L’enfer est pavé de bonnes intentions (13) : l’écologie

imgscan contrepoints 2013-2234 écologie libérale

Deux ouvrages qui mettent en miette l’écologiquement correct et ses approximations scientifiques.

Par Johan Rivalland.

L’enfer est pavé de bonnes intentions… L’écologie, ou plutôt l’écologisme, en est l’exemple parfait. Comment, sous prétexte de « sauver » l’Homme, aller dans le sens de son asservissement et lui faire perdre raison…

Pour commencer, une remarque : il existe tant d’articles passionnants sur le sujet sur Contrepoints, que je vous invite d’ailleurs à découvrir si ce n’est fait, pour que je puisse y faire référence ici. Ils sont également bien plus récents, factuels, actuels et souvent plus précis que ce que je vais vous proposer ici. Je m’en tiendrai, pour ma part, à la présentation de deux ouvrages qui n’en demeurent pas moins excellents et parfaitement évocateurs d’un sujet qui prête ici beaucoup au débat (hélas insuffisamment ailleurs, au vu de l’unanimisme ambiant lié justement à l’absence de débat qui règne sur le sujet).

L’imposture verte

L'imposture verteEn matière d’écologie, on entend trop souvent le même son de cloche (ce qui s’explique par ce que Pierre Kohler qualifie d’« écologiquement correct », par analogie avec le politiquement correct tant pratiqué et décrié tout à la fois), avec ses nouvelles plus catastrophistes les unes que les autres et… ses approximations, reposant souvent d’ailleurs sur une source unique ou des modèles mathématiques parfaitement critiquables, où la valeur attribuée à un paramètre peut engendrer des variations colossales dans les résultats et les conclusions que l’on peut en tirer.

À travers cet ouvrage au titre évocateur et très instructif de Pierre Kohler, c’est une bonne bouffée d’air pur que l’on prend. Un vrai travail journalistique, méticuleux, comme il se doit, et particulièrement instructif. Depuis que j’ai lu cet ouvrage à sa sortie, en 2002 (c’était le premier ouvrage que je lisais sur le sujet), je ne vois plus les choses de la même manière en matière d’environnement.

C’est le cas de plus en plus de monde et il faut des ouvrages aussi marquants que le best-seller mondial L‘écologiste sceptique de Bjorn Lomborg, un ancien militant reconverti depuis qu’il a cherché à vérifier scientifiquement ses sources, pour que les idées sur la question évoluent, ou des articles de presse qui de plus en plus souvent émettent désormais des doutes sur la vérité officielle.

Celle-ci, en effet, est souvent le monopole d’organismes publics, tels le GIEC en matière de climatologie, interdisant à toute étude « dissidente » de paraître dans les revues scientifiques de référence. Une attitude indigne après les errements scientifiques de siècles passés dans d’autres domaines scientifiques (même après Galilée).

L’ouvrage, qui n’a pas pris une ride, défend l’idée très intéressante selon laquelle une connivence d’intérêts serait à l’origine de cet « unanimisme », thèse tout à fait plausible. Perspectives de carrière pour certains scientifiques, crédits de recherches pour d’autres, cause emblématique pour les écologistes, sujet porteur pour les médias, intérêt pour les politiques à ne pas aller à l’encontre des vérités du moment, voire à s’en emparer pour en établir un fonds de commerce…Tous les ingrédients sont réunis pour en faire une véritable idéologie dominante, dont la propension du public à se laisser impressionner par le sensationnalisme ne se départit pas. Et gare aux « dissidents » !

Les pluies acides (dont on a tant parlé, sans en jamais connaître en revanche le surprenant épilogue), les nitrates, dioxines, ou autre phosphates, le trou de la couche d’ozone et le réchauffement de la planète, les illusions de l’énergie éolienne, etc. Autant de sujets que l’auteur reprend point par point, éléments à l’appui, pour montrer combien nous sommes victimes de désinformation et de manipulations. Un ouvrage riche en révélations, donc parfaitement d’actualité pour quelques années encore, destiné à tous les curieux et ceux qui sont prêts à ouvrir le débat sur ce sujet tabou et remettre éventuellement en question des vérités souvent trop facilement admises.

Planète bleue en péril vert

Planète bleue et péril vertOn ne présente plus, ici, l’auteur de cet ouvrage paru en 2009, ex-Président de la République tchèque, aux idées jugées iconoclastes, régulièrement vilipendé pour avoir osé simplement émettre des idées contraires à celles dominantes au sein de l’Union européenne, notamment au sujet de la construction de celle-ci.

Ici, Vaclav Klaus prévient d’emblée que son essai est politiquement incorrect et risque inévitablement de heurter les sensibilités (si l’on peut dire). Se référant à une déclaration du ministre britannique de l’Environnement de l’époque, tout à fait symptomatique, il montre jusqu’où peut aller l’intolérance et la violence dans les propos de ceux qui ne voudraient en aucun cas que l’on songe à simplement remettre en question la moindre parcelle des affirmations aujourd’hui dominantes au sujet de la planète. Ce ministre déclarait, en effet, que « de même que les terroristes n’ont pas le droit d’apparaître dans les médias, devraient aussi en être exclus les sceptiques du réchauffement de la planète. »

En résumé, Vaclav Klaus déplore la plus grande part très souvent prise par l’imaginaire au détriment du réel.

L’environnement est devenu une idéologie (pour les riches), qui vire à la propagande et est peu à peu devenu presque sans rapport avec la nature, le but affiché étant de plus en plus de changer l’homme, ou la société. Cela ne vous rappelle rien ? Vaclav Klaus, lui, oui, qui a connu et souffert du communisme et connaît bien mieux que nous la malignité de cette idéologie meurtrière.
Dès lors, il se présente comme un homme en colère.

Et il y a de quoi lorsqu’on lit les citations affligeantes pour leurs auteurs, présentées en encadrés, véritables appels au meurtre ou à l’effondrement de la civilisation industrielle. Deux exemples :

 Maurice Strong, envoyé du secrétaire général de l’ONU : « Le seul espoir de notre planète n’est-il pas que la civilisation industrielle s’effondre ? »

George Monbiot, éditorialiste au Guardian : « Chaque fois que quelqu’un meurt du fait d’inondations au Bangladesh, il faudrait que l’un des responsables des compagnies aériennes soit sorti de son bureau et noyé. »

Je vous laisse apprécier…

La réalité est celle que révélait Pierre Kohler : l’intérêt commun de certains hommes de sciences, heureux de recevoir des subventions pour leur laboratoire, tandis qu’hommes politiques et médias ont, pour les uns à y gagner en votes, pour les autres en vente de papier (rien ne se vend mieux que le sensationnel et le catastrophique).

Le problème est que les raisonnements se basent sur une vision statique erronée. L’auteur, économiste (mais pas seulement), s’en explique par la démonstration et par la référence à de nombreux rapports de scientifiques (y compris d’ailleurs ceux du GIEC, dont les interprétations sont parfois hâtives, malhonnêtes, voire erronées), montrant que l’on devrait se baser sur une perspective dynamique, comme l’expérience passée l’a toujours montré.

Mais gare à celui qui tente de s’écarter, par ses travaux, de l’idéologie dominante. Des procédés d’intimidation similaires à la période soviétique visent alors à l’écarter systématiquement. Ainsi en est-il allé de Bjorn Lomborg, excommunié par le « Comité danois contre la malhonnêteté scientifique »… tout un symbole. Très comparable au procès de Galilée en son temps, nous livre l’auteur.

Le réchauffement de la planète en question

Mais, si l’on reprend le problème du début, nous dit l’auteur, même à supposer qu’il y aurait une réelle influence humaine sur l’évolution du climat (voir, à ce titre, pour une vision tout à fait neutre et très instructive sur les cycles longs notamment, L’homme face au climat : L’imaginaire de la pluie et du beau temps de Lucian Boia), une élévation modérée de la température serait-elle gênante ? Pas si sûr…

Mais malheureusement, peut-on se poser toutes les questions utiles lorsque « le différend scientifique légitime se perd complètement dans le brouhaha politique et médiatique » ? Sait-on, par exemple, que la fonte des glaciers est une tendance annoncée depuis longtemps et en net ralentissement actuellement, semblant ainsi infirmer les théories sur la responsabilité humaine ? Sait-on que la région autour du Kilimandjaro refroidit, mais que le glacier diminue depuis 100 ans à cause de la baisse sur long terme de l’humidité ?

Pas si anecdotique, lorsqu’on pense à toutes les conséquences tirées actuellement de l’influence présumée de l’homme sur la nature…

Et s’interroge-t-on vraiment sur les dimensions à la fois temporelles mais aussi géographiques du réchauffement ? Sait-on, encore, ô stupeur de l’auteur lorsqu’il l’a découvert, que le réchauffement ne se produit pas uniquement sur Terre, mais aussi sur plusieurs autres planètes du système solaire (élément d’importance et pourtant apparemment négligé) ?

Conclusion de l’auteur : Il vaut beaucoup mieux laisser libre cours à la spontanéité de l’action humaine que de s’en référer à quelque génie ou dictateur, comme l’a déjà montré la mégalomanie de l’expérience communiste par le passé. C’est plus, finalement, la liberté qui est en danger que le climat (d’où le sous-titre de l’ouvrage).

Le problème est que :

 « les environnementalistes considèrent leurs idées et arguments comme étant une vérité incontestable, et utilisent des méthodes sophistiquées de manipulation des médias et des campagnes de relations publiques pour exercer des pressions sur le législateur afin d’atteindre leurs objectifs. Leur argumentation repose sur la peur et la panique qu’ils répandent en soutenant que l’avenir du monde est sérieusement menacé. »

Et quid de l’appel d’Heidelberg, signé nous rappelle Vaclav Klaus par plus de 4000 scientifiques (!), dont 72 Nobel ? « Qui s’en soucie ? », demande pertinemment l’auteur.

À quand, donc, l’ouverture d’un vrai débat sur tous ces sujets ? Et à quand la fin des réactions excessives et intolérantes ? Ces questions sont loin d’être innocentes. Nous sommes en train de bouleverser peut-être complètement nos civilisations et de compromettre le développement des sociétés les plus démunies Cela ne mérite-t-il pas un débat sérieux entre scientifiques (devant lesquels le médiatique et le politique devraient s’effacer pour retrouver un caractère sain à la recherche fondamentale et au débat) ?

L’enfer est pavé de bonnes intentions… le problème, comme toujours, étant de voir ce qui se cache derrière ces bonnes intentions, pas toujours si innocentes…

— Pierre Kohler, Limposture verte, Albin Michel, septembre 2002, 280 pages.

— Vaclav Klaus, Planète bleue en péril vert Quest-ce qui est en danger aujourdhui : le climat ou la liberté ?, IREF, mai 2009, 117 pages.