Nucléaire : les Français devront se plier aux énergies renouvelables

solano wind BY Robert Couse-Baker (CC BY 2.0) — Robert Couse-Baker, CC-BY

Aujourd’hui, c’est au nucléaire et aux Français de se courber devant les caprices des énergies renouvelables, le premier en adaptant sa production, et les seconds en soumettant leur vie quotidienne aux lois de l’intermittence.

Par Patrick Michaille, Gilbert Ruelle, et Michel Gay.

Au baptême solennel de Clovis déjà roi des Francs, l’évêque de Reims lui aurait demandé en 496, de se soumettre à Dieu par ces mots (en latin) : « Courbe-toi, fier Sicambre ! »

Aujourd’hui, c’est au nucléaire et aux Français de se courber devant les caprices des énergies renouvelables, le premier en adaptant sa production, et les seconds en soumettant leur vie quotidienne aux lois de l’intermittence du vent et du soleil !

En effet, le terme « flexibilité » apparaît 318 fois (!) dans le rapport conjoint (186 pages) du gestionnaire du réseau d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié le 27 janvier 2021 sur les conditions de production d’électricité par les énergies renouvelables.

Pourtant, le nucléaire français pourrait se cambrer fièrement devant ses excellents résultats depuis plus de 40 ans !

Soumissions !

En France, dans le domaine de l’énergie, les descendants de ces Sicambre sont soumis de moins en moins à Dieu et de plus en plus à des idéologues n’acceptant que l’énergie du soleil et du vent, en refusant celle des atomes, pourtant aussi créée par Dieu.

En cas de diminution ou d’abandon du nucléaire en France, les Français et les Européens devront courber la tête et accepter au moins 5 soumissions :

À la météo

Une éolienne dépend du vent, et le photovoltaïque dépend du soleil absent la nuit et réduit de moitié l’hiver par rapport à l’été.

À la décroissance de la consommation d’électricité

Ne pouvant se stocker qu’en faible quantité et à un coût élevé, l’électricité ne sera plus disponible pour tout le monde au moment voulu, ce qui accroîtra la précarité énergétique. Sa rareté sera provoquée par un système d’énergies renouvelables se nourrissant de subventions selon la Cour des comptes !

Pour décarboner la production d’énergie, la seule solution viable est d’augmenter la part de l’électricité dans la consommation.

À la mise en place des compteurs Linky 

Intelligents au sens anglais « d’intelligence service » ? Leur intrusion dans la vie intime leur permettra de déceler les modes d’utilisation de l’électricité en fonction de l’heure.

À la destruction des paysages

La production équivalente d’une centrale nucléaire de 1300 MW nécessiterait une surface au sol de l’ordre de 68 km² en panneaux photovoltaïques ; soit un carré de plus de 8 km de côté !

À une politique énergétique incohérente

Des gaspillages financiers dans des moyens inefficaces pour la réduction des émissions de CO2 qui, en plus, diminuera l’indépendance énergétique de la France et augmentera ses importations d’énergies.

Une politique de l’autruche

La fermeture délibérée pour raison politique de la centrale nucléaire de Fessenheim fonctionnant parfaitement, et l’engagement du gouvernement français à supprimer une douzaine d’autres réacteurs avant 2035 confirme que le président Macron veut détruire le nucléaire malgré quelques déclarations verbales contradictoires.

Pourtant, les analyses convergentes des milieux scientifiques recommandent une toute autre politique de l’énergie et l’expansion du nucléaire s’établira dans le monde malgré cette politique française de l’autruche.

En effet, c’est l’arme la plus puissante à la portée d’une grande partie de l’humanité pour assurer sa production d’électricité sans émission de gaz à effet de serre (CO2) pendant plusieurs siècles. Elle est capable de se substituer massivement aux énergies fossiles, et donc de résoudre le problème du réchauffement climatique si souvent mis en avant.

Le dynamisme nucléaire viendra de la Chine, de la Russie, des États-Unis, de l’Inde, du Royaume-Uni, de la Finlande, de la Suède, de la Hollande, de la république Tchèque, de la Pologne, de la Corée du sud, du Japon et de quelques autres pays avec le soutien de la Russie et des États-Unis comme la Turquie, les Émirats arabes ou l’Égypte.

Dommage pour la France qui aura perdu du temps et sa place dans l’industrie énergétique par ce coup de frein contagieux sur le nucléaire venu d’Allemagne.

Avant d’aller papillonner entre éoliennes et panneaux solaires dans cet hypothétique paradis verdoyant, allégés du poids obsédant de l’accident nucléaire, notre Président se demande s’il ne serait pas toutefois prudent de pratiquer une approche inspirée du célèbre Pari de Pascal sur l’existence, ou la non-existence, de Dieu.

Un double Macron

La France est actuellement gouvernée par un chef d’État familier du dédoublement de personnalité qu’il utilise pour prendre des décisions sur des sujets qu’il connaît mal afin de conduire plusieurs politiques « en même temps ».

À défaut de conviction scientifique, ce magicien se concerte avec ses doubles.

Son double écologiste parie sur la réduction puis la disparition du nucléaire, en noyant la France sous un océan d’éoliennes et de panneaux solaires,

Son autre double « raisonnable » parie sur le nucléaire. On ne sait jamais !… En le retardant le plus possible, il lancera en 2022 (ou 2023) un modeste programme de construction de six réacteurs EPR permettant de redémarrer cette industrie en sommeil depuis 20 ans.

Les deux Macron magiciens entrevoient deux futurs paysages énergétiques.

Son double raisonnable constate que plus aucun accident nucléaire majeur ne s’est produit. Après bientôt un siècle de production, tous critères pris en compte, le nucléaire se classe toujours au premier rang, notamment en termes de propreté et de sûreté.

Le public s’est habitué aux bienfaits du nucléaire et les médias évoquent ce sujet favorablement, tandis qu’une partie des écologistes ont évolué en se ralliant au nucléaire.

Ce Président Macron se félicite alors d’avoir eu la sagesse de lancer quelques EPR dès 2022, car il devient de plus en plus difficile de continuer à maintenir la peur du nucléaire dans l’esprit du public après des décennies d’excellents résultats.

La France ne sera certes plus dans le premier rang industriel, mais pourra encore reprendre une place « honorable » dans un monde s’inquiétant vraiment de la disparition des énergies fossiles, et ne s’interdisant plus l’usage du nucléaire, le plus puissant des moyens décarbonés, pour limiter sa consommation, et donc les émissions de CO2.

Son double écolo-extrémiste avait cru que le monde entier aurait abandonné l’usage de cette énergie. Il regrette simplement son rêve vert et constate, ayant quitté sa fonction présidentielle, le déclassement de la France (et de l’Europe) entrée en purgatoire face aux autres pays ayant continué à se développer économiquement et écologiquement grâce à l’énergie nucléaire.

La lutte pour la diminution de consommation des énergies fossiles et la préservation du climat se poursuit alors sans la pauvre Europe rangée sous la bannière allemande des ruineuses énergies renouvelables et du nucléaire honteux.

Toujours le « en même temps »

Le « en même temps » du Président Macron ne doit pas s’appliquer dans l’engagement de l’avenir énergétique du pays, c’est-à-dire son avenir tout court.

À long terme, il rêve d’un avenir énergétique décarboné possible sans nucléaire. Mais ce n’est pas un jeu vidéo dans lequel il est possible de négliger les lois de la physique et de changer immédiatement d’orientation.

À court terme, il pèche des voix sans vouloir une décroissance économique qui conduirait à des émeutes bien pires que les manifestations de Gilets jaunes. Il est donc opposé aux intégristes verts, mais il nomme « en même temps » des ministres de cette mouvance pour ne pas se couper des votes écolos-bobos des villes qui apprécient les éoliennes et les panneaux photovoltaïques loin à la campagne chez les « sans dents ».

Mais ces écolos ne sont pas prêts à supporter des coupures d’électricité chez eux. Ils deviennent même des opposants virulents aux éoliennes quand elles s’invitent à proximité de leur résidence secondaire parce qu’elles leur feraient perdre la moitié de sa valeur…

Heureusement, pour sauver l’honneur, Clovis aurait répondu au vieil évêque voûté « Et toi, cambre-toi, fier si courbe ! ».

Flexible, le nucléaire courbe donc aujourd’hui l’échine sous le joug de l’écologie politique. Mais les Français doivent être fiers de cette industrie et de ses excellentes performances depuis plus de 40 ans. Ils pourraient déclarer en pensant au sacre de Clovis « Nucléaire, cambre toi fier Sicambre ! » pour ne pas se soumettre aux lois rétrogrades du clan des Verts.

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