Quand le rationnement devient vertueux

Le développement économique a besoin d’énergie et les écologistes adeptes de la « sobriété heureuse » fondée sur un obscurantisme technique devraient cesser de brider l’avenir par des interdits sans base scientifique !

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Quand le rationnement devient vertueux

Publié le 3 août 2022
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La future sobriété annoncée dans les principaux médias serait contrainte par la situation générale (covid et guerre en Ukraine).

Ces privations forcées (heureuses ?) deviendraient-elles aujourd’hui l’autre nom du rationnement que les Français ont connu pendant la guerre entre 1940 et 1945 ?

La cause est-elle à rechercher dans « la conjoncture » internationale, ou est-ce le résultat de l’impéritie et de l’incompétence des gouvernements successifs depuis au moins 15 ans ?

 

La sobriété serait vertueuse ?

Il est peut-être encore trop tôt pour sonner le tocsin mais le risque existe d’une pénurie pour le chauffage en fin d’année à cause d’une livraison insuffisante de gaz russe et d’un hiver froid avec une période sans vent.

L’indisponibilité du gaz russe s’ajouterait alors à celle de la production électrique (hors gaz) due à des décisions politiques désastreuses (notamment report de construction de nouveaux réacteurs nucléaires, fermeture des deux réacteurs de Fessenheim et de centrales au charbon) et pourrait conduire à une « sobriété forcée » cette hiver, c’est-à-dire à un rationnement.

Les discours sur la sobriété énergétique de nos modernes anachorètes écologistes rappellent étrangement les sermons religieux des temps anciens.

Implicitement (et parfois explicitement), ils veulent donner à cette sobriété un caractère « vertueux ». Ce rationnement moderne devient même le mantra médiatique des puritains écologistes. Ils clameront ensuite qu’il conviendra de continuer ces efforts « louables » (aux yeux de ces nouveaux prophètes) de sobriété et de rationnement…

Un délestage est prévu à l’avance lorsqu’il y a des risques de déséquilibre entre la production et la consommation. Il est alors mis en place une gestion de la demande comme le retrait des industriels électro-intensif.

Actuellement, le gouvernement français agit dans l’ombre auprès des industriels et de RTE pour organiser les délestages tournant de régions et de particuliers.

Alors que le Président Macron affiche l’intention de réindustrialiser le pays, il n’est pas glorieux d’être obligé de payer des industriels (avec les deniers des contribuables) pour qu’ils arrêtent de consommer de l’électricité et donc de produire.

 

Impéritie et manque de vision

Le manque de vision politique et d’anticipation sont les raisons principales de cette situation ubuesque de rationnement qu’il faudra digérer lorsqu’apparaîtront les coupures tournantes d’électricité (délestages) pour éviter le black-out.

Cet effondrement du réseau peut aussi se produire sur un incident, sans déséquilibre préalable entre la production et la consommation.

Ainsi, par exemple, en décembre 1978 presque toute la France (sauf l’est) s’est retrouvée sans électricité (jusqu’à 24 heures pour certaines zones) à cause d’une ligne haute tension de 400 000 Volt alimentant la région parisienne ayant disjoncté sur un défaut technique. L’énergie s’est instantanément reportée sur d’autres lignes entrant alors en surcharge et disjonctant à leur tour. L’écroulement « en château de cartes » a pris moins de deux secondes. Depuis, l’incident de s’est jamais reproduit à l’échelle du pays.

En septembre 2003 tout le nord de l’Italie, une partie de l’Allemagne et du sud-est de la France s’est retrouvée dans le noir suite à la chute d’un arbre sur une ligne haute tension.

Cet incident avait alors souligné l’intérêt de développer les interconnexions entre les pays européens pour permettre l’entraide.

 

Black-out : danger !

Les black-out sont dangereux car ils entrainent souvent la mise hors tension des centrales qui n’ont pas réussi leur « ilotage » consistant à maintenir l’alimentation de leurs propres auxiliaires (pompes, contrôle commande…) nécessaires à leur fonctionnement et à leur rebranchement sur le réseau électrique national.

Le redémarrage des centrales « non îlotées » à temps est difficile car il nécessite de disposer d’une importante puissance instantanée… souvent inexistante.

Or, une des nombreuses faiblesses des énergies dites renouvelables éoliennes et photovoltaïques réside dans leur incapacité (insuffisamment dénoncée) à fournir cette puissance dite « de court-circuit ». Elles sont donc inutiles pour redémarrer un réseau après un black-out.

En France, l’hydraulique et/ou les centrales à gaz « ilotés » peuvent fournir cette puissance nécessaire au redémarrage des autres centrales thermiques.

Sauf à rappeler les fautes d’anticipation des gouvernements successifs Sarkozy, Hollande et Macron, il est trop tard pour agir afin d’éviter les délestages tournants l’hiver prochain et peut-être même un black-out.

Les réseaux « intelligents » (smart-grids) sont encore balbutiants en France en dépit de la mise en place des compteurs Linky, et surtout, ils ne produisent rien… Ils ne suffiront pas pour délester automatiquement les chauffe-eaux, radiateurs et autres cuisinières des particuliers… lorsque la production électrique sera trop faible.

 

Industrie et nouvel obscurantisme

Cette période de « manque » oblige à reprendre la formule de la « chasse au gaspi » des années 1970 suite au choc pétrolier de 1973. Mais il y a une grande différence : cette dernière s’accompagnait d’un gigantesque chantier de constructions de réacteurs nucléaires pour sortir de la crise. Et ce fut un immense succès !

Le développement économique a besoin d’énergie et les écologistes adeptes de la « sobriété heureuse » fondée sur un obscurantisme technique devraient cesser de brider l’avenir par des interdits sans base scientifique !

Osons donc faire reposer à nouveau l’avenir sur la seule décision pertinente et audacieuse ayant fait ses preuves : l’investissement nucléaire.

Voir les commentaires (21)

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  • La sobriété *librement* choisie, pourquoi pas? La sobriété *imposée* par des choix politiques c’est l’appauvrissement délibéré. La pauvreté tue. La « sobriété heureuse » c’est de la langue de bois, de la novlangue, bref du mensonge.

    13
  • Avatar
    jacques lemiere
    3 août 2022 at 7 h 30 min

    Il ne faut pas mélanger deux sujets.

    En premier lieu on doit rappeler que la pénurie n’est absolument pas improbable..
    Si les gens usent de leurs droit à consommer le l’eletrcité contractuelle le système ne suit pas.. et il ya a délestage, blackout ou » incitations » diverses et variés à moins consommer par civisme…

    Le rationnement un jour l’autre est inévitable..à cause de la production ou à cause, le cout pour s’en mettre à l’abri est important;.

    une pénurie ne prouve pas grand chose.. mais sa probabilité..

    C’est un choix à faire.. une assurance qu’on prend..

    Pour le client , il faut lire les conditions de son contrat en cas de non respect du contrat..lire son contrat!!!

    Donc on parle d’augmentation de la probabilité de cette situation, non pas par un choix économique des producteurs, mais une contrainte politique qui il faut bien dire est prétendument acceptée et « imposée » par les usagers avec des aspects très contradictoires et des demandes irréalistes..

    Et les client de dire.. »j’accepte de payer mon électricité plus cher pour le climat…. » ou j’accepte l’ide que la consommation d’énergie diminue..

    personne ne s’avise de demander aux clients COMBIEN ils sont prêt à payer EUX plus cher.. et ce qu’ils obtiendront pour ce prix…
    On devine que l’idée générale du consommateur est que , via la démocratie, les autres paieront.la surconsommation comme la surpopulation c’est les autres;.

    On peut juste déplorer que les producteurs d’électricité dans leur ensemble ne dénoncent pas l’hypocrisie à la mode..

    On a deux approches qui se collident de plein fouet..

    Les extrapolations « comportementales » et techniques des producteurs d’energie sur la consommation future d’nergie et les objectifs politiques..

    Ce que je dis et ce que je fais..

    si les producteurs d’électricité étaient indépendants du pouvoir, ils parieraient sur l’augmentation de la consommation donc penseraient investir dans des capacités de production… mais du fait du risque politiques..exigeraient des garanties des états.. sinon ils ne feraient rien…

    Il ne faut pas dans le cas d’espce blamer le politique la véritable faute des gens est de vouloir contrôler AUSSI les producteurs..

    Les gens croient à des absurdités..et les politiques pensent croire des sondages déclaratifs mal foutus..

    on connait la question à poser…combien tes vous prêts à payer VOUS.. pour que la france puisse affirmer « faire sa part dans le lutte contre les émissions de CO2? ee plus bien entendu des évolutions de prix dues au marché..

    la réponse serait quelques centimes…même pour ceux qui ne sont pas capables MAINTENANT de payer leurs factures..
    Conclusion : oubliez les prétentions « climatiques » , vous n’en avez pas les moyens, ou vous ne voulez pas vous les donner. , par ailleurs ,réfléchissez bien avant d’accepter une taxe carbone..

  • La production nucléaire en France devrait représenter au moins 120 % de notre consommation, cela permettrait de réviser nos centrales sans stress. Les ajustages de consommation pourraient être faits avec l’Hydro électricité qui peut démarrer instantanément. Peut-être quelques centrales à gaz pour rééquilibrer ponctuellement le réseau. Et notre production d’électricité serait décarbonée totalement et nous n’aurions pas besoin de rationner qui que ce soit. Et si nous avions trop d’électricité on pourrait toujours en vendre à nos voisins. Pour une fois on aurait quelque chose à vendre…
    La consommation électrique va augmenter c’est inexorable et c’est le devoir d’un état de fournir une électricité abondante, fiable, bon marché et décarbonée. Si l’État en est incapable il faudra faire appel au privé.

    • Exactement, à ceci près que l’intervention de l’Etat n’est pas nécessaire et que le privé devrait être l’acteur principal sans attendre la défaillance de l’Etat. L’exemple de la Norvège, où il semble d’après mes amis que les prix de l’électricité aient été multipliés par 10 en un an, est instructif. Depuis que des lignes ont été posées pour l’export, les Européens achètent l’électricité norvégienne à prix d’or, les opérateurs font de superprofits, et particuliers comme industriels qui avaient misé sur une électricité abondante sont paradoxalement dans la panade.
      Une panade et des superprofits de très loin préférables à la pénurie…

      • Non pas la pénurie, le rationnement vertueux qu’on vous dit est forcément mieux que les super profits, homme de l’ancien temps !
        Vous raisonnez avec des prémisses, des connaissances, de la logique et de la raison alors qu’il suffit de le faire en travestissant le sens des mots ( on rajoute un qualificatif positif à un terme qui l’est moins, ou un qualificatif négatif à un terme positif ) et ses frustrations en bons sentiments pour attendre ses fins.

    • Le parc nucléaire représente aujourdhui environ 50% de la puissance max appelée. Mettre 120% signifie que 40% au moins du parc sera utilisé trés peu de temps dans l’année. Certes un peu plus de nucléaire serait une bonne idée, mais pas jusque à 120%.

      Ici le principal problème c’est surtout la fermeture des centrales charbon et un manque important de backup au gaz .

      • Malheureusement si vous voulez une couverture nucléaire totale c’est bien 120 % qu’il faut prévoir. Entre les révisions périodiques et les petits incidents techniques on peut se retrouver rapidement avec 20 % du parc à l’arrêt.
        Et si par hasard on a un peu trop d’électricité on pourrait toujours en vendre. À force de prévoir à la limite on se retrouve en dessous de la limite. Regardez le nombre de réacteurs que EDF a prévu d’être à l’arrêt en février prochain. On peut juste espérer qu’il ne fera pas trop froid…

  • Merci pour cette clairvoyance. Il est difficile de comprendre pourquoi une solution efficace, démontrée, le nucléaire, a été négligée ! Le bilan avantages/inconvénients est clairement en sa faveur sauf en ce qui concerne la peur qui est toujours utilisée par certains diriger.

  • « Laurent, serrez ma haire, avec ma discipline,
    Et priez que toujours le Ciel vous illumine. »
    Tout était déjà magnifiquement dit et expliqué.

  • Mon conseil pour cet hiver : prenez un abonnement à la salle de sport.
    Vous aurez chaud et finirez par avoir le physique de Zelensky. Toujours utile pour quand les chars russes débarqueront à Paris.

    • Sauf qu’il faudra aller vous rouler dans la neige ensuite, vu la consommation des douches, et que les appareils du genre vélo devront être autoalimentés, soit 3 fois plus chers et plus fragiles. Le diable est dans les détails…

  • « Sauf à rappeler les fautes d’anticipation des gouvernements successifs Sarkozy, Hollande et Macron »
    Tout est dit, la catastrophe a commencé quand Nicolas Hulot, menaçant de se présenter à la présidentielle de 2007, a obligé la plupart des candidats à lui baiser la babouche et a ainsi été à l’origine du Grenelle de l’environnement, premier « machin » d’une longue série.
    Ensuite, ce même Nicolas Hulot, après avoir été nommé ministre alors qu’il n’a aucune autorité scientifique, a choisi de vivre caché, pour d’autres raisons, mais le mal est fait.
    Depuis Sarkozy, nous avons porté au pouvoir des hommes n’ayant aucune conviction et dont la seule ambition est d’être élu ou réélu !
    N’oublions pas non plus la responsabilité écrasante des médias dont l’incompétence n’a d’égale que la paresse.

    • En fait la catastrophe avait commencé bien avant (Voynet…)
      Mais je reconnais qu’en la matière, Hulot fut le plus efficace: La production électrique Française a quasiment doublé ses émissions de CO2. Encore un effort similaire et on sera au niveau des émissions Allemandes…

  • Un homme politique du siècle dernier a dit : Gouverner c’est prévoir.
    Il semble que ceux que l’on appelle gouvernants n’en sont pas : ils ont cru que Poutine dirait merci pour vos sanctions, j’écoute ce que vous me dites et j’irai au coin.
    Sans s’en rendre compte, ils sont en train de passer sois les fourches caudines de leurs peuples.

  • La sobriété est toujours vertueuse car prélever un minimum dans l’environnement est toujours une bonne politique. Mais tout est dans la balance de ce que l’on fait, c’est le même problème que pour la politique démente anti-covid: on peut tout réduire au minimum pour préserver le pur biologique (humain et environnemental), mais une vie réduite au biologique vaut-elle la peine d’être vécue? Ne devient-on pas un simple objet utilitaire?

    Prendre ses vacances chez soi est vertueux, un ermite est très vertueux, mais la vie ne s’arrête pas aux besoins essentiels comme on a voulu le faire contre un virus. L’idéal est que chacun puisse faire la juste balance entre ses « nuisances » et la satisfaction de désirs raisonnables

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