Nucléaire : la relance ?

Comme disait un célèbre savant (Albert Einstein) : « Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre ».

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Le nucléaire by MPhotographe(CC BY-ND 2.0)

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Nucléaire : la relance ?

Publié le 31 décembre 2022
- A +

En avant l’équipe de France !

La relance actuelle du parc nucléaire français, bien que tardive, est une bonne nouvelle pour l’industrie et pour les Français. Mais sera-t-elle suffisante pour rattraper le retard pris pour une production d’électricité décarbonée, abondante et bon marché ?

 

Aligner les planètes

Si tous les acteurs marchent dorénavant dans la même direction, comme il y a 50 ans lors du grand lancement du nucléaire en France, pour constituer une équipe cohérente, alors oui la France sortira de l’ornière où l’ont conduit 20 ans d’incohérence, d’imprévoyance et de joutes politiques à courte vue pour cajoler un électorat vert minoritaire.

Cette relance du nucléaire français par la commande annoncée à Belfort, début 2022, par le président de la République, de 6 réacteurs EPR, puis ensuite de 8 autres, est-elle trop molle dans sa mise en application ?

Le ministère de la Transition énergétique infiltré par les antinucléaires et dont dépend le secteur énergétique en France semble trainer des pieds. Il donne l’impression d’œuvrer plus activement pour ériger des éoliennes et pour fermer la centrale nucléaire de Fessenheim que pour soutenir la relance du nucléaire.

L’Agence pour la maîtrise de l’énergie (ADEME), notoirement antinucléaire, ne s’agite guère pour produire une étude théorique « 100 % d’énergie nucléaire » au même titre que son document idéologique, « Un mix électrique 100 % renouvelable en 2050 » aux hypothèses fantaisistes.

Le Réseau de transport d’électricité (RTE), ayant eu à sa tête de 2015 à 2020 un ancien député (François Brottes) promoteur de la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 qui envisageait la fermeture de 14 réacteurs en 2035, ne semble pas non plus pressé de lancer ses forces dans la nouvelle bataille pour promouvoir le nucléaire.

Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), bien qu’incluant le mot « atomique » dans son intitulé, semble davantage s’intéresser aux « énergies alternatives » qu’au nucléaire depuis plusieurs années. Son actuel administrateur général (François Jacq) ne semble pas vouloir modifier cette orientation.

Les 36 pages de papier glacé du journal du CEA vers ses personnels « Les défis du CEA » de septembre/octobre 2022 (bien après le discours du président de la République à Belfort…) parle de tout : réchauffement climatique, communication quantique, imagerie cérébrale, photovoltaïque, réalité virtuelle, astrophysique, matériaux en couche ultra-mince, nanoélectronique, imagerie d’un crâne de mammouth, recherche sur les lasers, réseau électrique du futur, gaz et chaleur, anticorps monoclonaux thérapeutiques… Mais pas un mot sur le nucléaire !

Depuis plusieurs années, c’est la tendance, mais il y avait au moins un entrefilet de nouvelles nucléaires. Comment le personnel du nucléaire perçoit-il cette absence d’intérêt ?

 

Constituer l’équipe de France

Des consignes claires ont-elles été données aux grands corps de l’État avec vérifications de leur prise en compte ou le gouvernement se paye-t-il de mots ?

Qui pilote ce grand programme annoncé de construction de 14 réacteurs nucléaires ?

Cette relance annoncée du nucléaire repose-t-elle sur une volonté molle ? Auquel cas rien ne suivra derrière les effets de manches et les déclarations ne seront pas suivies d’effets !

Le renouveau efficace du nucléaire passe par un réalignement des planètes pour orienter tous les acteurs dans le sens de la nouvelle volonté présidentielle favorable au nucléaire. Il s’agit d’aligner durablement la limaille (les grands responsables de la production et de la distribution d’énergie) dans le sens du champ magnétique (la volonté politique).

La production énergétique devrait être intégrée dans un grand ministère de l’Industrie plein d’allant et ne plus dépendre d’un ministère « antinucléaire » qui s’ingéniera au mieux à absorber les efforts comme une éponge et au pire à les saborder.

Comme disait un célèbre savant (Albert Einstein) : « Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre ».

Alors, en avant la nouvelle équipe de France des bâtisseurs qui, pendant au moins 30 ans, devra construire une quarantaine de nouveaux réacteurs de type EPR pour succéder au parc des 56 réacteurs nucléaires existants !

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  • C’est une bonne chose. Savez-vous quel sera le montant de l’investissement nécessaire pour construire ces 14 réacteurs, et quel est le calendrier de mise en service?

    -3
  • Si macron le dit c’est que ça doit être vrai.

    remarquable bonhomme, il préside à l’avenir…il est le premier président à décider pour après son mandat. voiture thermique toussa…

    et si… le prochain président est écolo?
    « Il ne faut pas compter sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre » cela vaut pour le politique voire la démocratie..

    tant que le nucléaire cherchera la protection du politique il en sera son jouet.

    Admirons l’introduction.. ce n’est pas VRAIMENT décarboné , que ce soit abondant , bon marché ne détermine pas que ce doit être le choix. .

    il faut que ce soit un meilleur rapport qualité prix que la concurrence …
    cette idée absurde qu’il faille le meilleur prix de revient possible c’est un raisonnement qui conduit à la trabant.. pas cher et ça roule..
    quant à la qualité.. certain accordent peu de cas aux « émissions carbones » , d’autres boycottent le nucleaire, d’autre le gaz de schiste ..
    Une autre façon d’border la question électrique serait par exemple la fin des tarifs nationaux… l’électricté au prix coutant..pour le client.. et sans doute une autre approche du réseau..
    si on veut savoir ce que le réseau devrait être il faut sans doute revenir à ce qu’il était avant que l’etat s’en mêle.. vous savez pour baisser « les couts »..

    -1
    • peu de remarques sur les désirs des clients…qui je suppose , et comme le suggère le président macro, n sont aussi planifiables..vous savez la diminution programmée de consommation d’énergie… voitures électriques, chauffage ..
      tout est prévu.. d’ici peu tous les logements seront isolés pas besoin de jus pour chauffer…
      dans tous les autres secteurs on commencerait par là… la spéculation sur les besoins futurs en électricité..et ce qu’offre la concurrence..

  • Le père Noël n’existe pas, seulement le père fouettard et son représentant en France, macron, il n’y aura pas. De relance du nucléaire, c’est impossible, l’ue ne le permettra pas. La. France doit s’écrouler.

  • Macron a fait des effets d’annonces pour le petit peuple de sans dents. Il n’a fait voté aucune loi annulant les fermetures des centrales nucléaires et modifiant le magnifique mix énergétique ; et il n’en a aucune intention. Les EPR annoncés font partie du mix énergétique.
    Normal. Après sa présidence, s’il veut un poste important à l’Europe, il doit démontrer 2 choses :
    1) qu’il est un écolo pro allemand donc anti nucléaire
    2) qu’il est capable de raconter n’importe quoi à n’importe qui et être crédible
    N’oublions jamais l’adage (qui n’est pas d’Albert) : « les promesses n’engagent que ceux qui les croient « .

  • Notre président est un « faible » qui ne sait suivre que les directives européennes….. et surtout sa première ministre qui est une écolo pure et dure. Il suffit de voir son parcours…. nous allons vers une décroissance, c’est acté avec l’annonce de la fin de l’abondance ! sans vision d’avenir, nous serons à la remorque de l’Europe, enfin plus précisément de l’Allemagne…. Pendant ce temps les PME, artisans souffrent d’une énergie non compétitive et risquent de cesser leurs activités. Comme d’habitude, il ne se passe rien, que des déclarations… nous allons clairement dans le mur !

  • En écoutant les auditions de tous nos « haut-fonctionnaires’ qui se succèdent devant la Commission de l’Assemblée, comme aurait dit R.Devos : J’ai des doutes. A part Bréché (mais je n’ai pas regardé toutes les auditions): « J’ai fait ce que l’on m’a demandé dans le cadre de mes prérogatives fixées par la loi, et des lois etc, etc… Je le jure ». Et le jeune Président de la Commission d’essayer désespérément de savoir d’où sort « Ce 50% de Nucléaire » ????? et autres décisions.

    • Ces hauts fonctionnaires dont vous parlez seraient beaucoup plus crédibles s’ils avaient alerté en temps et en heure, c’est à dire quand ils étaient en poste.
      Le problème est toujours le même : pour faire carrière, il faut parfois être compétent mais il faut surtout être fayot. Ce principe est aussi valable dans le privé.

  • Je partage, hélas , le pessimisme de Michel Gay concernant cette possible relance du nucléaire.
    Macron ne travaille pas pour la France et il ne fera rien de concret pour résoudre efficacement le problème. L’arrêt de Fessenheim et pire l’arrêt du programme ASTRID sont des décisions qui démontrent clairement les véritables intentions du gouvernement actuel et de son chef dans le domaine.
    Et, quand bien même, par miracle, le chef de l’état aurait changé son fusil d’épaule, les centres de décisions administratifs ou parallèles complètement noyautés depuis plus de vingt ans (ministère de la transition écologique, ONG diverses et variées, ADEME…) se chargeraient de saboter toutes initiatives susceptibles d’aboutir, dans la mouvance de leur politique menée depuis plus de vingt ans qui, il faut bien le dire à remarquablement fonctionné, et nous à conduit à la situation ubuesque mais catastrophique que nous vivons aujourd’hui.
    Quant au CEA dirigé par François Jacq, nommé par Macron, il est de grés ou de force, obligé de suivre le mouvement en essayant de masquer le mot nucléaire devenu pour de nombreuses personnes influentes en France et en Europe politiquement incorrect. La révolte ne viendra donc probablement pas de ce côté là d’autant plus que le savoir-faire historique est en train de se perdre comme dans tous domaines laissés trop longtemps en friche pour ne pas dire à l’abandon.

  • Que Michel Gay se rassure et se désole.
    Qu’il se rassure…Parce que le nucléaire sera bel et bien relancé. Pour des raisons pragmatiques. On ne pourra faire sans.
    Qu’il se désole… Parce que son rêve humide de fin des ENR ne se concrétisera jamais. Pour des raisons politiques. Elles sont imposées par des directives européennes sans cesse renouvelées.
    Et je dois avouer, au risque de massifs dislikes, que cela me convient parfaitement. A moi qui met dans le même paquet les antinucléaires et les anti-éoliens.

    -6
  • On peut également se demander ce qu’en pense notre première ministre.
    Si on voulait réellement relancer le nucléaire, on y affecterait tous les budgets qui sont gaspillés dans les énergies intermittentes. Ce n’est pas ce qui est prévu avec notre théoricien du « en même temps ».
    Pourtant, quand un pays est ruiné comme nous le sommes, il faut définir des priorités et s’y tenir.
    Tant qu’on aura une classe politique dont le seul horizon est la prochaine élection, il ne faudra pas s’attendre à des miracles.

  • La relance du nucléaire en France représente un défi que les personnes actuellement en charge ne relèveront pas, pour les raisons bien expliquées par Michel Gay.
    Car malheureusement, il faudrait engager ce projet d’une toute autre manière : l’option de 6 EPR semble être là pour enliser définitivement le projet. L’EPR est une machine quasiment inconstructible de l’aveu même d’Henri Proglio ancien président d’EDF. On a peut être même trop perdu de compétences et de savoir faire pour parvenir à achever celui de Flamanville. S’obstiner à le multiplier mènera à une impasse industrielle qui confortera les arguments des opposants au nucléaire (c’est peut être ce que cherche M. Macron).
    Vu la sous-capacité de notre système de production électrique, qui deviendra de plus en pus aiguë à mesure qu’on cherchera à remplacer de plus en plus les énergies fossiles par l’électricité, il faudrait se préparer à des révisions déchirantes :
    • Achever l’EPR de Flamanville et abandonner la construction d’autres unités de ce type ;
    • Installer sur d’autres sites des centrales à eau pressurisée plus petites ayant fait leurs preuves et disponibles auprès de fabricants étrangers (USA, Corée, Japon) qui sont aujourd’hui achetées par les pays désireux de s’équiper et qui refusent les incertitudes de l’EPR Français (Pologne). Il semble que les seules centrales françaises qui ne souffrent pas du problème de corrosion sous contrainte sont les plus anciennes achetées à Westinghouse.
    • Reprendre les travaux de développement (la phase recherche est achevée) sur le réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium, très malencontreusement arrêtés par M. Macron en 2019 (programme ASTRID).

    • La corrosion sous contrainte n’est pas un problème de filière mais un problème d’ASN. Qu’un problème soit générique n’est pas une raison pour arrêter toutes les tranches en même temps, surtout quand on sait qu’on n’a pas les moyens de réparer en même temps. L’auteur de l’article peut ajouter l’ASN dans sa liste des saboteurs.

  • Ne sachant pas grand chose, je regarde ce qui se fait ailleurs. Que vois-je ?
    – qu’aucun pays ne semble se lancer dans un programme énergétique strictement nucléaire et indépendantiste, c’est plutôt le mix et la coopération qui l’emportent,
    – que la France ne me semble pas si déconnecté ou has been qu’on le dit
    – l’énergie nucléaire abondante et peu coûteuse n’a pas empêché le relatif déclin de notre pays, je n’irai pas jusqu’à y voir une relation même indirecte de cause à effet mais l’exception française allez savoir..

  • Qu’il y ai plusieurs types de production d’électricité , oui naturellement . Que les hauts fonctionnaires le décident en manipulant les élus et l’opinion ,NOn . Un vrai président doit s’entourer de personnes compétentes et décider. S’il choisit l’UE une place sera à prendre en 2024 . Le général ne prenait pas ses ordres à Berlin. Un autre peut remplacer Mozart. L’électricité solaire et éolien intermittent , ne se stock pas . On arrête tout aléatoirement losque Dieu soleil ou vent le décidera. Qui peut accepter qu’un véhicule électrique acheté 50.000. € ne puisse pas vous emmener de Paris à Marseille en moins de 24 h recharge comprise ( voir les infos des constructeurs sur les modèles existants) .Il faut remettre les pieds sur terre

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Un article de l'Iref-Europe.

 

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