Débat Macron-Le Pen : la France perd par KO socialiste

Sur le fond, les deux candidats se sont essentiellement retrouvés pour défendre le toujours plus de socialisme, d’étatisme et d’assistanat.

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Débat Macron-Le Pen : la France perd par KO socialiste

Publié le 21 avril 2022
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2017-2022, on prend les mêmes et on recommence. McKinsey, l’explosion de la dette, l’inflation galopante, la gestion chaotique de la crise covid, une flambée de violence sans prédécents : tous les ingrédients étaient réunis pour transformer le duel télévisé entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen en réquisitoire politique contre l’équipe gouvernementale sortante. Il n’en fut rien. Marine Le Pen refusa d’endosser le rôle de procureur et Emmanuel Macron celui d’accusé.

Au contraire, par sa faconde, sa connaissance indéniable des dossiers et une agressivité certaine, Emmanuel Macron a dominé le débat. Marine Le Pen, sur la défensive, le regard fuyant et la parole approximative devait constamment répondre aux accusations portées par un bretteur intellectuellement beaucoup plus agile qu’elle et même peut-être un peu trop sûr de lui.

Si Marine Le Pen a amélioré sa performance comparée à 2017, elle n’est toujours pas au niveau technique et rhétorique de Macron. Si le but de Macron était de convaincre les mélenchonistes de voter pour lui, pas sûr que son numéro de bureaucrate arrogant emballe le soignant suspendu ou le chômeur en fin de droits.

Reste à savoir si « Jojo le gilet jaune » n’a pas préféré regarder le foot sur Canal plus plutôt que de s’infliger cette lutte politico-médiatique sous Xanax.

Toujours plus de socialisme

Sur le fond, les deux candidats se sont essentiellement retrouvés pour défendre le toujours plus de socialisme, d’étatisme et d’assistanat. Entre la glorification de la planification écologique, du dividende salarié et du blocage des prix pour Macron et le procès permanent du libre échange pour Marine Le Pen, chacun s’est entendu pour rester dans le périmètre étroit de l’État bureaucratique nécrosé qu’est devenu le modèle social français.

Sur la question écologique et sur celle européenne, le ton est vite monté. Macron braconnait sans vergogne sur les terres de Mélenchon, tandis que Le Pen se fit défenseur du nucléaire et, assez paradoxalement, du localisme. Comme à un grand oral de l’ENA, Macron s’en est sorti par quelques pirouettes.

Pas sûr que le spectateur retienne que celui qui a fermé Fessenheim et prévu de fermer 14 centrales nucléaires tout en promettant d’ouvrir les vannes d’argent public pour la transition écologique soit le plus qualifié pour soigner notre « dépendance aux hydrocarbures ».

Le discours de Marine Le Pen sur l’Europe a été à l’image de son programme écrit, confus, vague et finalement assez dangereux.

E. Macron a rappelé à juste titre les volte-face de la candidate d’extrême droite, tout comme le caractère nébuleux de son « Europe des nations » et la dangerosité de la « priorité nationale » pour la liberté des échanges. Plus décisif, il a pointé les liens troubles qui unissent Marine Le Pen à la Russie, tout comme sa volonté de se rapprocher d’un pays qui aujourd’hui a déclaré la guerre à l’Ukraine et espère réduire l’Occident à la portion congrue.

L’essentiel passe à la trappe

Le débat sur le pouvoir d’achat s’est taillé la part du lion, 5 minutes ont été consacrées à l’explosion de la violence et il a fallu attendre 22 h 45 pour entendre le terme entrepreneur pour la première fois. La sécurité par le régalien et la création de richesses par la liberté d’entreprendre sont donc passées au second plan, étouffées par une bataille de postures gauchistes visant à siphonner l’électorat de la France insoumise.

Sans vouloir refaire le match, il eut été intéressant de s’attarder sur ces 600 milliards de dette supplémentaire en 5 ans qu’Emmanuel Macron a faussement ramenés à la crise covid. En effet, selon l’Insee, seulement 165 milliards peuvent être imputés au covid. Cette dette extraordinaire, incomparable avec celle accumulée par les précédents locataires de l’Élysée, annule tous les aspects « positifs » du gouvernement macron en matière d’allégement (relatif) de la fiscalité.

La gestion autoritaire de la crise covid – en fait cogestion avec les cabinets de conseil – a à peine été évoquée par une Marine Le Pen bien consciente que le gros de l’électorat des retraités s’en était satisfait. La défaite de l’État de droit au profit de l’exception permanente et de l’autocratie macronienne, la ségrégation par le vaccin ou encore la suspension indigne des soignants non-vaccinés sont devenus des non sujets dans une France post-covid qui cherche d’abord du conservatisme et de la stabilité. La pression fiscale, et en particulier les impôts de production, n’a été abordée qu’à la marge alors que sa place dans l’atrophie de la croissance est centrale.

Sur toutes ces questions, Marine Le Pen est apparue comme absente. Incapable d’approfondir des sujets qu’elle ne connaissait que superficiellement, de porter un raisonnement économique suffisamment articulé pour retourner le socialisme technocratique d’un Macron ayant mis le pays en quasi-faillite sur tous les plans. À l’autoritarisme macronien, elle n’a su empiler que les slogans sécuritaires ou xénophobes et n’a en rien dissipé le flou sur sa fascination pour le modèle autoritaire poutinien.

Reste à savoir si ce spectacle lamentable, qui en dit beaucoup sur le déclin intellectuel et moral du pays, convaincra les indécis. Réponse dimanche prochain, cette fois-ci dans les urnes.

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  • Marine ne pourra pas appliquer sa dystopie socialiste. Macron, lui, n’aura aucun mal à recréer des kolkhozes, à nous ré-enfermer deux mois ou à exiger une sixième dose si l’envie lui en prend. Partant de ce constat, chacun fera selon sa conscience.

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    • Oui et d’autant plus que Macron aura encore un parlement de godillots d’ici fin juin. Toutes les dépouilles LR et PS restantes vont se rallier à lui d’ici une ou deux semaines. Donc aucun contrepouvoir (parlement acquis, Conseil constitutionnel corrompu, Conseil d’état à la botte, Cour de cassation idem, tous les médias dans la poche etc.). Et comme le dit Michel Onfray : Macron va pouvoir se lâcher comme jamais. Européisme débridé, mondialisme et atlantisme frénétiques, provocations progressistes à tout va (en fait décadence), immigrationnisme sans freins, religion écologiste fanatique. Démagogie distributive sur les pauvres, prébendes aux classes supérieures et écrasement fiscal des classes moyennes.

  • A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire !
    Macron ne parait bon que parce que son adversaire n’est pas au niveau. Elle aurait pu lui rétorquer que, selon nos institutions, ce n’est pas le président qui gouverne mais le gouvernement.
    Elle aurait du dire qu’elle s’entourerait de ministres compétents et qu’elle ne signerait pas elle même les chèques.
    Mais Macron l’a rapidement bousculée, en ne respectant aucune règle de courtoisie et en n’hésitant pas à frapper son adversaire au sol, devant des arbitres impuissants.
    Le grand vainqueur de ce débat sera certainement l’abstention. En effet, ceux qui hésitaient encore à aller voter ne peuvent pas choisir entre une candidate qui a confirmé ses limites et un adolescent mal élevé, arrogant, menteur et cynique.
    Notre démocratie est gravement malade et risque de l’être encore davantage dans 5 ans !

    • S’ils avaient deux sous de bon sens, les électeurs tireraient leurs propres conclusions du débat, non pas en termes de vainqueur le plus éloquent ou le de promesses les plus séduisantes, mais en termes de ce que sera leur avenir.

  • Il est logique que les deux candidats brossent l’électeur dans le sens du poil: la grande majorité des Français et des Françaises veulent l’état et l’assistance. les libéraux sont une petite minorité qui n’a aucune chance d’arriver au pouvoir.
    Donc le choix est entre l’extrême M (Macron, mépris, mensonges, manipulations) et l’extrême Nationalisme (et encore)
    Et de toute façon l’élu(e) fera ce qu’il (elle) veut à moins que les Français se ressaisissent et votent aux législatives pour une cohabitation

    • Pas étonnant que le débat ait été peu suivi : il n’était de toute façon question sur le principe que de capter les voix de Mélenchon du premier tour, ou d’essayer d’en priver l’adversaire. Logique aussi que les positions aient été à gauche toute et antilibérales.
      Je n’ai pas regardé, parce que sans intérêt pour décider de mon vote, tous comme les programmes, on a des promesses en l’air pour espérer emporter le poste, le pouvoir et le chéquier, et aucune envie de faire le boulot.
      L’argument qui déterminera je pense même quelques socialistes enracinés depuis des décennies reste la dangerosité très différente d’un président total en roue libre prêt à dominer chaque Français quoi qu’il en coûte, et la gourde qui peine à aligner trois mots détestée par l’ensemble des médias, des fonctionnaires et des lobbies qui n’aura aucune marge de maneuvre et certainement une cohabitation à l’assemblée où les gauchistes s’allieront joyeusement avec le centre pour l’emmerder.
      C’est à dire que si elle passe, on aura au moins 5 ans de paix pour lécher nos plaies.
      Avec l’autre, je pense qu’on a une guerre civile ou un boycott généralisé avant la fin du mandat.

  • Je partage cette brillante analyse. Et au milieu de ce duo de planistes, on doit faire un choix…

  • Bizarre ! je n’ai vu pas Marine Le Pen si hors-sol et ni si hors-sujet que ça ! Par contre, Emmanuel Macron a paru employer systématiquement le rentre-dedans (j’ai bien écrit « a paru », car il se défendait aussi). On se serait cru dans un « pugilat politique verbal » dans un café. Pas sûr que notre démocratie y ait gagné quelque chose quelque soit le résultat.

  • Le choix est malgré tout vite fait. Les élucubrations anti libre échange de MLP m’inquiètent beaucoup moins que les propos et le passif de M.Macron. Pour une raison simple : MLP utilise de grands mots pour flatter l’électorat de Melenchon, mais il n’y a rien de concret derrière ces mots. Pas de propositions, pas d’idées, niet. D’autre part, elle n’aurait probablement pas de majorité à l’Assemblée. Donc ces grands discours seront finalement réduits à peu de choses.

    Macron en revanche semble avoir des idées très claires en matière de planification et de sur étatisation de l’économie et de la société. Ses projets sont malheureusement très précis et il n’y a aucun doute sur le fait qu’ils seront, hélas, mis à exécution. D’autant plus qu’il a de fortes chances d’obtenir une majorité, lui.

    Je voterai pour le danger qui me parait le moins probable, et aujourd’hui c’est très clairement MLP (et ça ne m’enchante guère). Macron est une menace pour ce pays, une menace certaine pour nos libertés, pour notre sécurité, pour notre travail, notre pouvoir d’achat. On ne peut pas faire l’impasse sur ce qu’il s’est passé, sur les manifestants arrêtés à priori, ceux qui ont été blessés (volontairement), sur les médias totalement soumis, les fake news permanentes, le contrôle et la censure arbitraire sur les réseaux sociaux, cette habitude de plus en plus évidente de permettre au politique de s’affranchir de la justice pour faire ce que bon lui semble, la réduction à néant des deux Assemblées, les régimes d’exception permanents, le décrochage scolaire sans précédent…

    Bref, c’est impossible. Cet idiot à fait plus de mal à ce pays en 5 ans que tous les autres présidents depuis la Seconde Guerre Mondiale. Oui il parle mieux que MLP, mais c’est sa seule et unique qualité.
    Arrêtons là cette expérience qui n’est qu’un terrible échec.

  • J’ai fait un choix entre les vaccins des Etats unis et les autres vaccins, sachant qu’en Arabie Saoudite, ils ‘injectaient également les vaccins Russe et Chinois, d’autres les ont utilisé mais ils ont préféré se taire une alternative que tout les Européens n’ont pas eu, qu’en dite vous Mr Macron. Lorsque le financement des faux emplois créer à coup de milliard auront cessé, les salariés des entreprises qui en ont bénéficiais de ces avantages seront licenciés sans problèmes

  • Il faut arrêter de qualifier Marine d’extrême droite, c’est une nationaliste d’extrême gauche. Si Macron est élu ce sera un drame pour la production d’électricité en France. L’électricité deviendra encore plus chère, Plus rare, plus intermittente et plus productrice de CO2. (Même si le CO2 n’est pas produit sur notre sol)
    Les deux candidats sont un drame pour la France mais peut-être qu’elle n’a que ce qu’elle mérite.

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