Bernie Sanders ou le socialisme à la conquête de l’Amérique

S’il continue sur sa lancée actuelle et si le parti démocrate ne le poignarde pas une nouvelle fois, Bernie Sanders est bien parti pour obtenir la nomination démocrate en 2020.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Bernie Sanders 2016 By: Shelly Prevost - CC BY 2.0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Bernie Sanders ou le socialisme à la conquête de l’Amérique

Publié le 25 février 2020
- A +

Par Pierre-Guy Veer.

Une autre année bissextile, une autre élection présidentielle aux États-Unis. Comme les Républicains les plus influents semblent tous se ranger derrière Donald Trump, sa nomination pour 2020 n’est qu’une formalité.

Mais du côté Démocrate, une chaude lutte à plusieurs se dessine pour savoir qui remportera les primaires du parti. Comme le « super mardi » (le premier de mars, qui inclut des États populeux comme le Texas) n’a pas encore eu lieu au moment d’écrire ces lignes, l’analyse pourrait être incomplète. Néanmoins, la lancée sur laquelle se trouve le sénateur du Vermont Bernie Sanders a de quoi inquiéter.

Oh, il est certain qu’on ne peut pas dire ignorer ce à quoi s’attendre s’il est élu, puisqu’il prône sensiblement les mêmes mesures depuis qu’il est entré en politique active il y a une quarantaine d’années.

Très régulièrement, ses comptes Twitter et Facebook répètent ses slogans familiers contre les milliardaires – il semble avoir délaissé les millionnaires – les pétrolières, Wall Street, les pharmaceutiques et pour les syndicats, une hausse du salaire minimum et des salaires, la nationalisation des soins de santé et d’autres industries.

La fossilisation de l’industrie de la santé

Mais malgré cette constance idéologique, le fait que de plus en plus de gens pensent que ses idées sont non seulement un bien net, mais aussi réalistes, a de quoi sérieusement inquiéter tout libéral qui se respecte.

Concentrons-nous sur son rêve le plus cher (dans tous les sens du terme) : un régime de santé universel « afin de rattraper les autres pays industrialisés. » Il est certain que la santé coûte très cher aux États-Unis : 17 % du PIB, avec des projections allant jusqu’à 20 % du PIB d’ici la fin de la décennie.

Malheureusement, la solution imaginée par Sanders est la pire possible. En effet, diriger le système de santé depuis Washington – et donc avec un moule unique – tuerait toute chance d’innovation. Au Canada, pays qui semble un modèle pour Sanders, il n’y a pas un système de santé mais dix pour chaque province.

Certes, Ottawa réglemente les soins de santé, mais n’a qu’environ 140 pages de lois. En comparaison, l’Affordable Care Act (Obamacare) et les titres XVIII et XIX du Social Security Act (Medicare et Medicaid) totalisent près de 2500 pages de réglementation. « Medicare-for-all » ajouterait donc un autre bottin de réglementation.

Et que dire de son prix. Les estimations varient, mais les plus récentes chiffrent cette entreprise gouvernementale entre 24,7 et 36 trillions (12 zéros) de dollars. Pour vous donner un ordre de grandeur : le PIB actuel chez l’Oncle Sam est à 22 billions, tandis que les dépenses fédérales se situent à près de cinq billions.

Pour financer pour tout cela (et toutes ses autres mesures, trop nombreuses pour écrire en moins de 700 mots), il propose une panoplie de nouvelles taxes qui feraient passer les mesures imaginées par Ayn Rand dans La Grève comme bien timides. Les héritages, la richesse « extrême », les revenus au-delà de 250 000 dollars, la valeur nette, la masse salariale, l’impôt des sociétés ; bref, il veut véritablement « stopper le moteur de la planète ». Et considérant que le Colorado et son État natif du Vermont ont rejeté des propositions similaires, les faire passer au niveau fédéral risquerait de s’attirer les foudres des contribuables.

Encore plus de pouvoir centralisé

Mais qu’à cela ne tienne : Bernie Sanders a l’intention d’émuler Franklin Roosevelt, qui a émis plus de 3700 arrêtés présidentiels pour outrepasser la branche législative. Le magazine socialiste Jacobin l’encourage fortement ; il suivrait la trace de sa collègue Elizabeth Warren, qui prétend pouvoir outrepasser le Congrès pour annuler les dettes étudiantes si elle est élue.

L’éditorialiste Paul Krugman aurait donc intérêt à enlever ses lunettes roses en s’imaginant qu’un président Sanders n’abuserait pas de son pouvoir comme Trump le fait.

Bref, si Bernie Sanders continue sur sa lancée actuelle et si le parti démocrate ne le poignarde pas une nouvelle fois, il est bien parti pour obtenir la nomination démocrate en 2020. Même s’il ne gagne pas, sa projection devant les caméras et l’élucubration de ses idées socialistes sur tous les plateaux sans contrepoids auront un effet durable et dévastateur.

Après tout, 40 % de la population considère le socialisme comme une bonne idée, et plus de la majorité des jeunes adultes sont vendus à l’idée.

Voir les commentaires (19)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (19)
  • no chance !
    La gestion de la santé par l’etat ne fait que fossiliser le processus au détriment de ses assujettis!
    Sur le papier c’est louable , dans la réalité c’est la connivence et L’inefficacité..
    si a santé n’est pas un marché comme les autres, l’inconscience sans concurrence c’est la ruine du contribuable et la faillite du systeme
    a terme

    • Aucune activité humaine n’est un marché comme les autres!
      Aucun échange et aucune marchandise n’est semblable aux autres,
      cependant le processus d’échange au sein d’un marché libre est la meilleure chance que leurs qualités soient le mieux respectées .
      Ce que ne comprennent pas les « ce n’est pas une marchandise »…

    • La sante par l’etat permet de limiter la durée de vie et par conséquent est un bienfait pour l’humanité… Qui n’aime pas les vieux.

  • on voit d’où provient l’implantation de l’idéologie..avec l’annulation de la dette étudiante, des armées de diplômes frustrés..

  • J’ai dû consulter mes dicos, pour me rappeler que « un billion » se traduit par « a trillion » et « un milliard » par « a billion ». D’autant plus confusionnant que, il y a cinquante ans, en GB et au Canada, « a billion » avait le même sens qu’en français.

    • Dans le Système International des unités un n-illion = 10 puissance n*6

    • Exact.
      Un billion en français signifie un trillion en anglais. Plus précisemment :
      en français un billion veut dire 1000 milliards (10 puissance 12)
      et un trillion veut dire 1 000 000 000 milliards (10 puissance 18)
      tandis qu’en anglais un billion veut dire 1 milliard (10 puissance 9)
      et un trillion veut dire 1000 milliards (10 puissance 12)

  • dommage que l article n explique pas pourquoi 40 % de la population considere positivement le socialisme et que c est meme une majorite chez les jeunes.
    Il y a 10-15 ans, etre etiquette socialiste aux USA c etait une tare. Pas aujourd hui. Qu est ce qui a changé ?
    Est lie au fait qu une bonne partie de la population n a pas beneficie de la mondialisation mais a vu ses condition de vie se degrader (ce qui a ete un element du vote trump) ?
    Quand aux jeunes, c est pas l acces a un systeme nationalise de snate qui doit les motiver (c est pultot une preocupation de vieux). C est quoi alors ?

    • Il faut compter sur la réceptivité de tous les gôchos qui sont devenus légions car ils ont compris qu’ils pourraient/pouvaient mettre la main sur l’argent des autres et Piketout a écrit encore et encore dans ce sens.
      La pub de son éditeur (SEUIL) surtout aux USA a fait de lui un auteur à succès (Le capital au XXIe siècle vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires).
      Il dispose aussi de deux fers de lance aux USA en ses confrères enseignants à l’université californienne de Berkeley Emmanuel Saez et Gabriel Zucman. Les médias mettent régulièrement en avant D. Cohen, M. Aglietta ou encore O. Balchard, E. Duflo, A Beassy Queré, JP Fitoussi, J. Pisani-Fery, H Sterdiniack sans oublier la brochette d’Alternatives Economiques des Duval, Chavagneux …
      On entend même plus le Nobel Jean Tirole. Citez donc des économistes libéraux contemporains en France ayant autant de présence médiatique.

  • Quelle que soit l’orientation idéologique avec laquelle on tente de résoudre le problème lié aux coûts exorbitants de la santé aux Etats-Unis , ca aboutira à une impasse. Si on choisit l’interventionnisme , on favorisera l’endettement public et donc la bulle obligataire , si on adopte le statu quo on laissera s’accroître l’endettement privé et le risque d’insolvabilité des ménages. Il faudrait contraindre le lobby pharmaceutique et les fournisseurs d’assurance privé à renoncer à une partie de leur marge , il n’y a que comme ca que le système peut rester soutenable.

  • Einstein disait que la bêtise humaine est infinie! La preuve, puisque les jeunes veulent un système qui a échoué partout où il fut essayé, au détriment même de leur avenir!

  • Bernie Sanders, le tartuffe qui se sent sale de demander le soutien financier de ses supporters, mais qui trouverait plus juste de prendre l’argent des autres par la force pour réaliser ses bonnes idées.
    C’est quand même un peu rassurant de voir qu’il n’y en a pas que chez nous. Quoique?
    babylonbee.com/news/bernie-sanders-frustrated-with-having-to-ask-for-money-instead-of-just-taking-it?fbclid=IwAR2k42rwlzC8TsvfWRJtsYzkbcfBMqhdIPtQlcHdu6McEfhkq5naiNqU_ec

  • Les jeunes ont toujours été le fonds de commerce des totalitaristes,de gauche ou de droite.

  • La « dette étudiante » des américains est à relativiser. Un cursus se fait en 4 ans aux Etats-Unis, et lse examens se terminent en Mai justement pour permettre aux étudiants de travailler. Si vous êtes résident de l’Etat X et que vous allez dans l’université d’Etat de l’Etat X, vos frais de scolarité se montent à 10 000 – 12 000 dollars par an. Le système de bourse est également beaucoup plus généraux car il prend en compte le critère social et le critère académique, les étudiants peuvent tout à fait obtenir un discount de 30-40% de leurs frais de scolarité. Le salaire médian (pas la moyenne, le salaire médian) est de 4500 dollars à la sortie de l’université. De quoi rembourser une partie des 30 000 dollars de dette étudiante (coût de 50 000 moins le discount ) et ici on ne prend pas en compte le travail pour financer les études.

    Alors oui les étudiants américains sont libres d’aller à l’université pay to win à l’autre bout du pays à 40 000 dollars l’année parce qu’ils auront toisé l’université de leur Etat ( des millions d’habitants tout de même ! ), c’est très triste et c’est sur ça que la prévention doit être faite parce qu’on est très stupide à 16 ou 17 ans, et c’est ça qu’il faut rentrer dans la tête des américains : allez à l’université de votre Etat.

    Les excellents auront toujours leur bourse pour le MIT. Stanford et Caltech sont « publiques » et très abordables. En ce qui concerne le droit ou les lettres je ne sais pas, pas mon domaine.

  • Louanger le système de santé du Canada comme le fait Bernie Sanders dépasse l’entendement. Ce n’est même plus de l’aveuglement volontaire, c’est de l’acharnement idéologique.

    Au Québec, 40% de la TOTALITÉ du budget du gouvernement provincial concerne les soins de santé, et cette proportion augment sans cesse d’année en année. Si au moins la qualité de soins était au rendez-vous… Mais non! Quantité de québécois n’ont pas de médecin de famille, d’où l’engorgement des urgences des hôpitaux où l’on peut attendre jusqu’à 48 heures pour être traité.

    Venez donc visiter notre Cuba du nord et constater les dégâts de la médecine socialiste M. Sanders avant de vous lancer dans pareille mésaventure…

    • Nationaliser, collectiviser voilà la recette socialiste, Regardez en France le projet de système universel de retraite, qui n’est autre qu’un système UNIQUE (collectiviste) de retraite pour tous donc socialiste, alors que nombre de fonds de pensions public et privés ont des provisions excédentaires pour cause de bonne gestion en CAPITALISATION

    • @Québécois lucide
      Bonsoir,
      « Venez donc visiter notre Cuba du nord et constater les dégâts de la médecine socialiste M. Sanders avant de vous lancer dans pareille mésaventure… »
      Il a déclaré lors d’une interview que Cuba avait un système de santé performant. Donc en visite au Canada, il verra que Votre P.M est bien soigné, puis vantera les vertus et prouesses du système de santé de votre pays.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Par Elizabeth Nolan Brown.

 

Comment les États réagissent à l'annulation de l'arrêt Roe v. Wade

Depuis l'arrêt de la Cour suprême de vendredi dernier qui a bouleversé la liberté de pratiquer une IVG en Amérique, les États ont pris des mesures pour en restreindre ou en protéger l'accès.

L'adoption de nouvelles interdictions de l'interruption de grossesse prendra au moins un peu de temps. Cependant, un certain nombre d'États ont déjà adopté des dispositifs légaux d'interdictions qui se déclencheraient automatiquement e... Poursuivre la lecture

Comme un coup de tonnerre dans un ciel d’été aux États-Unis, l’arrêt emblématique qui faisait de l’avortement un « droit constitutionnel » a été abrogé. Roe v. Wade (1973), confirmé par la suite par l’arrêt Planned Parenthood v. Casey (1992), vient de voir ses conclusions infirmées par l’arrêt Dobbs v. Jackson Women’s Health Organization. Pour les juges, c’est « au peuple et aux représentants élus » d’encadrer la pratique de l’avortement, renvoyant ainsi la balle au Politique.

Affirmer que l’avortement n’est pas protégé par la Constitu... Poursuivre la lecture

On viole les droits constitutionnels des gens au nom de leur sécurité.

Les fusillades sont une triste réalité qui semble unique aux États-Unis. Et à chaque fois qu’elles se produisent, les sirènes (généralement démocrates) implorent le Congrès de « faire quelque chose ». Même si cela implique de violer les droits fondamentaux des individus.

Généralement, les républicains résistent au charme. Mais pas cette fois-ci.

Plusieurs sénateurs du parti de Trump se sont rangés du côté du parti de Biden pour imposer des restrictions... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles