière …

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