Retraites : les syndicats en France ne défendent qu’une minorité

Comment les salariés du régime général peuvent avoir les mêmes syndicats que ceux qui leur pourrissent la vie à longueur d’année au profit d’autres catégories ?

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Manifestation du 2 Octobre 2010 - CGT by Maya-Anaïs Y. (CC BY 2.0)

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Retraites : les syndicats en France ne défendent qu’une minorité

Publié le 19 décembre 2019
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Par Gérard Maudrux.

Il y a beaucoup à dire sur la France et ses syndicats : pouvoir décorrélé du nombre d’adhérents, financement, objectifs, respect du pays ou du travail, collusion avec les gouvernants…

Un point m’a toujours frappé qui apparaît bien dans les problèmes actuels de retraite : comment les salariés du régime général et ceux du secteur public et des régimes spéciaux peuvent avoir les mêmes syndicats, qui défendent toujours l’un au détriment de l’autre, sans même chercher de compromis ou d’équité, le sens étant toujours le même.

Les syndicats, CGT en tête, se sont toujours battus pour mettre en place et maintenir des privilèges pour une seule catégorie, au détriment de l’autre, qui finance indirectement ces privilèges devenus insupportables. Ils ont un grand mépris pour ceux qui travaillent, n’hésitant pas à les en empêcher pour défendre les privilèges des seconds, sans aucun scrupules. Voilà qu’ils sont même prêts à sacrifier les vacances de millions de familles françaises.

L’évocation rituelle des services publics

Leur premier argument pour défendre ces privilèges ne dupe personne, il est pourtant utilisé à longueur d’année.

La défense de la qualité des services publics !

Un service public au service des citoyens ou bien des citoyens au service d’une minorité ayant pouvoir de nuisance ? Certains n’ont pu se rendre à un entretien d’embauche, d’autres ratent des examens et perdent donc un an, mais ce n’est pas le problème des syndicats qui méprisent les problèmes humains, qui méprisent ceux qui n’ont pas de privilèges.

Ils n’ont jamais défendu qu’une seule catégorie, minoritaire, au détriment de la majorité qu’ils méprisent. Je me souviens aussi de la grève SNCF au moment de l’éruption de l’Eyjafjöll en 2010. Les aéroports parisiens étant fermés, les avions étaient détournés, notamment sur Bordeaux, en pleine grève SNCF. Des dizaines de milliers de concitoyens en rade, sans moyens de transport. Croyez-vous qu’ils auraient suspendu temporairement la grève pour venir à leur secours ? Aucune compassion pour les Français ; même chose pour la fête de l’année qui rassemble le plus les familles. Mes privilèges d’abord, alors qu’un report à janvier aurait manifesté un peu de respect pour les Français.

Comment les salariés du régime général peuvent avoir les mêmes syndicats que ceux qui leur pourrissent la vie à longueur d’année au profit d’autres catégories ?

La situation aujourd’hui est assez surréaliste, car ces actions sont soutenues par une majorité de citoyens. Soutiendraient-ils le maintien de ces privilèges ? Bien sûr que non, mais ils soutiennent le mouvement, car la CGT et ceux qui pourrissent la vie des Français, qui n’ont aucun scrupule à détruire l’économie du pays, à déséquilibrer ses comptes par des dépenses indues, sont les seuls à pouvoir s’opposer efficacement à une réforme dont personne ne veut.

Qui défend le régime général ?

Même s’ils n’ont pas le même pouvoir de nuisance, les salariés du régime général n’ont pas de syndicat pour les mobiliser efficacement dans la défense leurs intérêts, leur souci d’équité.

En effet, la CGT manifeste-t-elle pour supprimer les régimes spéciaux ?

Non, les salariés du privé n’ont pas de syndicat pour les défendre, pas plus que les indépendants et professions libérales. Regardez les médecins dont les pensions vont baisser de 30 %, combien de syndicats pour lancer un mouvement ? Ils n’ont pas de CGT-Médecins, et si c’était le cas, serait-elle mobilisée contre les régimes spéciaux ?

La situation est ubuesque, pour la simple raison qu’il n’y a pas vraiment de syndicat. Pour les médecins, il y a longtemps que j’ai compris : qui les finance ? Pas les adhérents, et qui paye commande. Il doit en être ainsi pour beaucoup d’autres professions.

Il m’est venu à l’idée d’adresser une lettre à Macron signée de plus de 100 présidents et anciens présidents de caisse lui expliquant qu’il avait raison de défendre une réforme des retraites, mais que celle qui était proposée ne réglait en rien les problèmes d’équilibre de la répartition et qu’elle resterait dans l’Histoire comme ayant détruit les caisses qui n’avaient pas démérité depuis 70 ans et ne nécessitant pas forcément de réforme.

En voulant contacter le président de l’Agirc-Arrco, première étape avec ses dizaines de caisses affiliées, je m’aperçois qu’il est un cadre de la CFDT, ce qui pourrait expliquer pourquoi on n’entend pas beaucoup l’organisme qui gère des millions de cotisants et de retraités, salariés muselés par les syndicats qui défendent d’abord les privilèges des régimes spéciaux, et indirectement leurs propres avantages.

Pauvre France, pauvres Français, embarqués dans un système devenu ingérable, incontrôlable et non réformable.

Un petit bémol toutefois à mes propos, toujours inspiré par la situation actuelle qui met en évidence une scission : les régimes spéciaux défendus par la CGT, et le régime général par la CFDT ? Mais comment et par qui est financée la CFDT ? Qui paye commande.

 

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  • J’ai été critiqué dans un commentaire sur un de vos précédents articles pour avoir osé remettre en cause votre engagement désintéressé et votre naïveté quant au noyautage des caisses de retraites par les syndicats et le fait que c’était une source de revenus à nos frais pour eux et vous nous dites dècouvrir que le président de l’Agirc -Arrco ,malgré vos années d’engagement dans ce domaine , est un cadre CFDT ! On comprend bien en lisant votre billet la manipulation à laquelle se livre les syndicats depuis des années uniquement dans leurs intérêts !Syndicats qui confondent représentativité et pouvoir de nuisance et qui ne représentent plus que leur ombre mais qui avec la complicité de l’Etat nous jouent leur scénette habituelle à nos frais une fois de plus .
    Arrêt des subventions à çes clubs de nostalgiques de la lutte des classes et de révolutionnaires frustrés !

  • Les syndicats gèrent un budget supérieur a celui de l’etat..d’un tiers a peu prés..
    Les syndicats ne sont pas concernés par les élections , ils n’ont pas besoin d’adhérents, ils règnent!
    tous les services publics, les sociétés dont l’etat possède des participations, les administrations ,sont noyautés par des syndicats collectivistes..
    votez qui vous voulez , les politiques vous vendent un pouvoir qu’ils n’ont pas!

  • Si les affiliés au régime général soutiennent les syndicats, c’est que leur retraite sera calculée sur l’ensemble de la carrière au lieu de 25 ans, avec un malus à 62, avec la valeur d’un point qui n’est pas garantie.
    Les régimes spéciaux c’est de la com pour faire passer la réforme : même si c’est pas calculé pareil, mis bout à bout avec les complémentaires, le taux des pensions ne sont pas si différents d’un régime à l’autre, sauf pour les transports, qui recrutent désormais au régime général depuis 2 ans et ont la même durée de cotisation depuis 15 ans. Tout ça c’est du vent.
    On l’a bien compris, le gouvernement ne s’adresse pas aux salariés du régime general, mais aux retraités et papy boomers qui ne sont pas concernés, ils voient ainsi leur retraites garanties.

  • vous commencez à découvrir comment fonctionne la France depuis la fin de la guerre : répartition du gâteau fiscal entre les syndicats/partis/politiques/médias/fonction publique : c’est la nomenklatura.

  • les syndicats en France ne défendent qu’une minorité : la leur !

  • « Ils soutiennent le mouvement, car la CGT et ceux qui pourrissent la vie des Français sont les seuls à pouvoir s’opposer efficacement à une réforme dont personne ne veut. » C’est exactement ça, et si ça me fait bien chier d’être du côté de la CGT, je n’ai pas le choix. De deux maux, on choisit le moindre. Macron est encore plus nuisible que la CGT, donc je souhaite la victoire de la CGT. Jamais je n’aurais imaginé devoir écrire ça un jour ! Voilà à quoi Macron nous réduit..

    • Choisir un mal parce qu’il paraît, à un instant donné, moindre qu’un autre, c’est une politique de Gribouille. Votre mal moindre, une fois que vous l’avez choisi, se moque pas mal de quelles étaient vos raisons, il se trouve renforcé et peut très bien et très facilement rattraper et dépasser l’autre. C’est ce que nous voyons chaque jour ! Quand vous êtes face à deux maux, il faut trouver une troisième voie, impérativement.
      Tiens, si on faisait un simulateur de capitalisation ?

    • Une réforme dont personne ne veut ? Si si, une grande majorité veut la fin des régimes spéciaux et hélas a également peur de cette réforme qui pourtant n’annonce pas de changements pouvant justifier de s’acoquiner avec la CGT.

  • C’est bien le problème les employeurs et les salariés du privé n’ont pas de défenseurs. La dissolution des conseils d’administration des caisse est une nécessité pour mettre en place de vrais représentants non syndiqués .
    Vaste programme , les conseillers de l’ombre du gouvernement sont de connivence avec les syndicats qui ne représentent personne mais nourris avec les subventions publiques pour pourrire la vie des citoyens . Les employeurs et les salariés du privés doivent s’unirent pour les élections de leurs représentants aux caisses de retraites.

  • Je viens d’écouter les syndicats et le premier ministre ,pas de doute possible , les syndicalistes sont compétents, le premier ministre un mauvais comédien.
    On ne sais rien vraiment sur cette chose inscrite sur la profession de foi électorale de Mr Macron mais , deux ans pour en arriver là c’est la preuve que cette réforme est faite a contre coeur , sous pression de je ne sais qui mais il a sûrement financé excessivement la campagne électorale d’un looser.
    Non les syndicats défendent tout le monde voulant être défendu mais quand c’est national cela semble être uniquement le public..parce qu’ils sont plus réceptifs sans doute.

  • Je suis un retraité CNAV+agic +Arcco
    et de 2 autres caisses et je m’y retrouve très bien!Mais comment faire confiance à un gouvernement qui, du bout des lévres avait annoncé un chamboulement des retraites sans dire lequel, mais qui n’avait pas annoncé l’augmentation de 1.7% de la CSG des retraités et un bloquage à 0.3% sur l’inflation!! Mais aucun commentateur n’en parle…

  • Les commentaires sont fermés.

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cortège de grève
1
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Oui nous sommes les champions du monde : déficit, endettement, heures travaillées, absences au travail, grèves…

Oui cela fait 40 ans que ça dure !

Oui les politiques connaissent le problème mais refusent de le gérer !

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suisse
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