La débâcle de l’énergie solaire subventionnée en Allemagne

Du Temple du soleil à la Vallée de la mort : comment l’industrie solaire allemande a implosé – et comment l’automobile risque de suivre.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
BDPV doudou34 by David Trebosc(CC BY-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La débâcle de l’énergie solaire subventionnée en Allemagne

Publié le 5 août 2018
- A +

Par Pierre L. Gosselin.
Un article de NoTricksZone

Accueillie au départ sous les applaudissements, l’industrie allemande des équipements solaires est aujourd’hui en pleine débâcle. Les politiciens s’apprêtent pourtant à reproduire le même schéma dans l’industrie automobile.

La promesse d’un paradis solaire pour revigorer l’ex-RDA communiste

Implanté au début des années 2000 au cœur de l’ancienne Allemagne de l’Est communiste, entre Dessau et Leipzig principalement, le nouveau paradis du photovoltaïque était censé transformer cette région sinistrée en « Temple du Soleil » en lui apportant la prospérité économique grâce à une multitude d’emplois high-tech.

À la belle époque de sa splendeur, pas une semaine ne passait sans que la presse ne mentionne de nouvelles innovations et leur cortège d’inaugurations en présence de politiciens trop heureux de se congratuler les uns les autres.

Des subventions par millions

D’après le journaliste allemand Dirk Maxeiner, le gouvernement allemand a déversé l’argent des contribuables par centaines de millions d’euros pour mettre tout cela en place : « On a vu affluer 142 millions d’euros dans le Brandebourg, 120 millions en Saxe-Anhalt et 143 millions en Thuringe. »

L’idée, la vision, consistait à faire de ces régions la vitrine scintillante de l’avenir high-tech de l’Allemagne et à montrer au monde comment devenir le pays de l’écologie.

Du Temple du Soleil à la Vallée de la Mort

Mais le clash avec la dure réalité n’a pas tardé. En quelques petites années, les cellules photovoltaïques à bas prix importées de Chine ont inondé les marchés et les prix se sont écroulés à vive allure. Quelques mois plus tard, le Temple du Soleil n’était plus qu’un champ de ruines.

Qui plus est, le niveau exorbitant des tarifs de rachat de l’énergie verte entraîna rapidement une montée en flèche des prix de l’électricité pour le consommateur. Le gouvernement fut donc obligé d’agir vite pour réduire les tarifs de rachat, ce qui eut pour effet de rendre l’énergie solaire encore moins intéressante. Le marché s’est retrouvé submergé de panneaux photovoltaïques et les producteurs allemands n’eurent plus qu’à mettre la clef sous la porte.

Conclusion sarcastique de Dirk Maxeiner : « Grâce à la révolution énergétique subventionnée, les contribuables allemands ont créé des emplois non pas à Bitterfeld comme prévu, mais dans ces charmantes villes que sont Guangzhou, Hangzhou ou Xi’an. »

On n’a jamais vu une décadence aussi rapide

Selon la Fondation Hans Böckler : « Au cours des dernières décennies, aucune autre industrie n’a connu une croissance aussi rapide que celle des panneaux solaires – et aucune ne s’est effondrée aussi rapidement. » Quinze ans ont suffi pour accomplir le cycle.

La Fondation décrit comment de petites start-up se sont transformées en stars des marchés high-tech puis sont devenues insolvables les unes après les autres à partir de 2011. Des entreprises comme Solar Millennium, Q-Cells, Centrotherm, ou Conergy ont toutes fait faillite aussi rapidement qu’elles avaient surgi.

En une seule année, 30 000 emplois ont disparu et des dizaines de milliards en capital privé ont été détruits. « Le seul désaccord des experts des marchés financiers porte sur le montant : parle-t-on de 30 ou de 50 milliards d’euros ? »

Les dirigeants allemands refusent de tirer les leçons de cette expérience

Aujourd’hui, les politiciens et les médias verts ont mystérieusement déserté le « Temple du Soleil » et les ruines qu’il en reste. Cela ne les empêche pas de continuer à promouvoir les énergies vertes dans un refus obstiné de tirer les leçons de la débâcle de l’énergie solaire subventionnée.

Comme l’écrit Dirk Maxeiner, les politiciens écolos comme le socialiste Stephan Weil de Basse-Saxe n’ont rien appris. Ils réclament maintenant une « transition des transports » et une transformation de l’industrie automobile !

Pour Maxeimer, ces dirigeants qui signent les politiques publiques ont l’air de croire qu’il est possible de résoudre le problème en continuant sur le chemin erroné de la subvention, mais en agissant encore plus vite.

L’obsession allemande de la transformation

Dirk Maxeiner s’interroge : « Que doit-on comprendre de la transformation de l’industrie automobile ? Les vélos peuvent être fabriqués en Chine à des prix encore plus bas. »

Le journaliste montre alors comment les dirigeants allemands sont saisis d’une sorte de « frénésie de la transition » selon laquelle tout ce qui existe doit impérativement subir une transformation écologique fondamentale, peu importe que cela ait du sens ou non.

Selon lui, les politiciens tels que Weil en sont à exiger que l’industrie automobile « arrête de fabriquer les voitures que les gens veulent, et alors seulement tout redeviendra bel et bon. »

Résumé de Maxeiner : maintenant que l’Allemagne a envoyé son industrie solaire dans le mur, il semblerait que les dirigeants politiques allemands souhaitent faire exactement la même chose avec l’industrie automobile. Mais pour y parvenir, il leur faudra détruire son industrie du charbon afin que les voitures électriques fonctionnent grâce à l’énergie propre de l’éolien.

Or d’où viendront ces voitures électriques ?

Traduction par Nathalie MP pour Contrepoints

Voir les commentaires (23)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (23)
  • et d’où viendra l’électricité pour ces voitures, car l’éolien va aussi droit dans le mur !!

    • elle vient des batteries, et on ne peut pas vraiment dire que le solaire va dans le mur, il peut par contre tomber du toit.

      • Monsieur Lemière:
        L’électricité des voitures ne vient pas des batteries, une batterie ça produit rien ça ne sert que de réserve intermédiaire de ce qui est produit par intermittence via du solaire ou de l’éolien, et effectivement on va dans le mur: pas de vent et sans soleil, production= 0 Kwh

        • je plaisante! on ne peut rien faire d’autre ..et je rappelle que des loustics on parfois proposé que les batteries des voitures électriques servent à stocker l’énergie produite en cas de pic éolien ou solaire.. être sérieux est inutile..

          en outre…l’électricité est plutôt un phénomène physique, à la rigueur on dit le courant électrique vient de…ou l’énergie électrique…sinon c’est ambigu.

          • Tout à fait d’accord avec vous, toutes mes excuses pour avoir interprété votre message au « premier degré » et effectivement certains, qui n’ont aucune notion des quantités d’énergie mises en jeu (des TWh) ont trouvé la solution d’utiliser les batteries des voitures électriques pour soutenir le réseau durant les périodes d’intermittence des ENR… et on roule quand sinon ??
            on touche le fond de l’ignorance !!
            Bon dimanche ….à l’ombre d’un panneau solaire et rafraichi par le souffle d’une éolienne..si d’aventure elle tourne et c’est pas garanti !!

            • Pour faire parcourir par des voitures électriques les quelques 700 milliards de km que les voitures françaises parcourent par an, il faudrait plus de 10 tranches nucléaires, si je ne m’abuse. Alors les énergies dites renouvelables…

            • Le souffle d’une éolienne?? Sachant qu’une éolienne freine le vent existant, j’imagine qu’il s’agit d’une blague au second degré.

  • Ledit Stephan Weil, ministre-président de Basse-Saxe vient d’annoncer à grande voix que le Land soutient le projet de construction d’une grande usine de batteries pour véhicules électriques et y versera son obole bien entendu.
    https://www.handelsblatt.com/politik/deutschland/elektromobilitaet-niedersachsen-unterstuetzt-plaene-fuer-deutsche-batteriezellfabrik/22873352.html?ticket=ST-3297710-Dub40eAUsaiApOWA6yXY-ap3

  • Une subvention est l’arme pour atomiser une l’économie..agriculture subventionnée..faillite énergie subventionnée ..faillite transport subventionné faillite…et les trois simultanément ,mise sous tutelle du pays.
    Et pour la mise sous tutelle de l’Europe….manque pas grand chose..une crise gazière ?

  • Les difficultés passées et présentes de l’industrie allemande, dans tel ou tel domaine, ne vient pas de la Subvention, mais d’une féroce concurrence chinoise, dont les industries sont elles aussi fortement subventionnées par l’Etat. Comme quoi…
    Et l’Etat chinois a beaucoup misé sur les ENR. Comme quoi (bis)… Quand on découvre à la lecture de Pitron que la Chine dispose pour la plupart des metaux rares, utilisés dans les technologies dites vertes d »un quasi monopole de fait, il y a de quoi s’inquiéter, et pas que pour l’automobile…

  • Hélas, nous sommes en train de prendre le même chemin, donc avec le même résultat.

  • quand une loi est voté et ou l’amendement en douce passe sans contrôle voir prendre le où les noms, si, il n’y a pas un conflit d’intérêt voir famille ou entreprise …vous aurer de drôle de surprise …ce n’est pas dans l’intérêt général,mais à des fins personnel….

  • Comme quoi il n’ y a pas que l’état français qui est débile. Ce sont tous les politiciens qui le sont. On comprend pourquoi Trump y met le hôla et pourquoi il est détesté et calomnié à ce point. Le lobby écologiste veut sa peau, pour faire de même aux USA.

  • Comme pour les Etats-Unis, l’état français va copier tout ce qui se fait de plus mauvais en Allemagne en ignorant ce qui se fait de mieux.
    La French Touch que le monde entier nous envie…

  • Le PV produit ~1 TWh/an non pilotables par GW installé.
    L’éolien produit ~2 TWh/an non pilotables par GW installé.
    L’hydroélectricité produit ~3 TWh/an pilotables par GW installé.
    La biomasse produit ~4 TWh/an pilotables par GW installé.
    Le nucléaire produit ~7 TWh/an pilotables par GW installé.

    Mais ce n’est pas tout.

    Le coût de chaque GW installé est beaucoup plus élevé dans les filières où la production est la plus faible, jusqu’à un facteur 5 d’une filière à l’autre.

    Pire encore, la durée de vie du GW installé est plus courte dans les filières les moins productives, jusqu’à un facteur 3. L’investissement initial, alors qu’il est structurellement plus couteux, devra être renouvelé d’autant plus souvent.

    Ces coûts supplémentaires ne sont pas une question de maturité technologique qui justifierait des subventions en soutien d’une filière de production en attendant une hypothétique amélioration du rendement qui ne viendra jamais.

    Les filières éoliennes et PV, alors qu’elles sont en même temps les moins productives, les plus couteuses à installer et offrant l’espérance de vie la plus courte, sont en réalité des impasses technologiques conduisant à un gâchis monumental de ressources.

    Pour couronner le tout, ces impasses technologiques représentent un gouffre fiscal, ajoutant en pure perte une charge fiscale supplémentaire payée par tous les Français, véritable fabrique de la précarité énergétique pour tous. Le gouvernement, alors qu’il prétend vouloir réduire les dépenses publiques, a une solution d’économies toute trouvée :
    -en coupant dès aujourd’hui la totalité des subventions publiques versées aux filières de production d’électricité
    – en fixant un prix unique de rachat du kWh pour toutes les filières, égal au coût de production de la filière actuellement la moins couteuse, c’est-à-dire un prix de rachat conforme à l’intérêt général.

    • Je partage complètement ce point de vue, et pouvez vous donner les sources de vos chiffres. Je suis fort intéressé. Merci d’avance

      • Les données de production annuelle et de puissance installée sont disponibles simplement sur Wiki ou sur d’autres sites plus spécialisés sur l’énergie. A vous de faire les ratios s’ils ne sont pas disponibles.

  • si l’économie allemande basée sur l’exportation de voitures se casse la figure et vu que c’est un peu l’épine dorsale de l’Europe il va se passer quoi d’après vous? on va vite se retrouver encore plus dans le caca j’ai l’impression parce que c’est le contribuable français qui va devoir colmater les brèches non?

  • Un principe de base, quand une nouvelle technologie n’apporte pas de gains en coût par rapport à celles existantes, elle ne se développera jamais sinon dans des niches vraiment spécifiques.
    La voiture électrique n’apporte rien du fait des limitations des batteries, de la durée de vie de ces dernières et la difficulté à trouver des esclaves pour produire de l’électricité en pédalant (au fait quelle énergie peut produire cet esclave ?)

  • L’Allemagne avait déjà sacrifié stupidement son nucléaire, pour faire plaisir à quelques illuminés écolos.
    Avec une telle compétition dans la bêtise entre écologistes et socialistes, dans quelques années, l’Allemagne risque de perdre de sa superbe et de son arrogance, ce qui ne serait pas si mal pour nous autres français !

  • Il convient de rappeler également que les parcs éoliens en mer baltique sont des gouffres financiers et que là encore les « experts » se sont trompés : !!

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Alors que la France et l’Allemagne avaient trouvé mi-janvier un consensus pour inscrire à la fois le gaz et le nucléaire comme énergies dites « de transition » dans la taxonomie verte européenne, Berlin vient de faire marche arrière. L’information est tombée ce mardi sur le média Contexte confirmée ensuite par Marianne : « l'énergie nucléaire n'est pas durable et ne doit donc pas faire partie de la taxonomie » a déclaré le porte-parole du ministère allemand de l'Économie et du Climat dirigé par le Vert Robert Habeck au sein de la coalition SP... Poursuivre la lecture

Par Marc Deffrennes et Samuele Furfari[1. Hauts fonctionnaires retraités de la Commission européenne (Direction générale de l’énergie) Ingénieurs, Responsables respectivement de weCARE et de la SEII].

Une politique énergétique équilibrée doit reposer sur trois piliers :

La sécurité de l’approvisionnement. Une saine économie. La protection de l’environnement.

 

Cet équilibre est au cœur des actions de weCARE et la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels, à savoir : promouvoir un mix énergétique fiable, abor... Poursuivre la lecture

En brandissant à nouveau la menace d’un troisième conflit mondial, la Russie rappelle aux plus aguerris la sinistre crise de Cuba et ramène l’Occident à la logique de blocs qui n’a jamais cessé de hanter le locataire du Kremlin. Une sémantique forte inversement proportionnelle à l’état d’une armée qui connaît aujourd’hui une déroute peut-être passagère, mais réelle, alors que des frappes ukrainiennes ont visé des dépôts de carburant sur le territoire russe, à quelque 150 km de la frontière.

Dans ce conflit, la position allemande contin... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles