États-Unis : la liberté à géométrie variable du Parti républicain

Au Texas ou en Floride, la droite américaine utilise tous les stratagèmes pour limiter la liberté. Elle ne fait guère mieux que la gauche démocrate.

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GOP elephant by Rachel Maddow (creative commons) (CC BY-NC-ND 2.0)

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États-Unis : la liberté à géométrie variable du Parti républicain

Publié le 5 juillet 2021
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Par Pierre-Guy Veer.

Cette fin de semaine était le 4 juillet, la célébration de l’indépendance des 13 colonies de l’Empire britannique. Outre « barbecue » et « feux d’artifices », l’expression la plus (sur)utilisée pour la célébration est « liberté. » Malgré les promesses du début, les gouvernements successifs ont de plus en plus érodé les libertés individuelles au profit du Léviathan.

On peut facilement s’y attendre du Parti démocrate. De Alexandria Ocasio-Cortez à Elizabeth Warren, en passant par la présente administration Biden et Bernie Sanders, le parti de l’âne s’imagine que, hors de l’État, point de salut.

Mais en regardant de plus près, le Parti républicain n’est guère mieux. On pourrait longtemps parler des excès de Trump, mais le niveau étatique n’est guère plus reluisant.

Texas

Au Texas, l’État qui se vante de « ne pas se laisser intimider » (don’t mess with Texas) ne se gêne pas, de son côté, d’intimider autrui.

Récemment, au nom du combat contre l’exploitation sexuelle, on a criminalisé l’embauche de femme de 18-20 ans – légalement adultes, mais pas assez pour boire de l’alcool – dans des emplois à connotation sexuelle. Les coupables risquent entre deux et vingt ans de prison.

Ainsi, les femmes sont infantilisées et également les tenanciers de bars de striptease, mais de sex shop. La même loi pénalise aussi quiconque laisse entrer un mineur dans de tels établissements. Bref, le puritanisme caractéristique des conservateurs aux États-Unis surgit une fois de plus, en ne faisant rien pour combattre l’exploitation sexuelle. Au contraire, l’illégalité ne fait que rendre les produits et services encore plus dangereux.

N’étant pas en reste de ses assauts à la propriété privée, le gouvernement Greg Abbott a repris la chimère chérie de Trump : le contrôle des frontières. Abbott a ainsi puisé dans une réserve de fonds d’urgence – pour des vraies catastrophes comme un ouragan ou une panne massive – pour commencer à financer un mur à la frontière du Mexique.

Oh, il est certain que la situation migratoire n’est pas rose, avec les séparations de familles et les enfants placés en centre de rétention d’immigrants. Mais tant que le système légal d’immigration ressemblera à la Maison qui rend fou – j’y suis passé, alors je confirme – les incitatifs pour traverser illégalement seront nombreux.

De plus, la majorité des terres frontalières sont privées. Alors si Abbott veut poursuivre son projet, il fera face à une forte résistance s’il veut se saisir des terres.

Toujours au sujet de la propriété, Abbott veut maintenant obliger toutes les écoles à offrir une éducation patriotique et à afficher la devise « In God We Trust », les équipes sportives à jouer et respecter l’hymne national sous peine de voir leurs fonds coupés et empêcher les employeurs d’exiger la vaccination des clients ou employés.

Floride

Le collègue républicain d’Abbott en Floride, Rick DeSantis, a adopté une politique similaire contre l’industrie des croisières, vache à lait pour l’État.

Mais pire encore : il a adopté une loi draconienne – et fort probablement anticonstitutionnelle – qui empêche les médias sociaux d’exclure un politicien de leur plateforme. Loi qu’Abbott supporte de tout cœur.

N’en déplaise à ces Républicains, l’exclusion de quiconque d’un média social n’est pas de la censure. Ces plateformes sont privées et ne sont pas des monopoles, comme l’ont ironiquement prouvé certains politiciens de toute allégeance.

Si vous croyez que les médias sociaux sont un « problème » maintenant, imaginez ce que ce sera avec l’intervention des gouvernements. La loi floridienne – déjà contestée en cour – présentait une exception hypocrite qui protégeait indirectement Disney et NBC Universal, deux parcs d’attractions très lucratifs. Bref, c’était un acte de revanche. Ce n’est pas comme si les démocrates saisiraient la balle au bond un jour…

En d’autres termes, la liberté, si chère dans la psyché américaine, est sur respirateur artificiel. Autant les démocrates, depuis au moins Franklin Roosevelt, l’ont sacrifié sur l’autel du bien commun, autant les républicains utilisent toutes sortes d’excuses pour la limiter.

Ce pays n’est plus que l’ombre de lui-même.

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  • Le mur, c’est bien,, contrôler un peu l’industrie du sexe, fabuleux, quand aux réseaux sociaux c’est merveilleux d’obliger ces trucs à donner un droit de reponse… Je suis sans doute républicain pas un âne mais un éléphant..

    • Se prétendre républicain ( parti de la constitution américaine ) et admirer le gouvernement chinois demontre une fois de plus que vous venez commenter sur Contrepoints en racontant n’importe quoi et tout son contraire d’un article à un autre.

  • À quand un mur pour empêcher covid et ses troupes d’entrer dans les États américains ?

  • Les réseaux sociaux ont proclamé pendant des années qu’ils n’étaient que des plateformes, non des éditeurs de contenu. C’est ainsi qu’ils ont acquis une place considérable dans le débat public. Et du jour au lendemain, sous prétexte d’orthodoxie sanitaire, ils se mêlent de décider qui a le droit de parler. Et ils se mettent en cheville avec les médias dominants (Trusted News Initiative) pour instaurer un système de vérité officielle. N’en déplaise à l’auteur de cet article, il s’agit bien de censure. Ce n’est pas parce que vous êtes une entreprise privée que vous pouvez faire n’importe quoi – surtout quand votre business consiste à être un outil d’échanges d’informations, qui sont à la base du fonctionnement de nos sociétés.

    • Ce que veut dire l’auteur, et qui est le point de vue libéral, c’est que si la ligne éditoriale (autre nom pour la politique de censure) d’un média social ne vous convient pas, rien ne vous empêche d’aller voir ailleurs, voire de fonder un média social alternatif plus conforme à votre vision.
      Si celle-ci est suffisamment partagée, le succès pourrait même être au rendez-vous.

      • Si l’état n’avait pas un pistolet sur la tempe des médias en question, l’objection serait valide, mais rien n’empêchera les politiques de menacer un concurrent qui aurait du succès comme il l’a fait pour les GAFAM qui sont passés de médias capitalistes privés à porte-voix des états.

    • Ce sont les états qui, initialement, ont exigé des réseaux sociaux qu’ils pratiquent la censure.

  • Je suis désolé mais les médias sociaux ont une protection à titre de plate-forme, toute censure est une violation du premier amendement. De plus il s’agit bien de monopole, toute tentative de compétition est automatiquement écrasé en faisant pression sur les institutions pour les fermer.
    Ils censurent également selon les ordres du gouvernement.
    C’est du libéralisme suicidaire, les adversaires de la liberté n’ont aucune contrainte, on dirait souvent que les libéraux veulent être sûr de bien se faire écraser.

  • Médias « privés » avec un pistolet étatique sur la tempe quand même.
    Avant que les politiques ne se mettent à les menacer ils se comportaient en capitalistes qui se moquaient bien de canceller des gens et ainsi de perdre de l’argent.
    Comme ils composent 90% des réseaux sociaux, force est de constater que nous avons bien une parole publique censurée à cause d’une intervention de l’état. La dictature 2.0 est maligne, elle n’envoie plus la police mais la délègue aux privés par divers moyens.
    .
    Et entre les dépenses et taxations du socialiste Biden et la prostitution autorisée en dessous de 20 ans et un mur, personnellement je vois une sacrée différence pour nos libertés. Un rhume n’est pas égal au choléra socialiste.

  • Autant l’interdiction de consommation d’alcool entre 18 et 20 ans me paraît illogique (autant que l’excès de puritanisme évoqué par l’auteur), autant l’interdiction d’exclusion d’un politicien d’un réseau social me paraît cohérente, car sinon cela veut dire que ces réseaux sociaux seraient des média avec une ligne éditoriale ce qui est différent d’hébergeur de contenu, et seraient alors soumis (il me semble) aux usa à davantage de taxes en tant que média qu’en tant qu’hébergeurs de contenu neutre. Par ailleurs ce serait de la censure dont on commence à cerner les contours, dans le sens de la bien-pensance comme d’habitude.

  • « empêcher les employeurs d’exiger la vaccination des clients ou employés. »
    Je ne vois rien de choquant ici, au contraire !

    • Ah bon ? Obliger une entreprise privée à accepter des clients ou des employés qui représentent potentiellement un danger pour la clientèle, le personnel et la viabilité de l’entreprise c’est normal ?

      Refuser des gens à l’entrée d’un restaurant chic parce qu’ils n’ont pas de costard c’est compréhensible pour la réputation de l’entreprise c’est normal. Mais le faire parce que les personnes pourraient être porteuses d’un virus mortel, comment osent-ils !

    • Ce sont des entreprises PRIVEES. A elles de voir si ça a du sens d’imposer des criteres a l’entree de leur etablissement. La liberté c’est ça aussi.

  • Le Texas et la Floride sont deux endroits où la vie normale a repris depuis déjà un bon moment et où l’État prend des mesures actives CONTRE l’obligation vaccinale. On aimerait voir ça ici.

  • Les commentaires sont fermés.

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