Hydrogène : j’y ai cru !

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L’hydrogène est fondamental dans la chimie industrielle, mais la « civilisation hydrogène » est un piège dangereux pour l’Europe tout entière.

Par Michel Gay.

« L’hydrogène, j’y ai cru ! » s’exclame dans son dernier livre L’utopie hydrogène le professeur Samuel Furfari, ingénieur-chimiste, qui a travaillé 36 ans dans le domaine de l’énergie et de l’environnement à la Commission européenne.

L’hydrogène est et restera fondamental dans la chimie industrielle. Mais il y a longtemps qu’il a compris que la « civilisation hydrogène » soutenue par le gourou du gotha Jérémy Rifkin ne menait nulle part et, pire, que c’était un piège dangereux pour l’Europe toute entière.

Une illusoire stratégie hydrogène

En juin 2020, l’Allemagne a annoncé une « stratégie hydrogène » ridicule. Étrangement, le mois suivant la Commission européenne lui emboite le pas en copiant l’Allemagne qui mène la danse de la folle transition énergétique européenne avec son EnergieWende.

Cette incroyable stratégie hydrogène n’aurait-elle d’autre but que de sauver l’EnergieWende ?

Un plan de relance européen avec des centaines de milliards d’euros à la clé est annoncé. Tous les chasseurs de subventions se frottent les mains devant ce pactole et rivalisent d’ingéniosité pour accaparer à leur profit cet argent « gratuit » qui coûtera cher aux prochaines générations.

Samuel Furfari se désole de constater que la Commission européenne néglige l’expérience de ses propres fonctionnaires, ainsi que 50 ans de recherche européenne antérieure, pour se lancer dans une voie déjà connue pour être sans issue.

Les médias toujours friands de science-fiction écologique ont donné un écho favorable, et même parfois enthousiaste, à la résolution du Parlement européen relançant une stupide « stratégie hydrogène » le 20 janvier 2020, tandis que certains experts de la Commission européenne faisaient part de leur dépit en privé.

Le mot « juste » y figure 15 fois pour mieux masquer son injustice sociale et le mot « financement » y figure 47 fois pour mieux signifier son coût… en filigrane.

L’ignorance de la chimie

Samuel Furfari explique pourquoi cette stratégie hydrogène relève du « n’importe quoi » par ignorance de la chimie. Et il le sait d’autant mieux qu’il a cru aussi un moment à l’illusion hydrogène-énergie avant de comprendre que c’était une impasse.

Il explique en 160 pages dans L’utopie hydrogène (également disponible en anglais) pourquoi tous les rêves sur l’hydrogène, et sur les biocarburants, sont voués à l’échec parce que fondés sur une idéologie politique ignorant la science. Pourtant, certains politiciens de haut rang comme l’Allemande Angela Merkel (physicienne) ont été des scientifiques.

Mais la puissance de la politique (qui pour certains consiste à faire rêver et à enchanter par le mensonge) prévaut sur la science…

L’auteur montre, page après page, en se fondant sur les échecs des expériences passées depuis au moins 40 ans, que l’utilisation de l’hydrogène pour stocker de l’électricité, ou en produire, ou comme carburant dans les transports est une totale ineptie.

Il s’étonne aussi que les décideurs d’aussi ridicules « stratégies » ne soient pas alertés par leurs administrations respectives.

Une erreur assumée ?

Samuel Furfari se demande si cette illusion collective n’est pas une erreur assumée par certains politiciens cyniques pour couvrir une autre erreur antérieure : celle du développement à marche forcée des énergies renouvelables intermittentes, poussée par l’Allemagne pour favoriser le gaz !

Et cette erreur stratégique ruineuse pour les populations européennes actuelles et futures est d’autant plus facile à commettre et à « assumer » que les responsables de cette gabegie ne seront plus aux commandes quand elle deviendra manifeste pour tous !

C’est pourquoi le premier chapitre de son livre destiné à démonter l’illusion hydrogène s’intitule « J’y ai cru ! » et que le dernier se conclut par « La course vers nulle part ».

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