Sous-développement des retraites : 61 milliards par an manquent à l’appel

Comment est née la règle des 3% ?By: Images Money - CC BY 2.0

Le sous-développement des retraites coûte chaque année à la France de l’ordre de 2,6 % du PIB, soit l’équivalent de nos déficits publics.

Par Frédéric Mas.

Alors que la France se bloque pour protester contre la réforme Delevoye en matière de retraites, une nouvelle étude de l’Institut économique Molinari, en partenariat avec Contrepoints, pointe la faiblesse des propositions du gouvernement pour sortir de la crise structurelle dans laquelle notre système par répartition est enfermé.

Le constat est sans appel. Les retraites en France ne sont pas bon marché. Reposant à 98 % sur la répartition, elles sont plus coûteuses que chez nos voisins ayant accumulé des capitaux en pour financer une partie.

Dérive des finances publiques

Les retraites expliquent une partie significative des dérives des finances publiques françaises depuis 1945. En effet, elles ont progressé 10 fois plus vite que les autres dépenses publiques sur une soixantaine d’années et expliquent à elles seules, de 1959 à 2017, 59 % de la progression des dépenses publiques.

Evolution des dépenses publiques retraite ou autres de 1959 à 2017 (source : Institut Molinari)

Le sous-développement des retraites coûte chaque année à la France de l’ordre de 2,6 % du PIB, soit l’équivalent de nos déficits publics. Le sous-développement des réserves des systèmes publics de retraite (Fonds de réserve des retraites…) explique 0,7 point de PIB manquants et le manque d’épargne retraite privée explique 1,8 point de PIB manquants.

Pour compenser ce manque à gagner, notre système de retraite par répartition s’appuie largement sur l’impôt et les déficits, ce qui entraîne nécessairement un ralentissement de la croissance économique générale du pays.

La fausse réforme Delevoye

Toujours selon le rapport de l’Institut Molinari/Contrepoints, la réforme Delevoye se fourvoie car elle ne propose pas de sortir du système par répartition pur. Pire encore, elle est en train d’organiser la nationalisation des caisses d’assurances vieillesse et des régimes de retraite indépendants.

Au lieu d’améliorer la situation en assainissant les comptes, comme le note Nicolas Marques, on grave dans le marbre un travers français, à savoir le sous-dimensionnement de l’épargne retraite.

La solution proposée par l’étude, qui n’est pas celle de la bien trop timide réforme Delevoye, est la diversification du système des retraites, en lui ajoutant un volet de capitalisation. C’est en effet par plus de liberté et de concurrence qu’on trouvera la solution au problème des retraites, certainement pas par le statu quo.

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