La crise de l’hôpital atteint des niveaux inquiétants

La crise de l'hôpital, liée à la multiplication des normes, des agences et des lois santé, va demander de nombreuses réformes courageuses.
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La crise de l’hôpital atteint des niveaux inquiétants

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 novembre 2021
- A +

Par Bernard Kron.

On entend très peu de propositions réalistes au sujet de la crise de la santé dans les débats. Les sénateurs harcelés dans leurs circonscriptions en perdent leur sang froid et proposent des solutions aberrantes comme le conventionnement sélectif.

La France devrait disposer d’un excellent système de soins car les dépenses pour la santé représentent une part de sa richesse nationale plus élevée que la moyenne des autres pays développés, soit 12 % du PIB pour la seule consommation des soins et biens médicaux, les honoraires médicaux ne représentant plus que 10 % de ces dépenses.

Sur les 787 milliards d’euros dépensés chaque année pour la protection sociale, la dépense moyenne par habitant est de 11 800 euros. Ainsi, 270 milliards d’euros lui sont consacrés. Malgré cela, tout va de plus en plus mal malgré le Ségur de la santé.

Malheureusement avec la covid, les recettes de l’État sont compromises par un chômage élevé et par des mesures de sauvetage des entreprises menacées de faillite par la pandémie. Heureusement, l’économie est repartie.

La suradministration, la multiplication des normes, des agences et des lois santé sont quelques exemples des défis à relever face à des soignants exaspérés.

Les fraudes à la carte vitale, dénoncées par Charles Prats rendent impossible d’atteindre un équilibre sans régler ce scandale. Un bouleversement profond de tout le système pointe à l’horizon. Avec les déficits, comment procéder au financement de la cinquième branche adopté par l’Assemblée nationale ?

Tout doit être reconstruit.

Les études de médecine

La fausse réforme de la première année avec le PASS/LAS pour accéder à la deuxième année est un trompe-l’œil.

Certaines universités donnent 70 % de la note lors d’un oral très court sur des sujets divers comme la surproduction des voitures ou la grande barrière de corail. La sélection s’opère donc après la première année sur des critères non médicaux et élimine ainsi souvent les meilleurs. Sur les 60 000 étudiants en L1 seulement 10 000 seront admis en L2, ce qui est insuffisant pour repeupler les déserts médicaux, d’autant que plus de 20 % de ces étudiants changeront d’orientation.

Sans le dire, l’État compte sur les assistants médicaux et les délégations de tâches pour régler ce problème… il se trompe.

Depuis que j’ai posé mon bistouri, la situation se dégrade à ma grande tristesse.

La prise en charge de l’épidémie de Covid-19  a été compromise par l’impréparation de l’État, l’absence de masques et la pénurie de personnels soignants. L’incroyable paralysie du système à cause de l’inertie de son administration devrait interpeller les décideurs. On ne soignait plus, on attendait. De nombreux malades en sont morts. Il a fallu confiner pour ne pas submerger l’hôpital et annuler les interventions chirurgicales non urgentes. De nombreuses interventions sont en attente et de nombreux blocs opératoires restent fermés.

En France on meurt de maladies aiguës ou de soins inadaptés.

La suppression des concours hospitaliers a fait disparaître l’élitisme moteur de nos métiers.

Les élites médicales sont en effet indisciplinées et dérangent le monde politique. Il fallait donc les abattre. À terme, le but réel est de remplacer les médecins de famille par des officiers de santé qui s’appuieront sur l’Intelligence artificielle en gardant les médecins référents comme chef d’orchestre.

Chercher à être honoré à titre personnel pour le service rendu et la compassion  manifestée est devenu une attitude suspectée de paternalisme. Le médecin devenu agent de santé publique n’est désormais plus reconnu pour un acte libre et personnel, mais payé par l’État.

On le récompensait en applaudissant et en lui donnant des médailles. Maintenant, s’il n’est pas vacciné, il est accusé d’être responsable de la diffusion de la maladie.

Le système de soins et la crise de l’hôpital

À l’automne 2020 la pandémie a conduit à un reconfinement. Elle a perturbé tout le système de soins. Cette vague automnale ne sera pas la dernière et fait craindre le pire car les personnels sont épuisés et démissionnent.

Refonder le système de santé et l’Hôpital sera difficile car l’économie menace de s’écrouler.

Le Premier ministre dont c’est la mission ne pourra pas mener à bien la restructuration de tout le système. Il était en effet déjà à la manœuvre dans le passé et donc l’un des acteurs néfastes de cette crise. Le Ségur de la santé est un mirage car il est piloté par ceux qui depuis plus de 20 ans sont à l’origine de cette crise. Une augmentation de salaire de 200 euros en moyenne ne calmera pas les esprits car les personnels sont à bout.

Les drames qui se sont multipliés malgré le dévouement admirable de tous les soignants ont démontré les faiblesses et les failles de l’Hôpital. Même pour les traitements précoces on est resté dans le flou laissant peser l’incertitude sur leur efficacité.

Rien n’a été fait pendant l’été pour préparer les hôpitaux à ces vagues. Tout était pourtant prévisible comme je l’annonce dans mon livre Blouses Blanches : pas de recrutements car pas assez de candidats à la sortie des écoles ; pas d’étudiants formés en fin de cycle aux gestes de base de la réanimation après les vagues précédentes ; il manque toujours 6000 lits en service de réanimation.

La haute administration a paralysé toute la chaîne de soins. Un État centralisateur dirigé par des énarques ne peut pas comprendre qu’il faut laisser les soignants faire leur métier car dans ces écoles les hauts fonctionnaires apprennent le contraire.

Tout miser sur les vaccins est une erreur car l’immunité est courte et les vaccinés restent transmetteurs. Les gestes barrières, que l’on soit vacciné ou non, doivent être maintenus.

Conclusion

Toutes ces erreurs et ces mensonges ont eu des conséquences sur le niveau de confiance des Français par ailleurs nombreux à ne pas pouvoir trouver de médecin.

Cette situation devrait avoir une influence majeure sur les prochaines élections présidentielles. Quel candidat comprendra que la santé est une priorité majeure et que sans soignants bien formés et en nombre suffisant l’hôpital va s’écrouler ?

Il faudra bien trouver des financements pour former des soignants et mettre en place la cinquième branche pour la dépendance.

Je propose des solutions simples et économes qui permettraient de sortir la santé du gouffre qui la menace.

Qui voudra les mettre en œuvre ?

 

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  • Il n’y a qu’une solution simple et économe :
    Vendez les hôpitaux et vendez l’assurance santé !

  • je suis désolé, ça somme toujours comme les plaintes des profs envers l’etatistme et la bureaucratie , profs par ailleurs convaincus que l’etat est nécessaire..

    si la santé n’est pas un marché…combien d’argent faut il consacrer à la santé?????????

    vous ne vous savez pas??? alors ne vous étonnez pas que si vous donnez à l’etat la charge de répondre à cette question, celui ci va produire de la bureaucratie…

    moi je suis désolé…le discours des médecins qui disent, je sais faire je suis un technicien et la finance je m’en fous c’est trop facile…l’intendance doit suivre pour suivre un niveau technique qui doit être d’excellence..

    c’est un prof de math qui ne se pose pas la question des avoir si l’enseignement des math est necessaire..il ne se pose pas de questions..

    non la réalité de la santé est bien si tu ne peux pas payer je ne t’opère pas…ou je baisse la qualité de la prestation..

    vous me dites non.. alors sinon quoi..

    on a UNE question d’odre politique.. comment aider ceux qui ne peuvent pas s’offrir une assurance ou les non assurables..le reste est réglé par le marché avec les riches qui peuvent s’affrit des belles bagnoles et les moins riches qui s’affrent des dacias..qui roulent et son fiables.. ou se privent pour monter en gamme..

    la bureaucratie a pour CAUSE le refus chez les docteurs de devoir refuser à des gens de se faire soigner pour des raisons de pognon..

    docteur en médecine, avent de me mettre un moins un.. si tu refuses l’idée de marché..dis moi combien doit être dépensé en France pour la santé… dans ce cas là la bureaucratie elle t’ arrange!!!

    est tu vraiment différent de ces gens qui veulent forcer les gens en monter en gamme en matière alimentaire.. ..ils n’ont qu’à payer…

    es tu vraiment différent du prof qui pense qu’il suffirait de payer plus les prof… ou du chercheurs public qui s’offusque de la baisse des budgets de recherche..

    • « vous ne vous savez pas??? alors ne vous étonnez pas que si vous donnez à l’etat la charge de répondre à cette question, celui ci va produire de la bureaucratie… »
      Raisonnement partiel. On peut très bien ne pas confier à l’Etat le volet économique de la médecine, d’autant que c’est le pire gestionnaire qui soit. Il existe d’autres solutions, notamment libérales, que vous semblez ignorer.

    • @lemiere
      votre texte est la parfaite illustration de la mauvaise presse du liberalisme en france : tout se resume a de l argent et si vous en avez pas on vous laisse mourrir

      En sus d etre inhumain, votre position est irrationnelle. Elle revient a prodiguer des soins a un viellard senile qui peut payer mais les refuser a un enfant qui ne peut. alors que l enfant est peut etre un futur einstein et que le vieillard ne fait rien de plus que pisser dans ses couches

  • les médecins ne veulent pas avoir à dire à un patient.. pas de sous. .pas de soins.. la bureaucratie fait le job…

    vous ne pouvez pas vous en plaindre.

    • Comme toujours les collectivistes montrent du doigt les défauts du marché libre. En oubliant les défauts de l’économie planifié qui sont mille fois supérieurs.
      On le voit d’ailleurs avec le COVID où l’état a failli pour soigner une maladie virale au final peu létale. Pénurie, explosion des coûts, et mauvais soins pour tout le monde.
      Car enfin on aurait pu laisser le marché faire, il aurait mieux fait que l’état qui nous a dit « Prenez du doliprane » pour tout soins.

      • « mauvais soins pour tout le monde »

        La rupture de la relation humaine entre un médecin et son patient est bien pire que n’importe qu’elle catastrophe « écologique ». Je pense que beaucoup le découvriront – quand ils tomberont réellement malade …

  • L’hôpital doit être privatisé avec des missions obligatoires comme le sont les études notariales.
    Les actes des médecins doivent être payés par les patients. Soit en présentant leur carte d’assurance, soit par leur propre moyens.
    Les médecins qui acceptent de soigner des patients qui ne payent pas doivent le faire sur leurs propres deniers. Ce sera très facile pour eux de refuser si ce n’est pas la communauté qui paye. Ou faire une demande à l’État qui devra alors payer l’acte médical avant de le pratiquer et selon le devis établi par l’hôpital.
    Pour les retraités domiciliés à l’étranger, afin d’éviter que ces derniers soignent toute leur famille et amis au frais de la sécurité sociale, ils doivent se rendre à l’ambassade pour confirmer par un médecin français la justesse des soins. Ce point est très dur, mais il est la conséquence d’abus.

    • Je n’aurais pas pris les notaires comme comparaison. Ils ont bien une mission, c’est collecter l’impôt… Cela semble une mission moins humaniste que l’hôpital…

  • Le plus drôle / tragique c’est que c’est l’actuel premier ministre qui est directement responsable de l’accélération de la casse des hôpitaux…c’est lui qui est directement responsable de :
    – la tarification à l’acte
    – l’obligation de rentabilité des hôpitaux, ce qui a amené à détuire un grand nombre de petits hôpitaux de campagne
    – l’imposition de la vaccination au personnel soignant qui a mené au départ / départ en retraite / démission d’un grand nombre d’entre eux

  • « remplacer les médecins de famille par des officiers de santé qui s’appuieront sur l’Intelligence artificielle »

    C’est ce qui m’inquiète le plus : le scientisme technologique à tous les étages.

    Qu’en pensent les médecins ?

    Je ne doute pas de la capacité d’une IA à détecter des maladies rares mieux qu’un généraliste. Mais qui va traduire « ça vous chatouille ou ça vous grattouille » en données cohérentes pour l’IA. (Et l’empêcher de vous diagnostiquer n’importe quoi en conséquence).

    • Ah ça j’en doute fort. Détecter une maladie rare ne se limite pas à la connaissance de son existence.
      Le problème est qu’il faut des tests très précis et souvent nombreux pour la diagnostiquer. Comprendre coûteux, et donc non prioritaires. L’IA n’y changera rien

  • Ce diagnostic n’incite pas à l’optimisme, d’autant qu’aucune proposition de réforme n’est avancée.
    La crise Covid est bien pratique. En entretenant la psychose, on nous fait croire qu’on fait tout pour nous protéger, sans même tenir compte de la réalité.
    Voici une comparaison du nombre de patients en réanimation pour Covid, qui en dit long sur ce mensonge d’état.
    Le 5 mai 2021, on se félicitait d’avoir 5402 patients en réa, chiffre le plus bas depuis le 5 avril 2021.
    Pourquoi nous faire aussi peur aujourd’hui avec à peine 1500 patients en réa, alors que la météo est nettement moins favorable qu’en mai dernier ?
    Si quelqu’un a la réponse, je suis preneur…

    • Le but c’est d’écouler les doses de vaccin et de mettre la société sous controle renforcé.
      Le gouvernement n’est qu’un haut parleur déréglé qui répète ce que les médias demandent, ce qu’ils disent. Les médias veulent du socialisme à tout va, et veulent pour ce faire, maintenir le peuple en panique. Et ils veulent vendre en plus (ce que la panique aide à faire).
      Donc les médias lancent des paniques vides de sens (ahhhh, les cas s’envolent -pas les hospitalisations, mais là on s’en fout… ahhh untel est mort -bon, il était cancereux, immunodéprimé, à l’article de la mort quand il a contracté le COVID, ahhh, c’est la crise… ) et comme le gouvernement composé de cuistres vaniteux au cerveaux de moule ne veut surtout pas avoir l’air de « ne rien faire », alors il fait ce que les « spécialistes » ou « experts » (choisis par des journalistes qui n’y comprennent rien, uniquement parce qu’ils « vont dans le bon sens ») présentés par les médias disent de faire !

      Les contaminations (qui ne sont pas un problème tant que ça ne se traduit pas en soins d’urgence) « explosent » alors que presque tout le monde à reçu 2 doses des vaccins disponibles. Ben, c’est que le vaccin marche trop bien, il faut désormais que tout le monde ait 3 doses… Mais oui… il y a des « docteurs en médecine » à qui on devrait retirer leur thèse, des politiciens qu’on devrait ostraciser, des journalistes qu’on devrait… je ne sais pas… exporter en Afghanistan ?

  • ca me laisse toujorus reveur l idee d une fraude massive a la secu a cause des cartes vitales surnumeraire.
    Je n habite plus en france mais je suis toujours enregistre dans le systeme (en fait j en sais rien mais je vois pas comment la base de donnee aurait ete purgee). ma carte vitale n a plus servi depuis mon depart (pour ceux qui doutent, j ai aucun interet a aller consulter un docteur en france: j ai une assurance ici et la perte de temps pour faire l aller retour suffit a rendre l operation non rentable)

    Bref il y a des millions de francais qui ont quitte le pays et ils sont toujours dans les base de donnees de la secu. Y a t il donc tant de fraudeurs que ca ?

    • Pendant que vous « rêvez » et faites des « déductions » tirées de votre petit environnement immédiat, d’autres lisent les rapports officiels qui ne laissent aucune place au doute.

  • La réforme des examens de fin de 1re année de médecine est l’un des plus grands scandales de la macronie. Un peuple qui supporte ça… Je m’arrête là pour ne pas être censuré.

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