Électronucléaire : se rappeler les bonnes raisons d’en faire

Le retour en grâce du nucléaire, tout relatif mais bien réel, invite à s’interroger davantage sur les vraies motivations qui vont conduire un pays à se lancer dans l’expérience ou à relancer la machine.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 5
Centrale nucléaire de Golfech - Valence-d'Agen by Pittou2 (CC BY-NC 2.0)

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Électronucléaire : se rappeler les bonnes raisons d’en faire

Publié le 16 janvier 2023
- A +

Le retour en grâce du nucléaire, tout relatif mais bien réel, invite à s’interroger davantage sur les vraies motivations qui vont conduire un pays à se lancer dans l’expérience ou à relancer la machine.

Le passé nous dit qu’on pouvait trouver d’excellentes raisons de s’appuyer sur l’atome avant qu’on ne mette davantage en exergue sa vertu carbon free, censée rassembler tous les avantages et servir de détracteur à toutes les critiques. Le programme nucléaire français de 1973 conçu en réaction à la crise pétrolière et motivé par des contraintes redevenues furieusement actuelles, en est la meilleure illustration.

Bien expliciter et bien hiérarchiser les motivations apparaît essentiel pour structurer une argumentation de fond dans un contexte temporel et local donné où subsistera toujours une opposition résolue.

 

Pierre Mesmer ne se souciait guère du climat

Chacun le sait mais l’oublie trop, en France le programme nucléaire national avait été décidé afin d’aider le pays à gagner grandement en autonomie énergétique et ainsi de moins dépendre du pétrole (rareté et coûts) et aussi de permettre aux consommateurs domestiques et aux industriels de disposer d’une électricité peu chère et abondante pouvant se substituer à profit à d’autres sources ; un atout maître pour le niveau de vie et la compétitivité des industries, aux plans européen et mondial.

Depuis, le climat est passé du strapontin à la place d’honneur dans les débats dédiés aux questions énergétiques, le nucléaire y gagnant des galons car les effets collatéraux de sa production électrique sont très chiches en GES. Cet argument, comme l’arbre qui cache la forêt, en est même venu à occulter tous les autres.

Mais dans le contexte actuel de tension sur les marchés de l’énergie consécutif au redémarrage des économies mondiales après l’étouffoir covid, et au nécessaire « basculement des sources » suite à la guerre que la Russie mène en Ukraine, la première motivation nucléaire (indépendance, efficacité) tient de nouveau la corde.

Il est regrettable qu’en France, la flotte nucléaire existante dont la disponibilité est actuellement la pire qu’elle ait jamais connue manque le rendez-vous historique qui l’aurait définitivement adoubée et que sa relève, voire son développement, n’aient pas été massivement anticipés.

Certes on a lancé l’EPR de Flamanville qui a accumulé les déboires, ne pouvant s’appuyer sur un tissu industriel n’ayant pas entretenu ses outils ni préservé ses compétences et rechignant à les reconstituer, sans perspectives solides, voire contraires.

Avec le retard de l’EPR et la fermeture anticyclique des deux réacteurs de Fessenheim, 3400 MWe pilotables et décarbonés manquent au réseau, même si en disposer n’aurait pas suffi, tant s’en faut, à combler le défaut de puissance actuel ; mais au moins aurait-on diminué d’autant les ruineuses importations.

Toutefois, les contre-signaux produits par ces carences ont eu des effets induits bien plus amples et plus dommageables que leurs conséquences physiques effectives, car signifiant à beaucoup que le temps du nucléaire -un épiphénomène qui aurait anormalement bourgeonné en France- pourrait bien être dépassé.

Le message a d’ailleurs été trop bien reçu par les jeunes générations de techniciens et d’ingénieurs qui, hors considérations idéologiques, se sont largement détournées de cette filière considérée comme sans avenir.

Renverser la vapeur (et donc faire que la vapeur nucléaire rentre en grâce…) ne sera pas facile, tant d’ignominies ayant déjà été déversées sur cette « énergie du passé ».

 

Antienne réchauffée mais toujours agissante

Dans la même veine délétère, et malgré l’évidence scientifique, les opposants viscéraux au nucléaire ont réussi à contaminer les opinions, lesquelles continuent à lui dénier toute efficacité réelle en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Certes, L’électricité nucléaire ne représente que 4 % de l’énergie totale consommée dans le monde et 10 % de l’énergie électrique et ces chiffres peuvent d’entrée normer le débat. Mais a contrario, peut-on se permettre de faire repasser 10 % de l’électricité mondiale dans le camp carboné ?

Il est vrai que ces mêmes opposants, souvent apôtres de la réduction des besoins, ce qui simplifierait d’autant la tâche, proposent le remplacement du nucléaire par des EnRi aléatoires et intermittentes sans réaliser que priver la planète de 10 % de moyens de production électrique pilotables n’irait pas sans créer quelques difficultés pour le fonctionnement des réseaux et nécessiterait des moyens de stockage énormes hors de portée économique et pour longtemps malgré le mirage hydrogène dont il faudra bien revenir (hors quelques utilisations spécifiques).

 

Qualification écologique « au repêchage »

Heureusement, un autre slogan fédérateur : « la chasse aux fossiles » conserve table ouverte dans les sociétés et à ce titre, comme il est permis de faire feu de tout bois, le nucléaire peut y trouver sa place.

Reste que vouloir développer rapidement et massivement le nucléaire à l’échelle mondiale est illusoire car on ne saurait le faire pour des questions de ressources minérales, matérielles et humaines. Mais il existe néanmoins de judicieux contextes à exploiter.

Ainsi, les pays avancés (comprendre capables de maîtriser cette technologie) et pauvres en ressources énergétiques, cochent bien ces deux cases.

À cet égard l’Europe, considérée globalement ou au niveau des nations, est le terreau idoine mais de fertilité sélective, il faut en convenir.

Cependant, il est clair aujourd’hui qu’un pays qui fait le choix de persévérer dans le nucléaire (Royaume-Uni, Finlande, Suède, Hollande, France ?), ou de s’y lancer (Pologne), a des motivations premières qui incluent mais dépassent les enjeux climatiques, bien qu’en général, il fasse prévaloir ces derniers dans l’argumentation.

La Pologne précitée constitue peut-être un contre-exemple : tellement vilipendée pour ne produire son électricité qu’à partir du charbon national elle aurait fini par céder aux injonctions européennes en matière de rejets de GES et s’apprêterait à commander des réacteurs nucléaires à Westinghouse. Mais c’est en même temps l’occasion de commencer à rénover un parc de production vieillissant.

 

Constances dans le paysage

Pour les Allemands il ne s’agit pas d’opérer un choix rationnel dans l’ordre des arguments mais bien de camper sur un refus basique du nucléaire sans compromis même si récemment les contorsions sémantiques des dirigeants du pays pour une prolongation éphémère des trois derniers réacteurs opérationnels avaient quelque chose de pathétique.

Le pays, géant économique qui continue à donner le la à Bruxelles, œuvre efficacement contre la relance du nucléaire (Cf l’épisode non clos de la taxonomie). Il est en regard bien trop peu vilipendé pour compenser l’intermittence de ses immenses flottes EnR par le charbon et le lignite utilisés sans états d’âmes et sources d’importants profits mais pas pour la planète !

En France, en phase aiguë de désindustrialisation, une éventuelle suite nucléaire reste à écrire. Mais l’horizon ne se rapproche guère, un premier réacteur EPR2, raccordé au réseau n’étant envisagé qu’en 2035. Mis hors-jeu d’entrée par les opposants rejoints par les sceptiques, car censé arriver trop tard, le nouveau nucléaire (un oxymoron pour eux) n’est qu’une impasse dispendieuse.

 

Lumières et ombre portée des coûts et des délais

Outre les avantages du nucléaire vis-à-vis des émissions de GES, son empreinte écologique est très faible, les chiffres confondant les détracteurs : moindre degré d’occupation des sols, faible consommation de matériaux (construction et combustibles) ; et ce ne sont là que des cerises sur un gâteau déjà bien paré.

Mais l’avantage insigne de l’outil nucléaire reste bien qu’il est source domestique d’électricité capable de fournir les besoins en abondance et à la demande.

Les coûts de construction des ouvrages se sont hélas notablement renchéris, en particulier suite au rehaussement des règles de sûreté (réifiées dans le référentiel EPR). C’est un réel obstacle, que des financements adaptés peuvent pourtant pallier (CFD ou autres montages).

Les réacteurs sont conçus pour un long usage (60 ans, voire plus). La quantité d’énergie qu’ils peuvent fournir durant leur vie est énorme à condition que leur exploitation ne soit pas asservie à la seule compensation de l’intermittence de parcs EnRi surdimensionnés, ce qui confinerait à un gâchis industriel et économique de première grandeur compte tenu de l’effort d’investissement à consentir.

À cet égard, la relance duale « EnRi-nucléaire » annoncée par le président Macron à Belfort début 2022 porte en elle cette contradiction fondamentale.

 

Signaux antinomiques

La Chine poursuit son ambitieux projet et même si la proportion du nucléaire dans son mix restera modeste elle soutient l’effort, ne construisant plus désormais (mais à quelle cadence !), que des réacteurs conçus et réalisés in China.

Au Japon, pays d’Hiroshima et de Fukushima, la relance du programme de remise en marche et de construction de centrales est effective.

En Europe de l’Ouest, c’est le Royaume-Uni qui a relevé le gant et le chantier d’Hinkley Point sera suivi par celui de Sizewell et sans doute de Bradwell. La Suède envisage la construction de nouveaux réacteurs, comme la Finlande, à l’Est la Hongrie commande en Russie…

En contraste fort, le discours entendu en France durant les récentes campagnes électorales : « trop tard, trop cher, pas assez fiable, dangereux… » fait le lit du doute et d’une procrastination frileuse car si les avantages sont si patents alors pourquoi atermoyer autant ? Le champion du nucléaire que fût le pays renierait donc des choix largement validés par l’expérience malgré le difficile épisode actuellement traversé ?

Le gouvernement du pays, du moussaillon au commandant, comme nombre d’organes clés du secteur énergétique (CRE, RTE, ADEME) comporte encore de nombreux éminents nucléaro-sceptiques, ceux qui avaient présentés l’arrêt des réacteurs de Fessenheim comme un tournant historique. Contrebraquer ne leur sera pas naturel, on peut le craindre.

En cette saison des vœux, souhaitons fort qu’il n’en soit pas ainsi et que l’inventaire rappelé des bonnes raisons finisse par dominer celui produit par les contempteurs.

Voir les commentaires (14)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (14)
  • Il n’y pas vraiment de choix maintenant qu’on a séparé défi itivement la Russie de l’Europe, donc restera à savoir qui construira les prochaines,centrales nucleaires, France, usa ou Chine. Les ENR, sont évidement du vent sans doute créées pour consommer un max de gaz russe via l’allemagne, bizness is bizness,mais la perfide Albion veille aux grains…

  • retour sur investissement, speculation sur le prix de la concurrence..
    le nucleaire c’est du capital..

    certes les écolos deviennent pronucléaires.. mais le problème du nucleaire est sa vulnérabilité politique..

    Les partisans, non du nucleaire mais, du nucleaire payé avec de l’argent public essentiellement planifié centralement;.et donc contrôlé par des élus pensent que les élus accepteront..de ne plus remettre en cause le nucleaire..car on ne sait pas quel miracle des urnes sortirait des gens « raisonnables ».. qu’il existerait un marge consensus dans l’électorat.. mais on ne sait pas sur quoi.. mais pronucelaire..

    Pour moi il suffit de regarder simplement le tarif de l’électricté… vous vous souvenez de l’ épisode royal? finaliste de l’électrion présidentielle!!!

    je dois croire donc que un élu ne va pas faire le choix de diminuer à un moment les investissements et l’entretien des centrales..pour acheter des votes en promettant un jus moins cher;. ce genre de choses n’arrive jamais dans le public… la stratégie du pourrissement n’arrive jamais..

    On a donc quelque chose qui me fascine d’un coté un réquisitoire féroce contre les décisions politiques des 20 dernières années.. et de l’autre un appel à l’état.. qui « laisserait faire les ingénieurs »..

    Or j’entends des appels à nationaliser edf…des plaintes contre les profits.. des appels à l’indépendance énergétique nationale.. un exigence de tarifs prix bas ( à la place de prix vrais ) et aussi l’impératif de construire nous même des centrales…tout en répétant qu’on a perdu notre avance technique et les compétences..

    production de pétrole du vénézuela.. https://prixdubaril.com/images/stories/venezuela_production.png

    Je dois croire à l’état stratège..dont la preuve de l’excellence en France est..l’électronucléaire..et je dois aussi ,quand ça arrang, e ne pas remettre en cause les politiques dites climatiques;..ou les prendre pour ce qu’elles ne sont pas.. à savoir une augmentation des dépenses publiques et des taxes. l’état dépense mieux votre argent que vous..

    moi quand je vois jeanco qui parle au députés….je me rends compté qu’il leur laisse d’abord à penser qu’il doivent gérer le truc.. »on a fait et voté n’importe quoi »…mais VOUS n’etes pas la moitié de cons.. » je viens de prouver que vous n’y connaissez rien.. mais vous allez désormais voter comme il faut.. hallucinant;.

    On a fermé fessenheim…en effet.. question ..pourquoi?
    à quoi sert l’asn???
    parce que c’est une promesse de campagne VISIBLE et une cible pour les écolos..sinon quoi..
    Oublie ça me dit on , la leçon est apprise…le réel va s’imposer;.. macron au fond est un pragmatique..or à mon opinion le réel s’impose quand l’argent pour le politique des autres n’est plus… et quand nier qu’on a foiré n’est plus dissimulable… auquel cas on pourra invoquer qu’onnepouvait pas savoir.. en oubliant que l’affirmation de savoir était la justification de la gouvernance.. l’humilité est le fort des élus..

    Soit amen. tout va bien se passer…
    ALORS le plan..
    et en 2035 on arrête de fabriquer des voitures thermiques.. on met en place de la ferme à l’assiette, on relance à donf le nucleaire, on diminue la consommation d’energie des français de 40% ( ou de la france??) .. en protégeant les milieux naturels..en s’oppsoant de façon générale à l’ouverture de mines.. surttout pas de gaz des schiste.. (vous vous rendez compte si il y avait du gaz de schiste dans l’ue ça pourrait concurrencer le nucléaire ..et ce serait idiot. .du gaspillage ou alors on s’en sert pas pour l’electrique.. ou… !!! )

    et en réduisant la dette publique je présume.. et en maintenant le pouvoir d’achat.. avec plein de boucliers..

    je me souviens ému de chirac disant que changer la fiscalité sur la restauration rapide était extrêmement compliqué…

    amen..

    -2
  • je vais essayer d’etre plus constructif..
    quand on a crée l’euro o na mis des garde-fou ..dette..budget.. promis juré.. car sinon ça pourrait déconner..

    donc quels ont les garde fou qu’il faudrait mettre pour relancer le nucléaire et que des tonnes de pognon ne soient pas foutu en l’air.. par exemple comment faire en sorte que qu’un élu ne dise pas stop…
    Et je ne vais pas r demander sur quels accords européens il faudrait revenir.(.et si il fallait payer pour cela) .. vous savez les « promis juré écrit je je me dédis je paye.. sur des tas de papiers..

    -4
    • quels ont les garde fou pour que l’ed nat ne déconne pas? que le rail ne déconne pas? que la santé ne déconne pas? que les mécanismes de censure effective ne déconne pas?

      vous parlez à un prof défenseur farouche de l’importance de l’education publique..et lui demandez ce qui ne va pas…la bureaucratie le politique. et plus d’argent public bien sûr.. et les parents..

      à un responsable de santé.. .la bureaucratie le politique. et plus d’argent public bien sûr.. et les patients….

    • Désolé d’être brutal, il faut cesser de mettre des garde-fous partout et éradiquer les fous une bonne fois pour toutes.

  • Oui, mais faudrait que les politiques et décideurs prennent le temps, pour trouver un moment et avec force, apprennent ce qu’est une énergie, pour choisir la plus efficace. (meilleure densité).

  • Redévelopper le nucléaire c’est perdre le mouvement écolos dans son gouvernement. Donc fini le nucléaire en France. Et il est déjà trop tard pour revenir en arrière (remerciements au couple Jospin-Voynet) : les polonais l’ont tellement bien compris qu’ils ont commandé leurs nouvelles centrales aux américains pour être sûrs qu’elles fonctionneront.

  • Le nucléaire français soufre d’un défaut non pas de conception, mais d’exécution : quand le programme a été lancé le but était, pour réduire les déchets au maximum, d’avoir un cycle complet, ce qui suppose ce qu’on a appelé la surgénération.
    Tout le monde sait ce qu’est devenue la surgénération à la française : sacrifiée sur l’autel de l’électoralisme PS (au passage, comme les retraites ou la compétitivité du pays). On se retrouve donc avec un outil plutôt performant, mais sous-optimal.
    Les EPR 1, 2, 3, 4, c’est bien, mais ce n’est pas de la surgénération. Où en est la recherche française sur la 4e génération ? Où sont les projets de construction de réacteur ? À moins qu’on attende que les chinois aient construit les leurs pour leur acheter leur technologie…?

    • Vous avez entièrement raison et c’est ce que je souligne dans mon commentaire suivant. La plus grande faute française est d’avoir casser la filière neutrons rapides qui est celle qui, dans un premier temps du moins, constituera la clé avant que la fusion puisse ‘éventuellement’ prendre le relais.
      L’arrêt de Superphénix et encore plus machiavélique d’ASTRID, devrait conduire certains décideurs devant les tribunaux!
      La solution EPR apporte une sécurité certes accrue (mais souvent le mieux est l’ennemi du bien) mais ne résout en rien la problématique principale de la filière. Je ne suis pas loin de penser que l’EPR a plus été conçu pour conduire le nucléaire à une impasse technique et logistique plutôt qu’à une sécurité surdimensionnée pour des centrales qui, jusqu’à présent, ont très bien fonctionné et qui pouvaient se contenter de quelques améliorations intelligentes.

  • Cet article est bienvenu et donne quelques bonnes raisons qui font du nucléaire la meilleure voie pour produire une énergie abondante, fiable et ceci sans trop dégrader notre environnement comme est en train de le faire l’éolien terrestre en particulier.
    Car ne nous trompons pas, les renouvelables intermittentes et aléatoires restent encore discrètes (c’est déjà certes très relatif dans certaines régions particulièrement gâtées) car elles ne représentent pour l’instant qu’une faible proportion de la production électrique des pays industrialisés.
    Mais imaginons ce que devraient devenir nos paysages si des machines de plus de 200 m de haut, devait assurer toute la production électrique d’un pays. Il suffit de regarder du côté de l’Allemagne, qui a déjà franchi le point limite, pour imaginer l’enfer que ce type de production va nous faire vivre.
    Car dans une situation où le nucléaire serait banni et où les énergies fossiles seraient épuisées (ce qui arrivera tôt ou tard), et que seules les énergies renouvelables et en particulier l’éolien seraient à la manœuvre, ce n’est plus quelques malheureux riverains qui pourraient se plaindre des nuisances (bruit, nuisances lumineuses et visuelles permanentes) mais une majorité de la population qui se verrait cerner par les monstres tant vénérer par nos écologistes urbains.
    L’auteur de l’article aborde le problème des coûts du nucléaire, encore bien utilisés par certain pour justifier une inertie de décisions à la fois hypocrite et mensongère, mais qu’en est-il réellement?.
    Nos vendeurs de vent et d’intermittence ont-ils bien évaluer l’ardoise nécessaire pour alimenter l’ensemble du parc électrique français ? Nous avons la chance d’avoir à notre disposition un parc hydroélectrique important qui couvrirait de l’ordre de 15% de nos besoins ; il faudrait donc que des filières de production renouvelables intermittentes et aléatoires couvrent les 85% restant avec des facteurs de charge de l’ordre de 20% pour l’éolien terrestre (30-35% pour l’éolien off-shore ?), 13% pour le solaire photovoltaïque, une intermittence qui nécessite de multiplier par 3 ou 4 les puissances installées pour essayer de profiter d’un soi-disant foisonnement qui n’existe surtout que dans les documents publicitaires des promoteurs éoliens, et de toute façon des moyens pilotables dont il faudra toujours disposer à minima.
    Je mets bien sûr de côté les problèmes de gestion de réseau et accessoirement de destruction de l’environnement qui ne manqueront pas de se poser très rapidement.
    L’enfer est pavé de bonne intention mais ici l’enfer sera particulièrement salé ! et sans oublier bien sûr que la France pourra toujours disposer d’un parc hydraulique non négligeable (enfin si nos grands politiques ne le détruisent pas par de nouvelles règles du jeu absurdes et ubuesques), ce qui n’est pas le cas d’autres pays industrialisés (enfin plus pour longtemps il est vrai, avec les évolutions qui se profilent !).
    La facture pour disposer d’un potentiel d’énergie électrique fiable et comparable en TWh produit , serait facilement multipliée par un facteur de l’ordre de 100 par rapport à une solution équivalente à base de nucléaire. Les nuisances seraient alors pour tout le monde, ce qui aurait au moins l’avantage de maintenir l’égalité pour tous.

    • Pas la peine de prendre autant de gants. Quand il n’y a pas de vent ni de soleil un soir d’hiver, le plus simple est d’avoir des centrales nucléaires qui couvrent les 85% que l’hydroélectrique ne peuvent fournir. Et quand il y a du soleil et du vent, il faut avoir l’esprit tordu pour arrêter ces centrales pour faire de la place aux éoliennes et aux panneaux.

      • Je suis d’accord avec vous. L’injection de filière intermittente dans un réseau ne peut que compliquer les choses et limiter inutilement l’utilisation des moyens pilotables avec des conséquence sur leur rentabilité, leur fiabilité et à terme leur sécurité.

  • L’article oublie de citer parmi toutes les idioties qui ont parsemé l’abandon progressif et le sabotage parfaitement planifié du nucléaire en France : l’arrêt de la filière surgénérateurs.
    Pour moi, l’arrêt de mort du nucléaire a été signé en 1997 avec l’arrêt par Lionel Jospin, aidé de quelques esprits visionnaires, de Superphénix.
    La politique énergétique menée en France depuis les années 1960, fondée sur le nucléaire, avait anticipé une large part des problématiques que ne manque pas de se poser avec une solution aussi innovante et scientifiquement difficile que la maîtrise de l’atome. Elle avait ainsi créé des infrastructures de formation et d’éducation cohérente ; elle avait créé, avec le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), un organisme de recherche performant indispensable pour aborder sur le plan scientifique et technique l’ensemble des difficultés associées à un choix aussi ambitieux.
    En particulier, très rapidement la filière neutron rapide et surgénérateur a été mis à l’étude afin de pouvoir ‘fermer le cycle du combustible’. Elle a abouti à la réalisation de Phénix qui a parfaitement fonctionné de 1974 à 2009 puis de Superphénix en 1986 et arrêté en 1997 principalement pour raison électorale.
    Cette filière avait (et à toujours) l’intérêt de résoudre à la fois une grande partie du problème des déchets hautement radioactifs et de mettre à la disposition de la filière nucléaire un combustible quasi inépuisable.
    Ces points sont fondamentaux pour la réussite d’une telle ambition et ils ont bien été identifiés comme tels par les anti-nucléaires qui ont par tous les moyens saboté cette industrie par laquelle la France possédait presque 20 ans d’avance.
    La décision d’arrêter le programme ASTRID s’inscrit dans cette ligne d’absurdité, de trahison et de sabotage à tous les niveaux, débutée plus de20 ans auparavant.
    On peut lire dans tous nos journaux que le QI moyen des français est en baisse constante ; c’est possible, pour diverses raisons, pour ce qui est du commun des mortels, mais dans le cas des décideurs et du personnel politique, ce n’est pas à une baisse mais un véritablement effondrement auquel nous sommes confrontés !

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

L’irrecevabilité sera certes opposée à une classe politique au débit de laquelle doit être mis l’étiolement principalement industriel de notre économie mais elle le sera également à une population française par trop indifférente, au fait ou non de ce dont il est question dans ce live d’une heure.

https://www.youtube.com/watch?v=FvPH_GoVmAc

 

De même que, après avoir lu le remarquable compte rendu intitulé « Texas, février 2021 : faillite d’un réseau électrique », l’une et les autres ne peuvent d’ores et déjà arguer d... Poursuivre la lecture

Le gouvernement débat actuellement sur un texte visant à accélérer le programme nucléaire par simplification des procédures.

Le Sénat a apporté un amendement visant à pointer du doigt l’incohérence qu’il y a à vouloir accélérer le programme de nouvelles centrales tout en prévoyant une réduction du nucléaire de 75 à 50 % de l’énergie produite et l’arrêt de 14 réacteurs de 900 MW d’ici 2035, identifiés et proposés par EDF à la demande de l’État.

 

Quel est le programme du nucléaire dans le mix prévu par les textes ?

Fr... Poursuivre la lecture

10 plaies
10
Sauvegarder cet article

Lorsque M. Macron a été élu en 2017 beaucoup de Français mais aussi d'Allemands, ont pensé que la France allait enfin se réformer. Mais beaucoup ont rapidement déchanté, moi le premier.

Il avait été reçu chez Ethic, le mouvement de Sophie de Menthon, alors qu’il était encore conseiller économique de François Hollande, mais sur le départ et pour cause : sa prestation avait bluffé une grande partie de la centaine de patrons qui l’avaient alors reçu.

 

Un discours enchanteur

Son discours de deux heures avait été convain... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles