Changement climatique : tremblez avec le dernier rapport du GIEC !

The home planet by Skip Steuart(CC BY-NC-ND 2.0) — Skip Steuart, CC-BY

Le dernier rapport du GIEC instille de manière totalement irrationnelle la crainte de la fin du monde.

Par Michel de Rougemont.

Au début il y avait l’équilibre naturel, les glaciers envahissaient les plaines, les hivers étaient rigoureux et les gens mouraient régulièrement de peste et de faim.

Et puis cette magnifique harmonie écologique s’est dégradée : l’industrie s’est développée avec une économie n’ajoutant que du malheur sur le malheur, les glaciers se sont mis à fondre jusqu’au point que le permafrost ne tienne plus les roches alpines ensemble, l’atmosphère s’est assombrie de poussières et de polluants, et elle s’est chargée de gaz carbonique issu des flatulences humaines qui, en extrayant des carburants fossiles des fonds de la Terre, ont rapidement réexpédié ce produit de combustion dans l’air d’où il venait il y a des centaines de millions d’années.

Cause humaine et effets néfastes par a priori

Constatant ces fontes de glaciers et de calottes glaciaires, une lente montée du niveau des mers, un réchauffement graduel de l’atmosphère à la surface du globe, et maintenant aussi une augmentation de la couverture végétale, il a été conclu, tout d’abord sous forme d’hypothèse scientifique puis comme certitude politique, qu’un changement climatique était en cours, dans le sens du réchauffement, causé par l’activité humaine, et qui aura des conséquences catastrophiques intolérables.

En effet, des variations sont notables quoique mineures, tels la précocité et le raccourcissement des cultures agricoles, les migrations d’insectes ou d’espèces végétales vers de plus hautes latitudes ou des sports d’hiver moins assurés d’enneigement.

Pourtant de fait, les climats dans lesquels nous vivons sont bien restés les mêmes, tempérés ici, continentaux là, etc. Aucun « dommage climatique » n’a encore été observé. Ni la fréquence ni l’intensité d’événements météorologiques majeurs (pluies torrentielles, sécheresses, canicules, cyclones, incendies de forêt) n’ont changé de manière significative ; ceux qui le prétendent et attribuent au changement climatique l’une ou l’autre des catastrophes s’abattant à quelque part sont des menteurs effrontés car ils savent que rien ne permet de le dire.

Aucune « victime climatique » n’a pu être identifiée même si des farfelus prétendent par exemple que la guerre syrienne ou les migrations des Rohingyas auraient des origines climatiques.

Mandatés à coups de milliards, des dizaines de milliers de chercheurs ont obéi à l’ordre d’élucider ce changement climatique, d’ores et déjà défini par les politiques comme causé par l’action humaine dans la Convention des Nations Unies sur le Changement Climatique de 1992 (Art 1.2 CNUCC). Très loyalement ils ont bien sûr confirmé que le réchauffement est lié au phénomène de forçage radiatif par les gaz dits à effet de serre.

Le problème reste à ce jour que cette science n’est pas en mesure de déterminer dans quelle mesure le climat est-il sensible à la concentration de ces gaz (avant tout le CO2) dans l’atmosphère car les observations à disposition ne permettent pas de le déterminer ou paraissent même contradictoires. Malgré un tabou rendant indésirable tout débat sur cette sensibilité du climat aux émissions carbonées de l’humanité, il n’en reste pas moins que les modèles tendent à exagérer le réchauffement calculé par rapport à l’observé, avec des marges si larges que cela permet de conclure à ce que l’on voudra désirer.

La certitude politique reste donc fondée sur une grande incertitude scientifique.

En cas de doute en demander plus et plus vite

Cette incertitude et cette incapacité de la lever dérangent car le train de l’activisme globalisé est déjà en route, décoré des atours de hauteur morale, bien que sans fondement. Mais ce train a des ratés qui ne s’appellent pas que Trump ou centrales à charbon allemandes. Si d’aventure la tiédeur climatique prévalait, tous les efforts de décarbonation de la planète deviendraient futiles (à mon avis ils le sont déjà), même pour les plus fervents alarmistes.

Car à un impact faible du CO2 sur le réchauffement correspond une possibilité encore plus faible de le corriger à la baisse par l’élimination des carburants fossiles et la séquestration. Il faudrait donc se rendre à l’argument que la nature impose des changements climatiques indomptables.

Ça, c’est inacceptable pour l’hubris des sauveteurs de la planète. Alors il faut trouver un nouveau pilier, une nouvelle épaule, pour soutenir et intensifier la mobilisation globale fédérant tous les maux de la terre sous la bannière climatique.

Dorénavant la sensibilité du climat aux actions humaines n’a plus d’importance. Que que le système réponde fortement ou de manière anodine aux gaz à effet de serre n’est plus la question. Les scientifiques le disent, tel Knutti de l’ETHZ, rendant ainsi bien service à la causa climatica de laquelle ils vivent. Ce qui compte c’est une limite à ne pas dépasser.

Posée arbitrairement à 2 °C dans les années 70 par l’économiste W. Nordhaus, récipiendaire récent du prix Nobel de l’économie, cette limite nous est restée collée comme le sparadrap du Capitaine Haddock jusqu’à l’accord de Paris en décembre 2015 où un abaissement à 1,5 °C avait déjà été tenté. C’est maintenant entériné dans le rapport spécial SR15 du GIEC qui vient de paraître.

À cette limite un « budget carbone » est associé qui correspond à ce qui nous resterait à brûler avant que ce seuil ne soit atteint. Le nouveau message est que toute tonne de carbone émise, tout ppm de CO2 additionné sont de trop et néfastes, pour toujours. Au rythme actuel et selon les habituelles annonces de précipices s’ouvrant à nous, ce budget serait épuisé entre 2030 et 2052 (la presse n’a retenu que 2030). Et si le climat était moins sensible, alors l’apocalypse n’adviendrait qu’un peu plus tard.

Ayant atteint 1 °C on est déjà à deux tiers du chemin alors que dans les grandes villes toutes les limites sont déjà dépassées, et ce sans qu’aucune victime climatique ne soit à décompter.  On pourrait prétendre que 3 ou 4 °C seraient aussi tolérables : personne n’en sait rien. Pourquoi et comment cette limite est-elle fixée à ce niveau ? que se passe-t-il si elle est dépassée d’un dixième ou de plusieurs degrés ?

Peu importe, la ligne rouge de l’intolérable est là, fixée par les experts de la science faite in silico aux politiciens qui n’ont plus qu’à obéir. Ceux-ci doivent être très content car ils savent merveilleusement bien gérer les budgets, surtout pour ne pas les respecter.

Enfumage à tout prix

Dans le résumé pour décideurs du SR15 cela est présenté comme savent le faire les meilleurs vendeurs : les risques sont suggérés en une longue énumération de possibilités et jugés selon qu’ils sont plus ou moins likely, mais rien n’en indique la dimension, gorille ou souris, tout a la même valeur. La crainte de la fin du monde est ainsi magnifiquement instillée.

D’une manière systématique des comparaisons sont présentées qui expliquent qu’évidemment les gorilles et souris seraient moins menaçants si l’on se limitait à 1,5 °C plutôt qu’à 2 °C. Vous ne savez pas si vous devez conclure une police d’assurance mais on vous en présente une qui est moins rébarbative que l’autre, comme si c’était la seule alternative. Du grand art !

Malgré tout il reste important de savoir si le climat est très ou très peu sensible au CO2 car, même avec cette approche comptable de la chose, il n’est pas indifférent d’anticiper onze ans de survie climatique alors que cela pourrait être un siècle ou plus, laissant du temps pour s’adapter et pour procéder avec ordre et intelligence à la substitution des carburants fossiles.

Pour pallier la catastrophe maintenant annoncée comme certaine et imminente par le GIEC, des actions de décarbonation tout bonnement impossibles sont exigées dans l’urgence. Formuler des exigences que l’on sait irréalisables est irresponsable.

C’est pourtant ce que font les experts du GIEC en suggérant comme atteignable d’investir annuellement 2 400 milliards de dollars (environ le PIB de la France, 7ème nation économique du Monde) jusqu’en 2035 sans que ni la valeur des dommages à éviter, ni la faisabilité de ces investissements, ni même les disponibilités financières ne soient abordées dans leur rapport.  Ce n’est ni sérieux ni honnête.

Ce rapport sonne comme un ultimatum mais, comme beaucoup d’autres qui l’ont précédé, il n’est pas raisonnable.

Au cas où nous serions encore de ce monde nous pourrons en reparler en 2031.