L’OMS présente la Suède comme un modèle

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L’OMS a félicité la Suède comme un « modèle » potentiel pour lutter contre le virus Covid-19 qui déferle sur les nations du monde.

Par Jon Miltimore.
Un article de la Foundation For Economic Education

Selon un officiel de l’OMS la politique de responsabilité individuelle de la Suède est « un modèle » pour le reste du monde.

Pour le docteur Mike Ryan, expert en chef de l’OMS pour les situations d’urgence, la politique de distanciation sociale de la Suède est souvent mal comprise par le public.

La Suède comme modèle

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a félicité la Suède comme un « modèle » potentiel pour lutter contre le virus Covid-19 qui déferle sur les nations du monde.

Face à la pandémie, contrairement à la plupart des autres nations, la Suède a évité la réaction brutale qui a provoqué des arrêts massifs de l’économie et un énorme chômage. Les bars, les restaurants, les bibliothèques, les piscines publiques et la plupart des écoles sont restés ouverts dans ce pays de 10 millions d’habitants, ce qui a attiré les foudres des critiques qui doutaient de l’approche laissez-faire de l’État.

Pourtant, mercredi, l’expert en chef de l’OMS pour les situations d’urgence a déclaré que la politique de distanciation sociale de la Suède est souvent mal comprise.

« Je pense que certains ont l’impression que la Suède n’a pas pris de mesure de contrôle et a simplement permis à la maladie de se répandre »déclaré le docteur Mike Ryan à des journalistes.  « Il n’y a rien de plus éloigné de la vérité ».

La stratégie de la Suède

Ryan a dit que la plus grande différence entre la Suède et la plupart des nations c’est que les Suédois encouragent la participation volontaire de leurs citoyens tout en concentrant les ressources de l’administration sur les populations à risques.

« Ce qu’ils ont fait de différent c’est qu’ils se sont largement appuyés sur la relation avec leurs citoyens et la capacité et la bonne volonté des citoyens dans la mise en œuvre par eux-mêmes de la distanciation sociale et de la discipline […] Ce faisant ils ont mis en œuvre une politique publique au moyen de ce partenariat avec la population. »

Le mot-clef est partenariat. La Suède ne se contente pas de publier des décrets, d’infliger des amendes ou d’arrêter ceux qui désobéissent. Au lieu de ça, les dirigeants suédois cherchent à agir en coopération avec leurs citoyens. Ils leur donnent des informations et leur demandent de se comporter de manière responsable.

L’importance de la responsabilité individuelle

Comme l’a fait remarquer mon collègue Dan Sanchez la semaine dernière, cette approche a été autrefois une partie de la trame du système américain.

« Des mesures basées sur la responsabilité individuelle faisaient habituellement partie du modèle américain, aussi, et c’est codifié dans la Déclaration des droits. Pourtant nous avons développé une culture d’abandon réflexe de cette responsabilité et de ces droits à chaque fois que nous avons peur : des terroristes, des difficultés économiques, d’un virus. »

Beaucoup semblent croire que, d’une certaine manière, les actions volontaires sont moins efficaces que ce qu’impose l’administration, mais ce n’est tout simplement pas vrai. La coopération humaine et l’action volontaire sont des ingrédients essentiels pour une culture vibrante et prospère.

« Le trait saillant d’une société civilisée est la coopération, à laquelle nous devrions tous penser pendant les périodes comme celle que nous vivons. Le coronavirus définit notre vie collective à présent, mais la règle veut que ce soit la coopération qui définisse notre vie collective. Toujours. » écrivent l’économiste Ant Davies et le politologue James Harrigan. « Lorsque notre réaction réflexe à un problème immédiat est de contraindre, comme c’est souvent le cas, nous reléguons les solutions évidentes à l’arrière-plan. Et pourtant, les gens coopèrent. »

Une leçon que nous avons tout simplement oubliée

Alors que s’accroît la destruction de l’économie causée par notre dernière panique collective, nous voyons le prix à payer pour l’usage de la force autoritaire de l’État comme un moyen de parvenir à nos fins. Rien qu’aux USA, 30 millions de personnes se sont inscrites au chômage. La production et la distribution alimentaires sont perturbées ; des abattoirs ferment et du bétail est euthanasié. Les coûts, aux USA et dans le monde, seront graves.

La Suède, par contre, a évité une partie de la destruction de l’économie subie par d’autres nations, bien que le pays s’attende tout de même à une contraction du PIB et une augmentation du chômage. Mais surtout, la Suède fait fantastiquement mieux que ce qu’annonçaient les modèles de prévision de décès dus au COVID-19. Une étude récente a prévu que « la stratégie de santé publique actuelle de la Suède produira un pic d’utilisation des unités de soins intensifs au mois de mai qui dépasse plus de 40 fois la capacité pré-pandémie, avec une mortalité médiane à 96 000. »

Alors que le mois de mai commence, le bilan humain du Covid-19 en Suède dépasse à peine 2500 morts. Les hôpitaux ne sont pas surchargés. Entretemps, Anders Tegnell, épidémiologiste en chef de la Suède et architecte de ses mesures liées au Covid-19, déclare à USA Today que sa capitale approche de l’immunité de groupe.

« Nous pensons que 25 % des habitants de Stockholm ont été exposés au virus et pourraient être immunisés […] Une enquête récente dans un de nos hôpitaux à Stockholm a trouvé que 27 % des personnels y sont immunisés. Nous pourrions atteindre l’immunité de groupe à Stockholm dans quelques semaines ».

Les résultats de la Suède se passent de commentaires, ce qui est certainement la raison pour laquelle cette semaine l’OMS a fait la promotion de ce pays scandinave en tant que « modèle » pour le reste du monde alors que l’humanité aspire au retour à la normale. Ryan a confié aux journalistes :

« Je pense que, si nous devons retrouver un fonctionnement normal, la Suède représente un modèle si nous souhaitons revenir à une société sans confinement. »

Cela ne signifie pas que l’approche suédoise n’a ni prix à payer ni compromis. Cela n’existe pas. Bien que le nombre de morts par habitant de la Suède soit meilleur que celui de la plupart de ses voisins européens – dont la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas – il est tout de même plus élevé que celui de ses voisins scandinaves, la Norvège et la Finlande. Il est même possible que la Suède atteigne les terribles prévisions de morbidité des modélisateurs, mais c’est bien peu probable.

Quel que soit l’avenir, le monde doit remercier la Suède. Les Suédois nous ont montré une meilleure voie. Ils nous ont rappelé que le véritable rôle de l’État est d’informer les personnes et d’œuvrer avec elles, de rechercher l’action volontaire et la coopération plutôt que de recourir à la force brute et aux décrets.

Plus important peut-être, la Suède nous a montré que les virus sont des problèmes médicaux et non pas politiques. Lorsqu’on commence à les considérer comme cela, tout le monde y perd.

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