Mixité sociale, parcoursup et dogmes idiots

Grâce à une belle panoplie de dogmes comme la mixité sociale ou la gratuité de l'éducation, l'éducation française est maintenant en ruines.
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Un écolier et futur chercheur ? (Image libre de droits), via Pixabay.

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Mixité sociale, parcoursup et dogmes idiots

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 28 septembre 2018
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La Macronie, c’est un problème par domaine et, pour chacun, une solution par jour. Bien sûr, par « problème », on entendra toute interrogation plus ou moins mal posée par une brochette de vibrants politiciens, et dont la « solution », ridicule et mal formulée, est généralement déjà dans leur tête avant même la définition du problème. Une fois en place, elle aboutira à de nouveaux problèmes qui nécessiteront force interventions des mêmes vibrants abrutis.

Pour aujourd’hui, la Macronie socialiste a décidé de s’attaquer à un vrai problème de vivrensemble : celui de la mixité sociale des lieux d’éducation. Car oui, c’est évident, une école, un collège, un lycée, une université, sont des lieux dont le but n’est pas de transmettre des savoirs, mais dont l’objet est évidemment une reconstruction sociale, où il faut absolument cette mixité sociale sans laquelle il n’existe point d’avenir radieux.

Car oui, la mixité est un vrai problème : quand bien même tout démontre que l’enseignement — tel qu’il fut pratiqué jusque dans les années 70 — permettait à un nombre croissant d’individus issus de classes modestes d’acquérir savoir, culture et instruction au point de hisser la société française tout entière au niveau de richesse qu’on lui connût jusqu’alors, quand bien même on aura pu constater le nombre croissant, jusqu’à cette période, d’ingénieurs, de grands auteurs ou d’artistes majeurs issus de couches populaires, ce qui tendrait à prouver que ça ne se passait finalement pas trop mal, il s’est rapidement imposé, à partir des années 80 et ensuite, l’absolue certitude que l’école (et l’Éducation nationale toute entière) ne remplissait pas correctement son but : extraire les masses laborieuses de leur fange pour les propulser vers les azurs bleutés du savoir universel.

Dès lors et partant de cette définition d’un problème de mixité qui n’avait, en pratique, jamais réellement existé, fut imaginée une solution redoutable évidemment prônée par nos politiciens (de ce gouvernement et des précédents — ne nous leurrons pas, tous se valent dans la fange de médiocrité dans laquelle ils barbotent en faisant de petits prouts sonores) : la mixité entrait en force dans nos établissements scolaires.

Depuis la carte scolaire jusqu’aux directives internes des établissements en passant par la redéfinition régulière des méthodes d’inscription ou d’accession à tel ou tel établissement, tout aura donc été fait pour atteindre l’objectif constructiviste qu’on s’était benoîtement imposé : la mixité sociale sera mise en place, par la force des décrets s’il le faut.

Dans ce cadre, on comprend l’importance de l’écrabouillage systématique de l’école privée (tant sous que hors contrat) puisque cette dernière, rétive, ne se soumet qu’à contre-cœur aux diktats pourtant rigolos de nos élus.

Petit-à-petit et malgré la chasse aux déviants, le constat s’impose : les parents ont une furieuse tendance à placer leurs enfants dans les établissements qu’ils jugent les meilleurs possibles compte tenu de leurs contraintes (financières, géographiques) et, quand ils le peuvent, font tout pour détourner la carte scolaire et les désirs humides de mixité des élites.

Pire encore, l’INSEE vient dernièrement de faire paraître une étude fracassante qui montre que non seulement les parents font souvent des pieds et des mains pour éviter de subir les frais d’une carte scolaire arbitraire, mais de plus un nombre croissant d’entre eux recourt aux établissements privés pour s’en affranchir complètement.

Ainsi, à Paris, le nombre d’élèves dans le privé atteint 30 %. Or, ce contingent est rempli au trois quarts des enfants de milieux très favorisés. Les classes sociales les moins favorisées ne sont présentes qu’à 4 % dans les établissements privés. Zut de crotte, les parents utilisent les établissements privés pour éviter la mixité sociale.

Et c’est d’autant plus fort de café qu’on chuchote, dans les milieux (syndicaux) autorisés que certains chefs d’établissements privés poussent même le vice jusqu’à trier les élèves !

C’est positivement abominable ! D’un côté, des parents décident de claquer des sommes assez élevées pour l’instruction de leur progéniture, en surcroît de leurs impôts qu’on imagine sans mal assez coquets. De l’autre, des chefs d’établissements dont le gagne-pain dépend ultimement de leur capacité à attirer les élèves, se débrouillent pour fournir l’environnement explicitement désiré par des parents.

Quel scandale !

Tout ceci est non seulement honteux, mais tellement en contradiction avec le vivrensemble qu’on ne peut s’empêcher de penser que, décidément, la vie est mal faite et un passage par quelque camp de rééducation citoyenne, festive et à forte mixité sociale mais préférablement bourgeoise s’avère réellement nécessaire pour ces populations. Non mais.

Le pompon est d’ailleurs atteint lorsque l’étude de l’INSEE conclut avec un aplomb assez phénoménal que les problèmes de recrutement des établissements publics sont en réalité amplifiés par l’existence même des établissements privés, de la même façon sans doute que l’existence de voitures rapides rend honteuse la lenteur des autres voitures.

Rassurez-vous : l’analyse des raisons qui poussent certains parents à ces comportements ne semble guère venir à l’esprit ni des auteurs de l’étude ni des politiciens qui ont mis en place l’ensemble des règles et autres directives encadrant les inscriptions, cartes scolaires et tracasseries administratives des établissements publics. Aucune remise en question ne sera possible sur ces sujets : les établissements privés sont la cause du problème, absolument pas la manifestation d’une conséquence des actions idiotes et épileptiques des politiciens. Circulez.

De la même façon, aucune remise en question n’existe concernant le désastre actuel des inscriptions en université.

En pratique, chaque année qui passe ajoute sa pierre à l’édifice de malheurs et de misères que constitue maintenant l’inscription estudiantine dans les mouroirs à bacheliers que deviennent nos facultés.

Tous les ans, ce sont de nouveaux contingents de jeunes étudiants qui se retrouvent largués en rase campagne sans la moindre inscription. On appréciera dans ce contexte la titraille altercomprenante de certains journaux comme Le Monde : pour le quotidien, Parcoursup, le dernier avatar du bricolage ventilé à algorithmie transaxiale brachiométrique pifoproutesque de l’Éducation nationale en matière d’études supérieures, dispose finalement d’un « bilan à confirmer » probablement parce que titrer « une catastrophe en demi-teinte » n’était pas aussi vendeur.

Pourtant, les témoignages de ratés monumentaux ne manquent pas et se dire qu’on a fait une plus petite foirade que l’année passée (avec APB) n’est qu’une piètre consolation.

Et là encore, à la racine de ces problèmes d’inscription universitaire, on retrouve la même envie de fournir à tous et chaque étudiant un accès égalitaire, indifférencié et quasi-gratuit à une ressource pourtant fort coûteuse, d’une part en distribuant le diplôme d’accès (le niveau général du bac baisse) et d’autre part en imposant aux établissements publics de ne faire aucun tri ou aucune sélection.

On attend avec gourmandise l’étude INSEE qui conclura, la larme à l’œil, que les établissements privés et autres écoles supérieures coûteuses abaissent la mixité sociale des universités.

Quant à la remise en question des dogmes idiots de la mixité sociale, de la carte scolaire, de la fumeuse gratuité indispensable, de la nécessité d’une absence de sélection à l’entrée des facs, ou tout l’amoncellement d’autres dogmes qui font de l’Éducation nationale française le bateau ivre qu’on observe tous les jours, n’y comptez surtout pas.

D’aussi beaux problèmes attirent de dodus politicards et leurs solutions idiotes. Les résoudre, surtout en laissant le marché et les individus se débrouiller, ce serait vraiment gâcher !
—-
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  • Mouroirs à bacheliers mais pépinières à polytocards :mrgreen:

  • Notre éducation nationale est à la même hauteur que le reste du système français! Un foutoir innommable et un gaspillage de talents et d’argent. La cause principale de la décadence du pays!

    • Ce n’est pas un hasard si la désintégration de l’Education Nationale a débuté immédiatement après mai 68 (ah la « cogestion » d’Edgar Faure!) et s’est poursuivie inlassablement pendant 50 ans. Le but ultime était l’abêtissement du peuple, dont on peut observer le niveau en parcourant les programmes télé, ainsi que le triomphe électoral de Macron, nouvelle lessive lancée par une campagne de presse sans équivalent.
      Deux avantages : un peuple inculte est plus docile. Et il peut être facilement remplacé par l’Homme Nouveau, base de toute tyrannie.
      Question subsidiaire : Au vu de la pérennité de cette action, par qui sommes-nous RÉELLEMENT gouvernés?

      • Je ne suis pas sûr que Mai 68 soit la bonne date. Regardez la difficulté de l’épreuve du bac d’année en année. Vous verrez que la descente à plutôt commencé vers 1980 (ça me fait penser à Mitterand d’ailleurs…). Et Mai 68 a bon dos, mais j’aime rappeler ce qu’en pensais le PCF à l’époque: « des révoltes d’étudiants bourgeois » (ils ont ensuite essayés de se rattraper après coup). Mai 68 était plutôt (au début tout du moins) un révolte contre les mœurs trop strictes de l’époque pour les jeunes.

  • Finalement, le gouvernement de la France est, depuis des décennies, une vaste ingénierie sociale qui foire à tous les niveaux. Et avec un pognon de dingue!

  • Ça me rappelle une discussion que j’ai eu très récemment avec un père de famille « de gôôôche ! ».
    En quelques minutes, j’ai eu droit à
    « Ma fille était dans une école maternelle avec mixité sociale, c’est fantastique maintenant elle est ouverte d’esprit. Et puis, la mixité non seulement sociale mais aussi des nationalités était aussi profitable pour elle que pour les autres, c’était merveilleux »
    Puis : « Elle est maintenant dans une meilleure école, c’est moins mixte mais c’est mieux pour elle »
    et le pompon : « il faut que je trouve un moyen de contourner la carte scolaire pour l’année prochaine, afin qu’elle puisse aller en collège à Henri IV »…
    J’avais déjà lu des articles sur le sujet, et là je trouvais quelqu’un qui me tenant exactement ce discours caricatural. C’est limite si à la fin, il n’a pas conclu en disant que la mixité c’est bien que en maternelle mais au cela, c’est bon uniquement pour les enfants des autres (ie de ceux qui n’ont pas les moyens de se payer une chambre de bonne près de Henri IV, comme lui semblait envisager, juste pour y avoir une adresse).

  • Privatisation de l’éducation nationale

  • La madame qui dit être de gauche est vraiment de gauche : elle n’a pas de colonne vertébrale, et ne doit pas trop savoir ce que ça veut dire. Le gens de gauche ne devraient pas pouvoir inscrire leurs enfants dans le privé et se coltiner la carte scolaire, vu qu’il font le forcing pour que l’Education Nationale raitsse large et accepte tous les enfants de France et de Navarre, et de plus loin encore.

  • l’écologie c’est aussi ne pas imposer à des espèces, des races et ou des cultures à vivre dans son environnement différent que celui hérités de ses ancêtres. Respectons la biodiversité, des hommes et de leur culture

  • le modèle est la mixité politique: et de droite et de gauche, ni de droite ni de gauche, en conséquence on fait sur sur place. l’alternance c’est la démocratie entre deux philosophies différentes qui ont chacune des qualités et des défauts. La société évolue entre ces aller retour de politique différentes mais complémentaires

  • Mais le seul vrai problême n’est-il pas plutôt d’inciter trop de jeunes qui n’en ont ni le gout ni les capacotés à poursuivre des études générales en distribuant le BAC à tout va !
    Ainsi atteint-on des scores de réussites magnifiques et pendant que les jeunes pataugent dans leurs études ils ne sont pas dans les statistiques chômage !

    • @Jaudy, mais bien entendu, lorsque le bac avait encore de la valeur et que tous ne l’obtenaient pas, il n’y avait aucun problème de place dans les facs. A un problème simple (re-durcir le bac) les politiques apportent les solutions les plus compliquées qui sont autant de problèmes nouveaux à résoudre… et ainsi de suite !

      • La méthode actuelle consiste a se défausser du filtre sur l’enseignement supérieur. Comme ca les politocards peuvent afficher de bons scores, les syndicats de bienpensance sont ravis de la « qualité » de la population qui atteint le bac, et le problème éclate plus loin, mais ce n’est plus de leur responsabilité.. enfin, c’est ce qu’ils croyaient.
        Pour résoudre le nouveau problème, il ne reste plus qu’a multiplier par 100 les places en doctorat d’histoire de l’art 🙂

  • Me trompe-je ou c’est l’état qui gère une école ouverte uniquement aux filles ou (arrière) petites filles de diplômés de la Légion d’honneur ? http://www.legiondhonneur.fr/fr/page/modalites-dadmission/282
    Une sélection à l’entrée. Pas de mixité sexuelle tant vantée par ailleurs, une mixité sociale par petites pincées (y’a qu’à regarder les photos…). Ce doit être horrible pour ces fillettes, les pauvres…. Pourtant, l’institution se vante de 100% de réussite au Bac…

    Quant à M. Hollande, notre ancien Président, parait qu’il a fait éduquer ses 4 enfants dans le privé.

  • Article d’H16 toujours aussi dramatiquement pertinent et sous-tendu par une écriture incisive et caustique que j’apprécie particulièrement.

    • Certes, mais comme d’hab, aucune piste de solution 🙂

      • Difficile de proposer des solutions dans un pays gangrené par l’Enarchie, et les bobos- gochos qui sabotent à l’envi les possibilités de changement d’orientation du pays.

        Les esprits curieux et non dogmatiques se souviennent encore des manipulations médiatiques qui ont amené à l’election du locataire actuel de l’Elysee.

  • Personne pour relever que la carte scolaire est contraire aux traités européens sur la libre circulation des personnes, des biens et des services ?

  • Les commentaires sont fermés.

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