La France en état de sur-assistance sociale

Notre modèle social fait d’assistance tous azimuts, de soutiens illimités, de guichets ouverts en permanence est-il aujourd’hui performant, équitable et pédagogique ?

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La France en état de sur-assistance sociale

Publié le 16 décembre 2021
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« Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends », Nelson Mandela

Notre pays consacre désormais plus du tiers de son PIB au social : retraite, sécurité sociale, allocations, guichets et aides diverses pullulent, se télescopent et parfois s’annulent.

Nous avons conquis en 50 ans le titre peu enviable de champion du monde du social mais nos tombereaux d’aides, de formulaires, d’allocations et de paperasserie divers et variés sont-ils efficaces, utiles et offrent-ils à nos compatriotes la possibilité de jouer leur partition dans un monde fort différent de l’après-guerre, un monde Vulnérable, Complexe, Instable et Ambigu (VUCA) ?

Rien n’est moins sûr car de l’assistance à la dépendance il n’y a souvent qu’un pas.

Assistance sociale : en prétendant ne faire que des gagnants notre pays pourrait ne faire que des perdants

« Ouvrir une école, c’est fermer une prison », Victor Hugo, 1875

Tout le monde connaît et apprécie cette fameuse citation justifiée il y a 150 ans, pour une école qui à la fois libérait les individus de la misère, des pesanteurs sociales, de l’ignorance tout en offrant à chacun sa chance d’avoir une vie meilleure, un horizon intellectuel dégagé, une capacité de se libérer des pesanteurs sociales, familiales ou religieuses.

Las, aujourd’hui, un faramineux système public d’éducation qui de 3 à 30 ans prétend encadrer tous les jeunes. Et malgré un réseau immenses d’aides, de subventions et d’allocations la population française reste largement sous-éduquée et sous-informée, à la traîne des grands pays développés (8 % des cadres parlent un anglais international).

Parvenus à ce niveau d’inefficience, d’impuissance, de déréliction économiques et sociales il faut se demander si cette multitude d’aides sociales distribuées à guichets ouverts ne creusent pas davantage notre tombe économique avec un social largement payé à crédit au lieu de nous aider à progresser ou à nous développer.

L’autonomie, la dépendance et l’éducation

Le but de tout système éducatif libre est en principe la quête de l’autonomisation des individus :

  • Du jeune face à sa famille dont il doit nécessairement un jour s’éloigner, et ne pas demeurer un Tanguy à la charge des autres.
  • Du salarié qui face à son patron doit pouvoir développer ses capacités à changer, prendre le large par démission ou rupture conventionnelle, ou négocier de meilleures conditions de travail ou de rémunération.
  • Du locataire en HLM qui doit pouvoir un jour quitter son logement aidé pour accéder au marché de la location privée ou plus logiquement à la propriété.
  • Du bénéficiaire du RSA ou de la CMU qui doit pouvoir se libérer de ses entraves étatiques ou régionales, s’assumer, trouver sa voie et gagner sa vie sans avoir besoin durant des décennies de béquilles économiques ou sociales.

L’assistanat est a-pédagogique

Outre répéter de nombreuses fois les mêmes choses, la pédagogie consiste à apprendre de ses maîtres, ou enseignants, ou familles, tout comme de la vie et de ses bonnes ou mauvaises expériences.

Notre pays prétend pourtant anticiper les ennuis ou problèmes, en tout lieu, à tout âge comme à tout moment de la vie, nous protéger contre les maux réels ou imaginaires du monde :

  • Contre le manque d’éducation qui ne serait plus du ressort des familles, dévalorisées et décrédibilisées par l’école.
  • Contre la maladie ou présenté comme telle (la Covid entre autres)
  • Contre la pauvreté qui serait en France une fatalité, une malédiction dont les pauvres ne pourraient s’extraire par leur travail mais via seulement des allocations.
  • Contre les arnaques, certes pas agréables mais c’est une expérience qui apprend et peut servir à l’avenir.
  • Contre la mondialisation, c’est-à-dire contre la concurrence qui serait néfaste pour nos petits bras et cerveaux hexagonaux.
  • Contre le mal logement, il faudrait couvrir la France de HLM, 100 % des Français devraient y résider pour résoudre le supposé problème de logement… alors que 3 millions de logements -hors résidences secondaires- sont vides.
  • Contre la hausse du prix de l’énergie : contre la « précarité énergétique » notre pays invente des chèques énergie et des subventions aux opérateurs alors que des hausses régulières permettraient à chacun de se mettre progressivement à niveau, de limiter ses consommations volontairement.

Notre pays ensevelit et paralyse ses habitants dans l’assistanat, la dépendance et les récriminations incessantes.

Aider les Français ad vitam aeternam n’est pas leur rendre service.

Toute cette accumulation d’aides et d’allocations qui pouvaient être justifiées quand elles furent inventées il y a plusieurs décennies poussent nos compatriotes dans la dépendance de l’État, dans la rancœur sociale (le voisin serait toujours mieux servi), dans le fatalisme et le pessimisme (on ne s’en sortira pas car on ne peut plus toucher à rien sans provoquer une révolution ou un effondrement).

Aucune aide ne devrait pourtant être illimitée et définitive, mieux encore elles devraient être servies sur un temps court, avec une date d’échéance, jamais reconduites automatiquement.

Assistance sociale : toujours plus ?

Il y a presque 40 ans, en 1984, François de Closet publiait Toujours plus

Ce toujours plus est devenu la marque de fabrique de la France, excepté pour le travail et la production de biens et services.

Nous avons développé un extraordinaire entrelacs de droits sociaux, de règlements (plus de 300 000 lois et règlements) de codes (plus de 2000 pages pour le simple Code du travail), pour le nombre d’allocataires ou de personnes aidées (sans doute au moins 50 % des Français et habitants du pays), des vacances et jours chômés, des années de retraite, le plus de fonctionnaires (deux fois plus qu’en Allemagne à population égale), le plus de dépenses de santé (juste derrière les USA), le plus de ronds-points, le plus de consommation (nous sommes les deuxièmes acheteurs au monde de saumon norvégien ou d’Iphone)..

Trop de social tue le social et étouffe l’innovation, la créativité et l’activité

Notre pays souffre d’immobilisme social, professionnel, éducatif et les rentes sont partout, pas seulement pour les retraités. En démantelant ces illusoires protections nous pourrions redevenir un peuple ingénieux, courageux, innovant et entreprenant, loin des aides et assistances sociales qui nous enferment et nous infantilisent.

Un vrai programme d’avenir doit libérer les Français de l’État, le faire revenir au strict régalien, les autres domaines dont évidemment celui de l’éducation doivent être soumis à la concurrence. Jules Ferry aujourd’hui ne dirait sans doute pas autre chose, tout en étant effaré par ce qu’est devenu l’instruction publique qu’il créa en 1881.

Crédit Photo : Photo by Mathieu Stern on Unsplash – https://unsplash.com/photos/1fzyz-bmKBw

 

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  •  » les rentes sont partout , pas seulement pour les retraités »…..ben je comprend , on verse même la retraite à des retraités qui ont rendu l’âme depuis belle lurette ….

  • L’état est démissionnaire depuis longtemps, dès qu’un problème apparaît on le cache sous un tapis d’aides sociales ou de réglementations. Les fameuses 35 h pour baisser le chomage le s 100 euros pour compenser l’augmentation de l’énergie etc. Jamais on ne s’attaque reelement à résoudre une difficulte.

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