Esclavage : les États-Unis proposent des réparations financières

Joe Campaigning BY stingrayschuller (CC BY 2.0) — stingrayschuller, CC-BY

Réparations financières de l’esclavage : le mauvais chemin pour corriger des décennies de racisme institutionnel aux États-Unis.

Par Pierre-Guy Veer.

Non contents de torturer le langage à faire pâlir d’envie Isabelle de Castille, les wokes passent leur temps à se flageller afin de s’excuser de leur blanchité.

Pour remédier à ce péché originel, plusieurs proposent que le gouvernement – et donc, les contribuables – paient un tribut aux descendants d’esclaves en compensation des désavantages subis. L’administration Biden considère même la proposition ouvertement.

Le racisme institutionnel américain est évident pour quiconque ne porte pas d’œillères. Après la Guerre de Sécession en 1865, les anciens États confédérés ont tous adopté différentes variations des lois Jim Crow, c’est-à-dire l’apartheid reléguant les Noirs en citoyens de seconde classe.

Il aura fallu attendre cent ans avant que les Noirs puissent jouir pleinement de leurs droits grâce à la loi sur les droits civils, interdisant la discrimination raciale.

Mais même après plus d’un demi-siècle, l’égalité de facto n’a toujours pas rejoint l’égalité de jure. La guerre à la drogue était une tentative à peine voilée de s’attaquer aux Noirs et aussi aux Latinos.

Résultat : ces groupes risquent davantage d’être sanctionnés que les Blancs. Il est donc dommage que les manifestations de l’été dernier dénonçant les méthodes révoltantes d’interventions policières aient été ternies par des émeutes.

Réparations financières de l’esclavage : pour qui, par qui ?

Malheureusement, la solution proposée par les démocrates est la pire que l’on puisse imaginer. Non seulement le gouvernement fédéral dépense déjà trop – la dette pourrait atteindre le double du PIB d’ici 30 ans – mais cette distribution de fonds serait trop compliquée.

S’il reste des enfants d’esclaves, ils sont en fin de vie et l’argent risque de ne pas leur servir. Et que faire de ceux qui pourraient à la fois descendre d’esclaves et d’esclavagistes ?

Si compensation directe et excuses il doit y avoir, elles doivent aller directement aux personnes lésées. C’est ce que le Canada a fait à titre d’excuse auprès des Japonais internés durant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi pour les autochtones arrachés à leur famille et placés dans des pensionnats où ils ont été victimes de mauvais traitements.

Autonomiser plutôt qu’infantiliser

Plutôt que d’envoyer des sommes d’argent qui, à long terme, ne corrigeront rien, le gouvernement des États-Unis devrait plutôt se ré-approprier la formule qui a permis au pays de devenir la première puissance industrielle : laissez faire et laissez passer.

Plusieurs décriront cette réponse comme un cliché, mais elle est pleine de bon sens. C’est le gouvernement, via l’esclavage et les lois Jim Crow, qui a été directement nuisible à cette population, c’est son retrait qui favorisera le développement de son plein potentiel.

En commencant par augmenter le choix scolaire : avec la pandémie, plusieurs États se sont mis à aider financièrement directement les élèves plutôt que le système, ce qui donne tout pouvoir aux syndicats.

Ainsi, si une école publique locale ne convient pas aux besoins de l’élève, les parents peuvent utiliser les fonds pour une autre école, privée, publique ou à charte, ou même instruire eux-mêmes leurs enfants. Laissons à chacun le choix que les antagonistes ont pu avoir.

Après la scolarité obligatoire, un gouvernement libéral ne subventionnerait pas artificiellement les élèves pour leurs études universitaires. Les facultés sont devenues des endroits luxueux grâce à une arrivée constante de nouveaux étudiants encore indécis à propos de leur avenir. Résultat : les coûts d’admission ont été multipliés par 7,5 alors que l’inflation n’est que de 1,6 depuis 1980.

Cela a eu pour effet d’augmenter les dettes étudiantes de façon dramatique ; ils doivent maintenant 1,7 billion (12 zéros) en prêts garantis par le gouvernement.

Finalement, un gouvernement réduit cesserait enfin de rendre la vie impossible à son peuple, et particulièrement aux minorités ethniques : des lois limitant la construction de nouvelles maisons aux lois salariales inspirées de l’eugénisme, en passant par des forces policières de plus en plus militarisées s’acharnant sur les minorités ethniques.

Un gouvernement libéral laisserait donc les citoyens en paix et se concentrerait sur ses tâches régaliennes, si tant est qu’il doive s’en charger.

Bref, si l’administration Biden veut véritablement indemniser les Noirs des torts dont ils ont été – et sont encore, bien souvent – victimes, elle doit éviter la solution facile et court-termiste de jeter de l’argent par les fenêtres. Elle doit plutôt envisager le long terme, rendre autonomes les Noirs et tous les autres groupes ethniques.

Il doit donc briser la tradition démocrate instaurée par Lyndon Johnson, qui aurait prédit que « les Nègres voteront pour les démocrates pour les siècles à venir. »

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