France, patrie des droits de l’Homme : la fin d’un mythe

Liberté (Crédits : Alban Gonzalez, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

La France aujourd’hui s’emploie à réduire à néant les droits et libertés fondamentales avec application et ténacité.

Par Patrick de Casanove.

Avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la France est devenue la patrie des droits de l’Homme, au premier rang desquels figure la liberté. La France aujourd’hui s’emploie à les réduire à néant.

Bien sûr, les politiciens continuent de brandir l’étendard de la liberté. Il suffit de lire le début du tweet d’Emmanuel Macron du 25 octobre 2020 : « La liberté, nous la chérissons »

Il n’empêche.

Le gouvernement français détruit la liberté avec application et ténacité. Bien qu’ayant dû retirer, sous la pression, son projet de loi instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires déposé le 21 décembre 2020 il n’a pas dévié d’un pouce dans sa politique liberticide.

Chassé par la porte il revient par la fenêtre

Le 20 janvier 2021, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi du gouvernement consistant à « prolonger jusqu’au 1er juin 2021 au plus tard l’application de l’état d’urgence sanitaire en cours. […] Sont enfin reportées au 31 décembre 2021 : la caducité des dispositions du code de la santé publique organisant le régime d’état d’urgence sanitaire. […] la fin du cadre législatif concernant SI-DEP et Contact Covid. »

L’Assemblée nationale, et plus généralement le Parlement, ne constitue pas une protection pour les Français qu’elle est supposée représenter. Elle n’offre aucune résistance à l’anéantissement de la liberté. Sous la Cinquième République, c’est une instance d’enregistrement des décisions de l’exécutif.

Un degré de plus a été franchi le 20 janvier. La chambre des députés a de facto acté sa déchéance initiée en mars avec le vote de l’état d’urgence sanitaire.

Le législatif s’efface au profit de l’exécutif réduit à un seul homme appuyé par différentes instances : Conseil scientifique, Conseil de défense, Comité analyse, recherche et expertise. Ces instances non élues n’ont de comptes à rendre à personne.

Tout ce beau monde est irresponsable puisque le destinataire de ces conseils, le président de la République seul décisionnaire, est irresponsable, sauf devant la Haute Cour et bien entendu les électeurs. Cette responsabilité devant le peuple est un leurre. Ce n’est que la loi de la majorité… électorale.

Quant au judiciaire, il veille à ce que les lois et règlements prévus soient appliqués et à éventuellement à sanctionner s’ils ne le sont pas. Que ces lois soient justes ou perverties n’est pas de son ressort. Ce n’est pas du ressort non plus du Conseil d’État, ni du Conseil Constitutionnel.

« Il est tellement de la nature de la loi de faire régner la justice, que loi et justice, c’est tout un, dans l’esprit des masses. Nous avons tous une forte disposition à regarder ce qui est légal comme légitime, à ce point qu’il y en a beaucoup qui font découler faussement toute justice de la Loi. Il suffit donc que la Loi ordonne et consacre la Spoliation pour que la spoliation semble juste et sacrée à beaucoup de consciences. » Frédéric Bastiat, La Loi (1850)

France : la démocratie bafouée

Les Français contemporains sont attachés au mot démocratie ou République qui, pour eux, sont synonymes de liberté. Les personnes amoureuses de la liberté savent que ce n’est pas le cas.

« La propriété, le droit de jouir du fruit de son travail, le droit de travailler, de se développer, d’exercer ses facultés, comme on l’entend, sans que l’État intervienne autrement que par son action protectrice, c’est la liberté » Frédéric Bastiat, Propriété et loi (1848)

Mais aujourd’hui passons.

L’article 4 de la Constitution de 1958, énonce que les partis et groupements politiques doivent respecter les principes de la démocratie.

L’article 2 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, reprise dans le préambule de la Constitution, précise :

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

Or les politiciens attentent aux droits naturels et imprescriptibles de l’Homme et ne respectent pas la démocratie dans ses principes fondamentaux : liberté des individus, séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Cela s’apparente à une forfaiture dans le sens où ils violent les devoirs de leur charge.

L’article 5 de la Constitution énonce :

Le Président de la République veille au respect de la Constitution.

Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a hiatus entre la théorie et la pratique.

La démocratie ne se réduit pas à des lois votées, en France par des Assemblées élues. Elle est aussi un principe, tout comme la liberté. Il ne faut pas reculer sur des principes ; sachant que reculer peut arriver n’importe où, même dans des pays aussi libres que la Suisse.

Qui veut noyer son chien fait en sorte qu’il contracte la rage

Le prétexte pour détruire la liberté est toujours le même et toujours aussi spécieux :

« la circulation élevée de l’épidémie de Covid-19 et de la forte pression qu’elle engendre sur le système de santé […] Selon le gouvernement, […] il est nécessaire qu’il dispose pour plusieurs mois encore de prérogatives particulières pour répondre à la crise. »

Nous l’avons déjà rappelé, l’État entretient la confusion entre la Covid et la crise dite du coronavirus.

La Covid est une épidémie, ou des épidémies pour prendre en compte les variants. Elle ne justifie pas les mesures de coercition prise par l’État. Elle est peu mortelle quand elle est gérée médicalement avec tous les moyens à disposition, en particulier les traitements précoces. Elle ne l’a pas été en France où les médecins généralistes ont été mis de côté, voire poursuivis, et où des traitements ont été interdits. Maintenant, bien des médecins ont peur de traiter. Traiter ne fait d’ailleurs pas partie du triptyque de l’État qui est de « dépister, isoler, tracer. »

La crise est engendrée par une décision politique. En France ce sont les Adresses aux Français des 12 et 16 mars 2020 et l’état d’urgence sanitaire du 23 mars 2020.

Laisser les médecins traiter précocement aurait pourtant permis d’éviter une surcharge des hôpitaux et des services de réanimation.

Remettre le nombre des services de réanimation au niveau de l’épidémie aurait été possible depuis des mois que dure le problème.

Créer une réserve en cas de catastrophe aurait aussi été possible.

Tout cela aurait coûté bien moins cher, en moyens matériels et humains, que les confinements, les couvre-feux, les restrictions de déplacements, les fermetures administratives etc. Cela aurait fait baisser la pression sur le système de santé. Cela aurait épargné des vies et évité la ruine du pays.

Cela n’a pas été fait. Il faut que ce point faible du système de santé persiste parce que l’État en a besoin. Il a besoin de la pénurie, il a besoin de la peur, pour étendre son pouvoir et restreindre les libertés.

L’État préfère enfermer plutôt que traiter en France

En vérité, l’État français demande les pleins pouvoirs et l’abolition des libertés individuelles pour faire face à une épidémie, alors qu’il l’a très mal prise en charge et aggravée en prenant, en mars 2020, des mesures liberticides, politiques et non pas médicales et mettre fin à une crise qu’il a lui même provoquée.

Malheureusement tout plie devant l’autorité centrale. Un régime au pouvoir sans limite, qui gouverne par la peur et le mensonge est un régime totalitaire. Un gouvernement qui détruit les libertés, fut-ce légalement, est totalitaire.

Le mythe de la France patrie des droits de l’Homme, mis à mal depuis déjà plusieurs années, est mort. La question qui se pose maintenant est de savoir ce que va devenir la France ? Puisque cette politique va se poursuivre, avec bientôt un troisième confinement… en attendant la suite.

« La seule chose qui permet au mal de triompher est l’inaction des hommes de bien » – citation attribuée à Burke.

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