Je dirige la CGT Cheminots et j’adore Lénine ! Qui suis-je ?

Réponse : Laurent Brun, 40 ans, cravate rouge, passé par l’UNEF, formé aux Jeunesses communistes, encarté au Parti communiste et patron de la CGT Cheminots depuis 2017.

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Je dirige la CGT Cheminots et j’adore Lénine ! Qui suis-je ?

Publié le 12 décembre 2019
- A +

Par Nathalie MP.

Mes contradicteurs me reprochent fréquemment d’être sous l’emprise d’une déformation idéologique qui me ferait voir du marxisme partout. Nous sommes au XXIe siècle, que diable ! C‘est fini et bien fini, tout cela ! s’exclament-ils, pleins de réprobation. Comme j’aimerais qu’ils aient raison ! Je suis néanmoins au regret de leur dire que 30 ans après la chute du mur de Berlin, les disciples de Marx sont encore loin, très loin, d’avoir lâché prise.

Si certains avancent masqués à la faveur de la « convergence des luttes » qui se déploie sous le séduisant étendard de la protection de la planète et de la lutte contre le réchauffement climatique, d’autres ne s’embarrassent pas de ces coquetteries.

Ainsi, tout comme le leader actuel de l’opposition britannique Jeremy Corbyn adore se faire appeler « man of steel », c’est-à-dire tout simplement Staline, et tout comme son programme pour le Royaume-Uni est un véritable copié-collé du Manifeste du Parti communiste de Marx et Engels de 1848, nous avons en France un leader syndical que ses collègues des autres syndicats qualifient, certains pour s’en réjouir, d’autres pour s’en inquiéter, de raide et d’inflexible, et dont ils disent sans circonvolutions atténuantes :

C’est le visage juvénile du stalinisme.

Et pas n’importe quel leader syndical.

Opposant à la réforme de la SNCF

Je vous parle de Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots depuis 2017, qu’on a vu en première ligne en 2018 pour s’opposer à la réforme de la SNCF et à la fin du recrutement au statut de cheminot – la grève deux jours sur cinq pendant trois mois, c’était lui – et que nous voyons à nouveau monter au créneau en 2019 pour s’opposer à la suppression des régimes spéciaux qui compose un volet important – et indispensable(*) – de la réforme des retraites envisagée par le gouvernement.

On le comprend.

Avec celui de la RATP, le régime de la SNCF constitue un idéal de solidarité et de justice sociale que seuls les casseurs, les vrais, ceux qui veulent casser le service public à la française, les ultra-néo-libéraux pour le dire clairement, peuvent avoir l’étroitesse d’esprit et la sécheresse de cœur de considérer comme une somme de privilèges exorbitants et indus.

Dès lors, tout est dans le rapport de force et la mise sous pression du gouvernement. Par bonheur, Laurent Brun s’est trouvé un maître, un modèle, qui l’encourage et le soutient dans les bons comme dans les mauvais jours. Qui ? Mais le glorieux Lénine, ce héros de la révolution d’Octobre déjà plus répressif en quatre mois de pouvoir communiste que les tsars en 92 ans :

Les analyses de Lénine sont toujours d’actualité : il faut à la fois une idéologie révolutionnaire, et une organisation révolutionnaire pour la porter.

Entré à la SNCF en 2000 et rapidement détaché à plein temps pour les impérieuses nécessités de la CGT, Laurent Brun est à la fois un ancien de la maison dont les engagements à la gauche de la gauche sont aussi irréprochables que respectés, et un nouveau patron qui doit faire ses preuves.

Dans ces conditions, pas question pour lui d’adopter une position syndicale de faible intensité et de voir les occasions de lutte lui échapper :

Je ne serai pas le patron de la CGT Cheminots qui enterrera le statut !  affirmait-il en 2018.

C’était un mauvais jour. Car sauf retournement inattendu, la fin du recrutement au statut de cheminot a bel et bien été actée malgré la grève perlée de 2018 et elle prendra en principe effet dès 2020. Donc dans trois semaines. Agenda serré.

Mais pas une raison pour baisser les bras :

Ceux qui pensaient que les cheminots n’avaient plus de jus après 2018 vont être surpris.

Imposer le « droit au retrait »

En fait de jus, on a vu Laurent Brun se démener pour imposer le « droit de retrait » exercé par les cheminots après l’accident survenu en octobre dernier à un passage à niveau des Ardennes. Selon le Code du travail, la légalité de l’action était des plus douteuses, mais selon le code révolutionnaire léniniste revendiqué par M. Brun, elle était parfaitement légitime et les cheminots concernés n’avaient pas à recevoir de sanction au prétexte fallacieux qu’ils s’étaient mis en grève sans préavis.

Et nous arrivons à la mémorable journée du jeudi 5 décembre 2019 contre la réforme des retraites. Un beau succès : 1,5 million de manifestants dans toute la France (806 000 selon la police, mais c’est quand même bien) et un soutien populaire appréciable.

On va passer sans trop s’attarder sur le fait que dans l’opinion publique, la réforme coince plus sur ses contours flous et ses intentions malignes de faire tomber les excédents des régimes autonomes dans le Trésor public que sur la défense des régimes spéciaux. Et on va également passer vite sur le fait que la mobilisation de la journée d’hier (mardi 10 décembre) a été divisée par deux par rapport au 5 décembre dans les deux comptages.

Petit coup de presse supplémentaire avant les annonces gouvernementales prévues ce jour ou début de la fin pour la CGT Cheminots et ses comparses ? On en saura plus sur l’état du rapport de force mardi 17 décembre prochain, date annoncée de la nouvelle journée d’action.

Mais en attendant, on sait d’ores et déjà très bien où la CGT veut en venir avec toutes ces/ses grèves. Selon les propres mots de Laurent Brun, au-delà de constituer une pression sur le gouvernement, elles ont surtout :

Une fonction ‘économique’ pour faire perdre de l’argent au patron.

Eh bien, voilà qui est clair. La grève a pour but d’affaiblir l’économie en ciblant la figure détestée du « patron », et les revendications des grèves, si elles sont acceptées, auront aussi l’effet d’affaiblir tous les acteurs de l’économie, patrons comme salariés ou indépendants, dans une ribambelle de faillites, de licenciements et de baisse du pouvoir d’achat.

Toujours fan de l’URSS

Scénario typiquement et systématiquement perdant pour l’entreprise, qu’on a vu récemment à l’œuvre dans les McDonald’s de Marseille et qui nous confirme, malgré tout ce peuvent objecter mes plus virulents critiques, qu’en France, les syndicats d’extrême gauche trouvent bel et bien leurs origines dans les proximités du Parti communiste français avec l’Union soviétique et qu’ils sont de ce fait idéologiquement opposés à la libre entreprise.

Dès lors, le syndicalisme d’inspiration révolutionnaire léniniste revendiqué par M. Brun ne peut être qu’une obstruction à la liberté d’entreprendre conjuguée à des stratégies personnelles pour obtenir les statuts protégés garantis par notre Code du travail hyper normatif.

CQFD

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  • Tant que l’ état (les conrtribuables) continuera à donner de l’ argent public à ces mafias bolchviques le cirque et ses clowns sinistres continueront leurs manèges.

  • C’est un révolutionnaire atavique que dire de plus sinon lui clouer le bec !

  • Comment un homme, supposé intelligent, peut-il être aussi…bête ?
    Où est son intérêt (personnel et/ou de caste -future- dirigeante) si son « plan » réussit ?

    • Son interet personnel est déjà indiqué dans le texte, il a été embauché à la SNCF, il a été détaché à la CGT donc il ne travaille plus et bénéficie de multiples avantages liés à la fonction…
      C’est comme Méluche qui n’a quasiment jamais travaillé et a un des plus gros patrimoines de l’assemblée…

    • il peut « être bête » : l’argent lui coule à flot avec tout ce que l’Etat reverse à la SNCF !
      coupons ce flux et sa bêtise va vite s’arrêter (il lui faudra d’abord trouver à manger).

  • la sncf , c’est ringard et compagnie… vive la concurence

  • « Mes contradicteurs me reprochent fréquemment d’être sous l’emprise d’une déformation idéologique qui me ferait voir du marxisme partout »

    Pourtant, il suffit de regarder les images des piquets de grève ou des manifestations : la drapeau rouge orné de la faucille et du marteau est très fréquent.

    Ces gens là n’ont rien appris, rien compris.

  • Mr Brun ne cherche en réalité qu’à prolonger par ses présences médiatiques opportunes ses lignes de CV (Unef etc ) pour probablement prétendre remplacer Martinez le moment venu. Pas tant idéologue que ça le pépère..

  • Il faut les nommer systématiquement comme marxistes léninistes coupables de plus de cent millions de morts .LEs dénoncer sans arrêt.

  • Rouge Brun
    Ce type est prédestiné. On se souvient qu’en 1940, un dirigeant de la CGT a rejoint Petain, rédigé le statut des Juifs et instauré la retraite par répartition défendue par toutes les gauches, LR et RN compris.

    Quant à son idole, c’était juste une grosse merde.

  • Au moins c’est clair. Ce Laurent Brun ne se préoccupe pas d’améliorer le sort des cheminots; il veut détruire l’économie de marché et instaurer une économie collectiviste de type vénézuélienne.

  • Payez avec nos impôts comme fouteur de merde a plein temps. pas étonnant qu’il souhaite perpétuer le système. Ce qui est plus étonnant c’est que des abrutis ne bénéficiant pas de ce système parasitaire, défilent dans la rue pour soutenir les privilèges des Nazo-Gochos.

  • Le communisme devrait etre interdit au même titre que l’islamisme radical ou l’écologie suicidaire ils font tous partie de la même bande de fossoyeurs de l’humanité. Y a pas de gants a prendre avec ces gens là , le bannissement ou la corde…et comme nous ne sommes pas des barbares ,leurs couper les vivres ,la société n’a pas a les nourrir !

    • on peut déjà commencer par arrêter de lui distribuer de l’argent gratuit de nos impôts (le 1% du CA d’EDF, le soutien au quotidien l’Humanité…) ; on

  • Plus de financement public aux syndicats et ça va vite remettre les pendules à l’heure (et les trains aussi)

    • Les pendules, sans doute, mais pour les trains, il y a une culture spéciale à la SNCF dans le traitement des usagés/usagers, culture qui n’est pas près de disparaître. Une anecdote révélatrice :
      La semaine dernière, pris d’un besoin pressant à proximité de la gare de Brest, je me rends sur le quai aux toilettes de la gare. Décevante surprise ! Les urinoirs venaient d’être démontés… L’explication découverte dans la presse locale avant-hier m’a sidéré. Le problème, détecté dès 2017 par une visite d’un groupe de femmes mandaté pour faire ses remarques, type client-mystère je suppose, sur les aménagements des transports, est que ces urinoirs étaient gratuits alors que les femmes doivent payer 0.2€ (la vie est bon marché à Brest) pour satisfaire leurs besoins naturels dans leurs toilettes adjacentes. Reprise récemment dans un tweet d’une voyageuse de passage, dénonçant ce sexisme, la situation a conduit la SNCF et la municipalité à étudier la question et à conclure que pour rétablir l’équité, il fallait démonter les urinoirs gratuits pour imposer aux voyageurs mâles les 0.2€ de la cabine destinée à l’origine à satisfaire des besoins plus consistants. Tant que SNCF et municipalités consacreront leur temps et leurs moyens décisionnels à ce genre de chose, que les syndicats cessent d’être financés ne suffira pas à faire rouler les trains comme il se devrait.
      Pour ceux qui voudraient en savoir plus, la presse nationale a même pris le relais pour diffuser l’information hier, mais au-delà de l’absurdité comique de la chose, l’état d’esprit SNCF est révélé dans cette anecdote comme jamais.

      • Oh p…. !

        Jusqu’où repoussera t’on les limites de la connerie ?
        (j’ai failli écrire humaine, puis j’ai réalisé que la connerie n’est qu’humaine…)

  • Je suis contre toute Nationalisation d’un système économique, c’est ma vision libérale.. Par contre ce Laurent Brun , concurrent de Macron mais lui « Bolchévique » » doit être sorti du jeu.Les méthodes staliniennes qui consistent à éliminer les peuples par la faim, la déportation et autres massacres ne sont pas admises dans une démocratie.

  • Tout cela n’est pas faux. Mais sincèrement, je ne vois pas en quoi le macronisme serait fort différent du stalinisme. En quoi Macron soutiendrait-il la liberté d’entreprendre, quand est soutenue d’abord, dans une proximité malsaine, la liberté du conglomérat et de l’oligopole. Le parasite Warren Buffet n’est pas un entrepreneur, juste un accapareur. Entre les projets de Xi Jinping et ceux d’E. Macron, quelle différence ?

    • Je n’ai pas dit « différent » mais ‘concurrent ». Ne me faites pas dire ce que je n(ai i pas dit

    • WB est un entrepreneur. Lisez sa bio, il a commencé en créant une boite pour faire distribuer le journal par ses copains plutôt que de le faire lui-même, une idée qui si je l’avais eue m’aurait multiplié mon argent de poche quand moi j’avais 12 ans aux US… Ensuite, il a aidé des boites à se développer, et n’a confisqué la richesse de personne. La liberté du conglomérat et de l’oligopole ne sont en fait que le manque d’initiative ou de pertinence de ceux qui pourraient leur faire concurrence… quand cette concurrence n’est pas écartée ou interdite par l’état.

  • Comme Marchais qui n’avait plus touché un tournevis depuis son passage chez Messerscmitt!
    140 000 personnels de la SNCF sur 64 000 000 d’habitants et en plus de financer leurs avantages par nos impôts il faut subir !!!!!!!

  • « les disciples de Marx sont encore loin, très loin, d’avoir lâché prise »

    Parce que le communisme n’a pas eu droit au même traitement que le nazisme (procès, chasse à l’homme, interdiction dans l’espace public) alors que les crimes des deux sont strictement de même nature.

    Il n’est jamais trop tard pour corriger la situation.

  • Le seul moyen démocratique de faire cesser ces agissement serait de les éliminer (qui? les agissements ou autres? Pour mon compte et sans aucune vélléité meutrière, ce serait une ba..e mais bon, nous n’avons pas le droit de le dire mais encore moins de l’écrire, pour trouver le mot il faut remplacer les points par : »l’oiseau les utilise pour voler »). Ce sont des méthodes qui pourraient être qualifier de faschistes, mais qu’apporte-t-il réellement à la société, rien simplement des complications, des coups tordus…. Ce sont des tarés dégénérés qui pensent toujours de travers au détriment des autres.

    • Il y a des moyens plus doux : forcer tous les travailleurs à être syndiqué après avoir créés de nouveaux syndicats. La plupart des gens étant assez modéré voire inerte, les syndicats extrémistes seraient des minorités et vu comme tels, qui perdraient les avantages du paritarisme et on aurait plutôt des négociations à l’allemande.

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