Des mesures économiques indispensables… et dangereuses

L’histoire des dernières décennies dans les pays développés démontre que plus l’État intervient dans l’économie, plus la croissance baisse. Il convient donc de rester vigilant pour éviter que la crise soit prétexte à une collectivisation durable.

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Des mesures économiques indispensables… et dangereuses

Publié le 5 avril 2020
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Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Deux mille milliards ! 2000 milliards… qui dit mieux ? Aux enchères du coronavirus, ce sont les États-Unis qui l’ont emporté en volume de l’enveloppe de secours. L’Europe a mis 1000 milliards, mais ses pays membres ont également contribué. L’argent public coule à flots et la planche à billets fonctionnera sans limites.

Il est vrai que la crise est inédite. Un arrêt généralisé et mondial de l’économie est provoqué par un coronavirus inattendu. L’activité s’effondre partout. L’indice PMI composite qui en mesure le niveau était supérieur à 50 depuis 2013, signifiant que l’activité progressait de mois en mois, et il a plongé à 31,4 en mars dans la zone euro.

Certes, certains pays ont anticipé mieux que d’autres. Ils ont moins de morts, comme l’Allemagne, et plus d’activité, comme la Corée du Sud ou la Suède. Après la crise, nous pourrons évaluer quelles ont été les politiques les plus efficaces et les moins coûteuses en vie et en argent.

Mais la France qui s’est trouvée sans masques, ni plan de dépistage, ni suivi de l’épidémie n’avait peut-être, par précaution, pas d’autre choix que ce confinement généralisé qui frappe presque toute l’économie. Et le pire est peut-être à venir.

Des mesures économiques agissent plutôt en soutien de l’offre que de la demande

D’ores et déjà, il faut craindre que le recul du PIB en France, c’est-à-dire la baisse de notre production globale, et donc indirectement de notre revenu, ne soit très importante cette année.

Si nous estimons qu’un tiers de la population ne travaille plus, qu’un tiers est plus ou moins en télétravail dont on sait que la productivité est réduite, peut-être de moitié, et que le dernier tiers travaille encore mais parfois moins ou dans des conditions difficiles et de précaution qui ralentissent son efficacité, c’est sans doute largement plus de 50 % de perte de production.

La reprise ne sera pas aisée et seulement progressive, sur un mois peut-être. S’il y a deux mois de confinement comme certains experts le préconisent, c’est sans doute une baisse de 10 % du PIB, peut-être plus, qu’il faut redouter.

Dans ces circonstances, les mesures mises en place par le gouvernement français étaient nécessaires. À défaut les entreprises auraient déposé leur bilan sans tarder dans un jeu de dominos dévastateur. L’État va soutenir toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, en garantissant les emprunts de trésorerie, que les banques sont plus ou moins obligées de leur accorder, pour des montants considérables, jusqu’à 25 % de leur chiffre d’affaires annuel ou deux années de masse salariale pour les start-up.

Par ailleurs sont accordés des reports de paiement de charges sociales et d’impôt direct ainsi que, pour les plus petites entreprises en difficulté, un report du paiement des loyers, factures d’eau, de gaz et d’électricité. Des mesures généralisées de chômage technique permettront des prises en charge des salaires pendant la période de crise… Ces mesures vont aider les entreprises à passer le cap.

On peut donc considérer les mesures actuelles comme inévitables afin de maintenir en réanimation les entreprises que l’imprévoyance de l’État a mises en grave danger. En aidant les acteurs économiques, elles agissent plutôt en soutien de l’offre que de la demande.

Cette esquisse d’une politique de l’offre, au travers de la réduction de diverses obligations sociales et fiscales, pourrait même être utilement prolongée à condition qu’elle soit davantage financée par des économies dans les dépenses étatiques que par un recours continu à l’emprunt qui ne pourrait pas s’amplifier sans risque majeur pour l’économie elle-même.

Car le rebond espéré après ne pourra avoir lieu que si tous les acteurs de la société relèvent la tête et retroussent les manches, ce qui pourrait être encouragé en libérant durablement les conditions et horaires de travail et en permettant que chacun de ceux qui travaillent plus gagnent plus.

Plus l’État intervient dans l’économie, plus la croissance baisse

Mais le risque est important que ces circonstances extraordinaires incitent la puissance publique à se croire indispensable alors même que les ressources publiques auront décru de manière drastique. Celles-ci représentent environ 50 % du PIB et se réduiront à proportion de la baisse du PIB.

Elles chuteront même plus encore car l’économie sera en morceaux et chacun sait qu’il est plus difficile de reconstituer le vivier que de faire de la bouillabaisse avec les poissons qui s’y trouvent.

Le versement sans compter d’argent public aura perturbé les mécanismes de marché en créant, comme toujours dans ces cas, des gagnants et des perdants indus, en favorisant des profiteurs au détriment parfois des autres, ce qui rendra plus difficile encore la reprise.

La tentation sera grande alors que l’État maintienne sa mainmise sur l’économie et continue d’assister sans mesure les ménages et d’administrer les entreprises. Et déjà certaines mesures inquiètent comme le chantage de l’État qui prévoit de refuser les aides publiques aux entreprises qui distribueront des dividendes cette année. Le ministre de l’Économie n’a pas hésité d’ailleurs à dire qu’il irait jusqu’aux nationalisations éventuellement.

Enfin, la menace sera que l’État continue à s’endetter sans compter et sans rembourser.

Certes les naïfs diront que ça ne serait pas si grave eu égard aux enseignements de Keynes selon lequel « des dépenses sur fond d’emprunt peuvent, même lorsqu’elles sont inutiles, enrichir en définitive la communauté ».

Keynes pensait même que la construction des pyramides avait été l’une des causes de la richesse « fabuleuse » de l’Égypte ancienne, en oubliant sans doute que le plein emploi n’y était pas assuré sinon par une masse considérable d’esclaves qui représentaient de fait autant de ceux qui seraient aujourd’hui mis dans la catégorie des chômeurs et ou des contribuables surtaxés.

Le multiplicateur budgétaire de Keynes, selon lequel l’augmentation de la dépense publique dans un pays a pour conséquence une augmentation plus que proportionnelle de la production dans ce même pays, n’a jamais fonctionné durablement.

L’histoire des dernières décennies dans les pays développés démontre que plus l’État intervient dans l’économie, plus la croissance baisse. Il convient donc de rester vigilant pour éviter que la crise soit prétexte à une collectivisation durable.

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  • Ce beau concentré de politique keynesienne intensive et sur une courte période va permettre de mettre en évidence ses effets positifs à très court terme, et immédiatement après ses effets délétères.
    Mais cette histoire ne devra pas masquer et nous faire oublier les politiques précédentes, qui sont identiques et nous font démarrer cet épisode avec un handicap certain par rapport à d’autres pays.

  • le problème dans ce pays , c’est que depuis des décennies , l’argent des contribuables est claqué sans discernement ; à ce jour , le gouvernement n’a plus de marge de manœuvre financièrement parlant ; à part nous endetter encore et encore , je ne vois pas ce qu’il peut faire , sauf à piquer l’argent sur les réserves bancaires des gens qui ont mis leur argent de côté ;

    • on vit a crédit depuis 1981 , là ou les français(de l’époque) ont choisi le paradis socialiste.. depuis on creuse.. mais on ne va plus pouvoir creuser encore longtemps .. d’aucun voient se profiler une super inflation assez rapidement , de l’ordre de 15% glissé sur 3 mois..
      donc moins de consommation moins de taxes .. et qui va vouloir encore nous prêter du fric?
      si on y ajoute la probable débandade des monnaies tres previsible
      un peu partout..
      il y a fort a parier que le monde qui vient n’épargnera pas les politiques.. empêtrés dans une communication de CM2..

      La suite risque d’être amusante a plus d’un titre , je double le potager
      pour cet hiver, et je coupe du bois?

    • « claqué sans discernement »

      Non, il est claqué à des fins électorales. Un politicien sait très bien faire la différence entre l’esclave saigné à mort et le bénéficiaire des fruits du travail dudit esclave.

      La seule erreur faite ici est d’avoir envoyé les fonctionnaires exécutants se faire massacrer par le virus pendant que les élus de la race supérieure pavanent dans des lieux désinfectés.

  •  » Un arrêt généralisé et mondial de l’économie est provoqué par un coronavirus inattendu.  »
    Non, un arrêt généralisé et mondial de l’économie par le traitement médiatique – mondial – d’un virus (peut-être) inattendu, plaçant les gouvernements dans l’obligation de prendre des mesures. Ces mesures étant bien différentes suivant la capacité des pays à traiter le problème sanitaire lui-même.
    On peut faire un parallèle avec le RCA: un fait (réchauffement à la fin du XXe siècle) + des « expertises » + une campagne médiatique mondiale ont entraîné des choix économiques aux conséquences majeures…
    La différence réside dans le facteur temps.

  • Cela fait belle lurette que l’idée d’esclaves bâtissant les pyramides n’a plus cours. C’était des ouvriers libres et payés, qui bossaient à la construction des pyramides pendant les périodes de plus faible activité agricole (crue du Nil). Là où on pourrait faire un semblant de parallèle avec le rôle de l’Etat, c’est que la construction de pyramide, temples, etc participait à la paix/cohérence sociale : on occupait la population et on entretenait un sens spirituel (avec le pouvoir) commun.

    • A l’époque des soviets ils avaient aussi de grands élans collectifs pour la cohérence sociale !

    • Il était bon que quelqu’un fasse litière de la légende des esclaves égyptiens. Il suffit d’avoir un peu lu, il y a trente ans déjà, Desroches Noblecourt pour ne plus proférer cette énormité. L’ennui est de la trouver pus une plume autorisée, car elle décrédibilise le discours dans sa totalité.
      Si nous repartons sur des valeurs keynèsiennes, chères aux politiques, c’est dans un but de croissance indéfinie.
      Or, nous avons que cet expansionnisme trouvera, un jour peut-être pas éloigné, son terme, et dans des conditions difficiles. La surpopulation est maintenant une réalité constatable dans des domaines vitaux, notamment l’environnement. On peut tout artificialiser, rendre l’humanité à une nature à la Mad Max, mais c’est pour aller à la destruction totale. La raison ne nous conduira pas à la réforme, en raison des égoïsmes, des avidités, et des réactions d’accaparement propres à l’espèce humaine. Les religions modératrices sont mortes et les ascèses éteintes. On comptera pour rien l’Islam qui n’est qu’une construction politique sans métaphysique.
      Alors ? Quelle politique ? Pour les hommes de ce secteur, tous pétris de recherche du pouvoir, il n’y a que la contrainte fiscale compensée par ls largesses d’Etat. Sans doute renouvellera-t-on l’aspect de la fiscalité, mais ce sera sur une base bien connue: solidarité, justice et environnement. On sait ce que ça a donné, non pas en raison du verbe, mais de la perversité des administrations et gouvernements.

      • Très intéressants ces propos.
        Quelle politique ?
        Une politique qui puisse fonctionner sans une croissance indéfinie, basée sur la responsabilité de chacun pour gérer ses besoins et qui n’ait donc pas besoin de dette pour assurer les besoins de tout le monde, qui favorise les échanges libres pour la répartition des richesses, …

      • N’oubliez cependant pas que c’est le développement qui produit, au bout d’un certain temps, une baisse de la natalité.

      • « La surpopulation est maintenant une réalité constatable dans des domaines vitaux, notamment l’environnement. » C’est heureusement parfaitement faux !!!

  • J’ ai écouté Pascal Lamy hier sur Inter, face à Natacha Polony. Ce type nous parle avec une désinvolture hallucinante des flots de milliards d’ euros que l’ UE et les états européens vont injecter dans l’ économie, tout en disant tranquillement  » c’ est sûr cela aggrave la dette, mais bon…on verra plus tard ».
    C’ est drôle, j’ ai tendance à penser qu’ on le voit carrément maintenant avec le Covid 19. Et c’ est encore plutôt doux.

  • En régime socialiste, le multiplicateur de Keynes est toujours inférieur à un. Vous empruntez tous les ans 5% du PIB pour une croissance de 1,5%. Le tout escamoté par la baisse du taux d’intérêt de la BCE.
    Tout cela ressemble trop à un aller direct dans le mur.
    Mais cette année , on va faire beaucoup plus fort: on va emprunter 15% du PIB pour une décroissance de 10% ou pire.
    Tout cela à cause d’une impréparation totale et des fonctionnaires qui restent au modèle d’appel d’offres de marchés publics pour acheter des masques en Chine, alors que la seule façon d’en obtenir est de payer cash sur place et de surveiller que la marchandise va bien dans le bon avion.
    Vous voyez le rond de cuir du ministère de la santé faire de pareilles prouesses???
    Même pas en rêve!

    • Il est très vrai que ce ne sera pas avec les contraintes des appels d’offres des marchés publics qu’on pourra sauver la France dans l’urgence.

  • Sur le fond, il n’a pas tort. Mais je crains qu’il n’y ait une vision européano-centriste dommageable, avec une regrettable confusion keynésianisme / socialisme.
    Je lâche ici quelques pays pour lesquels cette grille de lecture ne fonctionne pas : Singapour, Corée du Sud, Arabie Saoudite, Qatar, Emirats arabes unis, Norvège.
    Pays ayant connus ou connaissant encore des politiques étatiques extrêmement « généreuses » et/ou dirigistes et dont la santé financière n’est pas mauvaise, loin s’en faut.
    Personnellement, je préfère gagner moins et ne pas risquer ma vie ou ma liberté, et vivre dans une démocratie moins libérale économiquement mais bien plus respectueuse de mes libertés.

    • Arabie Saoudite, Qatar, Emirats arabes unis ont une politique très dirigiste. La santé financière de ces pays est en rapport avec des ressources pétrolières importantes donc peu reproductible.
      Par contre, en indice de liberté économique le Qatar est 29é et les EAU 10è.
      Singapour a une politique dirigiste mais est surtout 2è en matière de liberté économique.

      La Norvège et la Corée du Sud ne sont pas dirigistes mais ont une grande liberté économique (23è et 27è respectivement).

      Le facteur principal de la prospérité est la liberté économique. Vous pouvez avoir une liberté économique élevée et une prospérité sans grande liberté individuelle et sans un niveau démocratique élevé.
      Par contre, si vous voulez des libertés individuelles et démocratiques élevées, vous devrez avoir également une grande liberté économique.
      Et que ce passe-t-il en France? Une liberté économique médiocre (71è place) allant en diminuant. Des libertés individuelles régressant progressivement via des états d’urgence anti-terroriste ou sanitaire…etc initialement temporaires puis devenant permanents. Via de multiples lois et règlements encadrant la vie de nos concitoyens. Via une intrusion de plus en plus envahissante de l’Etat dans les moindres recoins de la société. Via un contrôle de plus en plus insistant des sources d’informations (subventions des médias, lois sur les fake news…etc).
      Et qu’obtenez-vous in fine?
      De moins en moins de libertés, de plus en plus de contraintes, une prospérité se réduisant telle une peau de chagrin.

      Mais voyez-vous bcp de français pensent comme vous. Ils se contentent de quelques libertés acceptant d’en perdre d’autres pour plus de sécurité. C’est un choix et cela fait 60 ans que la France dévale la pente sans perspective d’amélioration.
      D’autres pays n’ont pas fait ce choix.

      « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux.  » Benjamin Franklin

      • Fort heureusement, je ne suis pas Français 🙂
        Il est évident que les libertés individuelles et démocratiques s’épanouissent grâce / dans une grande liberté économique. C’est d’ailleurs pour cela que la lutte contre les inégalités est si importante de nos jours. En permettant à tout un chacun d’être libre économiquement (c’est à dire avoir les moyens d’agir), tout le monde peut passer au niveau suivant ou plutôt en jouir pleinement, c’est à dire être capable d’utiliser ses libertés individuelles et démocratiques. C’est clair que la France, gros bateau qui prend l’eau de partout, ne va pas vraiment dans la bonne direction.

  • « un coronavirus inattendu »
    Une épidémie inévitable et attendue depuis des décennies par tous ceux qui comprennent la dynamique des pandémies mais que personne ne veut écouter dans les allées du pouvoir-qui-sait-tout.

  • « Par ailleurs sont accordés des reports de paiement de charges sociales et d’impôt direct ainsi que, pour les plus petites entreprises en difficulté, un report du paiement des loyers, factures d’eau, de gaz et d’électricité. Des mesures généralisées de chômage technique permettront des prises en charge des salaires pendant la période de crise… Ces mesures vont aider les entreprises à passer le cap. »
    L’état va aider les entreprises avec de l’argent qu’il n’a pas. Déjà ça sent l’escroquerie intellectuelle! Ensuite, les reports de charges, d’URSSAF, salaires et autres d’une période où aucun chiffre d’affaires n’aura été réalisé ( donc aucun bénéf ni résultat financier) je ne vois pas où serait l’aide apportée à l’entreprise si on lui demande de payer quand la (timide et poussive) reprise arrivera, si elle arrive un jour! Pour certaines entreprises, ce sera plutôt l’enterrement de première classe sans fleurs ni couronnes.
    CPEF

  •  » n’avait peut-être, par précaution, pas d’autre choix que ce confinement généralisé »

    Il ne fait plus de doute aujourd’hui que les mesures de confinement ont provoqué l’expansion rapide de l’épidémie dans chaque pays et entre les pays (rapatriements), les populations fuyant les zones de confinement où elles ne pouvaient pas vivre normalement, notamment parce qu’elles étaient éloignées de leurs attaches familiales. En fuyant, ces personnes ont emmené le virus avec elles, générant brutalement autant de nouveaux foyers épidémiques.

    C’est particulièrement vrai en Chine, en Espagne et en Italie. En France et aux USA, on a observé un phénomène similaire à l’annonce du confinement, généralisé en France, localisé aux USA.

    A ce titre, le confinement se révèle un échec spectaculaire, l’archétype de la mesure paraissant bonne mais en réalité contre-productive. C’est une nouvelle démonstration de l’échec des politiques collectivistes menées à l’échelle de territoires entiers, tandis que les pays travaillant à l’échelle de l’individu obtiennent de bien meilleurs résultats.

    Apprendre de l’expérience, comprendre ce qu’il ne faut surtout pas faire, est la grande leçon à retenir pour les prochaines épidémies.

    La grande leçon de cette épidémie, c’est l’échec du collectivisme.

    • L’alternative au confinement devait être la responsabilisation individuelle. Mais comme elle a soigneusement été oubliée, voire découragée, l’échec du collectivisme se traduira, suivant l’habitude bien ancrée, par la conclusion qu’on ne l’a pas appliqué avec assez de rigueur et qu’il faut plus de collectivisme…

      • @Cavaignac et @MichelO
        Sincèrement, je ne vois absolument pas comment une absence de confinement aurait pu avoir de meilleurs résultats que le confinement (sauf SI bien sûr l’épidémie avait été maitrisée de manière drastique dès le début, mais l’immense majorité des pays du monde a été naïve et a pris de plein fouet la vague qui menaçait depuis des semaines. Le pire exemple en est les USA et leur président schizophrène).
        Comment, une fois qu’un certain nombre malades est présent sur un territoire, la maladie ne se propage pas sans mesure d’éloignement ?
        Encore une fois, si un certain seuil de cas est atteint, s’il y a une absence de maitrise par les autorités, et une absence de civisme (le civisme est une forme de responsabilisation individuelle non par pour soi, mais envers les autres, un sacrifice diront certains), le confinement est la seule solution efficace.
        Dire que le confinement est un échec spectaculaire est non vérifiable, ce qui est pratique pour certains… Le confinement est efficace, bien plus que toutes les autres solutions car il n’y a pas d’autres solutions. J’insiste bien sur le fait que ce n’est qu’à partir d’un certain point que le confinement n’a pas d’alternatives ! Si (mais avec des si, on met Lutèce en amphore) l’épidémie avait été (pu être) maitrisée dès les premiers jours, ce n’aurait pas été pareil.
        Mais la France a été loin. L’autorisation dérogatoire de déplacement me reste en travers de la gorge sévèrement, et l’interdiction de la pratique sportive (spécialement le vélo), au contraire de l’Allemagne ou la Belgique, m’énerve profondément.

        • « mais l’immense majorité des pays du monde a été naïve et a pris de plein fouet la vague qui menaçait depuis des semaines. »
          Sincèrement non.
          Pas les pays d’Asie à part la Chine et encore. Mais il est difficile d’avoir des données fiables sur ce qui se passe en Chine.
          Pas la Suède, pas l’Allemagne ni l’Autriche…etc
          Quant aux USA, si nos journaleux aiment bien faire des prospectives avec des chiffres alarmants, on verra ce qu’il en sera à la fin et en rapportant les chiffres à l’ensemble de la population.
          L’Amérique du sud est peu atteinte pour l’instant et sait ce qu’il faut faire.

          Franchement, les pays qui gèrent mal la crise sont bcp moins nombreux que ceux qui la gère intelligemment sans conséquence économique majeure.

          • L’Allemagne a pris des mesures de confinement 5 jours après la France. L’Autriche a étalé entre le 11 et le 16 mars. La Suède est un cas particulier c’est vrai, ils ont extrêmement tardé à prendre la moindre mesure. Cependant, la Suède a déclaré son premier cas de Covid-19 le même jour que la Finlande, et compte désormais 6x plus de morts que ce dernier.
            Il est difficile, voire impossible, de dire que une réussite d’un pays est transposable dans un autre. En Scandinavie, les gens sont instruits dès leur plus jeune âge avec le sens des responsabilités et du civisme, ils n’ont aucun souci à rogner sur leurs libertés individuelles de temps en temps pour protéger celles des autres.
            Pour les USA, c’est malheureusement la réalité qui démontrera l’impréparation criminelle des autorités.

            • La confinement allemand ou suisse n’a rien a voir avec le confinement français. L’activité économique est bcp moins impactée et les gens peuvent sortir de chez eux. Idem chez les anglais.
              J’ai mis en lien le site de l’ambassade de France en Autriche: vous verrez que les restrictions sont loin des restrictions françaises. Le masque est obligatoire dans les lieux publiques clos d’ailleurs (toujours rien en France…). L’économie du pays s’en sortira mieux que chez nous…
              Vous pourrez consultez les sites des différentes ambassades de France suivant les pays. C’est instructif.

              http://www.slate.fr/story/188982/allemagne-epidemie-coronavirus-mesures-confinement-economie-federalisme-sens-civique
              http://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-le-confinement-est-il-aussi-strict-chez-nos-voisins-03-04-2020-8293602.php
              https://www.dna.fr/sante/2020/04/05/un-confinement-en-version-allegee-chez-nos-voisins-suisses-et-allemands
              https://at.ambafrance.org/Infection-pulmonaire-Coronavirus-Covid-19

              Pour la Suède c’est exact mais ce pays compte 2x plus d’habitants que la Finlande ce qui modère un peu la différence. On est quand même très très loin des chiffres de la France.

              « Pour les USA, c’est malheureusement la réalité qui démontrera l’impréparation criminelle des autorités. »
              L’Organisation de la Santé est géré sous la responsabilité de chaque Etat US. Comme ce sont les états démocrates qui sont les plus atteints, les règlements de compte post crise vont être saignants.
              Idem pour la FDA qui a bloqué la réalisation de tests diagnostics sous prétexte qu’ils n’étaient pas tous aux normes… Les travers des administrations sont les mêmes partout.

              • Le confinement français est en effet l’un des plus sévères, je n’ai pas dit le contraire. Le maintien des élections a été une aberration ridicule.
                La Suède a le nombre de lit d’hôpital le plus faible d’Europe aussi, mais la qualité des soins est très grande.
                Pour les USA, les décisions de confinement sont décidées au niveau fédéral. Il existe une forte coordination à ce niveau également. Et je pose l’hypothèse, sans la vérifier, qu’au-delà de la couleur politique des états américains (le virus n’a pas de préférence politique, et il faudrait examiner tous les états au cas par cas en tenant compte de l’historique pour voir quel parti à plomber le plus les soins de santé), c’est la démographie (densité de population et % de zones urbaines) qui jouent. Si NY et Los Angeles sont plus touchés que l’Arkansas, on peut le supposer.

        • « une absence de confinement aurait pu avoir de meilleurs résultats »

          Mais précisément, quitte à avoir les mêmes résultats, autant ne pas confiner, autant laisser l’économie fonctionner du mieux possible sans ajouter la crise économique à la crise sanitaire.

          Ceci dit, les annonces de confinement exagéré ont provoqué une accélération artificielle de l’épidémie, exactement le contraire de ce qui était recherché quand les experts prétendaient aplatir la courbe. Ils n’ont rien aplati du tout, bien au contraire. C’est clairement visible par rapport aux pays moins confinés. S’il faut attendre la fin de l’épidémie pour comparer pleinement les situations et avoir des données robustes entre elles, on s’aperçoit déjà que les résultats sont légèrement meilleurs dans les pays qui ne sont pas lourdement confinés (GB, Pays-Bas, Suède, Portugal, Suisse, Allemagne dans une certaine mesure, la majorité des Etats des USA, etc.)

          Quelques journaux servant la soupe au gouvernement ont voulu nous faire croire que le monde entier était confiné comme le sont les Français (3 milliards d’humains confinés), mais rien n’est plus faux. Le confinement généralisé n’était pas la seule solution, loin de là. De nombreux pays le démontrent tous les jours.

          « L’autorisation dérogatoire de déplacement me reste en travers de la gorge sévèrement » : rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul.

          Au bilan provisoire, le confinement est un échec déjà évident au plan sanitaire et en outre, il aggrave lourdement la crise économique. Le discours sur la méthode de sortie est absurde. Il faut juste sortir de cette situation absurde et malsaine, le plus rapidement possible, sans vaine discussion.

          • le confinement aurait pu avoir un vrai effet pris plus tôt… Mais il fallait aller voter (« sans danger » disait le premier sinistre), ne pas interrompre les transports en commun…
            cela reste une méthode de pauvres, avec une efficacité de pauvres et des conséquences de pays pauvres.

          • « Laisser l’économie fonctionner » ? Eh bien, comme je viens de l’écrire en réponse à Cyde, cela peut être possible en Suède, grâce au civisme. Mais je me souviens très bien des images des étudiants américains en Floride, dont certains sont devenues des « stars » en disant face caméra vouloir faire la fête, dépenser de l’argent, etc pour finalement être déclarés positifs quelques jours plus tard. Comme les images de ces épouvantables touristes anglais à moitié ivres déambulants dans les rues de Tenerife en voulant dépenser leur argent (et être vecteur de la maladie; car chanter God save the Queen en se tenant pas les épaules, ce n’est pas comme les Scandinaves pour qui 3 mètres est déjà une distance personnelle).

            • Des crétins, il y a partout.
              Est-ce pour cela qu’il faut confiner tout un pays comme en France? Je ne pense pas. D’autant qu’un confinement peut aussi être ciblé sur une ville ou une région. Mais cela reste de tout façon une méthode de pauvre.

        • La responsabilisation individuelle, et ses conséquences d’auto-isolation des personnes responsables et d’ostracisation des irresponsables, pâtit en l’occurrence de la très mauvaise formation/information qui a été faite. L’argument universel a été « nous, dirigeants, empêcherons le virus de parvenir jusqu’à vous » quand il aurait dû être « c’est votre comportement et votre respect des recommandations qui empêchera que le virus ne passe par vous pour décimer ceux que vous aimez ». Le confinement est facile à vérifier pour les forces de l’ordre, mais il détourne l’attention de l’objectif qui est d’éviter les contacts. Or beaucoup d’activités économiques peuvent se poursuivre en évitant les contacts, bien peu en obligeant à rester chez soi. Le confinement est une manière bête et méchante d’éviter les contacts, elle fonctionne avec les effets pervers qu’on devine vu que les activités qui parviennent à être compatibles avec l’exercice sans quitter le domicile sont bien peu nombreuses. Le contrôle par la force publique, le civisme, ce ne sont pas des motivations fortes à se conduire raisonnablement. La bonne connaissance des objectifs et la mise au ban de la société des contrevenants, non à la forme (promenade en solitaire sur la plage) et à la lettre de la réglementation, mais au fonds (contamination d’autrui) est une affaire de responsabilité individuelle. La responsabilité individuelle, c’est le commando des forces spéciales, le confinement, la section aux ordres de l’adjudant screugneugneu.

        • Dit autrement, en attendant que la modération laisse — ou pas — passer mon commentaire, le confinement c’est comme la limitation de vitesse à 80 km/h et la responsabilité individuelle, c’est comme demander à chacun d’adapter sa vitesse à la route et aux circonstances, en lui fournissant la formation pour le faire au mieux.

        • je ne vois absolument pas comment une absence de confinement aurait pu avoir de meilleurs résultats que le confinement

          Demandez donc aux dizaines de milliers de morts provoqués par l’impôt sur les portes et fenêtres (impôt supprimé en 1926) leur avis sur le confinement.

  • Pauvres politiciens qui pensent encore à leur réélection malgré tous les morts du virus et qui promettent déjà du pognon qu’ils n’ont pas.

  • Les commentaires sont fermés.

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Par Christophe de Brouwer.

Il m’a été demandé d’aborder la problématique du port de masque dans des lieux non clos, en extérieur.

Je ne traiterai pas ici des autres gestes barrières (lavage des mains, distanciation, confinement, etc.).

Je voudrais aborder la question sous l’angle du risque.

Le risque se définit, sur le plan international, comme la probabilité d’un effet. En effet, le risque est la probabilité de contracter le covid, et le masque est un facteur du risque qui modifie, en la diminuant, la relation Sar... Poursuivre la lecture

Contrepoints : Le Québec semble être la région d'Amérique du Nord la plus dure sur le plan des restrictions covid, mais aussi sur le plan des taxes et des impôts. Pourquoi cette situation ?

Jérôme Blanchet-Gravel : Le Premier ministre québécois, François Legault, s’est lui-même vanté d’imposer les mesures sanitaires les plus sévères en Amérique du Nord, comme s’il s’agissait d’un noble exploit. Voilà de quoi donner le ton à l’esprit autoritaire qui caractérise le Québec actuel. Le 31 décembre dernier, le Québec fut le seul État sur 92 ... Poursuivre la lecture

Combien de temps va encore durer cette crise sanitaire subie par la population française ? Cela ne dépend que du gouvernement, et donc du président lui-même. Car il faut être parfaitement lucide : c’est le gouvernement qui est responsable de la crise sanitaire, et pas le virus Sars-CoV-2.

Depuis le début, cette crise a été plus politique que médicale, ce qui est confirmé par la politique sanitaire d’autres pays. L’Autriche semble revenir sur son plan de vaccination obligatoire, Israël abandonne la quatrième dose de vaccin, et la Suède ... Poursuivre la lecture

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