États-Unis : les démocrates en route vers le socialisme

Depuis sa première élection en 2012, la sénatrice Elizabeth Warren représente le visage de la radicalisation du Parti démocrate vers un socialisme très ouvert, où le gouvernement décide des gagnants et des perdants.

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Elizabeth Warren by Marc Nozell (CC BY 2.0)

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États-Unis : les démocrates en route vers le socialisme

Publié le 25 mars 2019
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Par Pierre-Guy Veer.

Depuis sa première élection en 2012, la sénatrice Elizabeth Warren représente le visage de la radicalisation du Parti démocrate vers un socialisme très ouvert, où le gouvernement décide des gagnants et des perdants.

Son dernier cheval de bataille : scinder les grandes compagnies technologiques. Ainsi, elle prétend vouloir protéger les consommateurs et protéger la concurrence – réparer le capitalisme, comme titre le New York Times en prenant sa défense. Elle reçoit également le support « d’économistes » comme Robert Reich, qui rappelle les mythes des monopoles du XIXe siècle que le gouvernement a vaillamment défaits.

Oui : mythe. Car jamais dans l’histoire de l’humanité il n’y a eu de monopole 1) qui se soit formé sans aucune intervention des gouvernements et 2) qui ait agi comme un monopole, c’est-à-dire en restreignant l’offre pour artificiellement augmenter les prix. La loi Sherman de 1890, la base des lois antitrust aux États-Unis allait à l’encontre de la réalité.

En effet, lors des audiences du 51e Congrès autour de l’adoption de la loi, on avait étudié quelques 17 secteurs industriels souffrant supposément des trusts, et donc d’un marché anti-concurrentiel. Les résultats ? 15 de ces industries ont montré une productivité exponentiellement supérieure à la croissance économique de l’époque, sans compter que l’indice des prix à la consommation avait aussi diminué.

Standard Oil de John D. Rockefeller, vous dites ? Oui, il a sans doute profité d’aide du gouvernement – le capitalisme pur n’a jamais existé. Mais ce qui a contribué à la croissance de sa compagnie est l’innovation, qui a fortement diminué les prix du pétrole raffiné – de quelque 90 % entre 1870 et 1897. Bref, c’est tout l’inverse d’un monopole.

Ce qui a finalement causé la chute de Standard Oil fut la jalousie d’un concurrent incapable de rivaliser avec l’efficacité de la compagnie de Rockefeller. Littéralement : la « journaliste » Ida Tarbell, fille d’un président de compagnie pétrolière ne pouvant pas accoter Rockefeller, a participé à une campagne de dénigrement pour convaincre (avec succès) que Standard Oil était un monopole… alors qu’il y avait une centaine de concurrents dont Texaco. Fait intéressant : les prix réels du pétrole ont augmenté après l’éclatement de Standard Oil (1911), comme si les marchés aimaient ce supposé monopole.

La courte mémoire des politiciens

Les personnes qui ignorent l’histoire sont condamnées à répéter ses erreurs. Elizabeth Warren s’apprête à le faire avec sa croisade contre « Big Tech. »

Comme les barrières à l’entrée des hautes technologies sont minimes – contrairement aux pharmaceutiques, par exemple – quiconque avec un minimum de connaissances en codage peut créer un programme et, si ledit programme est populaire, finir par dominer.

Quiconque a plus de 30 ans se souviendra sans doute de moteurs de recherche comme Altavista ou Yahoo, qui ont fortement dominé jusqu’à l’arrivée d’un concurrent supérieur, Google. La position dominante de ce dernier pourrait bientôt vaciller avec l’arrivée de concurrents qui, supposément, ne vous espionnent pas comme Duck Duck Go.

Et que dire de MySpace, qui était jadis le paroxysme du réseautage social avant l’arrivée d’un concurrent visiblement supérieur, Facebook. Finalement, Blockbuster avait une position « monopolistique » dans la location de vidéo (incomparable au Super Club Vidéotron) jusqu’à l’arrivée de Red Box et Netflix. Ce dernier doit maintenant faire face à une concurrence féroce dans la diffusion en ligne comme Hulu et, prochainement, Disney.

Le monde des hautes technologies est fortement concurrentiel. À l’instar du Guilded Age du XIXe siècle, les nombreuses innovations technologiques (livraison de produits améliorée avec Amazon, covoiturage facilité avec Uber, réseautage étendu avec Twitter) arrivées depuis le début du millénaire ont grandement changé nos vies. Tant et aussi longtemps que les gouvernements n’y mettront pas leurs sales pattes, les joueurs dominants finiront (sans doute) par laisser place à ces concurrents plus efficaces.

Bref, si Elizabeth Warren veut vraiment « réformer » le capitalisme, elle devrait plutôt apprendre les deux mots essentiels de l’économie, en français : laisser faire. Car du moment que le gouvernement intervient dans l’économie, il favorise toujours une partie au détriment d’une autre. C’est ce qui a causé la totalité des crises économiques depuis 100 ans.

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  • La sénatrice Elizabeth Warren est candidate à la présidence
    Les candidats « démocrates » (à condition qu’on soit d’accord avec eux) sont dans la surenchère. C’est à celui qui sera le plus « vertueux », le plus écologiste, le plus médiatique, le plus « généreux » (avec l’argent des autres). C’est très mal parti pour eux.

  • Le socialisme est insubmersible. Il conduit toujours à des résultats économiques médiocres par rapport au « laisser-faire », mais il trouve toujours une clientèle importante pour le promouvoir. Son ressort est la jalousie.

    • Le socialisme ainsi que le communisme sont des religions séculières. Ces deux idéologies relèvent de la croyance. Raison pour laquelle elles ne sont pas prête de disparaitre.
      Le messie est devenu le peuple et la rédemption le Bonheur sur Terre (qui est disposé à renoncer au « Tout » tout de suite et maintenant, au « jouir sans entraves »?). Les origines de cette croyance remontent à la Révolution française.

    • Plutôt l’envie que la jalousie. L’envie est encore plus pernicieuse (elle ne nécessite pas de tiers).

      • la jalousie concerne ce que l’on a et que l’on craint de perdre (l’amour de sa femme, etc.) là où l’envie concerne ce que l’on a pas (la gloire, la richesse, etc.)

  • L’aile gauche du parti démocrate vire au socialisme le plus crétin, idéologique, dans le déni, bienveillant envers l’islam et antisémite.
    Comme au Royaume-Uni, comme en Europe de l’ouest.
    Bref, un gauchisme à lubies délétères.

    • Le socialisme est une lèpre qui gangrène les esprits faibles des soi-disant intellectuels. La vague gauchiste actuelle vient des universités, car ces gens là vivent dans un monde fantasmé, loin des réalités. Promouvoir ce qui durant un siècle maintenant a échoué partout, et le Venezuela le prouve une fois de plus, il faut être complètement crétin. eux seuls en sont capables. Quant aux politiciens il y a longtemps que l’on sait qu’ils font tout pour s’emparer du pouvoir.

      • ben le socialisme est tentant pour un intellectuel car il y a l’opportunité d’obtenir du pouvoir que la vilaine société refuse de vous donner malgré vos immenses qualités intellectuelles..mais ils devraient regarder l’histoire. seule une poignée aura du pouvoir..

  • Gilded age, pas « guilded age », voyons ! Gilded, ça veut dire doré.

  • Je vous aux USA et c’est une vraie course à celui qui promet le plus de trucs gratuites avec l’argent des autres. Durant un town hall de Warren sur CNN la semaine dernièreon a évalué le montant de tout ce qu’elle promettait à 120 trillions, du Grand n’importe quoi

  • Intéressant. Comment réagissent les géants de la Si. Valley? Il me semble que les grands de la tech ont jusqu’ici été de fervents promoteurs de la gauche socialiste et intersectionnelle aux US; la promesse d’interventionnisme est-elle une menace pour eux, ou au contraire une opportunité pour « réguler » et empêcher à terme l’émergence de nouveaux concurrents?

  • Le socialisme est rejeté par la socièté américaine, qu’il s’appelle Sanders,Warren……. ou autres. Les Yankees n’en veulent pas.

    • @MichelP. Mais les universités sont des usines à formater à gros volume !

      • Oncle Donald se frotte les mains à les faire s’enflammer à mon avis : bien sûr que ce mouvement vient de la culture universitaire etc. mais elle ne correspond pas à l’esprit américain profond où on ne veut pas d’assistanat, de communisme, et où on est fier de se démerder comme un pionnier.

    • Vu l’énorme succès de Sanders, j’ai quelques réserves sur ce rejet du socialisme par les américains

  • « Car du moment que le gouvernement intervient dans l’économie, il favorise toujours une partie au détriment d’une autre. »

    Comme un oligopsone va favoriser un fournisseur par rapport à un autre !
    L’état n’est pas client mais peut favoriser une option plus favorable à l’intérêt national. Le prix n’est pas le seul critère.

    « C’est ce qui a causé la totalité des crises économiques depuis 100 ans. »
    Causer ? Je veux bien aggraver, pérenniser mais le capitalisme crée ses propres crises.

    • Pardon mais vous avez tout faux. La crise des subprimes a été causée par Clinton et sa démagogie. La plupart sont dus à la planche à billet qui inonde de monnaie! D’ailleurs la prochaine n’est plus très loin! Le capitalisme n’est pour rien dans ces crises!

  • Les commentaires sont fermés.

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