Les produits phytosanitaires : pour des aliments sains et de qualité

Champs by bpmm (CC BY-NC-ND 2.0) — bpmm , CC-BY

Que se passerait-il sans produits phytosanitaires protégeant les plantes des champignons et moisissures, des mauvaises herbes et des parasites ? Pour commencer, nous aurions beaucoup moins de nourriture. Ce que nous aurions serait plus cher et moins sain.

Par Jennie Schmidt.1

Verrouillez-vous votre porte la nuit ? Portez-vous un manteau quand il fait froid dehors ? Mettez-vous votre téléphone portable dans un étui ?

Si vous faites l’une ou l’autre de ces choses, c’est parce que vous croyez au pouvoir de la protection – contre les cambrioleurs, les éléments ou la maladresse ordinaire. Ces simples garanties nous aident à mener une vie meilleure.

Mes cultures ont aussi besoin de protection. Elles ont besoin de défense contre les insectes qui veulent s’en régaler, les mauvaises herbes qui veulent voler leur eau et leurs nutriments, et les maladies qui veulent les infecter.

Dans notre ferme du Maryland, nous utilisons une large gamme de produits phytosanitaires pour nos raisins de cuve, nos tomates pour la conserve et nos haricots verts destinés au marché, ainsi que pour notre maïs et notre soja. Ils nous permettent de cultiver des plantes plus fortes et en meilleure santé. Pour les consommateurs, cela signifie une nourriture plus abondante, meilleure et plus abordable.

Malheureusement, beaucoup de gens comprennent mal la protection des cultures. Cela donne lieu à de la confusion, à des rumeurs et à la science poubelle. Je voudrais mettre les choses au clair.

Le fongicide est l’un de nos outils les plus élémentaires de protection des cultures. Quiconque a laissé traîner du pain trop longtemps sait ce qui peut arriver : la moisissure frappe et se propage. Bientôt, elle détruit tout le pain.

Les feuilles ressemblent beaucoup à des pains : la même chose peut leur arriver dans le champ. Comme un médicament préventif, les fongicides éloignent ces menaces. C’est aussi bon pour les consommateurs car personne ne veut acheter des aliments moisis à l’épicerie ou au marché.

C’est également bon pour la ferme car les plantes exemptes de maladies produisent des tissus verts sains. Leurs feuilles deviennent des panneaux solaires miniatures convertissant la lumière du soleil en énergie permettant aux fruits et aux légumes de mûrir.

Tout ce qui perturbe ce processus est une menace. Les moisissures, le mildiou, l’oïdium, etc. sont un problème majeur, surtout pendant les années humides, mais ce n’est pas notre seule préoccupation. Nous devons également lutter contre les mauvaises herbes et les insectes. Tous deux s’attaquent à nos champs et nous utilisons des produits phytosanitaires appropriés pour les défendre.

Les herbicides ont pour but de limiter la concurrence des mauvaises herbes, qui cherchent à priver nos cultures de l’humidité et des nutriments du sol. Si nos plantes ne reçoivent pas ce dont elles ont besoin de la nature, elles ne pousseront pas comme elles le devraient et ne pourront pas produire la nourriture que nous voulons. Nous faisons donc de notre mieux pour nettoyer les mauvaises herbes de nos champs.

Un autre avantage de la lutte contre les mauvaises herbes avec la protection des cultures est que nous pouvons nous engager dans une agriculture plus durable. Avant l’avènement des herbicides, le meilleur moyen de détruire les mauvaises herbes était de labourer, autrement dit de retourner le sol avec des charrues, en déracinant les mauvaises herbes et en les tuant. Le problème est que le labour nuit au sol, libère son humidité et expose les particules de terre aux forces du vent et de la pluie. Cela signifie que nos produits phytosanitaires de protection des cultures sont également des produits de protection des sols. Ils nous permettent de garder notre terre arable intacte, de nous lancer dans l’agriculture sans labour et de nous défendre ainsi contre l’érosion des sols.

En plus de lutter contre le mildiou et autres cryptogames et les mauvaises herbes, nous utilisons des produits de protection des cultures pour vaincre les insectes. Ils aiment nos cultures presque autant que nous, et essaient constamment de manger ce que nous cultivons.

Chaque bouchée qu’ils prennent, cependant, nuit à nos plantes. Leurs attaques causent des dommages physiques et ouvrent des portes aux maladies. Pensez-y comme à une coupure à la main : si vous ne la soignez pas, vous risquez une infection. La même chose est vraie pour les cultures. Lorsque les insectes mangent ou sucent les feuilles, ils entaillent leur cuticule et permettent aux bactéries et aux maladies de pénétrer. Nous utilisons donc des pesticides pour les contrecarrer.

Nos produits phytosanitaires fonctionnent bien, mais ils sont également sûrs. Je le sais parce que je les manipule moi-même : un de mes travaux sur notre ferme consiste à mélanger et à appliquer nos traitements. Ils ont tous passé les tests et répondent aux normes de santé et de sécurité établies par l’Agence de Protection de l’Environnement. Si j’avais des inquiétudes au sujet de ces outils, je ne les utiliserais pas : en plus d’être agricultrice, je suis aussi une mère. Je ne mettrais pas ma famille en danger.

Que se passerait-il sans produits phytosanitaires protégeant les plantes des champignons et moisissures, des mauvaises herbes et des parasites ? Pour commencer, nous aurions beaucoup moins de nourriture. Ce que nous aurions serait plus cher et moins sain. Plus de belle apparence, mais des cicatrices et des difformités.

Si vous préférez des pommes rouge vif au goût délicieux aux pommes à taches brunes contenant des vers, vous préférez un monde offrant une protection des cultures sûre et efficace.

Nous devrions peut-être cesser de les appeler « produits de protection des plantes » et envisager de les appeler « produits de protection des aliments », car c’est leur principal objectif : nous aider à garantir des aliments sains et de qualité pour tous.

Traduction par Wackes Seppi de Setting the Record Straight about “Food Protection Products”

  1. Jennie Schmidt est une agricultrice de troisième génération qui produit des céréales, des légumes et des raisins de cuve dans une ferme familiale sur la côte est du Maryland. La ferme a pour ambition de pratiquer une « agriculture synergique » en utilisant les meilleures méthodes agricoles pour créer des sols sains et une production alimentaire saine et durable. En tant qu’agricultrice, maman et diététicienne, Jennie se passionne pour la création d’un lien entre les gens et la nourriture et l’agriculture.