Coronavirus : sans l’État, qui vous contaminerait ?

La pandémie de Covid19 illustre une nouvelle fois les carences lamentables de la gestion étatique sanitaire, et de la santé des citoyens en général.
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Coronavirus : sans l’État, qui vous contaminerait ?

Publié le 4 mars 2020
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Par h16

L’erreur est humaine, persévérer est diabolique, dit-on. Mais pour une bonne petite pandémie planétaire, qui de mieux que l’État ? Avec le coronavirus, on en a, encore une fois, une brillante démonstration.

Le constat est aussi macabre qu’implacable : le coronavirus, qui a déjà, à cette date, fait plus de 3000 morts, n’aurait probablement pas eu autant d’impact sans l’intervention musclée du meilleur de l’État aux étapes cruciales de l’épidémie maintenant mondiale.

Début décembre, alors que les premiers cas se présentaient, les autorités gouvernementales chinoises (locales d’abord, nationales ensuite) ont rapidement fait le nécessaire pour étouffer les méchantes rumeurs et les malades dans leur mucus, tout en se gardant bien de toute mesure ferme visant à contraindre ce qui apparaissait pourtant, dès le début, comme une péniblerie biologique difficile à gérer. Fin décembre, alors qu’apparaît le témoignage d’un médecin ne laissant plus guère de doute sur la transmission du virus d’homme à homme, le gouvernement chinois décide courageusement de l’emprisonner.

On peut certes tortiller les faits, ils restent têtus : le gouvernement chinois n’a absolument pas aidé à comprendre le phénomène et à y mettre un terme au plus tôt, et il est clairement responsable, au moins en partie, de l’extension de l’épidémie.

Tout juste pourrons-nous noter les réponses ensuite fort musclées du régime chinois, sans garantir le moins du monde qu’elles ont effectivement permis de calmer l’épidémie. On se demandera même si la puissance de la réponse ne joue pas plus un rôle démonstratif à l’égard du reste du monde qu’un rôle médical efficace…

Parallèlement, ce qui se passe en France permet de tirer des conclusions assez similaires.

Le régime politique est (heureusement) différent, mais la capacité de l’État à répondre à côté de la plaque à une question qu’il se pose lui-même de travers n’est pas plus démentie que pour l’État chinois.

Ainsi, dès le début des rapatriements sur le territoire national de Français depuis la zone épidémique de Wuhan, plusieurs personnes remarquaient que cette opération n’était probablement pas très judicieuse. Citons le témoignage de l’épidémiologiste Yves Charpak, qui expliquait début février que ce rapatriement ne se justifiait pas et, pire encore, pouvait fort bien importer la maladie sur le sol français.

Mais voilà : l’État français s’inscrit avant tout dans la communication, confond souvent l’action avec l’agitation et utilise cette dernière comme réponse ultime à différents problèmes qui méritent plutôt de la pondération et, parfois, des décisions courageusement impopulaires.

Rapatriement il fut décidé, rapatriement il y eut. Et importation de la maladie il y eut aussi : selon toute vraisemblance, il apparaît ainsi qu’au moins une partie des infections françaises proviennent de la base aérienne de Creil où sont stationnés les militaires qui ont encadré le rapatriement des Français.

À cette petite péripétie, on se devra d’ajouter un discours gouvernemental confus, mélange hétérogène entre la volonté (logique et louable) de ne surtout pas déclencher de panique, et la succession d’actions et de messages dont le timing invraisemblable tend plutôt à la créer chez les observateurs extérieurs : déclarer un jour qu’il n’y a aucun cas sur le territoire français pour devoir admettre dans les 48 heures suivantes qu’on en dénombre déjà des douzaines avec plusieurs décès, c’est un ratage communicationnel évident.

Le principal souci est que ces collisions entre les discours et les faits montrent l’impréparation des politiciens dont on persiste à se demander ce qu’ils pouvaient bien fabriquer en janvier puis en février, pendant ces huit longues semaines où la menace était connue et la probabilité d’une pandémie de plus en plus forte : la préparation, au moins psychologique, des populations, des systèmes industriels, logistiques et de santé ne semble apparaître que maintenant, alors qu’il n’était ni idiot, ni déplacé de commencer à doter certains centres nationaux de référence en virologie de l’outillage indispensable pour faire face à une éventuelle extension de la maladie.

Ici et très spécifiquement, je pense par exemple au CNR de la Croix Rousse à Lyon qui a dû, jusqu’à présent, effectuer ses tests virologiques (PCR) à la main, à raison de deux à trois par jour, alors que des machines (Panther) pour ce faire existent. Certes, elles sont en cours de livraison, mais on s’étonne qu’elles ne l’aient pas été beaucoup plus tôt, compte tenu de la situation. De la même façon, on s’étonnera que les transmissions de données, cruciales dans ce genre de situation, reposent encore trop souvent sur le bricolage individuel des personnels héroïques de ces institutions…

En somme, tout indique que, malgré plusieurs semaines d’avertissements sur le caractère relativement inéluctable d’une extension de l’épidémie, les moyens (stocks, outils, procédures) n’ont pas été mis en place dans le système de santé français que le monde nous envie ♩ tsoin tsoin ♪ et pour lequel on paie pourtant « un pognon de dingue » ♬ tralala ♫ …

En attendant, les patients qui tentent de savoir s’ils sont ou non contaminés en seront pour leurs frais : à raison de deux ou trois PCR par jour, on ne peut évidemment pas tester ceux qui le veulent (et on renvoie donc les cas potentiels chez eux, un suppo et au dodo, ça ira).

Du reste, ces éléments ne surprendront que ceux qui croient encore naïvement à la propagande parfaitement grotesque d’une partie de nos institutions et de nos politiciens en mal d’électorat. Les autres pourront tenter d’appeler le numéro vert mis à disposition par le gouvernement pour entendre les conseils douteux qu’on y prodigue au sujet du coronavirus.

Là encore, compte tenu des moyens théoriquement disponibles vu les montants qui sont ponctionnés à chaque Français, on ne peut que s’étonner de la médiocrité quasi-dangereuse des résultats obtenus…

Alors, certes, on pourra se consoler en se disant, comme un article de The Economist l’explique récemment, que l’État, agissant de la sorte avec ses mesures un peu foutraques, aplatit les courbes épidémiques et permet au système social d’encaisser le choc, au prix, certes, d’une épidémie plus longue. Soit.

Mais il n’en reste pas moins que la physionomie de l’épidémie elle-même aurait été profondément différente si l’État (fut-il chinois au départ ou français dans le cas qui nous occupe à présent) n’avait pas introduit ses gros sabots et que, pour les montagnes d’argent public qui sont cramées en France, on pouvait légitimement s’attendre à un peu mieux.

L’erreur est humaine, mais pour un scandale de cette ampleur, il fallait faire intervenir l’État.



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  • A l’incohérence communicationnelle, s’ajoute celle des mesures prises. Que pense un salarié entassé le matin dans le métro ou le RER à qui l’on enjoint de ne pas dire bonjour à ses collègues?
    Si le ridicule tuait, il ferait bien plus de morts que ce virus.

    • Les transpires en commun, c’est top pour ce genre de pandémie … !

      • Je suppose que vous voulez parler des transports en commun dans lesquels, effectivement, on transpire pas mal! (Les claviers nous jouent souvent des tours quand on oublie de vérifier ce qui s’est trouvé écrit, plus souvent avec le téléphone, c’est vrai!)

      • Et j’ai oublié de dire que j’étais d’accord avec vous, mais vous avez dû le penser!

      • Attention à ne pas les faire transpirer si ce sont des fonctionnaires, ça pourrait les tuer! Ils n’ont pas l’habitude!

  • Ce qu’a fait l’Etat français (et chinois) est tout à fait dans la logique de muselage des lanceurs d’alerte.
    Qu’ont-ils fait pendant 8 semaines ? Certainement ce qu’ils font depuis des décennies à nous causer d’un réchauffement (changement) qui consiste à ne pas pouvoir gérer une canicule lors d’examen de fin de second cycle. Décaler les jours d’épreuves et distribuer des bouteilles d’eau aux candidats, ce n’est pas gérer une crise. Canicule qui était prévue par Météo France. Je ne pense pas que les bouteilles d’eau distribuées aient coûté plusieurs dizaines de milliards d’euro.
    Ils sont en charge, on ne peut rien faire sans leur aval, et ils sont incapables de gérer quoique ce soit, surtout pas une crise de météo, ni même un budget.

  • Vous aurez noté qu’au stade 3 (le stade épidémique), « il n’est plus question de freiner l’épidémie mais d’en atténuer les effets. Cela signifie que le virus circule activement sur le territoire et que les efforts doivent être déployés pour contrôler la situation. Les mesures prises au stade 3 :(…) Restrictions de circulation (fermetures de lignes de train, encouragements à utiliser le transports individuels…) ; »

    Je répète pour ceux qui n’ont pas bien lu : encouragements à utiliser le transports individuels…

    Ces-mêmes transports individuels rendus chaque jour plus compliqué à utiliser, au profit de transports mutualisés.

    Là ça serait le ponpon.

    • les conseils données aux gens sont identiques à ceux donnés pour la grippe..et on sait que ça marche pour la grippe..

    • Après avoir découragé les automobilistes, ils leur demandent de rouler, sans doute pour se faire des taxes radars !

  • d’abord quand on a à moitié un nom de virus ( h1N1 on t’a reconnu) on n’écrit pas pour dire du mal de not’ gouvernement…

  • « Agitation plutôt qu’action ». Quiconque a dû travailler sur des projets en « collaboration » avec des organismes d’Etat le sait. Ce qui compte ce sont les réunions, impliquer x et pas y, s’offrir ensuite de beaux déjeuners, prendre des airs importants, ne pas faire de vagues, mais certainement pas réfléchir à ce qui est efficace et prendre des décisions dans ce sens. L’argent des autres pendant ce temps entretient ce beau monde qui fait semblant de bosser (donc tous les projets prennent du retard, sont mal ficelés et coûtent trois fois le prix prévu au départ).

  • Le délais assez court, au regard des conditions d’incubations, de contagion, et de résistance a la maladie avant décès, par lequel l’Italie est passée de pratiquement aucun signe a plus de 100 morts, laisse fortement penser a, au minimum, une certaine cécité sur des facteurs de risques que l’on continue de ne pas voir.

  • Bonne nouvelle : Les coupables sont démasqués !

  • On finira par admettre un jour qu’une bonne partie de la diffusion du virus en France, a partir et autour d’une base militaire, relève d’une inconséquence gravissime de quelques-uns. C’était généreux d’aller chercher des français a Wuhan, Une plus grande rigueur dans cette opération aurait été un minimum nécessaire …..

  • La gestion de cette crise ressemble de plus en plus à la bataille de Verdun.
    L’état est prêt à sacrifier ses médecins et ses soignants comme l’a fait l’état major en son temps au slogan « ils ne faut plus reculer, ils ne passeront pas » cachant par la même toutes les erreurs de stratégie et de commandement des responsables.
    L’incapacité du gouvernement se soldera par quelques beaux discours et quelques broloques distribuées en grandes pompes lors de la remises des légions. ça coute pas cher et sa fait passer la pilule.

  • « Le régime politique est (heureusement) différent, » de moins, en moins, par les temps qui courent…

  • Les commentaires sont fermés.

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