La croissance et les emplois de demain viendront des petites entreprises

C’est loin des honneurs de la presse et du monde politique que se développent les entreprises de demain et parmi elles, les futurs géants qui détrôneront bientôt ceux d’aujourd’hui.

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La croissance et les emplois de demain viendront des petites entreprises

Publié le 30 mai 2017
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Par Guillaume Nicoulaud.

Une grande entreprise, c’est une entreprise qui a déjà grossi. Ça ne signifie nécessairement pas qu’elle n’a plus aucune marge de manœuvre pour investir, embaucher et gagner encore plus d’argent mais, en général, c’est ce qu’on observe : les grands groupes investissent et embauchent peu — ils se contentent souvent de renouveler prudemment l’existant — et ce n’est, sauf exceptions, pas sur eux qu’il faut compter pour les croissances de résultats spectaculaires. Lorsque vous observez une grande entreprise aujourd’hui, dans la plupart des cas, vous observez le résultat d’une croissance passée.

Il y a une foule de raisons à cela. Parmi elles, et cette liste est loin d’être exhaustive, on peut citer le poids de la bureaucratie et des procédures qui tendent à croître plus vite que les ventes et une certaine frilosité des actionnaires qui préfèrent souvent se reposer sur leurs lauriers plutôt que de prendre des risques.

Les grandes entreprises innovent peu

Quoi qu’il en soit, les grandes entreprises tendent à gérer l’existant plutôt qu’à chercher à se développer ; raison pour laquelle elles investissent relativement peu, se focalisent sur le pilotage de leurs coûts (le lean management) et tendent à verser des dividendes plutôt que de réinvestir leurs gains passés.

Ce n’est donc pas des grands groupes d’aujourd’hui que nous sommes fondés à attendre la croissance et les emplois de demain. Au mieux, ils parviendront à se maintenir : certains connaîtront encore quelques années de croissance modeste, d’autres sont déjà dans leur phase de déclin.

C’est ainsi, les entreprises aussi ont un cycle de vie et c’est rarement de celles qui s’approchent de la retraite qu’il faut attendre les idées révolutionnaires, les investissements massifs et les créations d’emplois par milliers.

Google il y a 20 ans

Ça, ce sont des sports de jeunes. Les investissements, la croissance et les emplois de demain viendront des petites entreprises d’aujourd’hui et même d’entreprises qui ne sont, à l’heure où j’écris ces lignes, encore que des projets. Songez, par exemple, à ce qu’était Google il y a 20 ans.

C’est là, loin des honneurs de la presse et du monde politique que se développent les entreprises de demain et parmi elles, les futurs géants qui détrôneront bientôt ceux d’aujourd’hui.

Parmi ces milliers de petites entreprises, beaucoup disparaîtront, certaines vivoteront et quelques-unes seulement connaîtront des destinées spectaculaires. Toute la difficulté, et les capital-risqueurs m’en sont témoins, c’est que personne ne sait lesquelles.

Le fait est que nous ne connaissons pas le futur et que tous ceux qui prétendent le contraire sont au mieux incompétents, au pire des charlatans. En réalité, personne n’en sait rien comme personne ne pouvait deviner, il y a 20 ans, le succès phénoménal qu’a connu Google depuis. Nous avons tous notre petite idée, des convictions plus ou moins étayées mais de là à savoir, il y a un gouffre.

Que faire ?

Concrètement, pour ce qui nous concerne aujourd’hui, ça signifie deux choses. D’une part, il faut laisser les grandes entreprises poursuivre leur chemin. Qu’elles optimisent leurs coûts, qu’elles cessent d’embaucher ou réduisent leurs effectifs, qu’elles versent des dividendes à leurs actionnaires : peu importe.

Si le déclin est inévitable, il vaut mieux qu’il soit graduel plutôt que précipité par des investissements hasardeux, mais il faut qu’il arrive plutôt que de dépenser des milliards d’aides publiques en pures pertes.

Le plus important, ce sont les petites et parmi elles les futures grandes. La création de richesse étant un processus d’essais et d’erreurs, le mieux que nous ayons à faire c’est de les laisser essayer.

Il ne s’agit pas leur verser des subventions, de leur créer des passe-droits ou je ne sais quel machin public supposé les promouvoir : il s’agit juste de les laisser faire. Ce dont ces entreprises ont besoin, c’est d’un environnement juridique et fiscal stable, de financements privés et de marchés véritablement ouverts, à l’extérieur de nos frontières comme à l’intérieur.

Créer une entreprise, prendre un risque

Il faudra bien un jour que nos dirigeants comprennent que créer une entreprise, ce n’est pas seulement beaucoup de travail : c’est aussi — et peut-être même surtout — une prise de risque considérable. Investir dans une entreprise, sauf pour les quelques-uns qui peuvent se permettre de perdre leur mise sans réduire leur train de vie, c’est un acte de foi en l’avenir.

Ce qui motive un entrepreneur, grand ou petit, c’est toujours la perspective de réaliser des profits. Ce qui le freine et peut même l’amener à abandonner son projet, ce sont les risques de pertes.

De là, vous comprendrez certainement que tout ce qui est de nature à réduire les perspectives bénéficiaires des entrepreneurs d’aujourd’hui ou à accroître les risques qu’ils prennent relève du sabotage pur et simple.

Fatalement, mécaniquement, ils investiront moins (ou pas du tout) et nous le paierons tôt ou tard en termes de croissance et d’emplois. Oubliez donc les actionnaires du CAC 40 et les politiques à court terme : des milliers d’entrepreneurs ne demandent qu’à prendre le relais. Ils ont l’ambition et les savoir-faire : il ne reste plus qu’à les laisser faire.

Sur le web

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  • Peut-être

    Mais quelle fraction de la production non alimentaire des PME est éthique et éco-défendable ?

    Quant à la fraction alimentaire elle nécessite de s’interroger tous les jours sur son pouvoir polluant.

    Alors qu’une grande chaîne il est vrai s’apprête à ouvrir des supérettes, sinon plus grand, uniquement bio

    Etant entendu que les laboratoires pharmaceutiques de taille PME tuent beaucoup moins que les gros.

  • il faudra bien qu’un jour nos dirigeants comprennent que créer une entreprise…..et c’est là que le bat blesse ….. vu que nos dirigeants n’ont jamais rien construit , ni avec leur cervelle et encore moins avec leur mains …..autant dire qu’ils ne comprennent strictement rien au monde de l’entreprise ; en général , quand ils s’interessent à ce monde là , c’est pour le taxer sans plus s’occuper du mal qu’ils peuvent faire à tout ceux qui prennent des risques ;

    • « vu que nos dirigeants n’ont jamais rien construit »

      Mais si ! Ils ont construit Airbus, une calamité aussi bien technologique que financière, subventionnée à hauteur de milliards par an depuis 40 ans et qu’on nous présente comme la fierté de la France.

      Ils ont également construit Areva, Alstom, Thomson et bien d’autres calamités que l’on subventionne en pompant du fric aux petits entrepreneurs.

      Et tant qu’on aura ces sovkhozes à la française et que personne ne les remettra en cause, le cirque continuera.

  • Il y a une erreur très commune sur l’investissement. L’investissement c’est l’édification de moyens de production supplémentaires. Il est donc normal qu’une entreprise en phase de conquête investisse beaucoup. A contrario une entreprise ayant déjà conquis de larges part de marché investit beaucoup moins dans son cœur de métier. Il est donc normal qu’une entreprise du CAC40 distribue ses bénéfices à ses actionnaires et leur laisse ainsi le choix du secteur (hors cœur de l’entreprise) où ils vont les investir. On ne répétera jamais assez que renouveler des moyens de production usés ou dépassé en utilisant les amortissements n’est pas de l’investissement. Pour schématiser : entretenir un route n’est pas un investissement, construire une route supplémentaire est un investissement.

  • Monsieur Nicoulaud, merci.
    Votre analyse est très juste et on devrait l’entendre plus souvent. Mais je pense comme Vera qu’il n’y a pas grand chose à attendre de nos gouvernants, fonctionnaires et énarques pour la très grande majorité… sinon taxations et réglementations en tous genres. Et maintenant l’impôt à la source prélevé par les entreprises avec lourde taxation à la clé en cas d’erreur …

  • Bonjour,

    Les grands groupes se maintiennent par des fusions, acquisitions, cessions, délocalisations,voire relocalisations et dans un contexte international tendu.

    Mais concernant les pme/pmi y compris l’artisanat et le commerce tout dépend du secteur économique comme le BTP,les loisirs,les services,la productions,un bon créneau ou mieux une niche??? et prendre google comme exemple cela limite au numéraire et à l’informatique un secteur en développement mais très concurrentiel et là c’est un autre problème.

    Quelle est la différence entre une start-up et une entreprise? – DSE.me
    dse.me/blogue/quelle-est-la-difference-entre-une-start-up-et-une-entreprise-52.html
    22 févr. 2014 – Selon Oussama Ammar, une startup cherche son business model et une entreprise applique un business … À partir de là, c’est vrai que les problématiques sont différentes. … Ok mais à quoi ça sert de savoir ce qu’on est ?

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