Xavier Bertrand joue la carte du candidat normal

Xavier Bertrand ne fait pas dans l’originalité ni dans la surenchère. Il emploie les formules qui marchent, les formules du vieux monde.

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Xavier Bertrand (Crédits Fondapol, licence CC-BY-SA 2.0), via Flickr.

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Xavier Bertrand joue la carte du candidat normal

Publié le 24 septembre 2021
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Par Olivier Maurice.

Plus personne ne comprend rien au mode de désignation du futur candidat de la droite aux prochaines élections présidentielles. Même ceux qui essayent de suivre le feuilleton des fausses-vraies annonces y perdent leur latin. Primaire, pas primaire ? Congrès ? Sondage ? Un peu de tout ?

Le mélodrame touche à sa fin et faute de contre-propositions vraiment convaincantes, l’issue du bazar procédural semble se rapprocher à toute allure. Il serait temps, nous sommes quasiment à 6 mois de l’échéance du premier tour.

Fin du suspense. L’épisode final est annoncé dans les jours qui viennent et le scénario semble déjà avoir fuité dans la presse. La bataille rangée et le festival sanglant d’autodestruction en direct devant les caméras n’aura en toute probabilité pas lieu, au grand dam des aficionados du match de baffes. On s’oriente, semble-t-il, vers un scénario plus footballistique reprenant les grands classiques du genre :

La désignation du candidat de la droite, ce sont vingt-deux joueurs et un ballon sur un terrain, et à la fin c’est Xavier Bertrand qui gagne.

Le président de la région Hauts-de-France semble bien en passe de réussir un pari risqué : s’imposer comme candidat d’un parti, tout en n’en faisant pas partie et être désigné par un jeu d’influence tout en n’y occupant aucune fonction et en n’y exerçant aucun pouvoir. Juste par la force d’un exercice de déconstruction où excellait un précédent président de la République : la synthèse.

Xavier Bertrand, c’est le nouveau Président normal

Normal, bonhomme, rassurant, calme, la force tranquille… Xavier Bertrand ne fait pas dans l’originalité ni dans la surenchère. Il emploie les formules qui marchent, les formules du vieux monde. Celles qui ont fait élire Mitterrand, Chirac et François Hollande.

Drôle de pays, où pour se démarquer face à pléthore de candidats, la meilleure stratégie semble bien être justement de ne pas se faire remarquer : d’être lisse, coulant, presque liquide…

Il faut dire que le contraste est saisissant. Si Xavier Bertrand réussit son pari de se retrouver le seul candidat de la droite, il n’aura pas de mal avec sa normalité accommodante de se démarquer totalement du concours d’hystérie et de surenchère qui a déjà commencé à enflammer la téléréalité politique.

Dès le début des hostilités, le ton a été donné, vous n’avez qu’à taper Hidalgo, Rousseau ou Zemmour, au choix ou en même temps, dans un moteur de recherche pour remplir vos soirées en y mêlant franche rigolade, sourires ambigus et yeux écarquillés. Pendant six mois la France risque bien de vivre au rythme des polémiques stupides et ridicules sur des sujets hautement clivants et totalement futiles. Nos candidats en roue libre semblent bien partis pour entamer une course folle d’idées tout aussi idiotes qu’insignifiantes.

Il est clair que dans cette ambiance de lâcher de bêtises et de bouillonnement de lieux communs, le simple fait de se présenter, ni avec un entonnoir sur la tête, ni avec un gros nez rouge, ni en petite tenue, vous fait clairement sortir du lot.

Et pour ce qui est du programme me direz-vous ? 

Si vous vous posez encore la question, c’est sans doute que vous n’avez pas vraiment suivi le déroulé des événements depuis 40 ans. Le fait est maintenant définitivement acté, quasiment inscrit en dur dans la Constitution à côté du principe de précaution : les programmes électoraux disparaissent instantanément dans un tour de prestidigitation maintenant maitrisé à l’extrême, une seconde 30 après l’annonce du résultat final de l’élection.

Il y a longtemps de toute façon que le sujet de la présidentielle a fini d’enflammer la droite qui a bien compris que dans sa version actuelle la fonction présidentielle était amenée à disparaître dans un avenir plus ou moins proche. La clef du pouvoir se trouve dans le Parlement. Et plus précisément à l’Assemblée nationale qui a été transformée depuis la réforme du quinquennat en simple usine à poser des tampons « approuvé ».

Qui détient l’Assemblée nationale détient le pouvoir dans la Cinquième revisitée. Le pouvoir, voire tous les pouvoirs.

C’est clairement cette stratégie visant un coup plus loin qui est au centre de la politique conduite par le président des Républicains, Christian Jacob, dont rappelons-le, toute la carrière politique a été construite autour de sa direction du groupe parlementaire de droite à l’Assemblée nationale.

Aurons-nous en avril 2022 un nouveau président normal ? Peut-être, peut-être pas

La question est de savoir qui sera le prochain Premier ministre : ni la République en Marche, ni le Rassemblement National, ni les autres candidats n’ont à la fois le nombre, la légitimité de terrain et l’appareil politique leur permettant de renouveler le coup de surprise qui avait donné à Emmanuel Macron les quasi pleins pouvoirs en remplissant les bancs de l’Assemblée d’une majorité qui pendant 5 ans s’est uniquement fait remarquer par son absence absolue.

Il y a de très fortes chances que l’abstention soit de nouveau au rendez-vous, et dans cette hypothèse, les élus locaux qui sont la force principale de la droite feront toute la différence.

Après l’Assemblée normale, le candidat normal sera-t-il donc le prochain président normal ?

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  • Avec une très grosse abstention très normale 😉

  • Il est clair que le ton de cette campagne est particulièrement hystérique et malsain.
    D’un côté la gauche dite progressiste qui combat le progrès technique, de l’autre la droite dite nationale qui veut nationaliser les autoroutes.
    Depuis quelques jours, les médias ont réussi à propulser Zemmour et ses idées obsessionnelles sur le prénom des Français par exemple.
    Le tenant du titre, quant à lui, distribue nos milliards à toutes les corporations.
    Votre analyse est donc tout à fait pertinente quand vous voyez en Bertrand un vainqueur probable, tellement le niveau général est déplorable !

    • Le prénom n’est absolument pas un détail. Combien de gens se nomment encore « Adolf » aujourd’hui?

      A l’inverse, beaucoup de musulmans ont le même prénom que leur prophète, qui a probablement fait bien plus de tords que le moustachu allemand, car si vous regardez le nombre de guerres, massacres, viols, mises en esclavages commis au nom du prophète, on bat tous les records…

  • Si nous voulons que ce pays soit définitivement foutu, eh bien élisons Bertrand président. Un bon mix entre Sarkozy, Hollande et Macron. Toujours plus d’État, toujours moins de sécurité et de libertés, toujours plus de dette et d’appauvrissement, toujours plus de risques de conflagration.

  • Les élections internes ne serviront pas à grand choses si les candidats « non choisis » ne resterons pas unis une fois le choix fait ! Le langage doit être unique et convergent pour être crédible !  . Si par contre, les élections internes sont suivies par le silence obtus des autres candidats « non élus », c’est alors évident que l’unité n’existe pas ! Les propositions faites lors de élections internes n’étaient que des mots !

  • On dit souvent que les militaires ont une guerre de retard et aiment refaire à chaque fois la précédente, mais là, Xavier Bertrand a deux campagnes présidentielles de retard.
    Il essaye de refaire 2012. Bien pitoyablement.
    Il aurait déjà été un mauvais candidat pour 2012, il sera une catastrophe pour 2022.
    La synthèse des mous centristes qui avaient empêché toute réforme de fond suite à 2007 et qui sont les premiers responsables de l’enlisement actuel de la droite. Ils ont maintenant la droite qu’ils sont rêvée : centriste. Sans comprendre qu’ils allaient avoir le score qui va avec, c’est à dire ce qu’ils représentent réellement dans l’électorat, pas plus de 10-12%.
    Avec de tels boulets pour alliés, plus besoin d’opposants. Mais le pire, avec eux, c’est que leur arrogance est corrélées à leur propension à échec : plus ils se plantent, plus ils sont vindicatifs et demandent à droite des postes de premier plan !

  • 7 millions de fainéants fonctionnaires à satisfaire = 14 millions de voix (avec leurs conjoints). Quand on a compris ça, la France ne va pas changer.
    Et ila dit qu’il faut plus protèger les élus (au nom de l’égalité des citoyens devant la loi, c’est bien connu) car ils n’ont pas de compte à rendre contrairement à un petit patron de PME qui en cas de faillite se retrouvera sur la paille. Mais une municipalité, une région, un pays en faillite, ça n’est pas grave.
    Il faut augmenter le nombre et le salaire des fonctionnaires qui font un travail formidable tous les jours ; pas comme la caissière du super marché ouvert jusqu’à à 20 h ainsi que le samedi (mais ne dites pas que c’est un service public; c’est un service ouvert au public… nuance).
    C’est à qui fera la plus grosse surenchère corporatiste.
    Votez X Bertrand le grand benêt mou et vive la France.
    Mais si vous trouvez un candidat qui a une vision à long terme pour la France dites le moi : à part des clowns, il n’y a personne.

  • Un gros porc chiraquien technocrate étatiste planiste démagogue liberticide de plus.

  • Les commentaires sont fermés.

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L'entrepreneur Sébastien Laye a déposé sa candidature pour la présidence des Républicains. Sébastien Laye est diplômé d’HEC Paris et de Sciences Po Paris et titulaire d’un Commercial Real Estate Executive Education Program du MIT (Boston). Entrepreneur dans le domaine de l’immobilier et du financement de l’immobilier (en Europe et aux États-Unis).

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Je m’appelle Guillaume Kiefer, j’ai 39 ans et je suis l’heureux papa de 2 garçons et de 2 filles de 2, 4, 8 et 9 ans. Dans la vraie vie, après des études de droit public, je suis devenu cadre commercial dans l’import. Sur le plan politique, après une décennie à tourner autour du pot, j’ai adhéré à LR il y a un an et demi et suis aujourd’hui délégué de la sixième circons... Poursuivre la lecture

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