Manifestations contre les retraites : ne mettons pas tout le monde dans le même sac !

Manif JPA_3672 LR by Jacline (CC BY-NC-ND 2.0) — Jacline, CC-BY

En septembre, fonctionnaires, professions libérales, syndicats manifestent tous contre la réforme des retraites mais pour des motifs totalement différents.

Par Phoebe Ann Moses.

En septembre, tout le monde sera dans la rue : les fonctionnaires, les professions libérales, les syndicats. Si le mot d’ordre est le même pour tous (« Pas touche à ma retraite ») les motifs sont en revanche totalement différents, voire en opposition.

Revendications des régimes spéciaux

Du côté des fonctionnaires, le système de retraite est avantageux puisqu’il est calculé sur les 6 derniers mois de salaire. La ligne correspondant aux cotisations retraites, sur la fiche de paye, est une comptabilité virtuelle : il n’y a pas à proprement parler de « réserve » financière pour servir la retraite des agents de l’État. Leur pension leur est servie via les finances publiques, donc les impôts, et même, plus exactement, puisque l’État est endetté, via de la dette, réserve d’argent que l’on croit inépuisable.

Ce sont les fameux régimes spéciaux.

Les retraites des professions libérales

Du côté des professions libérales, il ne s’agit pas d’argent public : leurs cotisations sortent de leur poche, donc sont directement le fruit de leur travail. Elles sont souvent exorbitantes (il faut bien tenir compte de la réalité comptable). Elles sont calculées sur les 25 meilleures années d’activité. Elles sont gérées par des caisses autonomes, qui ont une gestion que l’on appellera « de bon père de famille » : ces caisses ont constitué des réserves, en prévision, justement, des aléas de la réalité (augmentation du nombre de retraités, diminution du nombre de cotisants, par exemple, cela afin d’assurer que les pensions soient servies. Du moins en théorie).

Nationaliser, piquer l’argent des autres : la bonne vieille recette socialo-communiste

Le réforme des retraites prépare une chose absolument inimaginable ailleurs que dans un pays communiste : le gouvernement voulant « aligner » tout le monde sur les mêmes critères, il a prévu de faire main basse sur les caisses de retraites complémentaires des professions libérales. Qui sont gérées correctement et donc « excédentaires ».

Cet « argent des autres » suscite bien évidemment l’appétit d’un État qui ne sait pas gérer ses entreprises, qui sert des retraites royales à ses fonctionnaires encore fringants de jeunesse, et qui n’a plus d’argent pour le faire !

Ce qui s’appelle « réforme des retraites » est en réalité ni plus ni moins qu’un pillage de l’argent de particuliers, professions libérales, qui ont cotisé cher et vont voir l’argent de leurs cotisations mis au « pot commun », sous prétexte d’égalité et de justice.

En ce mois septembre, il s’agira donc de ne pas confondre des revendications comme celles des agents de la RATP, et celles des professions libérales : les uns veulent conserver leurs privilèges ; les autres veulent juste qu’on ne les vole pas.

Justice sociale pour qui ?

Ce qui sera certainement appelé « une manifestation de nantis » est en réalité la mise au grand jour de ce qui se trame : le vol de la propriété privée, le vol du fruit du travail, pour alimenter une retraite « plus juste pour tous » dont on peut d’ores et déjà supposer qu’elle servira les fonctionnaires les premiers.

L’État est un piètre gestionnaire. Il l’a prouvé dans tous les domaines où il intervient : d’AREVA à la SNCF, de l’entretien des routes aux hôpitaux, de Pôle Emploi au financement de la formation continue. Et il se targue aujourd’hui de faire des retraites « plus justes ».

Quand j’entends les mots « justice sociale » sortir de la bouche des politiciens, je sors… ma plume.

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