La taxe carbone surfe sur le catastrophisme climatique

Réchauffement climatique (public domain)

Vu la peur panique que le réchauffement climatique suscite, il est clair que la chance que cela représente pour ceux qui sauront la saisir est immense.

Par Olivier Maurice.

En même temps que la taxe carbone déclenchait la colère des Gilets jaunes et enflammait le pays,  l’Agence de Recherche US sur le Changement Global  sortait la deuxième partie de son 4ème rapport sur le climat des États-Unis.

Hasard de calendrier qui pourrait peut-être nous éclairer sur le sens économique de cette fameuse taxe carbone et sur la nécessité de faire supporter le coût de la transition écologique par les citoyens et par l’économie. L’ouvrage se donne en effet l’ambition de détailler l’impact économique du changement climatique, d’en évaluer les conséquences et d’en déduire les actions possibles pour en mitiger les risques.

Un chef d’œuvre de l’épouvante

En tout cas, si le but était d’effrayer le lecteur, celui-ci est bien atteint. L’étude énumère avec un rythme diabolique la myriade de plaies qui vont bientôt s’abattre sur le monde : de l’invasion de sauterelles aux ténèbres profondes provoquées par la fumée des feux de forêts gigantesques. Une triple dose d’antidépresseurs et d’anxiolytiques est fortement recommandée avant de vous lancer dans la lecture de cette litanie de catastrophes bibliques toutes plus glaçantes les unes que les autres.

Les auteurs n’ont pas lésiné sur les moyens investis dans la réalisation. On est loin du film de zombies de série B ou du téléfilm catastrophe dont le scénario se résume à mettre une jeune et jolie hôtesse de l’air aux commandes d’un Boeing rempli de passagers vivant chacun un horrible drame familial.

On a fait dans la superproduction. Dans le Game of Throne du rapport institutionnel, bourré d’infographies, de graphiques interactifs, de références scientifiques, de données matricielles et de big data. L’agence a clairement mis les moyens pour que tout un chacun soit implacablement impressionné par le sérieux de l’étude et la gravité des risques encourus par l’humanité.

Je me demande juste combien a bien pu coûter ne serait-ce que l’infographie web de ce rapport… mais ce n’est qu’un détail.

Le réchauffement sera terrible

Après avoir parcouru les 29 chapitres (dont certains, je l’avoue, un peu en diagonale) et avoir repris mes esprits suite à l’avalanche d’uppercuts et de crochets du gauche que cette lecture m’avait infligée, j’en suis venu à changer complètement d’avis sur le réchauffement climatique.

Hé oui, j’ai totalement abandonné les doutes que je pouvais avoir : je n’ai plus aucun scepticisme climatologique. J’en suis même maintenant intimement persuadé, le réchauffement climatique aura bien lieu et il va être terrible !

J’ai décidé d’y croire, vu que je suis d’un naturel optimiste et que, de ce que j’en comprends, le réchauffement de la planète représente sans nul doute possible la plus grande chance, la plus magnifique opportunité qui s’offrira jamais à l’espèce humaine. Il s’agit sans conteste de l’évènement historique le plus favorable à l’ensemble de l’humanité, depuis l’invention du feu ou la révolution néolithique. Le genre de bouleversement qui relèguera la découverte de l’Amérique ou la chute de Rome dans les notes de bas de page de l’Histoire.

Une immense imposture

Tout professionnels que puissent être les auteurs du rapport et malgré l’immense travail et l’indéniable exhaustivité de leurs démonstrations et de leurs conclusions, il saute aux yeux que les climatologues de globalchange.org sont de totales quiches en économie. Ils n’ont pas ne serait-ce que le début du plus petit commencement du sens des affaires et de la réalité de la vie.

Plus grave pour des experts de la prospective et des risques : ils semblent totalement ignorer les principes fondamentaux de l’évolution. Ils ignorent à la fois Darwin et Lamarck. Ils n’ont pas compris (ou ils font mine d’ignorer) que l’adaptation est le propre de la vie.

Leur vision du monde et des hommes semble être un étrange mélange de créationnisme et d’anthropocentrisme. La planète y est vue comme un être vivant éternel et immuable, qui aurait une morale à soi, se fâcherait quand on lui fait du mal et se vengerait de la concurrence faite par ces parasites humains qui osent se moquer d’elle.

Il n’y a dans le rapport que des catastrophes à venir. Même les effets positifs les plus triviaux induits par l’élévation des températures, comme la diminution de l’énergie consommée pour le chauffage par exemple, n’y sont pas mentionnés. Même des conséquences les plus évidentes, comme l’augmentation de la croissance des plantes suite à l’augmentation de l’humidité, du taux de CO2 et de la chaleur, ne sont même pas évoquées.

SWOT !

Tout étudiant en premier trimestre d’école de management ou de commerce sait que pour être capable de prendre une décision, il faut bien sur envisager les risques et les faiblesses, mais il faut surtout considérer les forces et les opportunités. Il apprendra ensuite un trimestre plus tard, que plus les peurs et les fragilités apparentes sont grandes, plus les opportunités sont gigantesques.

Vu la peur panique que le réchauffement climatique suscite, il est clair que la chance que cela représente pour ceux qui sauront la saisir est immense.

Il a fallu que le singe devienne tout maigrichon, faiblard et peureux pour qu’il réalise qu’il avait le choix entre se recroqueviller au fond d’un trou pendant l’orage et celui de capturer le feu qui tombait du ciel pour s’endormir tranquillement à l’abri du froid et des prédateurs.

Les faiblesses sont des forces. C’est le principe fondateur de la vie et de l’évolution, la morale de la fable du chêne et du roseau, du pot de terre et du pot de fer, du corbeau et du renard, du lièvre et de la tortue. Ce qui ne tue pas nous rend plus fort.

Un océan d’opportunités

Les opportunités d’un réchauffement climatique (s’il a lieu) sont innombrables. Imaginez : c’est comme si tout d’un coup, l’humanité toute entière avait été téléportée sur une nouvelle Terre. C’est comme si on avait une seconde fois découvert l’Amérique. C’est comme si nous étions tous redevenus les colons qui débarquèrent du Mayflower. Tout est à faire ! Tout reste à faire ! Une nouvelle page de l’Histoire de l’humanité s’ouvre devant nous !

Entre l’opportunité économique évidente du business des assurances à développer si les aléas climatiques augmentent, les nouvelles espèces végétales à cultiver, les voyages à organiser vers les plages de Scandinavie devenues les nouvelles destinations touristiques estivales, les milliers de piscines à creuser au nord de la Loire, les infrastructures à modifier pour les rendre plus solides, les nouvelles constructions à bâtir pour les rendre plus confortables, les gains de productivité en énergie qui n’est plus consacrée au chauffage, ceux issus de la récupération par la faune et la flore de l’énergie atmosphérique (qui dit augmentation des températures, dit augmentation de l’entropie, dit augmentation de l’énergie), etc. il y a déjà de quoi occuper pas mal de monde. Et c’est sans compter que j’ai établi cette liste en deux minutes. Qui sait ce qui pourra sortir des méninges des milliards de cerveaux que compte la planète ?

Oui, une incroyable opportunité qui se concrétisera quoi que l’on fasse si j’ai bien compris le rapport.

Le changement, c’est la vie. La vie, c’est le changement.

Un pari perdant-perdant

Sauf que notre gouvernement a de toute évidence choisi de protéger l’économie des risques environnementaux en l’asphyxiant de taxes et de fiscalité. Et cela ne peut être que terrible :

  • Soit il réussit son pari, et alors fini le changement et fini les opportunités. De toute façon, au train où vont les choses, c’est une économie morte qui aura été protégée.
  • Soit il ne réussit pas à endiguer le réchauffement climatique et l’économie sera tellement exsangue à cause des prélèvements fiscaux que notre pays sera bien en peine de mettre en place les investissements qui lui auraient permis de profiter de ces nouvelles opportunités.

Toutes les montagnes d’argent public dépensées pour subventionner des chimères électriques, des moulins à vent et des toitures en silicium, tous les sacrifices inhumains de contribuables totalement étranglés par les taxes pour tenter de diminuer les rejets de gaz à effet de serre, tous les robinets bien fermés pendant le lavage de dents et tous les déchets consciencieusement triés dans les poubelles arc-en-ciel ne changeront pas la terrible conclusion qui s’impose :

Les pays qui auront le moins taxé leur économie et laissé intacte sa capacité d’investissement, ceux qui appréhenderont avec pragmatisme les caprices de Dame Nature… ces pays seront les leaders de demain.

Les autres, qui comme le fait si bien la France actuellement, auront joué le chêne et méprisé le roseau, auront tel le lièvre donné des leçons aux tortues et se seront tel la grenouille gonflé de bonnes intentions et de fiscalité écologique… Ces pays retourneront à l’âge de pierre.

La taxe carbone est comme, voire pire que toutes les autres taxes, une immense bêtise.