Jean Castex, le « super mec » du déconfinement ?

Jean Castex-Wikimedia commons

Qui est Jean Castex, le « Monsieur Déconfinement » qui remplace Édouard Philippe comme Premier ministre ?

Par Nathalie MP Meyer.

De fait, le parcours de Jean Castex, 55 ans, est essentiellement celui d’un haut fonctionnaire très classiquement formé à Sciences-Po et à l’ENA.

Après un passage à la Cour des comptes et à la préfecture du Vaucluse, il intègre le ministère de la Santé comme Directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins (époque Chirac, 2005-2006) puis devient le Directeur de cabinet de Xavier Bertrand lorsque celui-ci passe au ministre du Travail après l’élection de Nicolas Sarkozy (2007-2008).

En 2010, il rejoint l’Élysée, d’abord comme conseiller du Président Sarkozy pour les Affaires sociales en remplacement de Raymond Soubie, puis en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée, fonction qui prend fin en 2012 avec l’élection de François Hollande.

Entretemps, en 2008, il a été élu maire UMP (puis LR) de Prades, commune de 6000 habitants située dans les Pyrénées-Orientales, puis réélu au premier tour en 2014 avec plus de 70 % des suffrages et à nouveau réélu au premier tour en mars dernier avec un score de 75 %. Il est également Conseiller départemental des Pyrénées-Orientales depuis 2015 et Président de la communauté de commune « Conflent Canigo ».

Proche du Premier ministre Édouard Philippe qui vient comme lui de la droite, il retrouve le chemin des fonctions officielles avec l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. C’est ainsi qu’en 2017, il est nommé délégué interministériel aux JO 2024 de Paris, fonction qui s’élargit en 2018 à celle de délégué interministériel aux grands événements sportifs puis, en 2019, à celle de Président de l’Agence nationale du Sport créée à cette occasion.

Pour résumer, disons que Jean Castex a été le « Monsieur Santé et Hospitalisation » de Xavier Bertrand, le « Monsieur Social » de Nicolas Sarkozy puis le « Monsieur Sports et JO » d’Emmanuel Macron avant de devenir ensuite son « Monsieur Déconfinement ».

Sachant qu’à l’instigation d’Édouard Philippe, il a bien failli être aussi « Monsieur Intérieur » en remplacement de Gérard Collomb et « Monsieur SNCF » en remplacement de Guillaume Pepy, on ne peut que s’extasier devant la totale disponibilité et la remarquable polyvalence dont il fait montre. Pas étonnant que ses amis parlent de couteau suisse à son sujet : non seulement il y va « sans réfléchir » quand l’État en détresse l’appelle mais il semble taillé pour le sortir de tous les mauvais pas.

Nul doute que son expérience de la haute fonction publique conjuguée à ses qualités d’élu de terrain plébiscité par ses administrés et à ses relations politiques cultivées aussi bien à droite qu’à gauche y sont pour beaucoup.

Ajoutez son petit accent du sud-ouest qui contribue à faire oublier son profil d’énarque, et vous avez le « super mec » idéal (terme de l’urgentiste Patrick Pelloux) pour faire passer le plus harmonieusement possible la pilule du déconfinement dans tous les recoins de la société.

Pour le Premier ministre qui l’a nommé « Monsieur Déconfinement », Jean Castex est avant tout :

« un haut fonctionnaire qui connaît parfaitement le monde de la santé et qui est redoutable d’efficacité ».

Une description basée sur ses capacités administratives qui en dit long sur ce qu’on attendait de lui dans cette mission : qu’il mobilise toute la technocratie dans laquelle il évolue depuis toujours pour élaborer un de ces plans millimétrés d’autorisations et d’interdictions dont l’État français a le secret.

Une mission captée cinq sur cinq par l’impétrant :

« J’ai été appelé […] pour prendre en charge une mission technique et administrative et en aucun cas politique et ministérielle. »

Sur le papier, cela paraissait magnifique. Dans la pratique, les Français, à nouveau infantilisés et déresponsabilisés, ont été une fois de plus les grands exclus de décisions qui les concernaient au premier chef.

Ce vendredi Jean Castex est nommé Premier ministre par Emmanuel Macron. Il succède à Édouard Philippe, qui a passé plus de trois ans à Matignon.

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