Peut-on se priver des combustibles fossiles sans nuire à l’économie ?

Le prix des véhicules électriques contient une grande partie de la réponse.

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Peut-on se priver des combustibles fossiles sans nuire à l’économie ?

Publié le 16 avril 2022
- A +

Par Patrick Carroll.

Si vous avez ressenti une certaine douleur à la pompe ces dernières semaines, vous n’êtes pas seul. Les prix de l’essence sont en hausse dans le monde entier et aux États-Unis ils ont récemment atteint un nouveau record historique, battant celui de 2008.

Les raisons de ces prix élevés sont multiples, certaines étant plus évidentes que d’autres. L’impression monétaire de la Fed et le conflit Russie-Ukraine sont quelques-uns des facteurs les plus récents et les plus connus.

Mais il existe de nombreux autres facteurs qui n’attirent pas autant l’attention parce qu’ils ne changent pas beaucoup, comme les réglementations strictes sur la production de pétrole et de gaz, les lourdes taxes sur les carburants et les limites de production fixées par l’OPEP. Bien que nous ne pensions généralement pas à ces mesures lorsque nous faisons le plein, il est bon de rappeler qu’elles exercent une pression sous-jacente importante sur les marchés du pétrole et du gaz, poussant les prix bien au-delà de ce qu’ils seraient autrement.

Une victoire embarrassante

Alors que la plupart des gens sont naturellement mécontents des prix élevés de l’essence que nous connaissons, on peut se demander si les faucons du changement climatique se réjouissent de ce changement. Après tout, n’est-ce pas ce qu’ils voulaient depuis le début ? Ne poussaient-ils pas pour une taxe sur le carbone afin de rendre l’essence plus chère ?

Bien sûr, les prix élevés actuels de l’essence ne sont pas principalement dus à une taxe sur le carbone, mais le résultat est à peu près le même. Les prix élevés entraînent une baisse de la consommation. Les gens conduisent moins de voitures et se tournent de plus en plus vers des modes de transport alternatifs, le covoiturage ou l’absence de transport lorsque cela est possible. Si vous pensez que la consommation de combustibles fossiles détruit la planète, les prix élevés des carburants doivent être considérés comme une victoire.

Ce qui est gênant, c’est que s’ils sont un tant soit peu cohérents, les alarmistes doivent presque célébrer les prix qui poussent tant de gens dans les difficultés économiques. Je peux imaginer qu’un défenseur du climat se rende dans une station-service avec une pancarte indiquant que « le prix de l’essence n’est pas encore assez élevé ». Cela semble ridicule, mais c’est la conclusion logique de ce qu’ils croient. Si vous voulez un monde où la consommation de combustibles fossiles est nulle, quel meilleur moyen d’y parvenir qu’en rendant les combustibles fossiles prohibitifs ?

Alors comment sommes-nous censés nous passer des combustibles fossiles ? Selon certains, nous devrions tous acheter des véhicules électriques (VE). C’est une bonne idée en théorie, mais comme beaucoup l’ont souligné, ce n’est pas vraiment réaliste dans un avenir prévisible.

 

Comprendre le point de bascule

Si le prix relativement élevé des véhicules électriques illustre bien la question des privilèges, il met également en lumière une idée économique importante.

Considérez ceci. Dans un marché libre, les gens se dirigent naturellement vers l’option la moins chère car elle est, par définition, plus économique. Le fait que certains reviennent aux voitures à essence malgré le prix élevé de l’essence est donc révélateur : dans de nombreux cas, les véhicules à essence sont toujours plus économiques que les VE. Ainsi, s’éloigner des véhicules à carburant fossile, du moins dans l’état actuel des choses, serait économiquement néfaste. Après tout, s’il était moins cher de passer aux VE (toutes choses égales par ailleurs), les gens l’auraient déjà fait par pur intérêt personnel.

Essentiellement, le coût d’achat et de conduite d’un véhicule électrique représente un point de basculement. Tant que l’essence est suffisamment bon marché, les voitures à essence seront globalement moins chères, et les gens s’y tiendront. Cependant, si l’essence devient vraiment chère, il y aura un moment où les VE deviendront globalement moins chers, et les gens changeront naturellement de véhicule.

Mais il y a une mise en garde importante.

Les décisions des consommateurs ne peuvent démontrer une supériorité économique que dans un marché libre. Si des taxes, des réglementations ou des subventions spéciales créent des conditions de concurrence inégales, il est tout à fait possible que les consommateurs choisissent une option relativement peu rentable qu’ils n’auraient pas choisie sans l’intervention du gouvernement.

Par exemple, si les VE bénéficient de crédits d’impôt importants qui ne sont pas disponibles pour les voitures à essence, leur prix effectif sera artificiellement bas, ce qui signifie que les acheteurs se dirigeront vers eux même si ces voitures sont plus chères à fabriquer.

Donc, si vous pouvez convaincre les gens d’acheter votre produit dans un marché libre, vous pouvez démontrer que le vôtre est l’option la plus économique. Mais si, d’un autre côté, vous ressentez le besoin d’inciter ou même de forcer à utiliser votre alternative (avec des crédits d’impôt, des réglementations, des interdictions, et autres), c’est une bonne indication que votre alternative est économiquement inférieure.

Mais au moins, les VE contribuent à atténuer les effets du changement climatique, non ? Eh bien, pas vraiment. De nombreuses preuves montrent que le passage aux VE ne fait qu’une différence marginale dans la réduction des émissions de CO2.

Comme l’a souligné l’économiste Jonathan Lesser dans une étude de 2018 :

« Bien que les véhicules à émission zéro émettent moins de CO2 que les véhicules à combustion interne, la réduction prévue des émissions de CO2, inférieure à 1 % du total des émissions de CO2 prévues aux États-Unis, n’aura aucun impact mesurable sur le climat et, par conséquent, aucune valeur économique. »

 

Calculer le coût

Les alarmistes climatiques affirment souvent que nous n’avons pas à choisir entre l’environnement et l’économie. Aider l’environnement serait bon pour l’économie, insistent-ils, même si les impacts économiques du changement climatique n’étaient pas un facteur. C’est peut-être vrai dans certains cas, mais la plupart du temps, ce ne sont que des vœux pieux.

La dure réalité est que nous devons parfois choisir. Tant que les alternatives vertes sont plus coûteuses que ce que nous utilisons actuellement (toutes choses égales par ailleurs), le passage à ces alternatives sera économiquement nuisible. Encore une fois, si c’était vraiment bon pour l’économie, nous le ferions déjà.

Alors, si le désinvestissement des combustibles fossiles est si néfaste, pourquoi tant de personnes les soutiennent-elles ? La plupart du temps, le problème est que les coûts sont ignorés, ou du moins minimisés.

C’est pourquoi, dans son livre The Moral Case for Fossil Fuels, Alex Epstein souligne l’importance d’être impartial lorsqu’on aborde ce sujet :

« Pour avoir une vue d’ensemble, il faut examiner tous les avantages et les risques pour la vie humaine de faire quelque chose ou de ne pas le faire. Faire autrement, c’est faire preuve d’un parti pris qui pourrait être très dangereux pour la vie humaine ».

Cela peut sembler inoffensif, mais il faut le souligner car il existe un parti pris omniprésent contre les combustibles fossiles dans notre culture. Il est facile de remarquer les inconvénients de l’utilisation des combustibles fossiles, mais nous n’apprécions pas toujours les avantages que nous en tirons. Ces avantages sont pourtant bien réels et importants. En effet, l’énergie bon marché et fiable fournie par les combustibles fossiles est la clé d’une grande partie de notre prospérité, du transport à l’alimentation en passant par les soins de santé.

Mais quelle est l’importance de ces avantages ? Eh bien, pensez au fait qu’il est beaucoup moins cher de conduire un véhicule à essence qu’un véhicule électrique. Cette différence représente les économies que les combustibles fossiles rendent possibles.

En fait, il est révélateur que malgré la flambée des prix de l’essence, nous n’ayons pas encore atteint le point où les VE sont clairement plus économiques. Cela en dit long sur les avantages que nous tirons des véhicules à essence et sur ce que nous risquons de perdre si nous sommes forcés de les abandonner.

Traduction Justine Colinet pour Contrepoints

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  • Un système libéral guidé par les lois du marché est celui qui la plupart du temps optimise le niveau de vie global.
    Mais nous sommes dans un système de plus en plus dirigiste, où, ce qui est le plus grave les décisions sont prises en catimini par des aéropages non élus et complètement phagocytés par des lobbies et des idéologues. la Commission européenne de Bruxelles en est le parfait exemple. La « lutte pour le climat  » ,conjuguée aux sanctions contre la Russie , à l’impression de milliards de fausse monnaie par la BCE , et à l’endettement général colossal, vont dans les mois qui viennent ruiner l’économie européenne .

  • «L’Économie, c’est de l’énergie transformée».
    Mais ne faudrait-il que les Gens puissent librement décider ce qui est le mieux pour eux au lieux d’être contraints par l’Inaptocratie* ?
    *Gouvernement des moins capables, élus par les moins capables de produire.
    Et où les moins aptes à subvenir à eux-mêmes bénéficient de la confiscation de la richesse du Travail de Producteurs en continuelle diminution.

  • Bah, le véhicule électrique consomme…. Du gaz ou du charbon…. Donc, il produit plus de… Co2.

    • Un dossier récent de Que Choisir remet les pendules à l’heure sur la mobilité électrique et sa prétendue « vertitude »!
      -Un véhicule tout électrique, mis à part sa faible autonomie, des temps de recharge trop longs comparés au thermique, souffre d’une faible disponibilité en bornes de recharge et en quantité d’énergie instantanée. Au point que de petits malins, ingénieurs ingénieux sans doute, ont imaginé « des prolongateurs d’autonomie » consistant en un générateur couplé à un petit moteur thermique qui permet de recharger la batterie ( certains ont même imaginé de petites remorques attelées au VE, dotée également d’un petit moteur essence et d’une batterie additionnelle permettant de palier le manque de bornes sur certains longs trajets.)
      – L’hybride rechargeable avec son autonomie électrique ridicule de 50 km doit être rechargé ( à domicile ou sur borne publique) sans quoi hors de la ville, et batterie vide, il repasse sur le moteur thermique qui doit à la fois propulser le véhicule et recharger « EN MEME TEMPS » la batterie. avec le surcroit de poids et de complexité du système, la consommation de fossile explose.
      – Quant à l’hybride non rechargeable, il a en permanence l’inconvénient du rechargeable puisque à part l’avantage de pouvoir circuler en électrique dans les ZFE, quand la batterie est vide, elle ne peut qu’être rechargée en roulant par le moteur thermique. ceux qui utilisent ce genre de véhicule vous confirmeront sans peine une consommation accrue de carburant fossile!
      Dans tous les cas cités, le recours au moteur thermique embarqué est incontournable si l’on veut être assuré de parvenir à destination dans un délai raisonnable!

  • Au lieu de plier devant les diktats des adorateurs de la déesse planète, l’UE ferait mieux d’encourager les progrès à réaliser pour améliore rles moteurs thermiques. Mais pour cela, il ne faut pas être dogmatique et ignare!

    • Inutile de parler de l’ue, elle ne possède rien donc elle ne pourra pas survivre… Et cela ne date pas d’hier, sans coloniser le monde elle n’est rien.. Trop petite, population au QI légèrement supérieure aux singes… Et cela ne s’améliore pas en accueillant toute la misère du monde….. Consequence, peut être qu’être ecolo pourrait atténuer nos douleurs… Je sais qu’ils sont stupides mais sans doute visionnaires….. Notre futur n’est pas rose, seulement des épines.

    • C’est ce qu’avait dit Tavares, le seul constructeur visionnaire qui ait le courage de le dire.
      Il avait ajouté que si le gouvernement les avait laissés continuer dans cette voie, ils auraient amélioré les moteurs thermiques d’une manière telle qu’ils auraient été plus vertueux que les électriques mais que c’était une décision purement politique

  • « En effet, l’énergie bon marché et fiable fournie par les combustibles fossiles est la clé d’une grande partie de notre prospérité, du transport à l’alimentation en passant par les soins de santé. » Et c’est surtout vrai pour les pays en développement, car les courbes de croissance et de dépenses d’énergie sont toujours parallèles. Les bobos-écolos vont-ils exiger que les Africains, les Indiens ou les paysans chinois se passent d’infrastructures, d’hôpitaux, d’écoles, de voitures, de frigos ou de climatiseurs ? Et même de simples cuisinières modernes, quand on sait que 4 millions de gens meurent chaque année des émanations du « durty cooking » sur des réchauds à bois, voire à bouses séchées…

  • Voir une fondation parler d’économie, fallait le faire. Le réchauffement climatique est connue depuis 200 ans, le co2 près du sol réchauffe plus la basse atmosphère et la stratosphère se refroidit à énergie constante, la théorie est vérifiée par les ballons sondes. Or le co2 vient des énergies fossiles, plus de 80 % de la consommation mondiale. En quantité, l’énergie, le PIB et le CO2 varient dans les mêmes proportions. Donc diminuer un des facteurs oblige la diminution des autres. Le pétrole est une parenthèse de 200 ans dans l’histoire de l’humanité, sachant que entre 2000 et 2015 nous avons trouvé moins d’un baril pour 5 consommés, aujourd’hui 1 pour 10, car les banques ne veulent plus investir dû à la pression des investisseurs. Que croyez-vous qu’il va se passer dans les 15 ans, les pétroliers (Total, BP…) nous dissent qu’a ce rythme il manquera 55 Millions de barils par jour en 2035, car les champs en production en dehors de 5 pays sont en déplétion de 7 % par an. Trouver 5 Arabie Saoudite est impossible. Donc nous allons vers le déclin non géré. Les politiques, les économistes et les journalistes pensent qu’il n’y a aucune limite pour notre monde. Nulle part dans l’économie n’est intégré la finitude des ressources et de l’énergie nécessaire à la transformation en produits finies, c’est à dire la production. Nous allons donc dans le mur sans rien voir. Même LES VERTS non rien comprient.

  • Il n’existe pas suffisamment de métaux (cuivre, nickel, lithium, ..) pour les batteries d’une civilisation tout électrique. Si il ne reste plus que des voitures électriques, il n’y en aura jamais pour tout le monde et comme les fabricants devront se battre pour les métaux, ceux-ci deviendront hors de prix et les voitures itou. Donc retour aux transports des premiers congés payés de 1936: trains et autocars

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