Crit’air à Rennes : on pénalise les automobilistes une nouvelle fois

Sous couvert de préservation de la qualité de l’air, des élus locaux surfent sur une vague d’hygiénisme visant à montrer du doigt, via une pastille, celui qui aurait le malheur de rouler dans une voiture achetée pourtant en toute légalité.

Par Pierre Chasseray.

Depuis sa création par Ségolène Royal, la vignette Crit’air, « visant à établir une classification des véhicules par rapport à leurs émissions polluantes », n’en finit plus d’être utilisée par un petit nombre de communes comme un moyen de poursuivre une persécution de l’automobile en ville.

Sous couvert de préservation de la qualité de l’air, la plupart de ces élus locaux surfent sur une vague d’hygiénisme visant à montrer du doigt, via une pastille, celui qui aurait le malheur de rouler dans une voiture achetée pourtant en toute légalité.

Pourtant cette vignette n’est pas, contrairement au message politiquement correct repris en chœur, un moyen de classifier en fonction de la pollution. Ce classement repose sur des critères d’ancienneté, sous entendant ainsi qu’il y aurait une date de péremption sur nos automobiles.

Certes, il est indéniable que les technologies progressant, les émissions polluantes de nos véhicules se voient abaissées au fur et à mesure du temps. Ainsi, les concentrations de soufre ont baissé de 84% depuis 2000, l’oxyde d’azote de 30% et les particules fines de 33% au niveau de la comparaison du parc automobile roulant en moins de 20 ans. L’évolution est donc indéniable, tout comme il est indéniable que les anciennes motorisations diesel présentaient des concentrations polluantes bien supérieures à ce que la Recherche et Développement des constructeurs a permis d’atteindre aujourd’hui.

Le véhicule polluant d’aujourd’hui est celui propre d’hier

Cependant, ne perdons pas de vue que le véhicule que nous considérons comme  polluant aujourd’hui au regard de cette classification était le véhicule propre d’hier. Et de même, ceux classés parmi les plus vertueux selon l’éligibilité aux meilleures vignettes Crit’air ne sont que les véhicules que nous considérerons polluants demain.

Nous devons entendre que l’évolution technologique est en mouvement perpétuel et que ce n’est pas en opprimant les usagers les plus démunis, possesseurs de véhicules anciens, que nous parviendrons à inciter les Français à changer de véhicules pour pousser à la consommation d’un véhicule que nous considérerons, à coup sûr, bien trop polluant dans quelques années.

La restriction ne sera jamais la solution. Et l’utilisation de cette vignette injuste et stigmatisante sera toujours la marque d’élus qui n’ont pas compris que l’on ne roule pas tous en véhicules municipaux avec un chauffeur payé par nos impôts !