L’écologie, un sujet terriblement passionnel

Retour sur un petit ouvrage percutant et courageux paru il y a dix ans, qui posait un certain nombre de problèmes, invitait au débat et aux remises en question, et a valu à l’époque de vives critiques à son auteur.

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L’écologie, un sujet terriblement passionnel

Publié le 15 août 2017
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Je suis retourné voir sur amazon, par curiosité, ce qu’il était advenu de cette passionnante collection parue chez Lattès et intitulée « Idées fausses, vraies réponses », dont j’avais eu l’occasion de lire plusieurs des ouvrages. Malheureusement, elle semble s’en être tenue à 11 titres en tout.

À cette occasion, j’ai pu constater que l’ouvrage de Cécile Philippe,  C’est trop tard pour la Terre, que je présente ici en reprenant le commentaire que j’avais pu rédiger à l’époque, avait été l’objet de critiques extrêmement vives, puisque l’auteur est traitée tour à tour de « femme dangereuse », de « propagandiste » à la solde de je ne sais quels grands groupes, de révisionniste ou je ne sais quoi d’autre, tout en étant encouragée à « rester chez elle » (sous-entendu dans son domaine de compétence qu’est l’économie).

Des critiques qui, naturellement, ne vous surprendront pas, et marquent surtout le caractère sensible d’un sujet très à la mode depuis quelques années maintenant, qui donne lieu à des déchaînements passionnels certains.

Un sujet propice à beaucoup de réactions passionnelles

Face à l’alarmisme et au catastrophisme ambiants, qui font les choux gras de tant d’imposteurs (je n’y inclus bien évidemment pas l’immense majorité des personnes parfaitement sincères et convaincues), Cécile Philippe choisit d’examiner, point par point, chacun des grands sujets à la mode concernant l’écologie.

Quand médias, militants, associations, politique et démagogie s’en mêlent, difficile d’y voir clair sur des questions pour lesquelles on tombe rapidement dans le mythe ou le fantasme, faisant perdre toute objectivité aux chiffres, théories et raisonnements, pour finalement mener sur de fausses routes.

Le capitalisme et le marché coupables

Pétrole, OGM, réchauffement de la planète, développement durable et autres lubies, tout concourt à rendre le capitalisme et le marché coupables de tous les maux, la plupart du temps imaginaires, sans qu’il soit laissé une quelconque place à la discussion ou à l’argumentation.

Avec les conséquences dramatiques que cela peut occasionner, à l’image du principe de précaution, qui conduisit l’OMS dans les années 1970 à encourager le retrait du DDT du marché, alors qu’il était efficace contre la malaria, entraînant ainsi la mort de plusieurs millions de personnes chaque année, avant de se déjuger 30 ans après, en 2006, et reconnaître les vertus de ce produit et son absence d’effets nocifs.

(Je me dois, à ce stade, de laisser la parole à une détractrice qui m’interpellait en 2008 sur le sujet, et à travers mon commentaire surtout l’auteur du livre, se basant malheureusement sur une étude datée, ce qui est un problème, révélant ainsi les biais classiques entraînés par la transmission, qui ne vaut que si elle est mise à jour régulièrement.

Auteur d’une critique virulente sur un livre qu’elle avouait ne pas avoir lu (ce qui est aussi un vrai problème, hélas permanent), elle s’est trouvée elle-même sujette à un certain nombre de critiques, au-delà de toutes les personnes dont elle a eu à l’inverse le soutien inconditionnel).

Un sujet doctrinal qui ne souffre pas la contestation

De mises en garde en diabolisations, les idées reçues perdurent et même progressent, pour ne laisser nulle place à la contestation.

Qui tente d’argumenter, d’atténuer les affirmations consensuelles ou d’aller à l’encontre de l’unanimisme ambiant est aussitôt voué aux gémonies, s’agit-il même d’un scientifique sérieux.

Et l’on en vient à prôner et souhaiter des solutions d’urgence, souvent inconséquentes et recélant toutes de plus grands dangers encore, ceux-là bien réels (décroissance, baisse de la consommation, …) car menant tout droit à l’appauvrissement, au chômage, au retour des famines généralisées, etc. Sans même que toutes les assertions avancées se trouvent réellement avérées et sans voir que toutes ces pseudo-recettes et affirmations hasardeuses ne sont qu’une resucée de théories en vogue depuis plusieurs décennies, parfois plusieurs siècles, sans que les Cassandre aient vu le moins du monde leurs affirmations avérées.

Certains vont même jusqu’à adopter des positions extrémistes, tel un prince Philippe, ancien leader de WWF, affirmant en 1995 : « Si je devais être réincarné, je souhaiterais être un virus capable de réduire la population humaine » ou d’un David Graber, biologiste américain, qui affirmait : « Le bonheur humain, et en particulier la fécondité humaine, ne sont pas aussi importants qu’une planète sauvage et en bonne santé… nous sommes devenus un cancer. Nous sommes la peste pour nous-mêmes et pour la Terre. »

Y a-t-il unanimité chez les scientifiques ?

Et pourtant… nombreux sont les scientifiques, plus prudents, qui contestent les théories et chiffres hasardeux souvent avancés à la légère, et tentent sans succès de se faire entendre.

Malheureusement, le sensationnel et le spectaculaire sont préférés, comme toujours, à la rigueur scientifique et ceux-là ne font que, au mieux, se faire insulter, voire risquent une mise au banc de la communauté scientifique.

Cécile Philippe, dans cet ouvrage, redonne la parole à ces derniers, confrontant les chiffres et les méthodes, argumentant, décortiquant, démontrant, pour débusquer nombre d’idées fausses et proposer de vraies réponses, ainsi que l’exige la collection, pour tenter d’assainir l’argumentation et de réinstaurer un débat, là où il n’a plus cours depuis longtemps.

L’ensemble est relativement succinct, mais répond à un objectif d’efficacité et de présentation condensée à dessein, ne manquant pas de renvoyer à de multiples sources afin d’inviter le lecteur à creuser le sujet.

Un objectif salutaire même si, on s’en doute, l’entreprise paraît presque vaine. Mais c’est avec beaucoup de voix comme celle de Cécile Philippe que les choses avanceront et que l’on retrouvera un jour plus de sérénité et d’objectivité face à des questions si cruciales.

Cécile Philippe, Cest trop tard pour la Terre, éd. J.C Lattès, mars 2007, 173 pages.

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  • Pour ceux qui ont des doutes concernant le DDT, je recommande vivement la lecture de l’article suivant:
    http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article497

  • Plus les gens sont ignorants et stupides et plus ils sont convaincus et intolérants! Bref, le contraire de ce qu’exige l’esprit scientifique, qui a déserté l’Occident.

  • L’écologie sujet passionnel, certes mais qui échappe à toute raison. C’est bien le problème.

  • « Mais c’est avec beaucoup de voix comme celle de Cécile Philippe que les choses avanceront et que l’on retrouvera un jour plus de sérénité et d’objectivité face à des questions si cruciales. »
    j’sais pas…

    Il y a quand même des intérêts divergents (et des intérêts communs) entre préservation du biotope et accroissent des richesses, question d’équilibre.

    Comme dans le capitalisme, entre patron et employés, question d’équilibre.

    Pourquoi pas une économie innovante, saine et durable , naturellement équilibrées ?
    Est ce envisageables ? pourquoi toujours un rapport de force ?

    • Un système est en équilibre quand les forces auxquelles il est soumis s’annulent. L’équilibre est bel et bien une question de rapport de forces.

      • Le début de l’intervention de Claude Bourguignon dans la vidéo me fait hélas penser, d’emblée, à la parabole de la vitre brisée de Frédéric Bastiat…
        L’idée selon laquelle la pollution d’une rivière serait bonne pour la croissance, car elle induit des dépenses pour dépolluer, ainsi que d’autres dépenses pour soigner les gens atteints de maladie à cause de cette pollution, est tout simplement exécrable (et à l’esprit très keynésien). Bastiat montrait justement tout l’inverse, grâce à sa parabole.
        Mais je n’ai pas encore visionné la suite de la vidéo… (donc peut-être pas encore compris dans quel sens il voulait peut-être aller).

        • Oui,l’intervention dans la vidéo est pour mettre en évidence le cynisme du fonctionnement actuel de « l’économie »pas si économique ce que cela :), pas pour promouvoir cette approche.
          A mon sens ce cynisme est dicté par le système de l’argent rare.
          L’argent rare, système actuel que nous ne remettons pas en cause a une énorme influence sur notre mode de pensée et sur la marche du monde.
          J’aime a rappeler que nous vivons dans un monde d’abondance de biens et services, ce qui qui ne manque pas de faire sourire ( jaune), ceux qui peinent à joindre les 2 bouts.

      • Oui, c’est bien cette notion qui a du mal à passer. Un équilibre n’est en rien une absence de forces et ne dit absolument rien sur leur intensité.

      • Parce que conditionné par le monde actuel vous ne vous permettez pas de le remettre en cause.
        Nous avons une table avec 2 pieds, il faut sans cesse trouver un équilibre.
        la nature fonctionne ainsi, équilibre entre proies et prédateurs.
        L’homme a cette capacité de s’affranchir de règles de la nature, ou de composer intelligemment avec elles.
        Rien ne nous empêche d’avoir une table avec 3 ou 4 pieds, elle sera intrinsèquement stable.
        Tout ce qui concerne la survie devrait être stable, vu le niveau de technologie que nous avons atteint.
        Pour l’agriculture il y des pratiques tout aussi productives et pérennes qui ne sont pas basées sur le biocide, pratique mis en place après guerre.
        Ces pratique pérennes sont intrinsèquement équilibrées, c’est la nature qui se charge de l’équilibre et pas l’homme qui contrôle tout.(semis direct sur couvert végétal)

        Pour l’économie nous sommes à des capacités de production déconcertantes que devoir baser sa survie su la présence ou absence de travail semble bien archaïque.
        Nous jouons à la rareté organisée (le système de l’argent rare nous y aide bien…) alors que nous sommes dans l’abondance réelle de bien et services.
        Il y a meilleure organisation à mettre en place, non ?

        Libre des contraintes de survie est un pas de plus vers une vraie liberté.

        • « Pour l’agriculture il y des pratiques tout aussi productives et pérennes qui ne sont pas basées sur le biocide, pratique mis en place après guerre. »
          rien ne vous empêche de mettre en oeuvre ces pratiques. Si ça marche, tant mieux et les agriculteurs iraient vers ces méthodes.
          Mais étrangement, ce n’est pas le cas: sans doute est ce lié à un complot du complexe chimico industriel. Notez la subtile référence « biocide et guerre », argument repris ^par un autre gourou, Marc Dufumier: celui ci propage l’idée que l’agriculture « intensive » est née après guerre, histoire de reconvertir l’industrie militaire.

          • j’ai oublié d’ajouter des 😉
            On pourrait se méprendre.

          • ça moins.1.ifie à tour de bras, on ne sait même pas pourquoi ! 🙂
            courage les amis.
            .
            Je ne fais que rapporter, je ne suis pas professionnel de l’agriculture.
            Les Bourguignons et d’autres se chargent de convertir des agriculteurs au semis direct sous couvert végétal.
            Je n’ai vu que des témoignages de gens satisfaits, sans doute un biais de confirmation de ma part. 🙂
            les insatisfaits de cette méthode restent peut être silencieux ?
            Visiblement le frein à la conversion est plutôt d’ordre culturel et financier : investissements dans le matériel qui n’est pas le même.
            Oui l’agriculture chimique (engrais) fut une opportunité de recycler les usines d’explosifs après guerre mais la motivation était surtout d’améliorer les rendements, pas de faire la guerre à la nature, même si c’est un peu ce qui se passe au final.
            Marc Dufumier (que je ne connaissais pas) n’est pas le seul à le dire.
            Tellement nous sommes habitués à la violence que nous ne la voyons plus.

        • @nibor
          « Tout ce qui concerne la survie devrait être stable,vu le niveau de technologie que nous avons atteint ».
          Ne s’agirait-il pas que d’un vœu pieu?
          Comment ignorer l’important décalage entre l’extrême rapidité d’accession au niveau technologique actuel et les réactions humaines comportementales trop souvent irrationnelles?
          cdlt

          • « Ne s’agirait-il pas que d’un vœu pieu? »
            :), complètement !
            Je pense que c’est possible, quelque ajustements à opérer sur l’agent, sur les mentalités mais là chacun est maître a bord, ça peut prendre du temps…
            « Comment ignorer l’important décalage entre l’extrême rapidité d’accession au niveau technologique actuel et les réactions humaines comportementales trop souvent irrationnelles? »
            Oui on peut penser au marin qui investit dans un chalutier dernier cri, qui luis coûte une fortune et duquel il faut rembourser les traites.
            Chalutier équipé de sonars performants qui débusquent le moindre banc ,ne laissant peu de chance à la ressource.
            Il est coincé entre faire du chiffre et épuiser la ressource qui le fait vivre.
            Si l’argent n’était pas rare, si l’intelligence commandait (et non les traites à rembourser), peut être que nous traiterions mieux la nature.

  • Raison et Passions ne font pas bon ménage, ne cohabitent pas, ne s’additionnent pas. Le maquillage des passions en pseudo-sciences n’arrange rien. Les arguments vraiment scientifiques ne sont pas écoutés. Où allons-nous avec ces bagages? La solution la plus adoptée est l’ignorance de ce que fait ma main droite par la main gauche. Ainsi, on peut être écolo et partir en vacances au bout du monde!

  • En fait l’écologie est devenue une nouvelle religion, l’écologisme, qui ne supporte aucune contradiction, aucun débat, fût-il argumenté. On le voit notamment dans les domaines du climat et de l’énergie, qui génèrent des dépenses aussi pharaoniques qu’inutiles, au détriment des financements des vrais problèmes et au détriment de la recherche de solutions adaptées, comme par exemple la surgénération 238U et/ou 232Th.

  • mais voilà, la nature se « venge » quand on ne la respecte pas : « 91 % des pays testés ont des moustiques résistants au DDT en 2012 contre 64 % en 2001 »
    le DDT ne peut donc être utilisé qu’en mesurant sérieusement le rapport « bénéfices-pertes »
    « Malheureusement, le sensationnel et le spectaculaire sont préférés, comme toujours, à la rigueur scientifique » effectivement, surtout quand on impute des millions de morts à des « ecolos » qui n’étaient pas encore nés en 1970 quand le DDT a été remis en question voire interdit

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