Covid : comme prévu, la liberté de circuler est reportée à 2021

pierrO-barbelés-(CC BY-SA 2.0)

Aujourd’hui, l’exception est devenue le nouveau normal, et la liberté de circuler et de se réunir fait partie du monde d’avant.

Par Frédéric Mas.

Le Premier ministre Jean Castex l’a annoncé lundi, il va demander au parlement de prolonger jusqu’au 31 mars 2021 les mesures d’exception prises pour répondre à la crise du Covid-19.

Ces mesures restrictives en matière de liberté de circulation, de réunion et de commerce étaient présentes lors du vote de la loi sur l’État d’urgence sanitaire le 9 juillet 2020.

Une fois le pays sorti de l’état d’urgence, le gouvernement Macron n’a pas jugé utile de sortir de l’état d’exception. Un régime transitoire a été adopté, conservant un certain nombre de mesures limitant les libertés publiques au nom du nouveau régime sécuritaire de Santé publique.

Covid contre libertés publiques

Comme l’a rappelé maître Sultan Danino dans Contrepoints, la liste des mesures liberticides de ce « régime transitoire » est longue, et interroge sur la propension des gouvernants à user et abuser des circonstances pour changer les règles du droit en fonction de leurs objectifs du moment :

« Jamais en temps de paix les démocraties n’ont enduré pareilles entorses aux principes qui les fondent : les libertés publiques. Sans remettre en question la vocation sécuritaire de la mesure ou même l’intérêt stratégique politique, sans chercher une idéologie masquée… on peut juste s’inquiéter de voir les acteurs politiques capables de construire un état d’exception devant chaque situation exceptionnelle à laquelle ils sont confrontés. »

Au nom du principe de précaution, et de la menace du retour du virus qui pèse comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête de chaque citoyen, les pouvoirs publics ont tout simplement normalisé les atteintes à la liberté individuelle.

Dès avril, Contrepoints mettait en garde contre la prolongation ad vitam eternam d’un régime de libertés restreintes dont la cessation ne reposait au fond que sur le bon vouloir des gouvernants eux-mêmes.

Aujourd’hui, l’exception est devenue le nouveau normal, et la liberté de circuler et de se réunir fait partie du monde d’avant.

 

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