Covid : soyons des humains libres du XXIe siècle ! (3)

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Troisième partie de ce qu’on peut retenir des études qui ont été faites sur les traitements possibles du Covid.

Par Patrick de Casanove.

Vous pouvez lire ici la première partie de cet article et ici la deuxième partie.

Commençons par la conclusion de la meta analyse :

« In conclusion, this meta-analysis clearly shows that hydroxychloroquine alone is not effective for the treatment of COVID-19 patients and that the combination of hydroxychloroquine and azithromycin increases the risk of mortality. »

Elle répond à la question posée dans son titre, ce qui est son objectif.

Elle est valable pour le type de patients inclus par les études analysées. Pour les patients hospitalisés plus ou moins gravement malades, des insuffisants rénaux dialysés, greffés, des cancéreux, des patients poly-pathologiques en phase critique voire en unité de soins intensifs, des pneumopathies sévères.

En ayant à l’esprit tous les biais signalés par les auteurs eux mêmes : des posologies variables, des durées qui le sont autant, des associations thérapeutiques mal connues, des prises en charges différentes selon les hôpitaux etc.

Elle montre que le protocole du Pr Raoult, ou l’HCQ seule, ne servent à rien chez les patients hospitalisés, au stade inflammatoire, polypathologiques, en soins intensifs etc. Ce que l’on savait déjà et même que l’on a toujours su.

C’était d’ailleurs facile à vérifier sur le terrain. En pleine épidémie il suffisait de téléphoner, par exemple à l’hôpital de Bayonne, pour connaître le traitement utilisé chez les patients hospitalisés infectés.

La réponse était qu’après avoir essayé l’HCQ les médecins l’ont abandonnée pour inefficacité. Ils utilisaient en phase inflammatoire un immmunomodulateur (anticorps monoclonal : le Tocilizumab) et cortisone, puis la réanimation si l’évolution le nécessitait. La mortalité hospitalière liée au SARS-coV2 à l’hôpital de Bayonne est extrêment faible. (Cf carte)

Pour ce qui est du protocole du Pr Raoult, Science et avenir écrit :

« Ce sont les conclusions de la plus grosse méta-analyse menée à ce jour sur le protocole défendu par le professeur Didier Raoult. »

C’est inexact. Ces études concernent des stades et des cas où le protocole de l’IHU Méditerranée Infection n’est pas indiqué. De toute façon il n’a pas été suivi. Il ne peut donc avoir été étudié.

Rappelons le protocole de l’IHU Méditerranée infection : 200 mg de HCQ par voie orale, trois fois par jour pendant dix jours et 500 mg d’AZ par voie orale au jour 1, suivis de 250 mg par jour pendant les quatre jours suivants, avec un diagnostic, un isolement et un traitement précoces

« Although this is a retrospective analysis, results suggest that early diagnosis, early isolation and early treatment of COVID-19 patients, with at least 3 days of HCQ-AZ lead to a significantly better clinical outcome and a faster viral load reduction than other treatments. » (Source)

Pour ce qui est de la fiabilité et de la robustesse de l’étude, Sciences et Avenir écrit :

« D’abord parce qu’elle suit les recommandations les plus strictes en la matière, celles édictées par Cochrane, institution internationale de référence pour la méthodologie des études médicales ».

Cochrane a une compétence et une qualité mondialement reconnues. Donc nous n’allons pas chercher du poil sur les œufs à propos de la méthodologie. Il n’en demeure pas moins qu’au point de vue médical, pour un médecin praticien, un médecin de terrain, un médecin soignant, il y a de quoi rester perplexe et ne pas se sentir concerné, dans sa pratique, par cette étude.

« Ensuite parce qu’elle est publiée dans l’un des meilleurs journaux d’infectiologie. »

Après l’exploit du Lancet, ce n’est plus rassurant.

« Enfin, il s’agit d’une méta-analyse, considérée comme le plus haut niveau de preuve pour une étude scientifique. »

L’étude portant sur 96 000 patients publiée par le Lancet était aussi une méta analyse. On sait ce qu’il en est advenu.

« Une méta-analyse compile l’ensemble des études publiées sur un sujet pour ne retenir que les meilleures afin d’en dégager une tendance voire un consensus. Ce n’est donc pas une seule étude qui montre que l’HCQ n’est pas efficace, mais un ensemble d’études. »

Le terme important est un sujet. Cette méta analyse porte sur des patients hospitalisés, mal en point et dont on ne sait même pas de manière précise comment ils ont été traités, à quel stade ils en étaient, ni s’ils étaient tous infectés par SARS-coV2. (Cf Biais)

« Par ailleurs, ces études devaient mesurer la mortalité des patients hospitalisés puisque le but était de savoir si justement le traitement avait un effet sur la mortalité ».

Non. Le but des études est de connaître si un protocole thérapeutique est efficace sur la mortalité et la létalité et dans quelles circonstances. Elles ne doivent pas se limiter aux patients hospitalisés. La médecine ne se limite pas à ces patients.

Dans le cas qui nous occupe il a toujours été affirmé que le protocole du Pr Raoult est efficace en phase virale, en tout début d’infection par SARS-coV2. Maintenant on sait aussi qu’HCQ est efficace en prévention.

Pour fixer les idées, raisonnons par analogie avec d’autres domaines :

  • des études constatent qu’un simple torchon n’est pas suffisamment protecteur pour retirer un plat à gratin brûlant d’un four, ni pour protéger un forgeron dans ses manipulations. On en déduit qu’il faut interdire le simple torchon pour manipuler un plat encore chaud posé sur une table car il est inefficace et dangereux.
  • des études constatent qu’il est impossible d’éteindre un incendie de forêt avec un verre d’eau. On en déduit qu’il faut interdire d’éteindre une bougie avec un verre d’eau car inefficace et dangereux.

En résumé

Cette polémique autour du protocole du Pr Raoult ou autour de l’HCQ montre que bien des gens oublient que « les dernières données de la science » (à condition que cela soit de la science) ne sont qu’un des facteurs à prendre en compte dans la médecine par les preuves (Evidence Based Medecine). Ils oublient le malade et le soin.

Tout l’art médical est structuré autour du malade, de son libre arbitre, et du soin. L’Evidence Based Medecine bien comprise ne dit pas le contraire.

Cette polémique ne change rien au fait que l’efficacité du protocole du Pr Raoult soit affirmée à un stade précoce de la maladie. Aujourd’hui on sait aussi que HCQ est efficace en préventif.

Cette polémique ne change rien au fait qu’il n’existe aucun autre traitement immédiatement disponible à un stade précoce.

Cette polémique ne change rien au fait que ce traitement bien utilisé est quasiment sans danger.

Ce qui veut dire que pour un médecin soignant de terrain :

  • l’utilité du protocole du Pr Raoult en première intention, (médecine de premier recours) en phase virale, au tout début de la maladie n’est pas remise en question.
  • l’utilité de l’HCQ en préventif n’est pas remise en question.

Rassurer vraiment les Français

Si l’État voulait à la fois rassurer les Français et remettre l’économie sur les rails il agirait de la manière suivante :

  • rétablir les incitations productives, libérer l’économie, donner les moyens aux Français de décider de leur vie, ne plus les considérer comme des incapables majeurs ;
  • arrêter de légiférer à tour de bras sur tout et n’importe quoi ;
  • lever complètement le confinement ;
  • laisser la science et non plus la politique s’occuper des épidémies ;
  • agir rationnellement et non émotionnellement ;
  • faire confiance aux Français pour appliquer les gestes barrières, chacun pour ce qui le concerne et à bon escient ;
  • s’assurer que la médecine de deuxième recours sera prête et abondamment équipée.
  • arrêter de pérorer à longueur de temps ;
  • se concentrer enfin sur ses fonctions régaliennes et rétablir la justice et la sécurité dans ce pays ;
  • faire confiance aux médecins de premier recours pour soigner correctement les patients en leur en donnant tous les moyens y compris HCQ.

Il est urgent de ne plus mettre les médecins sous tutelle. Il est urgent et indispensable de lever l’arrêter du 26 mars interdisant la prescription par les médecins et la délivrance par les pharmaciens de l’HCQ en cas d’infection par le SARS-coV2. C’est le chaînon manquant du traitement, après le dépistage. C’est le chaînon manquant si la France veut vraiment vaincre ce virus.

Bref : laissez les médecins soigner ! Ils doivent être libres de prescrire sous leur responsabilité et les patients doivent être libres de choisir ou pas ce qui leur est proposé. Comme des êtres humains libres, propriétaires de leur vie et responsables, qu’ils sont tous. Sauf à vouloir aggraver la situation…

Il faut faire face et se battre, debout , avec les moyens du XXIe siècle et non se terrer comme des lapins effrayés.

Ça n’en prend pas le chemin.

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