Philippe vs Macron : petits calculs politiques

Les tensions entre Edouard Philippe et Macron montrent des petits jeux politiciens qui ne permettent au pays d’avancer.

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Edouard Philippe BY Jacques Paquier (CC BY 2.0)

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Philippe vs Macron : petits calculs politiques

Publié le 21 janvier 2022
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C’est le 9 octobre 2021 qu’Édouard Philippe a officiellement lancé son propre parti, Horizons. L’ancien Premier ministre a présenté celui-ci comme étant destiné à favoriser la réélection d’Emmanuel Macron. Mais il semble que les critiques qu’il a émises concernant « la gestion de la dette et le probable report de la réforme des retraites » n’aient pas été appréciées par le président. Ainsi, Horizons a très vite été perçu comme une menace potentielle pour LREM.

La sanction ne s’est pas fait attendre : la récente proposition de Philippe de fusionner Horizons avec Agir, le parti de « la droite constructive », créé fin 2017 par Franck Riester (actuel ministre en charge du commerce extérieur) afin d’accueillir les anciens membres LR dans la majorité présidentielle, et qui doit maintenant aider Macron à récidiver cinq ans, vient d’être tout simplement rejetée.

« Fusion Agir-Horizons : face à Édouard Philippe, Emmanuel Macron remporte une manche » a titré Le Figaro (13/01/22). Certes. Mais compte tenu des difficultés qu’affronte l’Hexagone, ces histoires politiciennes ne sont-elles pas ridicules ? Les médias n’auraient-ils rien d’autre à se mettre sous la dent que ces rivalités personnelles ? Analyse.

Des professionnels du reniement et des jouxtes politiques

Lors de son interview dans Challenges (30/09/21), Philippe n’y était pas allé de main morte :

« Porter une dette forte, c’est dépendre de ses créanciers […]. Nous préférons continuer à danser au-dessus du volcan que prendre des mesures drastiques qui s’imposent ».

Parfaitement justifiée, une telle critique n’en est pas moins stupéfiante car elle émane d’un Premier ministre qui, dès sa nomination en 2017, a revu à la baisse le programme d’économies déjà insuffisant du gouvernement et a dépensé sans compter ! Idem lorsqu’il déplore le report de la réforme des retraites alors qu’il en est la principale cause à force d’avoir embrouillé syndicats et parlementaires avec son fameux concept d’âge pivot.

Comment accepter de tels revirements qui ne sont même pas assortis de la moindre autocritique ? Comment d’ailleurs prendre au sérieux la proposition de fusion de Philippe avec Agir alors qu’il avait refusé d’y adhérer au moment de sa création ?

Des stratèges de leur propre carrière aux dépens de leur propre pays

Avoir deux fers au feu, ménager la chèvre et la chou, prendre plusieurs trains en marche, noyauter les mouvements rivaux, renier ses propres échecs en les mettant sur le dos de ses rivaux, casser les partis adverses en les isolant puis les rejoindre quand il le faut, telles sont les méthodes utilisées par de nombreux hauts fonctionnaires qui trustent le sommet de l’État. Ils affichent une vigilance et des compétences de stratèges de tous les instants. Des compétences dont ils sont pourtant bien incapables de faire preuve dans la gestion des affaires du pays.

Immigration incontrôlée, insécurité, poursuite de la désindustrialisation, balance commerciale négative chronique, augmentation paradoxale de la dette sur fond de niveau record des prélèvements obligatoires, chômage de masse, flambée des aides sociales… les chiffres qui caractérisent aujourd’hui l’économie française attestent d’un échec patent et dramatique.

Or non seulement ces hauts fonctionnaires s’occupent à ferrailler pour leur propre carrière, mais les médias eux-mêmes suivent leurs agissements personnels comme s’ils étaient dignes d’intérêt, en lieu et place d’exercer consciencieusement leur métier d’analyse et d’information des citoyens. À l’origine, le métier journalistique n’exigeait-il pas une indépendance critique susceptible d’atteindre la stature d’un véritable contre-pouvoir ? Nous en sommes très loin.

Un peuple lassé d’une classe politique qu’il rejette en force

Médias et classe politique participent donc de ce même processus de dégradation de la dimension politique. À la cause noble qui consistait à l’origine à servir les intérêts d’un peuple, à rechercher son accomplissement matériel et psychologique, s’est peu à peu substituée une notion pervertie de lutte pour le pouvoir que les médias relatent comme un spectacle.

Ainsi, le citoyen est-il abreuvé d’informations sur les pugilats que se livrent les prétendants au poste suprême plutôt que les analyses qui les éclairent sur l’état réel du pays et sur les difficultés qui les attendent. Florilège :

« Rien ne va plus entre l’ancien Premier ministre et le président sortant, qui tient à ce qu’il ne prenne pas trop de poids dans l’architecture de sa prochaine majorité » (Europe1 18/01/22).

« Agacé par certaines méthodes, notamment l’intervention d’Emmanuel Macron pour faire avorter la fusion entre Agir et Horizons, son parti, l’ancien Premier ministre n’assistera plus ‘jusqu’à nouvel ordre’ aux réunions de la ‘Maison commune’ » (Le Parisien 15/01/22).

« L’ancien Premier ministre n’a pas digéré le veto d’Emmanuel Macron à la fusion entre Horizons et Agir. Auprès de ‘L’Opinion’, il ne mâche pas ses mots » (Le Point 17/01/22).

« Lors de deux réunions du conseil national d’Agir, le 15 décembre, puis le 11 janvier, M. Riester s’est opposé à cette fusion, pourtant souhaitée par la plupart des cadres de son parti, en expliquant que le chef de l’Etat lui aurait ‘demandé de ne pas le faire’ » (Le Monde 14/01/22).

Comment s’étonner que près de la moitié des citoyens ne vote plus, et qu’une partie des électeurs soit de plus en plus attirée par des candidats populistes et extrémistes ? Ces derniers sont d’ailleurs crédités d’une confiance d’autant plus forte qu’ils ne ressemblent pas à ces hauts fonctionnaires qui nous dirigent. Être hors système est devenu une qualité. Pire, cela constitue un gage d’intégrité !

Le pays décline sérieusement depuis la fin des années 1970. Il se désindustrialise dangereusement. Son niveau de vie recule par rapport au reste du monde, l’insécurité progresse, une crise des valeurs s’installe peu à peu. Les bilans des précédents gouvernements sont pratiquement tous mauvais, mais ceux de Hollande et de Macron battent tous les records. Car, faut-il le rappeler, plus la situation du pays est déséquilibrée, et plus le laxisme et les erreurs impliquent des conséquences catastrophiques.

Rappelons-nous : la présidentielle de 2017 était littéralement hors sol, avec ses dix candidats étatiques sur onze prétendants, et son entichement compulsif pour le revenu universel ! Il reste encore quelques mois avant la prochaine. Espérons que les médias s’intéresseront enfin à la vraie politique, c’est-à-dire à l’état de délabrement de notre pays et aux remèdes dont celui-ci a besoin. Espérons que cette présidentielle consacre enfin le retour au réel et le début d’un salubre désintérêt pour les guéguerres politico-politiciennes.

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  • tout ça pourquoi ? parce que tout ces politiciens de pacotille n’aime pas la France ; ne la défendrons que ceux qui aiment notre pays du fond du cœur et n’admettent plus de le voir s’enfoncer via l’incompétence et les magouilles de tout ces tristes sires ;

  • « Espérons que cette présidentielle consacre enfin le retour au réel et le début d’un salubre désintérêt pour les guéguerres politico-politiciennes. »
    On peut toujours espérer mais il faudrait pour cela que les candidats soient confrontés à des journalistes qui leurs posent des questions pertinentes.
    Quant à Edouard Philippe, ce n’était pas un bon premier ministre et, s’il est regretté par certains, c’est uniquement en comparaison au grotesque de l’actuel hôte de Matignon.
    Nous pensons à Edouard Philippe à chaque fois que nous prenons la route et que nous croisons des panneaux 80 ou 90 km/h.
    Cette décision débile et fort coûteuse a largement contribué à la génèse des gilets jaunes.
    Idem pour la réforme des retraites, qui était sur le point d’être acceptée par certain syndicats, mais qui a capoté à cause de son initiative d’introduire une mesure d’âge. A ce propos, je ne comprends pas qu’on parle toujours d’âge de départ à la retraite alors qu’il suffit d’imposer un nombre d’annuités. Cette mesure serait juste et efficace et permettrait de prendre en compte les carrières longues. mais c’est peut-être beaucoup trop simple pour un énarque.

  • Un ancien premier ministre qui, espérant paraître blanc comme neige, renie en critiquant à demi-mots la politique qu’il a mise en œuvre durant plusieurs années en faisant mine d’y avoir été contraint, cela me rappelle Fillon… Le parallèle entre les deux ex chefs de gouvernement et les deux présidents qui ont renoncé à leurs promesses au motif d’une crise, est saisissant.

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