Le président de la République en marche met la France à l’arrêt

Capture d'écran Reconfinement: le discours d'Emmanuel Macron du 28 octobre 2020-HuffPost — Youtube Huffpost,

Quand l’État met tant d’obstacles aux déplacements, il met en fait le pays à l’arrêt.

Par Francis Richard.

La France n’est pas occupée, elle est con-finée, nuance. Elle est même re-con-finée depuis le 29 octobre minuit. Car il ne faut pas perdre les bonnes habitudes de soumission.

Le con-finement – cette mesure moyenâgeuse – est-il utile ? Rien n’est moins sûr. Il est des exemples à l’étranger qui montrent le contraire, mais chut, il ne faut surtout pas le dire.

En tout cas, il est plus facile de con-finer la population que d’enfermer des islamistes. Alors pourquoi se priver de le faire d’autant que, paraît-il, beaucoup de Français l’approuvent…

Tous les déplacements sont désormais interdits, sauf bien sûr ceux qui sont autorisés. L’exception française est que tout déplacement doit de nouveau être attesté par un formulaire.

Car, en France, le pouvoir, qui s’appuie sur une bureaucratie et une technocratie, qui sont certainement les plus prolifiques au monde, aime les formulaires, les taxes et les amendes. En vertu du décret n°2020-1310 du 29 octobre, il y a 9 motifs de déplacement dérogatoire possibles. Il faut cocher la bonne case et fournir un justificatif dans au moins deux cas.

Ces deux cas sont des déplacements permanents : le déplacement scolaire et le déplacement professionnel, les cachets de l’établissement et de l’employeur faisant foi, respectivement.

Prenons l’exemple de quelqu’un qui, le même jour, va conduire ses enfants à l’école, travailler, rechercher ses enfants, faire des achats de première nécessité et faire un jogging. Combien de documents devra-t-il emporter avec lui au cours de cette même journée pour respecter le con-finement ? Sept. Et encore, il pourrait avoir un rendez-vous médical…

Comme il s’agit de verbaliser – lors du confinement de printemps la récolte a été bonne – il faut que celui qui se déplace s’engage en indiquant date et heure de début de sortie. Cet engagement permet à la force publique de piéger plus facilement celui qui mettrait trop de temps à se déplacer, surtout s’il effectue un déplacement bref, d’une heure et d’un kilomètre.

Pour une première infraction, le tarif est de 135 euros, soit une contravention de quatrième classe, ce qui n’est pas rien pour les petits budgets ; le second tarif sur une période de 15 jours est de 200 euros, soit une contravention de cinquième classe. Si trois infractions sont commises en 30 jours, la durée minimum du re-con-finement, là c’est hors classe puisqu’il s’agit d’un délit (l’amende s’élève à 3750 euros), passible de 6 mois de prison.

La peur de l’amende devrait être plus dissuasive que celle du virus couronné, dont la létalité est très faible, même s’il met à mal un système de santé inefficace parce qu’étatique.

Quand l’État met tant d’obstacles aux déplacements, il met en fait le pays à l’arrêt, lequel, pour pallier son impéritie, contraint déjà l’essentiel des établissements recevant du public :

Un confinement ça va (encore que…), deux confinements, bonjour les dégâts !

Car il ne fait aucun doute que cette mesure aura des conséquences économiques et sociales bien plus mortelles que celles de l’épidémie, dont les chiffres sont sujets à caution : « Les chiffres sont comme les gens. Si on les torture assez, on peut leur faire dire n’importe quoi », disait Didier Hallépée.

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