Hinkley Point C : EDF fera payer le prix fort aux Anglais… et aux Français

Andrea Leadsom visits Hinkley Point C

EDF vient de signer un contrat tarifaire pour l’électricité qui sortira d’un EPR pas encore construit. S’il y a le moindre retard dans la construction d’Hinkley Point C, les contribuables pourront toujours éponger la dette.

Par Jacques Henry.

Hinkley Point C : EDF fera payer le prix fort
Andrea Leadsom ministre, avec le directeur de la construction Nigel Cann et Vincent de Rivaz (CEO d’EDF Energy) en 2015.

Sous la pression des gouvernements britannique et français, EDF Energy, filiale londonienne d’EDF, CGN (China General Nuclear), le 10 Downing Street et les grands absents du projet, c’est-à-dire les consommateurs britanniques d’électricité, ont signé le contrat scélérat autorisant le consortium EDF-CGN à vendre le MWh sortant des deux EPR pendant les premières 35 années d’exploitation au prix de 92,50 livres. Peu importe quelles seront les évolutions des prix du marché.

Hinkley Point : les consommateurs anglais paieront le prix fort

Ceux qui auraient dû être consultés, les consommateurs anglais, n’ont pas leur mot à dire : ils paieront et pas qu’un peu puisque la note qui leur sera infligée s’élèvera à 21 milliards de livres sterling, soit à la louche 25 milliards d’euros. Répartie sur une vie de consommateur cette somme s’élèvera à 12 livres par an et par ménage. De quoi faire passer la pilule en douceur avec aussi comme argument psychologique que ces kWs seront totalement « décarbonés ». Ben voyons …

Les dindons de la farce sont donc les consommateurs finaux et par extension les contribuables qui seront sollicités au cas où il y ait des retards dans l’exécution du projet, les deux gros monstres devant être connectés au réseau en 2025. Si ce n’était pas le cas, alors la clause tarifaire préférentielle deviendrait caduque et le projet deviendrait ainsi un gigantesque gouffre financier.

Le chantier d’Hinkley Point C sera-t-il différent des autres ?

Loin de moi l’idée de souhaiter un fiasco à Hinkley Point C mais quand on observe les déboires, les embrouilles juridiques et les retards à répétition de l’EPR finlandais à Olkiluoto et les manquements et autres erreurs à Flamanville, il y a de quoi se poser de sérieuses questions. Le chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto-3 a démarré en 2005 ; aux dernières nouvelles ce dernier devrait être connecté au réseau fin 2018. À Flamanville les travaux ont débuté en 2007 ; l’EPR devrait produire ses premiers kWs fin 2018. Enfin l’EPR de Taishan-1 dont les premiers travaux ont débuté en 2009 devrait quant à lui être connecté dans le courant de l’année 2017 et son jumeau Taishan-2 au plus tard en 2018.

Un retard qui coûtera cher au contribuable français

On peut toujours rêver pour les délais de construction d’Hinkley Point c’est-à-dire moins de 9 années à condition que les Chinois apportent des Airbus A380 entiers d’ouvriers pour travailler sur le site … Tout retard pourrait coûter un maximum à EDF, aux Chinois partenaires à 30 % et naturellement aux contribuables français pour sauver EDF. Encore une fois l’optimisme reste de rigueur.

Sur le web