Le chantage au gaz commence en Europe

La Biélorussie (aussi appelée le Bélarus) menace de couper le gaz à l’Europe. Ce chantage au gaz pourrait en préfigurer d’autres venus de l’est de… la France.

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Le chantage au gaz commence en Europe

Publié le 19 novembre 2021
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Par Michel Gay.

La Biélorussie (aussi appelée le Bélarus) menace de couper le gaz à l’Europe, cette dernière l’accusant d’utiliser les migrants comme une arme.

Ce chantage au gaz pourrait en préfigurer d’autres venus de l’est de… la France.

Le vilain méchant

La crise frontalière actuelle entre la Biélorussie et l’Union européenne, notamment la Pologne mais aussi la Lituanie, la Lettonie, est provoquée par un afflux massif de migrants venus par avion du Moyen-Orient et d’Afrique en Biélorussie (avec sa bénédiction).

Loukachenko, le président dictateur de la Biélorussie montre ainsi sa capacité de nuisance à l’Europe. Il lui rappelle qu’elle serait bien inspirée de cesser de critiquer sa politique intérieure et de lui donner des leçons de morale.

Vladimir Poutine s’en réjouit même probablement en secret : il s’insurge avec cynisme contre la Pologne qui a lancé des gaz lacrymogènes contre ces pauvres migrants qui lançaient des pierres aux forces de l’ordre polonaises…

Demain l’Allemagne ?

La sécurité d’approvisionnement en énergie de l’Europe, dont le gaz est une composante essentielle pour le chauffage et la production d’électricité, notamment en Allemagne, est fragilisée par l’obligation de l’importer de pays étrangers (Russie, Algérie, États-Unis, Qatar…).

L’Allemagne qui se veut la plateforme de distribution (hub) du gaz en Europe avec son nouveau gazoduc Nord Stream 2 (qui sera mis en service en 2022) pourrait un jour imiter la Biélorussie en fermant le robinet de gaz si le reste de l’Europe n’obéit pas à ses diktats politiques et commerciaux

Le gaz peut aussi être importé sous forme liquide (GNL) par exemple par navires méthaniers des États-Unis. Mais ces bateaux peuvent être déroutés vers les pays les plus offrants en cours de trajet, comme ce fut déjà le cas cet automne 2021 lors de la flambée soudaine des prix du gaz alors qu’il n’existait aucune pénurie.

La seule solution consiste à substituer autant que possible le nucléaire au gaz pour la production d’électricité et le chauffage (directement ou via des pompes à chaleur).

Les inutiles énergies renouvelables

Les ruineuses énergies renouvelables (éoliennes et panneaux photovoltaïques à renouveler tous les 20 ans) ne seront pas suffisantes pour produire l’électricité nécessaire à la décarbonation de l’économie. Elles ont en outre besoin de gaz (et aussi de charbon en Allemagne) pour compenser les absences de production les nuits sans vents.

C’est pourquoi il faudra impérativement développer le nucléaire pour remplacer les centrales à charbon et à gaz, ainsi que les éoliennes et le solaire, afin de décarboner l’économie en profondeur dans l’optique de la réindustrialisation de la France.

Il s’agit de renforcer (ou de faire renaître ?) une industrie décarbonée fondée sur l’électricité décarbonée grâce au nucléaire.

Une tonne d’aluminium produite à Dunkerque avec de l’électricité provenant de la centrale nucléaire de Gravelines (environ 15 mégawattheures (MWh) à 6 kg de CO2 par MWh) n’émet que 0,1 tonne de CO2 alors qu’en Chine 15 tonnes de CO2 (une tonne de CO2/MWh, soit 150 fois plus !) sont émises pour la même production assurée essentiellement par de l’électricité issue du charbon !

Cette crise du gaz révèle aussi que les taxes sur l’électricité bas carbone sont plus élevées que sur le gaz, alors que dans une perspective de décarbonation, elles devraient s’appliquer sur les matières carbonées comme le charbon et le gaz.

Mais l’Allemagne ne veut pas d’une taxe carbone élevée sur le gaz qui la pénaliserait, elle qui veut sortir du nucléaire et entrer dans l’ère du gaz avec son partenaire russe !

Rappel : leur ancien chancelier Gerhard Schröder, déjà à la tête du comité d’actionnaires d’une société contrôlée par le groupe russe Gazprom depuis 2005, a été élu président du conseil d’administration du pétrolier russe Rosneft en 2017.

Construire ou détruire ?

Le nucléaire s’appuie en France sur 3200 entreprises nationales (contre 500 seulement pour l’aéronautique) avec des contrats de longue durée et des travaux non délocalisables à haute valeur ajoutée. Décider de détruire la centrale nucléaire de Fessenheim a peut-être été un joli coup politique pour un plat de lentilles (vertes), mais ce fut une faute grave commise au détriment de l’intérêt général de la France.

Les réserves de gaz en France sont environ de trois mois en hiver, tandis que celles d’uranium pour la production d’électricité nucléaire sont de plus de 5 ans, ce qui permet de laisser passer une crise et de voir venir.

Une vision de long terme (plus de 20 ans et jusqu’à 80 ans) est nécessaire dans le domaine de la production d’électricité décarbonée d’origine nucléaire pour construire un avenir décarboné en France et en Europe.

La France a construit son parc actuel de centrales nucléaires qui produit 70 % de son électricité pour amortir le choc pétrolier des années 1970. Elle devrait aujourd’hui se mettre autant que possible à l’abri des futurs chantages au gaz et des « chocs gaziers » qui viendront de l’est… ou d’ailleurs (sud, États-Unis,…).

La sécurité d’approvisionnement en énergie de la France devrait nourrir la réflexion des candidats durant la campagne présidentielle si les Français ne veulent pas de pénuries de gaz et se retrouver les otages de voisins indélicats qui, eux, défendront d’abord leurs intérêts.

 

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  • C est bien de dire que le gaz vient de l etranger. Il serait aussi honnete de dire que l uranium aussi (et de pays encore moins stable que la russie comme le niger)
    Si on est dependant du niger pour notre approvisionnement on va devoir y envoyer une force expeditionnaire pour securiser notre approvisionnement

    Apres il faut quand meme rappeler que l electricite (nucleaire ou non) c est pas la panacee: on ne fait pas voler un avion avec, pour les voitures c est pas encore ca et pour le chauffage je suis pas sur que ca soit une bonne idee (chauffer un liquide, le transformer en electricite avec un rendement de 20 % au mieux, le transporter via des lignes electriques et le reconvertir en 220 V puis le retransformer en chaleur … ca serait plus simple de chauffer directement le radiateur non ?)

    • C’est une très mauvais argument: il y a beaucoup de mines d’uranium partout dans le monde (canada, Australie…), et il suffit que le prix de l’uranium monte pour que l’exploitation reprenne, même en France.
      L’exemple du Niger est agité comme un épouvantail.
      Autre chose: avoir du minerai d’uranium, c’est une chose, pouvoir en faire du combustible en est une autre, beaucoup plus complexe, qui n’a rien à voir par exemple, avec le pétrole dont la transformation en divers produits est relativement facile.

    • Sugenerateur, réacteurs au thorium, il y a des pistes pour s’affranchir de la dépendance à l’uranium, mais encore faut-il encourager la recherche, former des ingénieurs au nucléaire, ne pas, dès l’école, insinuer que le nucléaire c’est beurk, bref avoir une vision à long terme comme le préconise cet article

  • « Elle devrait aujourd’hui se mettre autant que possible à l’abri des futurs chantages au gaz et des « chocs gaziers » qui viendront de l’est… »

    Dans un contexte géopolitique qui ne devrait pas s’apaiser dans un proche avenir, la question est mal posée : il ne s’agit pas de se mettre à l’abri de menaces existantes mais d’éviter de tendre la perche en se créant des problèmes.

    Il est évident que dans un contexte de lutte, l’ennemi profitera au maximum des failles que l’on développe sur les plans de l’approvisionnement en ressources, des dépendances économiques et de l’opinion publique. (Energie, désindustrialisation, réfugiés ou santé ou wokisme ou écologie …).

    C’est marrant ces politiciens qui prétendent refaire le monde ou déclarer la guerre aux virus … et qui ne savent même pas jouer aux Echecs.

    • La dépendance au gaz n’est qu’un effet d’une politique globale visant à empêcher les pays occidentaux d’accéder à l’indépendance énergétique. Plusieurs acteurs impulsent cette politique : un peu les USA qui craignent de voir un autre acteur peser sur les cours des énergies fossiles et une concurrence des pays européens. Beaucoup les pays arabes qui veulent imposer une politique anti Israël à l’Europe et une immigration musulmane (projet Eurabia), la France depuis Mitterand est complice active de cette politique. De plus la dépendance aux hydrocarbures de l’Europe permet aux pays membres de l’OPEP de financer le jihad : ce n’est pas un hasard si les familles régnantes du Golfe sont des fondamentalistes islamistes en particulier l’Arabie. Enfin les partis de gauche et les écolos qui rêvent de détruire ainsi le capitalisme : ils sont les idiots utiles des pays du golfe et sont financés par ceux-ci (cf. la perquisition chez Jadot où on a trouvé des traces de financement d’EELV lors des dernières campagnes). Si on veut s’affranchir de cette dépendance il convient :
      – de sortir de la COP et des accords de Paris en disant haut et fort que le mythe du réchauffement induit par le CO2 est une fabrication mensongère du GIEC qui contredit la thermodynamique et la physique du rayonnement.
      – Abroger la loi sur la transition énergétique.
      – Combattre la taxonomie européenne sur le nucléaire instrumentalisée par l’Allemagne. Rouvrir Fessenheim
      – Abandonner la taxation carbone et interdire les subventions aux ENR et au développement de la filière hydrogène.
      – Abolir les interdictions de permis de recherche sur les hydrocarbures.
      – Reprendre les recherches en hydrocarbures conventionnels et gaz et pétrole de schiste en France et dans les DOM TOM.

  • eh…et les chantages de l’opep? on fait quoi?
    et les chantages de la chine? on fait quoi?

    on ne va pas tout electrifier..

    on est dogmatiques et en plus hypocrites avec les fossiles…et ça nous revient dans le gueule

  • on veut des fossiles et on prétend tout faire pour s’en passer..

  • Une mauvaise passe, et on peut remercier l’ue pour sa mauvaise gestion de l’énergie… M’enfin, y a pas de chantage au gaz actuellement , on a misé sur le gnl et ce fut une erreur, nos autres fournisseurs sont fiables via pipelines et contracts long-terme.

  • Le renouvellement de notre parc de centrales nucléaires aurait du etre programmé de puis 20 ans. Rien n’a été fait sous la pression des ecolos ignares que les poitques ont eté contraint d’incorporer dans divers gouvernements. Un candidat a la presidentielle qui veux le bien de la France doit clairement affirmer qu’il refusera de s’associer a un parti écolo.

    • @esprit les écolos ne sont pas ignares ils ne sont pas écolos tout simplement. Ils haïssent nos valeurs, notre civilisation et se saisissent de cette idéologie pour arriver à leur but : notre annihilation. S en prendre à l énergie est un moyen efficace.

      • Exact : aussi est-il essentiel de voter systématiquement afin d’éradiquer la peste escrologiste dans toute instance de pouvoir.

        Ne refaisons pas l’erreur de maints électeurs qui se sont abstenus l’année dernière, ce qui a permis l’arrivée aux commandes de grandes villes, comme Lyon et Bordeaux, de fous furieux dopés par un électorat fanatisé qui, lui, se déplace pour porter ses gourous au pouvoir.

        Et delenda est escrologia !

  • Si les Allemands n’avaient pas décidé de reporter la certification du NorthStream 2 sous un prétexte administratif ridicule (société exploitante suisse et non UE), le chantage bielorusse n’existerait tout simplement plus. Le danger pour la France n’est pas russe mais allemand car l’Allemagne n’a jamais joué collectif et exploite ses voisins

    • Et rien ne vous fait tilter que la Russie n’en fera pas de même?
      Le gaz qui transite via la Biélorussie, c’est du gaz russe.
      Actuellement, la Russie utilise la Biélorussie comme tampon pour jauger la réaction de l’UE et de ses populations face à ce chantage.

      NS2 ne fera qu’officialiser la Russie comme partenaire « à ne pas froisser »…
      Quand la Russie s’opposera à l’Allemagne ou l’UE politiquement sur tel sujet…. (comme Navalny, les annexions etc…), que croyez-vous qu’il se passera ?

      Comme vous dites, NS2 représente aussi un danger pour la France vis à vis de l’Allemagne. Unité et entraide de l’UE? ou nationalisme exacerbé (jusqu’à l’euroscepticisme)?

      Le futur politique de l’UE se dessine dans la politique de l’énergie, et on est en train de donner à la Russie les fils pour la manipuler.

  • Il serait grand temps que l’on adapte les prix de l’électricité nucléaire en y incluant un embryon du coût du démantèlement des centrales usées, des futures usées et du stockage des déchets. La Suisse fait cela, pour la centrale de Mühleberg à 1 seul réacteur 1097 MW, en déconstruction prévue sur 15 ans, 80% des 3 milliards budgétés sont déjà couverts aujourd’hui. La France avec 18 centrales 56 réacteurs + les nouveaux en perspective demande une somme considérable à thésauriser très rapidement. La petite bouilloire de Brennilis en déconstruction depuis 36 ans !! a déjà englouti une somme importante, rebudgétée à 850 millions. Faire miroiter le bas coût du nucléaire doit peut être préparer le con tribuable à prendre en charge les séquelles qu’une faillite d’EDF qui ne pourra jamais financer cela. La France à crédit continue de vivre à très grands crédits. Et certaines voix montre du doigt nos amis allemands plus austères qui veulent respecter les règles de l’UE et celles imposées à l’époque par les alliés sous lourdes pressions de la France ( traité de Versailles et la suite…)

    • @capital alors on supprime les taxes pour financer le renouvelable ? Et on inclut dans le renouvelable le prix du recyclage aussi , non ?

      • OUI, cela semble évident, bien que l’un n’empêche pas l’autre. Taxer la déconstruction et le stockage des déchets nucléaires et financer le renouvelable serait économiquement juste, mais dans un pays socialocommuniste où tout est dû par l’état qui n’est pas nous, cela semble peu probable. Tout à crédit que l’on rembourse, peut être, avec la monnaie de singe après avoir créé une immense inflation encore plus destructrice du pays. Les petits enfants applaudiront les attitudes de leurs aînés, Vive la France.

    • Le secteur du nucléaire provisionne des sommes, qui sont régulièrement revue et audités (https://new.sfen.org/rgn/rapport-cour-comptes-demantelement-decryptage/).

      Vous pouvez dire que le montant semble ridicule (estimation de 46 milliards pour le parc actuel), mais le dit parc ayant été déployé à grande échelle, des économiques d’échelle sont également applicable au démantèlement (contrairement à la Suisse).
      Alors oui, probablement qu’il faudrait augmenter le niveau de ces provisions (en 2020, la cours des comptes estime qu’il faut en rajouter 10, on approche du milliard par réacteur, ce qui colle pour Brennilis).

      Mais dire qu’on ne paye pas le futur démantèlement est faut.
      Voir Bilan financier EDF 2020
      https://www.edf.fr/sites/default/files/contrib/groupe-edf/espaces-dedies/espace-finance-fr/informations-financieres/informations-reglementees/resultats-annuels/2020/pdf/resultats-annuels-2020-annexes-20210218.pdf

      Slide 105 : provision pour le démantèlement
      Slide 108 : provision pour le combustible usé

      • Juste, personne n’affirme qu’il n’existe pas de provisions. Il faut absolument provisionner beaucoup plus la déconstruction et le stockage des déchets, les provisions actuelles semblent ridicules si l’on compare les 3 milliards pour 1 seul réacteur en CH, Fessenheim seul va engloutir le tout ! Comment les autres réacteurs bientôt mûrs à être désactivés seront-ils financés ? Et en plus, les vrais actifs solvables et sûrs qui devraient représenter les garanties des provisions sont lesquels ? Les actifs au bilan sont des chiffres comptables à qui l’on fait dire ce que l’on veut entendre, à l’exemple des valeurs boursières d’actions des riches milliardaires le temps de la cotation de ce jour … Valeur d’un réacteur désactivé = – 3 milliards ? Je ne vois qu’une solution, provisionner plus pour être un peu plus solvable et crédible pour cette énergie qui a sûrement encore son avenir à la vue du prototype Myrrha en Belgique.

    • Tsss…. Dans tout investissement, on programme les amortissement qui intègrent les coûts de revamping et in fine de fermeture des installation. Quand on est un industriel responsable. Pas sûr que l’état le soit? C’est pour ça qu’il vaut restituer à la concurrence le secteur de l’énergie et éliminer toute ingérence des fonctionnaires. Pas gagné en France, pays communiste depuis 36 et surtout 45.

  • Il faudrait aussi exploiter les réserves de gaz et de pétrole qui se trouvent dans le sol européen.
    Pourquoi la simple prospection en est-elle interdite?

    • L’interdiction de prospection est particulièrement stupide d’un point de vue géopolitique : c’est un aveu de faiblesse, une invitation au chantage.

      Et bizarrement on nous fait chanter Kalinka.

      Sous le sapin, sous la verdure,
      Je suis allongé pour dormir
      Ah, liouli, liouli, ah liouli, liouli,
      Je suis allongé pour dormir.

    • Ca change quoi? Une fois exploité et vide, il y en aura plus.
      CF les puits vide du Texas.

  • Il n’est jamais trop tard pour bien faire et viser un retour de notre savoir-faire dans l’industrie nucléaire. Si on prolonge la durée de vie de nos centrales existantes (c’est possible en remplaçant les composants y compris certains gros composants comme les générateurs de vapeur ou les couvercles de cuves) on a le temps de construire de nouveaux EPR. Qui plus est, il faut sans tarder relancer ASTRID pour préparer la relève avec les réacteurs de génération IV. N’oublions jamais qu’avec nos réserves en uranium appauvri nous avons un millénaire d’électricité devant nous grâce aux surgénérateurs, avec à la clé de quoi largement alimenter notre parc de voitures électriques. Cette filière avancée nécessite l’exploitation d’usines de retraitement poussé permettant une réduction des déchets résiduels à vie longue, au détriment de doses accrues pour les opérateurs. Sur ce point on en sortira facilement avec le développement des opérations à distance et des automatismes. Avantage technique pour l’exportation.
    Il n’y a pas de problème de stockage de déchets ultimes, au demeurant fort réduits avec les réacteurs de génération IV et le retraitement poussé. Le stockage en couche géologique profonde est une très bonne solution technique, il ne pose qu’un problème d’acceptation du public. Les seuls incidents à redouter sont à considérer pendant les 100 ou 150 ans d’exploitation du stockage (introduction des déchets), mais sont parfaitement maîtrisables car assimilables à ceux d’une installation nucléaire classique en exploitation (incendie, inondation, ventilation, etc.). Après la fermeture du stockage en couche profonde, les premières sorties d’activité à l’exutoire arriveront dans 200 000 ans à doses très faibles. Serons-nous encore là ? Arroserons-nous encore des salades avec l’eau de la source concernée ? Rappelons que notre civilisation (Cro-Magnon) n’a que 40 000 ans et que celle qui nous a précédés (Néandertal) a duré 200 000 ans.
    Le démantèlement des installations nucléaires n’en est encore qu’à ses débuts, donc prudent et cher. On sait déjà que cette activité ne pose pas de problème technique. En la développant nous serons aptes à exporter notre savoir-faire car le nucléaire est appelé à se développer dans le monde. Ce n’est d’ailleurs pas un problème pour les centrales qui, sauf accident, n’affichent que des radioéléments à vie courte, mais plutôt pour les labos de recherche ou usines de retraitement qui manipulent des radioéléments à vie longue. Mais là aussi on sait faire et, au total, on sait juger des bonnes dispositions relatives aux doses prises par les intervenants et aux caractéristiques des déchets produits.

    • D’accord avec une nuance : l’adoption massive de moteurs électriques est une fausse bonne idée car elle nécessite l’utilisation de quantités importantes de métaux et de terres rares, lesquels sont déjà nécessaires et actuellement non remplaçables pour maints produits essentiels, comme les ordinateurs et téléphones portables.

      Or l’utilisation accrue de métaux et de terres rares présente de nombreux risques et inconvénients, notamment :
      – une énorme dépendance vis-à-vis… de la Chine (cette fois, c’est la faute de la géologie) dans laquelle se trouve une grande partie des gisements de ces éléments : or, logiquement, cette puissance ne se gêne pas pour utiliser les atouts qu’elle a en main et qu’elle accroît par une politique cohérente depuis des années ;
      – de sérieux désastres écologiques entraînés par l’exploitation de ces terres et métaux rares, notamment en Chine où on concasse des tonnes de roches pour en extraire des petits kilos de ces substances dans des conditions humaines et environnementales effroyables.

      Prôner sans nuance et sans vision d’ensemble une « solution-miracle » est typique de l’ignorance et du fanatisme escrologiste qui prétend  » verdir  » toutes les activités dans nos pays (quand ce n’est pas les détruire) sans (vouloir) se rendre compte que nous exportons ou suscitons l’apparition de pollutions majeures dans les pays producteurs.

      Pour plus d’information sur cette question, je me permets de recommander la lecture d’un ouvrage fort éclairant qui me semble reposer sur un travail d’enquête sérieux : « La guerre des métaux rares » par Guillaume Pitron – Éditeur : LLL Les Liens qui Libèrent, 2019.

      Et delenda est escrologia !

      • Merci pour ces précisions et critiques pertinentes, que je partage au demeurant. On pourrait ajouter le rendement global très faible des voitures électriques, un non sens pour l’ingénieur (quoique moins grave avec les surgénérateurs). Mais je n’en parle pas car l’argument vient en faveur de la relance du nucléaire. On peut toutefois envisager un usage modéré et raisonnable des véhicules électriques par exemple dans les centre villes pour la santé pulmonaire des citadins…

        • J’ai déjà parlé de réduire notre usage de la voiture sur ce site.
          cf commentaire sur https://www.contrepoints.org/2021/11/02/378037-batteries-a-charge-rapide-les-limites-de-la-physique

          Donc oui, l’ingénieur voit plein de non sens, quand physiquement, l’hydrogène ou les biocarburants ont des EROI de merde, mais qu’on annonce pour calmer une population soucieuse de préserver son confort.
          A noter que l’ADEME avait statué que la chaine de rendement batterie était meilleur que électricité-hydrogène-électricité

          Le fossile est l’énergie avec le meilleur ratio densité/cout d’exploitation.
          Sauf découverte révolutionnaire, changer de source ne peut que coûter plus cher (moins dense ou plus cher à exploiter).
          Avec l’EROI chutant, à consommation d’énergie finale constante, le besoin en énergie primaire ne peut que augmenter.
          L’énergie que l’on peut capter étant capée, c’est juste illusoire de penser qu’on peut rester avec le confort actuel.
          Au mieux, l’égoiste actuel en profite, et refile la patate chaude aux générations suivantes.

          • J’ai du mal à comprendre où vous voulez en venir. S’il s’agit de prêcher pour les économies d’énergie et la décroissance à outrance, j’ai déjà entendu cela et je le rejette totalement, même s’il est vrai qu’il faut faire des économies sur les factures EDF, scandaleusement gonflées par d’immondes surtaxes à caractère écolo. La préservation du confort n’a rien d’indécent, bien au contraire. Je crois à l’inverse que la science et le développement, n’en déplaise à quelques petits esprits grognons, sans ambition et au paradigme restreint, permettront, avec peut-être quelques aléas temporaires, à l’Humanité de progresser sur le plan scientifique et sur le plan du niveau de vie. Regardez les progrès acquis depuis notre apparition sur Terre (Cro-Magnon il y a 40000 ans). Pourquoi voulez-vous que cela s’arrête ? Reparlons-en dans deux siècles à l’autre bout de la galaxie.
            Les civilisations galactiques se classent en trois catégories :
            classe I : les civilisations qui utilisent l’énergie de leur planète,
            classe II : les civilisations qui utilisent l’énergie de leur étoile,
            classe III : les civilisations qui utilisent l’énergie de leur galaxie.
            Nous n’en sommes bien sûr qu’au stade 1, mais les autres stades viendront vite de part la loi de l’accélération de la vitesse d’acquisition des connaissances. Mais ceci est un autre sujet , étranger à ce site.

      • l’anschluß sur le Tibet a permis à la Chine de s’assurer une ressource considérable de métaux rares et autres

  • De quoi vous plaignez-vous? Nous aurons bientôt grâce à notre président visionnaire à la fin de la semaine, d’ immenses champs d’ éoliennes et de petites centrales nucléaires de rien du tout en même temps…enfin!

  • Pendant qu’en France et en Europe, on fait des « scénarios » et on calculer au millimètre le monde de demain à partir des données d’aujourd’hui, les Chinois ou les Russes bougent leurs pièces…

    Non seulement l’avenir n’est pas prédictible sur un plan industriel, mais quand en plus on a des oeillères sur ce qui se passe dans le reste du monde, on gratte beaucoup de papier pour rien.

    C’est un peu comme si Eisenhower comptait les brosses à dent nécessaires pour la fin de l’année 1945.

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