Macron giflé : les réseaux sociaux sur la sellette ?

Dans un entretien pour BFMTV, le président de la République a explicitement mis en cause « [la] haine et [la] violence sur les réseaux sociaux qui après se normalise » dans son agression.

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Macron giflé : les réseaux sociaux sur la sellette ?

Publié le 14 juin 2021
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Par Jonathan Frickert.

Infligée mardi 8 juin au cri royaliste de « Montjoie ! Saint-Denis ! », la gifle prise par le chef de l’État qui se targuait pourtant d’être « à portée d’engueulade » lors d’un déplacement dans la Drôme a fait les choux gras de la presse durant plusieurs jours. Le soufflet a ainsi provoqué un émoi quasi unanime.

Condamné jeudi à 18 mois de prison dont 4 fermes, Damien Tarel, 28 ans, sans emploi stable et amateur de Béhourd – un sport de combat médiéval – est devenu en quelques heures la personnification de la violence des réseaux sociaux, largement aidé par la polémique lancée la veille par Jean-Luc Mélenchon à l’encontre de l’influenceur Papacito pour faire oublier sa sortie complotiste liant élections et attentats.

Quoi qu’on pense de la fonction que certains considèrent obsolète, quoi qu’on pense de l’homme que l’on critique quotidiennement, notamment sur Contrepoints, cet acte est profondément condamnable.

Il serait intéressant d’évoquer les causes de cette montée de violence, qu’il s’agisse de la désacralisation de la pratique présidentielle induite par le quinquennat ou de la pratique antidémocratique du chef de l’État qui pousse naturellement à ce type de dérives. Néanmoins, cette gifle risque fort de provoquer une nouvelle salve de lois liberticides à moins d’un an du prochain scrutin présidentiel.

Une vieille tradition française

Il est difficile de ne pas former de parallèle entre la gifle présidentielle et les enfarinages subis par François de Rugy et Jean-Luc Mélenchon ce week-end.

Si les actions coup de poing à base de farine, d’œufs ou de véritables tartes font rire nos amis étrangers qui y voient un symbole du pays de la viennoiserie, ce type d’actions est une vieille tradition politique, de Jean-Pierre Chevènement à François Fillon en passant par Manuel Valls et François Hollande.

Sans aller jusqu’à évoquer les attentats et assassinats frappant des hommes politiques et des chefs d’État, la gifle se situe dans un autre niveau de gravité qui ne le rend pas moins étonnamment fréquent.

Ainsi, début 2017, l’ancien Premier ministre et candidat à la primaire de la gauche Manuel Valls avait lui-même été giflé lors d’un déplacement en Bretagne. L’adolescent avait été condamné dès le lendemain à trois mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général.

Plus proche du sommet de l’État, un autre président de la République a également été l’objet d’une agression physique. Un passant a tenté d’agripper la veste de Nicolas Sarkozy à l’occasion d’un déplacement dans le Lot-et-Garonne en 2011.

Les agressions physiques d’hommes politiques de premier plan sont donc fréquents dans notre vie politique. Qu’il s’agisse des chaînes d’information en continu ou des réseaux sociaux, la société médiatique a tendance à amplifier ce type d’évènements pourtant tristement communs, à tel point que plusieurs élus ont depuis fait part de leur propre expérience ces dernier jours, souvent sans jamais avoir porté plainte.

Ce caractère commun ne doit toutefois pas nous amener à prendre cela avec légéreté. En effet, la grande tradition liberticide de la majorité au pouvoir depuis 2017 nous incite à nous méfier de l’usage législatif du soufflet présidentiel.

Une tentation liberticide

Car même en mettant de côté le contexte sanitaire qui, comme chaque crise, a inspiré pléthore de mesures liberticides, des restrictions de circulation au désormais fameux passeport sanitaire en passant par les restrictions diverses et variées concernant les cultes, l’instruction ou le travail, difficile de ne pas dresser un funeste bilan des libertés depuis 2017.

Beaucoup se souviendront naturellement de la fameuse loi sécurité globale. Mais le cas le plus parlant reste sans doute l’épisode de la loi Avia, censurée en juin dernier par le Conseil constitutionnel. Initiée en 2019 par une icône de la diversité de la macronie connue pour sa fâcheuse tendance à mordre des chauffeurs de taxi, cette loi incluait notamment des sanctions financières aux hébergeurs de médias sociaux, un risque que la liberté d’expression soit soumise encore davantage à la tyrannie de l’algorithme que tout internaute a déjà connu une fois dans sa vie, ainsi qu’une atteinte au principe du contradictoire pourtant au cœur de notre État de droit.

Fin 2020, le gouvernement avait tenté de contourner la censure du Conseil constitutionnel en faisant passer ce texte par la voie européenne.

Difficile de ne pas penser à cette loi lorsqu’on entend la réaction du chef de l’État à son agression, laquelle pourrait bien servir de prétexte à une nouvelle loi sur les réseaux sociaux.

Les réseaux sociaux visés

Dans un entretien pour BFMTV en direct de Clairefontaine où les Bleus préparaient l’Euro qui a démarré vendredi, le président de la République a explicitement mis en cause « [la] haine et [la] violence sur les réseaux sociaux qui après se normalise ».

Les réseaux sociaux rejoignent ainsi la longue liste des boucs-émissaires des maux de notre société, aux côtés des armes, des voitures ou même du sucre, oubliant totalement que le seul responsable d’un acte est son auteur.

Selon le site Talkwalker, la France compterait aujourd’hui près de 40 millions d’utilisateurs des réseaux sociaux. Sur ces dizaines de millions d’utilisateurs, un seul a giflé le président de la République : Damien Tarel.

Serait-ce une raison suffisante pour accuser les réseaux sociaux d’avoir provoqué cet acte ?

En suivant la logique d’une personne sensée : évidemment que non.

En suivant la logique d’un homme politique : évidemment que oui. Dans cette logique, tout fait divers isolé et ponctuel, en particulier visant le sommet de l’État, est un prétexte à de nouvelles lois restreignant la vie de millions de Français qui n’ont pourtant aucune velléité de violence.

Il y a donc fort à parier que ce souffletgate soit suivi d’une intense activité législative, l’État répondant à cet acte idiot par ce qu’il sait fait le mieux : produire de la contrainte.

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  • Macron est énarque, donc fondamentalement liberticide (admiration du jardin à la française).
    Face à cette rencontre avec la réalité de cette gifle, il ne sait que se raidir !

    • C’est certain, mais Macron est réellement un psychopathe. Nous sommes montés de dix crans dans ce qu’un président français osait faire et dire.
      Hollande s’est fait enfariné, Chirac a failli se faire tirer dessus, Sarkozy s’est fait alpaguer par le veston, insulté, jeté des œufs.
      Macron est le premier qui crève des yeux plutôt que de reculer sur une réforme et le seul de l’occident qui poussera les mesures anti-covid jusqu’à l’absurde pour sortir ensuite tout sourire vanter son « bilan positif ».
      Macron a cette totale absence d’empathie et de remords qui caractérise les meurtriers et les dictateurs.

  • « c’était une vieille tradition belge d’entarter les fâcheux, ou plus exactement les pompeux cornichons. » Noël Godin, entarteur – entr’autres – de Douste-Blazy*, BHL, Sarkozy, Bill Gates

    *procès intenté par D-B et non-lieu grâce à cette phrase

  • Macron brutalise la population française depuis au moins 1 an 1/2, se ramène avec son petit costard au contact.. forcément ça va mal se passer.
    L’agresseur a été puni. C’est très bien.

  • c’est la Vème qu’il faudrait « gifler ». quand la constitution autorise le représentant d’une majorité élue sous autorise à marcher sur les libertés marcher allègrement sur les libertés des autres.. la violence est une possibilité..

    ce qu’il ya de terrible est l’absence de questionnement et l’explication par…ils sont méchants.. il serait d’aillerus intéressant d’entendre ce que raconte ce type.. le geste est ou idiot ou symbolique…
    si le type réussissait à éloquemment expliquer pourquoi cette gifle constitue un acte de légitime violence , certes pas contre macron mais contre ce qu’il représente..

  • le chef d’état , lors de son arrivée au pouvoir , est soumis à un protocole lors de ses interventions en extérieur ; il se doit de faire en sorte de rester protéger par ses gardes du corps , devant , derrière et sur les côtés ; à charge pour le président d’accepter ou non de suivre le dit protocole , car en France  » c’est lui décide  » ; macron e choisi de s’approcher des gens , mettant en péril sa sécurité , et a été giflé ; il ne peut s’en prendre qu’à lui même mais sa faute va retomber sur les citoyens ;

    • Macron n’a pas respecté la distanciation sociale qu’il impose aux français.
      Preuve s’il en fallait encore, que ce fameux risque sanitaire est minime.

      Il n’avait pas pensé que le mécontentement populaire puisse l’atteindre de manière aussi directe… 🙂

  • L’explication fournie par Macron incriminant les résosocios est hallucinante de bêtise et m’amène à penser, après coup, qu’il a parfaitement mérité sa gifle !
    Le gifleur était au choix, un militant proche de l’extrême-droite ou un sympathisant des Gilets jaunes. Certainement pas un décérébré qui après s’être défoulé sur le net descend dans la rue comme un vulgaire Dylan Klebold pour rejouer en grandeur réelle ce qu’il aurait fantasmé sur le net.
    Comment Macron peut-il sérieusement affirmer que cet acte de lèse-president est à la fois un acte isolé, à minimiser, et un acte collectif, à maximiser ?
    Trop de en même temps tue le en même temps !
    Je commence à m’inquiéter sérieusement de la capacité d’analyse de l’homme qui prétend gouverner nos vies depuis plus de 4 ans.

    • macron ne mérite pas de gifle, les gens qui ont voté pour lui peut être.. et nous tous en ne voulant pas nous poser les bonnes questions ou nous mettre d’accord ce qui doit constituer le socle de valeurs sur lequel on fonde une société en paix.

      ce sont es idée de macron, le gifler d’aillerus le renforce pour certain en validant cette idée mortifère que la société comporte des méchants et des gentils..

      • Quand on accepte de poser en selfie avec des racailles, quand on accepte à l’ Elysée la présence de vidéastes de Youtube en s’ envoyant de grandes accolades et claques dans le dos, en tapant la discut’ avec des footeux, faut pas s’ étonner que des crétins confondent un peu tout, comme le pote et le Président. Le problème est son utilisation des réseaux sociaux.

    • Tout à fait, l’idée est de dépolitiser le geste et de confisquer aux citoyens tous les enjeux politiques dont ils sont les acteurs et donc « normalement » les responsables. On pourrait analyser la réaction de Macron, et celle de l’industrie médiatique qu’il convoque en fait à son secours, d’une démarche corporatiste relativement à un métier en cours d’obsolescence (la question n’étant alors plus vraiment périphérique), ne pouvant plus exister par l’utilité mais par l’exercice de sa capacité de nocivité.

  • N’ajoutez pas de la bêtise à la bêtise ! Les menteries politiques et l’électoralisme n’ont pas démarré sous Mitterrand, et ne se sont pas interrompu sous Chirac ou Sarko.
    Macron tape sur les résosocios. Vous tapez sur les socialistes.
    Vous comptez lui ravir la palme de la déconn.de ?

    • Et en dehors de blablater des lieux communs sans intérêt, vous pourriez aligner des faits, à l’appui de vos dires ?

  • Le petit mec a du mal avec la réalité.

  • Tout le monde considère ce geste inacceptable parceque le président est intouchable et c’est bien là que se pose le problème, 3 ans qu’il fait et dit n’importe quoi pour rabaisser les français, ça doit avoir une fin.

  • Le président Macron va t’il nous faire une Jean-Paul II ?
    Prières communes en prison avec son gifleur médiéval.

  • On ne peut pas à la fois surjouer la proximité, poser avec des voyous torse-nu avec doigts d’honneur, poser avec des personnages au sexe indéfini habillés de résille à l’Elysée, nommer des ministres qui montrent leur anatomie sur les réseaux sociaux, écrivent des romans porno-soft pour femmes semi-obèses ou encore ne savent pas mettre de masque tout en s’en glorifiant, défier quiconque de venir le chercher si on s’attaque à son garde du corps qui prend des libertés avec une fonction qu’il n’a pas le droit d’exercer, enfermer tout un peuple bien portant en lui faisant croire à l’apocalypse et à la guerre, dénigrer son pays, son Histoire et ses habitants à longueur d’interviews, dire tout et son contraire dans la même phrase, être incapable de la moindre action et du moindre choix et enfin laisser un pays en ruine économique, sociale et sécuritaire sans que cela puisse avoir des conséquences et des réactions, regrettables et inexcusables, chez certaines des âmes simples qu’il méprise tant…

    • Bien dit, mais là ou ces gars là sont diaboliques, c’est dans leur capacité à exploiter absolument tous les évènements pour pousser leur agenda. Comme dit plus haut, c’est un acte isolé mais en même temps un acte dépendant des réseaux (à restreindre donc en conséquence, pour promouvoir une nouvelle loi Avia)

    • Bien d’ accord!

  • Ce Président,s on gouvernement et ses députés ne comprennent absolument pas la gravité de ce qui se passe en France et dont ils sont, en partie, largement responsables. Un régime autoritaire totalement hors sol et absolument inefficace aboutit à un climat d’insurrection larvée qui peut dégénérer en conflagration nationale. Prendre comme modèle la Chine actuelle est absurde, la France n’est pas la Chine et n’est pas Xi Jin Ping qui veut.

  • Certes cette gifle est une insulte à macron (plus qu’à sa fonction) et il a le droit d’en être affecté. Mais, à chaud, macron parle d’ultra-violence ! Pour un lettré (soit disant) le moins que l’on puisse dire est qu’il sur-joue !
    Des exemples d’ultra-violence il y en a des centaines en france par an se soldant souvent par de l’hôpital et même des décès avec parfois des sanctions insignifiantes concernant l’auteur (rappel à la loi) et un discours de nos politiques, du gouvernement lénifiant arguant que c’est un simple sentiment d’insécurité…
    Deux poids, deux mesures…

    • Très juste hélas. Une très proche parente médecin a été agressée pour avoir refusé de remplir une copieuse ordonnance fictive de « médicaments pour le bled » (sic). Aver guet apens à la sortie du cabinet le soir et cutter sous la gorge de la part du fils de la « patient » et menaces de mort et autres… Plainte déposée, le « jeune » interpellé. Dès la semaine suivante, il la regardait arriver goguenard! Ma parente a tout simplement depuis quitté la France pour pouvoir travailler ailleurs en sécurité.

    • Je crois qu’il est authentiquement fou et totalement dénué de toute empathie et remords ce qui lui permet d’avoir une sincérité absolue jusque dans les mensonges les plus éhontés.
      Dans son esprit n’existe que Macron et des insectes dont il peut crever les yeux à loisir sans que ça ne prête à conséquence.
      .
      Je conseille la chaine youtube « JCS – Criminal Psychology », on y voit les long interrogatoire et les procès commentés (parfois avec humour) d’authentique meurtriers.
      Le parallèle entre Macron et certains criminels est réellement frappant. Par exemple Jodi Ann Arias (« wrath of Jodi ») qui a menti avec un aplomb et une sincérité absolue, inventant sans cesse de nouvelles histoires invraisemblables. Condamnée à perpétuité elle continue sans sourciller. Elle vit sur une autre planète, la planète Jodi, comme Macron vit sur la sienne.

  • Si une gifle est bien physique, il me semble bien que c’est sa dimension symbolique qui entraîne tout ce tintamarre. Il ne semble absolument pas que ce geste puisse participer de la montée de la violence dans la société où justement la population se dévêtent des symboles pour en passer aux mains ou aux armes sans aucun artifice.

    Vous écrivez « Quoi qu’on pense de la fonction que certains considèrent obsolète […] cet acte est profondément condamnable. » Ma première objection c’est que l’acte est simplement condamnable et pas particulièrement profondément, ou plus exactement je ne vois pas trop pourquoi ça devrait l’être. Ma deuxième objection est que justement tout la question se pose sur ce qu’on pense de l’obsolescence de la fonction mais encore plus de la majesté qu’on devrait lui reconnaître.

    Pour ce qui est des réseaux sociaux… l’industrie médiatique, et derrière nos représentants politiques qui en ont besoin pour organiser les scrutins, saisira désormais toutes les occasions pour prôner un système de licence d’exercice de la liberté d’expression et de presse afin de reproduire artificiellement et règlementairement les contingences matérielles qui permettait son existence dans un contexte de rareté des moyens techniques, matériels, financiers et organisationnels.
    Ainsi nous devrions, en tant que citoyens, exiger la redistribution des fréquences audiovisuelles à des FAI, la neutralité des réseaux (quels qu’ils soient), la fin des subventions publiques envers des corporations et notamment la presse, le reversement de tous les avantages catégoriels et droits spécifiques du journalisme dans les libertés individuelles de tous. Et une fois cela fait, il sera possible de parler du phénomène des réseaux sociaux… mais je pense que les positions exprimées ne seront alors plus du tout le mêmes.

    • « cet acte est profondément condamnable. »
      Comme vous je trouve le profondément de trop ; et regrette que le mis en cause n’est pas eu un bon avocat pour contester la qualification des faits. M. Macron présidait-il a la république au moment du soufflé ? ou n’était il qu’un candidat( en campagne ?

      • Dans les deux cas l’acte est le même. Il n’y a de portée symbolique que celle qu’on lui donne, si la gifle est un crime de lèse-majesté alors l’émotion que certains ressentent à la voir est à la charge de ceux qui la ressentent. Parce que matériellement une gifle est une gifle, et à part le gifleur et le giflé, les autres ne sont pas vraiment concernés. Faut arrêter de vouloir systématiquement faire porter aux autres la responsabilité des émotions qu’on ressent.

        • « Le roi est mort, vive le roi » disait-on autrefois pour signifier qu’il n’y avait pas de vacance du pouvoir. Dit autrement le roi est immortel seul change l’homme qui incarne la fonction. Notre président est tout aussi immortel ; alors pour que ces immortels ne servent pas de cobaye aux sceptiques voulant vérifier cette immortalité, il semble naturel de prévoir des crimes et délits spécifiques pour les actes commis contre les personnes incarnant ses fonctions. Mais la jurisprudence devrait faire la différence entre l’homme et la fonction. Et il me semble que dans le cas présent la justice aurait pu souffleter une deuxième fois.

          • Ben, par exemple, en France, le roi est mort.
            Il n’y a pas de vacance du pouvoir, par contre il y a des transformations. Il n’y a ni immortalité, ni éternité.
            En l’occurrence la gifle pourrait bien avoir été portée à la fonction, ce qui n’aggrave en rien le geste mais devrait faire poser des questions politiques réelles plutôt que de la gesticulation au sujet d’une insécurité supposée. La justice fait partie du même système institutionnel, en crise, que la présidence.

  • Les réseaux sociaux ont tout de même un avantage : maintenant, ce sont eux qui sont responsables de tous les maux de notre société, et plus « le black metal et les jeux de rôle », boucs émissaires des années 90. Quant aux causes profondes de ces comportements, il semble urgent de ne surtout pas y réfléchir.

  • Macron cherche la merde, il se récupère la merde. Et encore, ce n’est qu’une gifle. Peut-être un couteau de « déséquilibré » lui ouvrirait-il les yeux?

    • Ca lui garantirait une réélection triomphale, voulez-vous dire.

    • @Vivetu,

      Prétexte un peu trop facile. Chaque chef d’état ou responsables politiques peut importe leur bord politique  » sont pour quelqu’un un chercheur de merde  » La démocratie ne se mesure pas par la violence. La démocratie c’est savoir se diviser.

  • A l’inverse, F. Bayrou avait donné une baffe « en père de famille » à un gamin qui essayait apparemment de lui faire les poches. Et celà pendant la campagne présidentiel de 2012, ou le sujet chaud était « l’insécurité ». Sans autre conséquence judiciaire, ni pour l’un ni pour l’autre.

    • Voilà !
      C’est ce qui différencie un bon politique d’un mauvais politique. Le mauvais reçoit des baffes. Le bon les donne.

      • Non, dans les deux cas une baffe est le niveau 0 de la politique (mais je comprends que ça puisse faire l’objet d’un défoulement dans un contexte de sentiment d’impuissance).
        Je pense plutôt que la différenciation se situe sur la campagne médiatique qu’on en fait : dans les deux cas les faits en eux-même n’ont pas de portée matérielle sur nos capacités de gestion de la Cité, dans les deux cas on peut être surpris que des entreprises déploient de gros moyens pour choisir de diffuser particulièrement ces images et d’organiser des débats entre experts pendant des heures.

  • Ben quoi ? Macron voulait aller au « contact » des électeurs. Dont acte.

    Le contactant sera embastillé 3 mois. Tarif normal ! Et c’est pas pire qu’aller au contact des CRS.

    Ce que je dis n’est pas politiquement correct ? Je dois être un « extrême aigri ».

    Comme tous ceux qui fréquentent les « forums alternatifs » non politiquement corrects où la concentration des mécontents exacerbe les points de vue et dont une petite fraction basculent dans la violence. (d’extrême ce que vous voudrez).

  • C’est marrant, j’ai pas souvenir que les réseaux sociaux lui paraissaient si dangereux quand McFly et Carlito s’en servaient pour relayer la soupe gouvernementale.
    Ni quand il a fait une vidéo avec eux pour récupérer des voix chez les jeunes électeurs.
    Ni quand il a publié un message sur TikTok pour le « bataillon d’exploration » le mois dernier.
    Ni quand son porte-parole Gabi, qui répand déjà la bonne parole macroniste tous les dimanches sur Instagram depuis des mois, organise chaque mois sur Twitch une émission « Sans filtre à l’Élysée ».
    Ni quand Marlène Schiappa passait sur Twitter samedi lorsqu’elle proposait en plein meeting « d’envoyer de l’énergie positive au président » avant d’entonner un « Macron président ».
    Ni quand Elisabeth Moreno accordait une interview à une YouTubeuse en janvier et que ça a été partagé près de 400 000 fois.
    Etc, etc.
    Au final, rien d’étonnant dans un pays où les politiciens hurlent pour une gifle ou un sac de farine, mais se taisent quand on viole la déclaration des droits de l’homme, quand des braves types commettent des incivilités à l’arme blanche et quand des policiers se suicident tellement ils sont à bout.
    Que voulez-vous, c’est le syndrome des rillettes : nous n’avons pas les mêmes valeurs. En fait, le problème, c’est surtout qu’ils n’en ont plus vraiment…

    • Je me rends compte que j’en ai oublié pas mal. Blanquer était sur Twitter samedi (#Indecis).
      Et demain, vous pourrez retrouver Marlène « Macron président des jeunes » Schiappa sur Instagram pour un live « Parlons de sécurité quand on est une femme ».

      • « Parlons de sécurité quand on est une femme » m’a fait ma journée ! 😀
        A quand le « Parlons de sécurité quand on est un roux » ? ^^

  • Quitte à craquer et prendre cher pour avoir levé la main sur le président, il aurait pu faire ça à la gauloise, façon Obélix avec un romain : attrapage par le col et allers-retours bien sentis 😀
    Je plaisante, bien sûr, n’allez pas me prendre pour un royaliste ultraviolent !
    Comme vous, je compatis avec le petit Manu : quand on sait le mépris qu’il a pour les petites gens, ça a dû lui faire un sacré choc de se faire toucher le visage par un de ces roturiers illettrés au regard vide et à la barbe hirsute, il s’est sûrement senti souillé dans sa royale intimité.
    Et pourtant, il a eu le courage de prendre sur lui pour continuer sa tournée le reste de l’après-midi. J’ose même pas imaginer le retour à la maison : « Brizitte, Brizitte !!! Y’a un gaulois qui m’a touché le royal minois !! Il faut que je me purifie, sors vite l’eau bénite ma Brizitte !! »

  • Evidemment qu’il ne faut pas gifler un Président de la République? Néanmoins, j’ai 71 ans et je ne me sens plus du tout en démocratie. Nous élisons un Président sur un programme. Il fait ensuite ce qu’il veut pendant 5 ans et personne, pas même les Parlementaires ne peuvent l’approcher ou cela n’a aucune incidence. Il y a le Président et sa garde rapprochée. Dans ces conditions, on peu comprendre l’énervement des gens ?
    Personnellement, je suis exaspéré par l’absence de perspectives et de programmations à moyen et long terme (comme en Chine). En France, on n’agit que dans le court terme et seulement en fonction des sondages. On veut réformer les retraites, on le dit et on écoute : ah non, ils ne veulent pas, alors on ne fait pas. Il ne faut surtout pas choquer quelques corps politique que ce soit, ça ferait perdre des voix !
    Je suis exaspéré que laFrance soit le gentil toutou des USA qui veulent maintenant nous mener en guerre contre la

  • Je reprends, ça part tout seul et on ne peut pas corriger !!
    Je suis exaspéré que la France soit le gentil toutou des USA qui veulent maintenant nous mener en guerre contre la Chine laquelle ne nous a rien fait et n’a d’ailleurs rien fait à personne malgré toutes les allégations (Ouyghours, Tibet, HK, Taïwan, Covid,…).
    Quand redonnera t-on le pouvoir au Parlement moyennant un Commissariat au Plan choisi par le Parlement, des projets à très long terme et d’autres à moyen terme choisis, votés et contrôlés par le Parlement auquel le Président doit se soumettre ?

  • Bonjour, Sa Majesté se fait claquer, comble d’ironie, insulte à l’honneur d’un petit roi proche de sa chute ; « en même temps », la République reprend des droits que jamais ces malfrats n’auraient dû tenter de nous supprimer.
    Réprimer les réseaux sociaux, mais tout de même inciter tout à chacun de se livrer à l’hégémonie numérique (conflits d’intérêts à la clé bien sûr) ; logique légèrement contradictoire, finalement acceptable dans la tournure autoritaire que veulent nous imposer ces clowns qui bavent devant leurs avantages (bien sûr payés par nos impôts…au passage, le relèvement de la CSG sensé faciliter l’absorption de la dette n’a servi à rien dans la mesure où le déficit s’accentue avec la bénédiction de la BCE).
    Préserver et respecter la fonction de Président, mille fois oui…en revanche, ne pas respecter celui qui l’incarne, mille fois oui également ; de scandale en scandale plus ou moins étouffés, de promesses électorales tenues de façon epsilonesque (si, si cochez les cases et vous verrez par vous-même) à la vantardise d’un bilan digne de « l’absurdistan », qu’attendre de ce gouvernement ? rien, rien du tout, simplement un réveil pour le coup citoyen en 2022, à moins que le peuple ne redescende dans la rue avec fourches et bâtons !
    Rêve dans une société d’assistés ! seul point qui démontre leur rare moment de lucidité.
    A 70 ans, comment respecter un gamin qui passe son temps à discourir son prêchi-prêcha sur le vivre ensemble ? comment ?

  • Le problème c’est que le président de la république devrait être au-dessus de toutes ces petites considérations. Le fait qu’il prenne la parole sur tout et n’importe quoi, y compris la Covid, dont la gestion devrait être laissée à l’ensemble des médecins et pas à un homme politique fut il médecin fait qu’il désacralise sa fonction. À partir de là le respect qui lui est dû disparaît. Il a été élu pour quatre ans, si les gens se sont trompé en l’élisant c’est tant pis ils pourront changer d’avis aux prochaines élections… c’est la règle du jeu de la démocratie.

  • « L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l’éloignement »…
    Charles De Gaulle dixit.
    L’un échappe à un attentat au fusil mitrailleur, l’autre reçoit une gifle comme un gamin…cela ne donne-t-il pas une idée de l’importance des personnages?

  • Si les réseaux sociaux sont responsables, c’est a cause des Gugusses qui les mettent en avant a l’Elysée dans des sketches de tarés.
    Ce n’est pas le rôle d’un président de courir en bras de chemise pour aller serrer la pogne d’un type qu’il ne connait pas puisqu’il est venu lui dire tout le mal qu’il pense de son incompétence !!!

    • Les réseaux ne sont pas vraiment mis en avant (un peu, mais principalement par des acteurs privés).
      Ce sont les entreprises de l’industrie médiatique traditionnelles qui sont mises en avant, économiquement et socialement protégées, subventionnées, soutenues… par les pouvoirs publics.
      Quant au rôle de président… de plus en plus j’ai l’impression que ça se résume bel et bien à du spectacle, et c’est peut-être mieux ainsi, juste nous pourrions peut-être arrêter d’exiger la production de ce spectacle même pour demander à ce qu’il soit de meilleure qualité.

  • N’est-ce pas plutôt un simulacre d’agitation ?

    Faire semblant de réagir permet de faire semblant de croire que rien n’est censé changer et de continuer à tenir des discours expliquant que tout dynamique sociale ou historique ne pourrait venir que d’un agent malveillant (un étranger ou un complot).

  • A chacun selon son niveau: Tentative d’assassinat politique pour De Gaulle, petit soufflet pour le roitelet « Dieu parmi nous ».

  • Certains osent dire qu’en giflant Macron, c’est la France qu’on gifle… Parce que d’après eux, Macron ce serait la France ? Cet homoncule un peu dérangé ? Il faudrait que la France soit bien grotesque, à son image – ce que je me refuse à croire.

    • Je crois que ce qui a été giflé c’est la prétention de Macron d’être la France, mais aussi sans doute la face de ceux qui le croient.

  • « cet acte est profondément condamnable. »
    Absolument pas. À la rigueur c’est un acte idiot au même titre que gifler un crocodile, mais pas plus condamnable que gifler un criminel.

    « d’une personne censée » => d’une personne sensée

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Ce n’est pas Macron, aujourd’hui, c’est la démocratie qui est en marche. Depuis l’heureuse surprise du deuxième tour de l’élection législative, nous retrouvons enfin un équilibre des pouvoirs tel que l’avait défendu Montesquieu dans L’Esprit des lois.

C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser, et pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

C’est chose faite depuis le 19 juin.

Malgré la position privilégiée que ... Poursuivre la lecture

53,7 % de Français ont refusé de participer au second tour des législatives. Le message est on ne peut plus clair et limpide : 53,7 % des Français ne s’intéressent pas à la désignation du pouvoir.

On pouvait donc penser que le message soit entendu, que le pouvoir fasse preuve d’humilité, réfléchisse, se remette en question… Que nenni ! À peine le chiffre a-t-il été constaté qu’aussitôt, la fureur politicienne a repris le haut de l’affiche.

Il vient pourtant de se prendre une sacré claque, le « en même temps », le « dire une chos... Poursuivre la lecture

Pendant cinq ans le Président Emmanuel Macron a décidé seul de tout, avec une majorité de députés dociles. Il a été le Président Absolu de la République pour reprendre l'expression et le titre du dernier livre de Philippe Fabry.

Emmanuel Macron est donc le responsable au premier chef de la situation catastrophique dans laquelle se trouve le pays et qui a été occultée par les épouvantails Zemmour puis Le Pen pendant la campagne des présidentielles.

Après cinq ans de surdité, il a prétendu mercredi soir avoir entendu les Français.... Poursuivre la lecture

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