Pass vaccinal, pass sanitaire… et maintenant pass frontières

Le maintien du pass comme mesure préventive contre le covid n’a pas de sens.

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Pass vaccinal, pass sanitaire… et maintenant pass frontières

Publié le 7 juillet 2022
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Le pass sanitaire est devenu à la politique française ce que le sparadrap est au capitaine Haddock. Malgré tous les efforts du monde pour s’en défaire, il revient sous d’autres formes, à croire que le gouvernement cherche à l’imposer, quoiqu’il en coûte.

Le projet de loi qui sera présenté le 11 juillet portant sur le maintien d’un dispositif de veille sanitaire contre le covid comporte deux grands axes. Le premier maintient jusqu’au 31 mars 2023 les traitements informatiques SI-DEP et Contact Covid, le second laisse la possibilité au gouvernement d’imposer un pass sanitaire du premier août 2022 au 31 mars 2023 aux frontières ainsi qu’entre la métropole et l’outre-mer.

On se souvient que la prolongation du pass sanitaire numérique avait été votée au Parlement européen le 23 juin dernier, avec l’approbation de la France insoumise et le rejet du RN ainsi que du député LR François-Xavier Bellamy. Ce dernier s’alarmait à l’époque de la possibilité pour les États de réactiver le dispositif à volonté et de l’absence de grand débat portant sur une loi qu’il jugeait liberticide.

Des raisons de s’inquiéter

Il y a effectivement de bonnes raisons de s’inquiéter. Après avoir martelé dans les médias que le projet de loi ne comporterait pas la mention de « pass vaccinal », le gouvernement se laisse la possibilité de réintroduire un « pass limité »… qui pourrait bien n’être limité que le temps de s’habituer à sa présence dans la vie quotidienne des Français.

Si, tout à coup, le gouvernement juge de nouveau insupportable la situation sanitaire (c’est la septième vague, tous aux abris !), il aura toute latitude pour revenir discrètement à nouveau sur les libertés publiques. Bien sûr, il jure aujourd’hui la main sur le cœur qu’il n’en fera rien. Mais on ne peut pas vraiment prendre la parole des barons de la Macronie au sérieux, tant elle s’est démonétisée au plus fort de la crise sanitaire. Remarquons au passage que ceux qui ont été promus avec le nouveau gouvernement Borne, comme Olivier Véran ou François Braun, sont des ultras de la stratégie sanitaire punitive de l’exécutif.

Le risque, c’est la normalisation progressive d’un outil de contrôle totalement exceptionnel. Si les Français commencent à accepter comme normal le traçage vaccinal aux frontières, il se pourrait que progressivement, le gouvernement cherche à l’étendre à d’autres lieux publics. C’est un peu une stratégie politique du faible au fort : maintenant que le gouvernement est dans une position de relative faiblesse face à une opposition hostile au pass (mais aussi une opinion publique tout aussi mitigée sur le sujet), il se peut qu’il cherche à y revenir plus discrètement.

 

Un dispositif devenu inutile

Plus fondamentalement, comme le souligne Yves Bourdillon, le maintien du pass comme mesure préventive contre le covid n’a pas de sens. Les pays ayant adopté le pass n’ont pas de meilleurs résultats en matière de contamination que ceux qui l’ont écarté, la vaccination généralisée poussée par le pass ne freine pas l’épidémie et « le pass aux frontières s’oppose à des gens venant de pays généralement à incidence bien plus faible qu’en France. »

La question qui reste en suspens porte sur l’attitude de la droite LR. Va-t-elle soutenir la prolongation d’un état d’urgence qui ne se justifie plus avec Macron ou se ranger avec le reste de l’opposition pour y mettre fin définitivement ? La droite de gouvernement aura toutes les cartes en main pour mettre un coup d’arrêt à un élément essentiel de la folie sanitaire et sécuritaire qui s’est emparée du pays depuis plus de deux ans.

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  • C’est le moment d’écrire à notre député pour lui demander de voter contre cette disposition.

    • Et pour ceux qui sont prêts à en appeler à leur député. Vous pouvez trouver son adresse postale ou mail sur le site de l’assemblée nationale:
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/vos-deputes
      ============
      Monsieur / Madame le député,

      Le gouvernement vient de déposer le projet de loi numéro 9 « maintenant provisoirement un dispositif de veille et de sécurité sanitaire en matière de lutte contre la covid 19 ».
      Ce projet prévoit dans son article 2 le maintient du pass sanitaire ou du pass vaccinal aux frontières « aux seules fins de lutter contre la propagation de l’épidémie de covid 19 » à partir de 12 ans.

      Il est bien établi que la vaccination apporte une protection efficace contre les formes graves de la maladie. Par contre, la vaccination n’empêche ni d’être porteur du virus, ni de le transmettre. L’intérêt de la vaccination afin de « lutter contre la propagation de l’épidémie » n’est donc ni adaptée ni proportionnée à l’objectif de santé public annoncé.

      Par ailleurs, je considère le pass sanitaire ou vaccinal comme une atteinte grave aux libertés individuelles, en particulier la liberté d’aller et venir. Certes, ce projet de loi limite le pass aux frontières, mais on a vu au cours des deux années écoulées que le gouvernement ne s’est pas privé de changer d’avis et d’étendre progressivement les mesures liberticides sous prétexte de lutter contre l’épidémie. Ce projet de loi est un pas dans cette mauvaise direction.

      C’est pourquoi je compte sur vous pour voter contre cet article en l’état.

      • Excellente initiative. Malheureusement j’ai une députée LREM, donc ça ne servirait à rien. En revanche, tous ceux qui ont un député NUPES, LR ou RN devraient envoyer ce mail.

        • Vous pouvez essayer ! Si ça se trouve, elle ne sait pas de quoi vous parlez et afin de vous garder comme électeur, votera dans votre sens sur un malentendu ! 😀

      • Jolie initiative. C’est fait, moins la mention « formes graves » qui relève de la méthode Coué, et plus deux mots sur les effets secondaires.

  • Nous sommes bien face à un tournant surtout après l approbation par l Europe du pass numérique qui laisse la possibilité d introduire ce qui les arrangent.(locomotion, dettes ect)
    Les masques vont tomber à l assemblée nationale au sénat nous venons bien si l opposition de tout bords si oppose
    Par contre il ne faut pas oublier que le pouvoir présidentiel à la possibilité de décréter l état d urgence s enfermer dans le bunker est de passer en force.
    PS; beaucoup de personnes de mon entourage après la troisième doses sont contaminé par le COVID.

  • oui : développement d’une soft dictature……

  • Il est grand temps pour LR de montrer un peu de courage et de voter contre cette nouvelle loi.
    En d’autres temps, j’aurais voté LR aux dernières élections. Si je ne l’ai pas fait c’est parce que Valérie Pécresse voulait renfermer les non vaccinés.
    On ne peut pas se réclamer du libéralisme et être un ennemi de la liberté !

  • Oubliez l’aspect sanitaire. Ce n’est qu’un prétexte. On ne peut se sortir de cette situation qu’en se débarrassant de l’extrême centre qui nous gouverne. Il fait accentuer le mouvement vers l’un des 2 extrêmes infrequentables et espérer que la perspective de gouverner les fera évoluer vers plus de réalisme.

  • L’impasse sanitaire que nous avons tous vécu ces deux dernières années aurait pu nous ramener à la raison: sanitaire ment, puisque le bilan médical est déplorable, économiquement, puisque le coût de notre soumission à l’Europe des vaccins est insensé, libéralement, puisque ce fut l’occasion d’ouvrir la porte à un dirigisme à tendance totalitaire qui restera une honte pour tous les « collaborateurs » à la panique sanitaire. Cela aurait pu, mais non.

  • Le Pass vaccinal a été voté (avec 80 % de la population « Pseudo-vaccinée » par un faux vaccin qui n’en n’est pas un) , alors que l’on avait plus de 500 000 contaminations par jour. C’etait deja une monstruosité d’absurdité medicale et scientifique. Les coupables sont toujours en liberté. Remettre une deuxiéme couches s’apparenterait a de la criminalité d’etat.

  • Il n’y a pas de surprise à avoir. Les LR ont toujours été plus royalistes que le roi sur la question du covid. Ils étaient pour la vaccination obligatoire et pour des mesures de confinement alors que le gouvernement ne le souhaitait même pas. Ce n’est pas un hasard s’ils se sont pris d’énormes claques. Leur opposition consiste à vouloir en faire plus. Malheureusement donc, ils voteront pour.

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