Covid et climat, victimes du scientisme

Greta Thunberg by appaloosa(CC BY-NC-ND 2.0) — appaloosa, CC-BY

Lorsque vous avez des experts qui vont dans l’absurde, c’est du pain bénit pour ces pseudo-journalistes qui ont oublié les bases mêmes de leur métier.

Par Christophe de Brouwer, depuis la Belgique.

Bis repetita placent. Faire un parallèle entre l’affaire climatique et la crise du sars-cov-2 est peut-être osé. Mais les mêmes ingrédients sont à l’œuvre.

Une science dévoyée par des certitudes qui n’ont rien de scientifique, a pris pied dans notre espace commun. À l’acmé de cela on peut, d’un côté évoquer la rétractation de l’article paru dans Nature à propos des échanges océans-atmosphère ou le retrait du Lancet de l’article relatif aux traitements à l’hydroxychloroquine, le fameux Lancet-gate.

Et pourtant ce sont des articles blockbusters dans leur domaine, chacun repris par les médias, les instances internationales et les gouvernements au moment de leur parution.

Que dire des médias ?

C’est à celui qui vendra l’article le plus tapageur, le plus catastrophiste, à celui qui tournera une donnée banale en apocalypse, car cela permet de faire bouillir la marmite. On a pu voir cette logique en pleine action pour le climat, on la revoit pour la crise infectieuse actuelle. Et lorsque vous avez des experts qui vont dans l’absurde, c’est du pain bénit pour ces pseudo-journalistes qui ont oublié les bases mêmes de leur métier.

On dit que les experts savent tout sur rien et rien sur tout. En voulez-vous un exemple ? En Belgique, dernièrement un « expert », médecin-virologue, porte-parole officiel du gouvernement belge dans l’affaire de la covid, préconisait de baisser le couvercle des toilettes pour éviter la propagation du virus.

Marrant en soi, mais ce qui devient effrayant, c’est la reprise unanime par les journaux mainstream sous la forme d’une injonction impérative : « si vous ne baisser pas la planche des toilettes avant de tirer la chasse, vous risquez gros ». Et croyez-moi, je ne pense pas qu’on ait touché le fond.

Plus aucun sens critique, disparu, réveillons-nous ! On avait pu constater cette torpeur avec le climat, lors du fameux et bien triste « how dare you » proféré par une gamine téléguidée, et on revoit ces mêmes accusations avec la crise actuelle, faisant porter une fois de plus l’entièreté de la faute sur la population, « poursuivie jusque dans les chiottes ».

Et le gouvernement, nos politiques ?

Il n’est sans doute pas nécessaire de revenir, tant elles furent déjà soulignées, sur les erreurs, les contre-vérités, les fausses données, les prédictions les plus alarmistes qu’ils ont proféré pour se grandir au détriment de celles et ceux qui votent pour eux.

Le disque dur bugué qu’ils ont utilisé lors de la crise de mars-avril, au lieu d’y apporter les correctifs nécessaires, se retrouve à nouveau en pleine capacité de nuisance.

La machine est lancée, elle ne dévie plus de sa course folle, tout comme les plans climats qui se succèdent, les uns les autres toujours plus hargneux pour notre santé socio-économique ou sanitaire. À cela, ces grands « penseurs », sorte de pyromanes-pompiers, nous répondent que nous devons être courageux, le temps sont durs.

Même si la population semble atomisée, soumise, en réalité l’exaspération est bien réelle et les scènes de désespoir se multiplient. La colère impuissante monte.

On avait vu de très jeunes enfants participer aux manifestations « youth for climate ». Plusieurs de nos « experts », relayés par des médias et des politiques préconisent le masque facial dès l’âge de 6 ans pour lutter contre le virus. Il y a là une continuité dans l’apprentissage de la geste magique pour sauver l’humanité par les plus jeunes, à un âge où ils apprennent à lire et à calculer : « combien font 2+2 ? », leur demande-t-on. Car ils vont sauver la planète.

Certains parents, la larme à l’œil, en redemandent d’ailleurs, et des mères montrent l’exemple en mettant cette sorte de muselière lorsqu’elles accouchent, fier de leur participation au sauvetage mondial. Celles et ceux-là n’ont pas de mots assez durs pour stigmatiser toutes celles et ceux qui ne pensent pas comme eux.

Le scientisme à la manœuvre

Oh, ils ne sont pas les seuls à la poursuite des utilisateurs de toilettes, n’avons-nous pas vu un scientifique « expert » menacer dernièrement ces mêmes récalcitrants de punition : « si la responsabilité individuelle ne fonctionne pas, il y aura des mesures plus strictes ».

Je ne le citerai pas, il vient d’être plébiscité par sa désignation comme vice-recteur à la recherche d’une université belge, c’est dire la puissance du réflexe pavlovien : toujours chercher la faute des autres.

Jamais un doute n’effleure, la leçon de Karl Popper est balayée par leurs certitudes, et pourtant :

« La science ne souscrit à une loi ou une théorie qu’à l’essai, ce qui signifie que toutes les lois et les théories sont des conjectures ou des hypothèses provisoires. »

L’observation est ainsi tordue, soumise aux préalables de leurs idées préconçues. Claude Bernard est bien loin, lui qui prétendait, à l’inverse, que « L’expérience est une observation provoquée dans le but de faire naître une idée. »

On peut se poser la question de comprendre pourquoi une telle arrogance de ce qui apparaît un système d’intérêts croisés entre « experts », médias et politiques, pourquoi une telle volonté de dominer la « connaissance » en la rendant officielle, non interrogeable, non critiquable.

Car les exemples de rejets de la pensée dissidente abondent, une véritable censure face à la « vérité officielle ». Elle s’effectue avec opportunisme par les médias traditionnels, le monde scientifique et ses revues ou les politiques, tant dans le domaine du climat que de la crise sanitaire actuelle. C’est véritablement le même mécanisme autoritaire.

Par bien des côtés, ce sont des exemples saisissant du « scientisme », comme le définissait le prix Nobel, Friedrich Hayek :

« Le point de vue scientiste, envisagé à l’aune de l’approche scientifique n’est pas une démarche sans préjugés : elle en surabonde, puisque avant de considérer quel est l’objet de son étude, elle prétend savoir quelle est la manière la plus appropriée de l’explorer ».

Sommes-nous arrivés à un point du développement humain, où les pouvoirs, face à la complexité grandissante des choses, au lieu de l’aborder avec humilité, prétendent la préjuger, et par là la prédire, rejoignant ainsi la fameuse formule de George Orwell :

« Celui qui a le contrôle du passé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du présent a le contrôle du passé. »

Le pré-jugement est en effet essentiel dans la démarche autoritaire. Elle permet tout à la fois de  contrôler la complexité, de la diriger et de la planifier, sous le couvert d’une pseudo-connaissance scientifique. À nous de nous y conformer, d’obéir à cette astrologie des temps modernes.

Et le moins que l’on puisse dire est que cette nouvelle astrologie appliquée au climat ou au sanitaire se colore rapidement des feux de l’apocalypse, véritable chape mentale pesant sur les individus, paralysant leurs moyens de défense, méthode utilisée tant par des scientifiques, des politiques ou des médias.

Le raccourci entre le couvercle des toilettes et le scientisme développé par Hayek est fascinant. Il indique « la route de la servitude », met en lumière ses mécanismes intimes et prend la forme d’un avertissement symbolique : « ne baissez pas la planche », en d’autres mots, ne transformons pas l’homme moderne en homo climaticus-sanitarius. Restons libres !

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