Cette politique de redistribution qui appauvrit les Français

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Money by Raquel Camargo(CC BY-NC 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Cette politique de redistribution qui appauvrit les Français

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 5 mars 2018
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Un lieu commun attendu dans la presse subventionnée veut que les politiques de redistribution aient protégé les Français contre les effets de la crise de 2008. Il ne se passe une semaine sans que la parole soit donnée à un commentateur qui dresse le spectre des travailleurs pauvres en Allemagne, face à la maîtrise des inégalités en France.

Sauf que les statistiques produites par Eurostat démontrent que ces politiques de redistribution se font au détriment de la richesse moyenne par habitant. On redistribue mieux, mais de moins en moins.

Les statistiques européennes sont parfois cruelles. Elles rompent la monotonie des préjugés qui fleurissent dans la bien-pensance française. C’est par exemple le cas sur l’efficacité des politiques de redistribution et de protection, tant vantée dans notre pays. Sauf que tout démontre qu’elles participent largement à un appauvrissement général du pays.

Des exemples de politiques de redistribution

Le graphique ci-dessous en donne la description générale. Il représente les variations de produit intérieur brut par région, et les positionne par rapport à la moyenne européenne. Une lecture simple révèle quelques cruelles réalités.

La première est probablement que plusieurs régions françaises partagent avec la Roumanie et la Bulgarie le triste privilège de disposer d’un revenu par habitant en parité de pouvoir d’achat inférieur à 50 % de la moyenne européenne. Insistons sur la notion de parité de pouvoir d’achat. Il ne s’agit pas de comparer des revenus nominaux, mais bien du pouvoir d’achat effectif.

Certes, c’est à Mayotte que la France doit ce mauvais classement. Il n’en demeure pas moins que l’affichage est mauvais. En outre, il est corroboré par les autres éléments chiffrés. Ainsi, seules deux régions françaises (Ile-de-France et Rhône-Alpes) disposent d’un PIB par habitant supérieur à la moyenne européenne. Toutes les autres régions se situent sous la moyenne.

Autre constat qui devrait alerter les Français : les écarts entre la région française la plus riche et la plus pauvre sont d’une amplitude parmi les plus importantes d’Europe. En dehors du Royaume-Uni, aucun pays ne fait pire que la France.

Là encore, le mythe d’une politique de redistribution qui gommerait les inégalités entre Français, notamment entre territoires, ne tient pas. Malgré une pression fiscale extrêmement puissante qui vise à égaliser les disparités de revenus selon l’origine géographique, la France reste un pays profondément « divergent » selon l’endroit où l’on habite.

Dernier constat qui se dégage à l’oeil nu : Paris n’est pas aussi riche qu’on le croit. L’Ile-de-France dégage un PIB en parité de pouvoir d’achat supérieur de 75 points à la moyenne européenne. C’est beaucoup moins que Londres, avec 510 points de plus, ou Luxembourg, avec 160 points de plus. Mais c’est aussi moins bien que Bruxelles ou Hambourg (100 points de plus que la moyenne), et même moins bien que Bratislava ou Prague.

Le lent déclin français selon un scénario « à l’espagnole »

Il faut se plonger dans les analyses à plus long terme pour comprendre la mal qui ronge le pays. Dans le graphique ci-dessous, qui date de 2009, on voit quel était le classement européen au moment de la grande crise de 2008.

Comme on le voit, le PIB par habitant moyen français a légèrement baissé sur la période de 2009 à 2016. Il a légèrement cru en Ile-de-France, comme à Hambourg. Pendant ce temps, il doublait à Londres et il progressait d’environ 50 % en Irlande. Durant cette période, Bratislava est passé devant l’Ile-de-France.

On notera avec intérêt que ce sont les pays les plus libéraux, selon la logique française, c’est-à-dire le Royaume-Uni et l’Irlande, qui ont créé les régions les plus prospères.

Ce qui se dessine ici n’est donc pas un effondrement brutal de la richesse en France. Il s’agit plutôt d’une érosion lente. Le cas Mayotte l’illustre très bien. Depuis 2008, Mayotte a perdu en niveau de vie et figure désormais parmi les lanternes rouges. Alors que la France ne comptait, en 2009, aucune région sous les 50 % du PIB moyen européen, elle compte désormais Mayotte.

Ce phénomène d’érosion se distille donc peu à peu, à la manière dont l’Espagne s’est appauvrie et endormie après son siècle d’or. Progressivement, l’étoile pâlit et s’efface, mais à un rythme suffisamment lent pour qu’aucune réaction brutale au sein de la population n’intervienne.

L’érosion française par la géographie

La carte ci-dessous illustre bien le mal français. Cette carte figure l’évolution du PIB moyen par habitant en parité de pouvoir d’achat de 2007 à 2015. Les couleurs bleues figurent les régions où cette PIB moyen a augmenté. Les zones en rose et rouge figurent celles où il a baissé. Plus la couleur est soutenue, plus la baisse est forte.

De façon très révélatrice, le Lebensraum allemand a progressé, sous l’effet d’un ordo-libéralisme qui a contaminé toute la région. Dans le reste de l’Europe, seuls le nord du Portugal, l’Ile-de-France, Londres et quelques régions résiduelles en Écosse et au Royaume-Uni, ainsi que la Belgique, ont connu des progressions.

Dans cet ensemble, la France subit le même sort que l’Espagne, que l’Italie… Elle décline peu à peu. Les pays du Nord à forte politique de redistribution, comme les Pays-Bas, la Suède ou la Finlande, sont frappés du même mal.

Les vertus sociales de l’ordo-libéralisme

Globalement, les politiques de redistribution apparaissent socialement inférieures aux politiques de maîtrise budgétaire et de défiscalisation apportées aux entreprises. La rupture nette dessinée par les statistiques européennes le prouve. Partout où la dépense publique est contenue et les entreprises encouragées à se développer, le revenu moyen par habitant progresse.

À l’inverse, les pays à forte protection sociale ou soucieux de se doter d’amortisseurs sociaux ont vu leur PIB moyen baisser…

Peu à peu, nous en revenons donc à la question fondamentale qui porte sur la légitimité économique des politiques de redistribution : garantissent-elles efficacement la prospérité d’une Nation, ou se contentent-elles d’amoindrir le coût du déclin ?

Sur le web

Voir les commentaires (6)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • Bon ce matin faut encore faire un chèque de 54,42€ pour un truc « nouveau » parce qu’il y a un « nouveau papier » a remplir pour le 31 mars sous peine d’amende.
    Le document relatif aux bénéficiaires effectifs ».
    Ca fait un peu cher la page.
    Donc 54.42€ multiplié par 2.5M d’entreprises TPE, PME, Big Entreprises en société….
    C’est donc 137M d’€uro de ponctionné sur le secteur marchand pour des conneries. Mais des conneries!…
    « Loi Sapin ». Redistribution, taxes et conneries….
    Y’en a un peu marre.

  • La cagnotte Jospin aurait quand même dû faire comprendre à la gauche que c’est la prospérité économique (engendrée à l’époque par la bulle internet aux USA) qui fait la prospérité d’une nation, et rapporte davantage d’argent à l’état.
    Donc s’ils sabotent l’économie comme ils le font actuellement c’est soit délibéré, soit une débilitée! Rappelons que la France a perdu des parts de marché dans l’UE: de 18,5 à 12%, et vu son secteur industriel chuter de 32 à 12%. Ce qui est énorme!

  • Juste une petite chose rapide : il est malhonnête de comparer la lanterne rouge de la France en 2009 et la lanterne rouge de la France en 2012. Parce-qu’en 2009 Mayotte était un territoire d’outre mer, en 2012 un département, donc pas du tout compté de la même manière.
    Il y a largement matière à parler en excluant Mayotte des comparaisons entre ces années.

  • J’oserais 2 remarques:
    – La fameuse « banane bleue » chère aux économistes d’il y a quelques temps, a pris une légère claque, le sud-est de l’Angleterre, le nord-est de la France et le nord de l’Italie s’en trouvant une lichette exclus. 2 grosses dettes de l’UE (Italie et France) dont on peut penser que les politiques plutôt corrompues des gouvernants ont eu une influence négative. Et les british, qui ont dû lire les tableaux financiers depuis quelques temps, qui tentent de corriger en se barrant.
    – La meilleure santé de l’Europe de l’est, probablement dûe aux fameuses redistributions financières dont se targue la Commission Européenne. Après l’Allemagne, les plus gros contributeurs nets sont la France et l’Angleterre, l’Italie étant dans les bénéficiaires. Les british, vus avant, qui ont dû lire les tableaux…
    Donc, de mon point de vue, le vrai couillon est la France. Mauvais choix de gestion financière d’Etat et ponction UE importante. Peut-être une légère réflexion nationale?

  • Nous arrivons à redistribuer de la pauvreté…
    Economiquement logique!
    Politiquement magique…

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
0
Sauvegarder cet article

Par Karl Eychenne.

« La politique du quoi qu’il en coûte ne coûtera jamais trop cher », ainsi parlait l’Homme politique alors que la première crise sanitaire plongeait l’économie française dans l’obscurité. En termes de philosophie morale, le quoi qu’il en coûte repose sur un impératif catégorique hermétique à tout calcul de coin de table : il faut sauver tout le monde.

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous. », Montesquieu.

Bien sûr personne n’est dupe, le quoi qu’il en coûte a un coût. D’ailleurs, o... Poursuivre la lecture

Par Gérald Autier.

L’augmentation absolument vertigineuse de la dette publique de la France fait craindre à de nombreux commentateurs politiques que les générations à venir auront à supporter l’inconséquence des choix budgétaires faits actuellement.

Cette dette avoisinera prochainement les 120 % du PIB du pays, contre 100 % avant le début la pandémie, et les mantras politiques tels que le « quoi qu’il en coûte » suggèrent que cette irresponsabilité financière n’est pas près de s’arrêter.

Beaucoup ignorent un aspect du pro... Poursuivre la lecture

0
Sauvegarder cet article

Par Quentin Briendo.

Dès l’entame de l’article, il s’agit pour le journaliste de montrer que le parcours de l’entrepreneur n’a rien d’extraordinaire : « Beau parcours que celui-là : parti de rien si on oublie ses études à Princeton et un premier investissement de 250 000 dollars, financés tous deux par ses parents... »

Le parcours pas si exceptionnel de Jeff Bezos

En ce qui concerne l’université, il est intéressant de voir que le ton employé n’est pas le même suivant que Libération parle de Jeff Bezos ou de Michelle Obama, pou... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles