Pénurie de carburant : la CGT et FO testent leur pouvoir de nuisance

C’est une pratique assez banale en France. Les grèves se déclenchent au pire moment, et les syndicats pénalisent les usagers pour tordre le bras des pouvoirs publics ou des employeurs.

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Close up of gas pump in a gas station By: Marco Verch - CC BY 2.0

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Pénurie de carburant : la CGT et FO testent leur pouvoir de nuisance

Publié le 12 octobre 2022
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Le pays est bloqué par des grévistes au pire moment possible. À l’appel de la CGT et de FO, les raffineurs de TotalEnergies et d’Exxon font grève pour obtenir des hausses de salaires.

La crise énergétique générant des « superprofits » pour les entreprises, certains veulent leur part du gâteau. Et pour cela, ils sont prêts à tout, y compris à prendre en otage les usagers pour arriver à leurs fins. Résultat : la pénurie de carburants s’installe partout en France.

Ce n’est pas tellement nouveau. C’est même en France une pratique assez banale. Les grèves se déclenchent au pire moment, et les syndicats pénalisent les usagers pour tordre le bras des pouvoirs publics ou des employeurs. On fait grève en pleine crise sanitaire, au moment des départs en vacances, on menace de polluer irrémédiablement l’environnement ou de mettre à l’arrêt des transports en commun que l’État nous pousse à utiliser en dépit du bon sens.

 

Nuire, c’est peser politiquement

Chaque faction, chaque groupe d’intérêt, syndicat, organisation politique en France pèse politiquement par son pouvoir de nuisance. C’est en fonction de sa capacité à désorganiser le pays et à gêner la conduite du citoyen ordinaire qu’il est écouté, parce que la réponse de l’État est toujours la même : ses serviteurs font tout pour acheter la paix civile et neutraliser le pouvoir de nuisance des groupes d’intérêt spéciaux en les noyant dans les privilèges, les concessions et les transactions au détriment du plus grand nombre. Que ça soit les Cégétistes ou les zadistes de Notre-Dame-Des-Landes, les démonstrations de force paient constamment, et l’État cède toujours devant la force brute, au détriment de conduite régulière de l’État de droit et des formes normales de démocratie représentative.

Friedrich Hayek parlait de ces groupes ou coalitions d’intérêt qui contestaient à l’État le monopole de la contrainte sur le collectif comme autant d’organisations « paragouvernementales », parasitaires et qui parce qu’elles sont mieux organisées que la majorité des citoyens, aboutissent plus facilement à leurs fins politiques. Hayek va cependant plus loin : la domination de ce genre de factions n’existe qu’au sein d’une démocratie où la loi n’est pas limitée par des droits fondamentaux strictement protégés.

À partir du moment où tous les biens et les services peuvent être l’objet de marchandage au sein des institutions politiques, le développement parasitaire des groupes de pression est inévitable1.

Inversement, sanctuariser la justice, la propriété et l’État de droit permettrait en retour de neutraliser la tyrannie des factions politiques et leur parasitage institutionnel. Remettre l’ordre politique à l’endroit signifie aussi protéger la liberté pour tous.

  1. Friedrich Hayek, Droit, législation et liberté, tome III.
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Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • A beaucoup d’égards la géopolitique mondiale, la situation financière et d’autres aspects s’apparentent à la situation en 1938…
    Il faut ajouter l’explosion de la dette qui a également été réelle, bien que moindre, dans la deuxième moitié des années 30…
    L’ennemi intérieur était communiste…à l’heure actuelle c’est un mix entre eux (au sens large : NUPES avec leur relais CGT) et une immigration inassimilable incontrôlée offrant un auditoire aux prosélytisme des Frères musulmans…
    Calmez-vous « ça va bien se passer »…

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