La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

Quatre ans après le début du chantier des retraites, qu’en reste-t-il ? Plus de trois ans de discussions et de palabres stériles, trois ans d’annonces contradictoires, de volte-face, d’opacité brouillonne.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Senior retraité (Crédits Alex Bartok, licence Creative Commons)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

La « réforme » des retraites ou le bilan d’un immense gâchis

Publié le 19 juin 2021
- A +

Par Thierry Benne.
Un article de l’Iref-Europe

Une annonce aguichante : un euro de cotisation ouvre strictement le même droit à pension pour tous. Une réforme systémique qui impose la généralisation du calcul par points, un régime unifié à terme avec la fin des injustices comme celle des régimes spéciaux.

Bref, un beau coup de com’ même si, pour que la justice soit vraiment « juste », il aurait fallu aligner le calcul des droits à pension sur les seules cotisations salariales relativement homogènes tous secteurs confondus, alors que les cotisations patronales de natures intrinsèquement différentes sont rigoureusement incomparables entre le secteur public et le secteur privé.

L’abandon du chantier des retraites

Quatre ans après qu’en reste-t-il ? Plus de trois ans de discussions et de palabres stériles, trois ans d’annonces contradictoires, de volte-face, d’opacité brouillonne. Un Commissaire aux Retraites largement désavoué peu de temps après qu’il soit devenu Haut-Commissaire (la Roche Tarpéienne…) pour des raisons qui n’étaient pas toutes techniques. La succession bricolée dans l’urgence et dévolue ensuite à un nouveau Secrétaire d’État, dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas illuminé l’institution. Des débats parlementaires mal engagés devant l’Assemblée nationale, où le parti dominant a largement abusé de sa majorité en concourant ainsi à l’échec de la Commission spéciale chargée de l’examen du projet, avant que le Premier ministre Édouard Philippe lui-même ne recoure en dernier ressort à l’article 49-3 de la Constitution pour mettre un point final à une première lecture devenue passablement chaotique.

Survient alors durant plus d’un an la pause obligée due à la brutale aggravation de la Covid. Soucieux cependant de mener à bien ce qu’il avait présenté comme la réforme-phare de son quinquennat, le président Emmanuel Macron vient d’annoncer tout de go au début de son tour de France qu’il fallait absolument relancer la réforme des retraites, mais qu’elle ne pourrait être reprise en l’état.

Des propos qui signent l’arrêt d’un projet mal né et qui sonnent comme un désaveu pour tous ceux qui de près ou de loin ont eu à y participer, entre autres :

– le président de la République en tête dont la maîtrise d’œuvre a été pour le moins chancelante ;

– son Premier ministre Édouard Philippe qui, avec la géniale trouvaille de l’âge-pivot, a su ajouter non pas la goutte, mais le verre plein d’eau qui ferait inévitablement déborder le vase ;

– le commissaire Jean-Paul Delevoye, dont on s’est aperçu qu’il avait certes beaucoup réuni, beaucoup conféré, beaucoup communiqué, mais qu’en réalité il n’avait en plus de deux ans rien négocié du tout ;

– et enfin le Secrétaire d’État Laurent Pietraszewski, dont l’ennui est demeuré tel en son poste qu’il s’est cru obligé de prendre la tête de liste de la République En Marche en vue de la prochaine élection régionale des Hauts-de-France.

Des erreurs à la pelle

En réalité, cette réforme avortée coche pratiquement toutes les cases d’une anthologie de ce qu’il ne fallait pas faire.

En commençant par le début, il ne suffit pas que trois ou quatre économistes de renom, fussent-ils proches du Président, griffonnent sommairement sur un coin de table l’esquisse d’une réforme des retraites qui privilégierait désormais l’approche par points, pour que d’un coup le projet prenne corps.

Il eût fallu d’abord débattre avec toutes les parties intéressées, syndicats de salariés et organisations patronales, mais aussi la collectivité des retraités et non pas seulement quelques associations bien en vue. Il eût fallu aussi entendre attentivement leurs revendications, les étudier posément, les discuter sereinement, puis enfin négocier pied à pied en s’assurant que l’avancée du projet ne perdait jamais de vue ni sa faisabilité, ni son équilibre financier.

C’est ainsi que tout au long de cette démarche, on aurait dû veiller à l’établissement originel et à l’actualisation régulière d’un plan-masse financier qui détaille toutes les recettes et toutes les dépenses actées, afin de pouvoir lors du cadrage final du projet présenter des chiffres convaincants, connus et acceptés de tous et qui garantissent l’équilibre global de la réforme, avec des prévisions sérieuses tant pour l’indispensable période de transition, qu’une fois atteint le régime de croisière.

L’échec en marche

Or, c’est seulement lors du dépôt du projet de loi sur le bureau de l’Assemblée nationale qu’on s’aperçut que – selon les dires mêmes du Conseil d’État – le projet était à ce point lacunaire que sa lecture ne permettait pas à la Haute Assemblée de se prononcer valablement sur la réforme. Dès le début des débats, l’opposition protesta que le projet naviguait quasiment sans véritable étude d’impact, pourtant obligatoire pour une réforme de cette importance.

Certes, l’exécutif piqué au vif poussa les feux pour bâcler rapidement un document-fleuve, mais son volume, comme son retard de communication excluaient à eux seuls tout travail législatif sérieux. Par ailleurs, l’interrogation cruciale sur l’équilibre global de la réforme n’était toujours pas levée. L’arrogance du parti majoritaire et l’intransigeance de la présidente de la Commission spéciale chargée de l’examen du projet firent le reste, en favorisant le foisonnement déraisonnable des amendements, de concert avec le déchainement des corporatismes, pour aboutir finalement au constat d’échec de ladite commission.

Rappelons quand même que tout ce beau monde avait trouvé parfaitement normal que le Conseil d’Administration de la future Caisse Nationale de Retraite Universelle ne comporte pas la moindre représentation collective et élue des retraités. Ce qui est quand même un comble d’exclure avec 18 millions de retraités, rien moins que le quart de la population française et l’intégralité des pensionnés-vieillesse, lorsqu’on revendique un double caractère national et universel pour cette institution.

Dès lors, il était clair que le projet avait perdu son cap et que désemparé, il ne se bornait plus qu’à errer à la corne de brume, avant que la progression foudroyante de la Covid ne lui procure opportunément ce répit qu’on appelle une trêve.

Un immense gâchis

De ce projet bâclé et peu glorieux, on peut regretter notamment :

– au-delà des milliers de tonnes de papier vainement imprimé, les dizaines – et probablement plus encore – de millions d’heures perdues de toute part, autant dans le secteur public que dans le secteur privé, à analyser et à débattre y compris au Parlement d’un projet inabouti, mal calé sur ses fondamentaux, à la logique fuyante et dont apparemment personne du côté du pouvoir n’avait eu la lucidité de pointer et encore moins de corriger les cruelles insuffisances et les nombreuses ambiguïtés ;

– la supercherie du Grand Débat National réduit en une simple collecte de données à dépouillement strictement statistique, sans tenir aucun compte de la teneur réelle des propositions des contributions les plus soigneusement rédigées, dont certaines présentaient pourtant un caractère pertinent ;

– la volonté systématique et en quelque sorte pathologique d’exclure les retraités de tous les endroits où ils pourraient être utiles et notamment quand leur expérience est irremplaçable (les actifs : que connaissent-ils exactement de la retraite ?). On notera que l’attention personnelle du président de la République a été à plusieurs reprises attirée par écrit sur cette ségrégation, sans qu’il ait jamais daigné porter à cette question le moindre intérêt ;

– l’enchaînement des grèves et des manifestations qui ont sans doute coûté fort cher au pays en pénalisant sévèrement et durant de longs mois l’activité nationale, l’ensemble des usagers et des entreprises étant une nouvelle fois pris en otages ;

– les incertitudes de la réforme, qui n’ont sans doute pas pesé pour rien dans l’obstination des Gilets jaunes ;

– la perte de confiance à l’étranger en la capacité de la France à se réformer et à ne serait-ce qu’amorcer un meilleur contrôle de ses dépenses publiques ;

– la dévalorisation de la procédure constitutionnelle de l’article 49-3, lorsqu’elle ouvre sur le vote de force de projets de loi, dont le retrait ultérieur par leurs auteurs confirme la médiocrité ou la parfaite inanité.

Visiblement, la stratégie gouvernementale a été plus qu’hésitante et tout au long de son parcours le projet a donné une impression de flottement, avec l’avènement final d’un immense gâchis dû tout autant à l’impréparation qu’à l’arrogance du pouvoir, comme à celles d’une majorité qui a fait semblant pendant trois ans de maîtriser parfaitement une réforme, qu’en réalité personne n’avait sérieusement ni préparée, examinée, ni planifiée.

Et la déception est d’autant plus grande que de nombreux électeurs avaient choisi le Président Macron précisément pour le côté rassurant de son expertise financière. On vient tout juste de s’apercevoir que l’excellence dans le domaine des fusions-acquisitions ne garantit nullement la réussite d’une réforme aussi ambitieuse et aussi complexe que celle des retraites.

Conclusion

Puisse ce grave échec instruire le pouvoir, qui se dit prêt à lancer la saison 2 de sa réforme dès avant la prochaine échéance présidentielle et notamment :

– l’engager à ne plus confondre les simples auditions des partenaires sociaux et des autres avec des discussions approfondies, ni ces discussions avec les négociations subséquentes qui doivent clore les échanges ;

– l’obliger à considérer la collectivité des retraités – et non pas seulement certains d’entre eux- comme ses interlocuteurs obligés en raison même de l’expérience qu’ils sont seuls à avoir et parce qu’un système de retraite sans retraités ne veut rien dire ;

– le conduire à admettre les amendements de bon sens, même lorsqu’ils ne viennent pas de sa majorité ;

– l’amener à se soucier dès le début et non pas simplement in fine des équilibres financiers en cause ;

– l’inciter enfin à construire patiemment une véritable étude d’impact pour éviter de fournir in extremis une somme indigeste destinée à saturer le lecteur et à décourager toute approche critique de sa part ;

– enfin, s’abstenir d’ajouter à la dernière minute une clause-surprise non négociée, telle que l’âge-pivot, qui questionne la cohérence du projet tout entier en déséquilibrant tout à la fois sa présentation et sa discussion.

Et enfin, alors que les équilibres financiers ont été mis à mal par la Covid, il faudra pour prévenir un second échec, qui serait cette fois dirimant, repenser entièrement toute la réforme et accorder aux débats toute la durée indispensable, en s’interdisant la trompeuse facilité d’un rafistolage bricolé d’urgence et sous la pression.

Il conviendra notamment de prendre le temps de projeter la réflexion nécessaire très au-delà de la prochaine échéance présidentielle, tout simplement parce qu’il s’agit cette fois, au-delà même des contraintes financières, de garantir aux retraités qu’ils seront désormais pleinement associés aux choix qui les concernent et que la dernière partie de leur vie se passera dans la dignité et en évitant la misère.

Sur le web

Voir les commentaires (41)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (41)
  • Les retraites sont le truc mal géré, qui détruit l’économie francaise: 15% de PIB, soit 30% des coûts salariaux partent dans une retraite tardive et a un taux faible. https://economiepublique.blogspot.com/2019/04/le-cout-des-retraites-retraites-par.html
    Le principe meme de laisser les branches decider (RATP, Opéra de Paris) puis que l’Etat abonde le deficit parait tout droit sorti d’un livre de Bastiat.
    En France, on se targue d’un Etat fort qui peut remedier aux défaillance de marche, y a t-il la une défaillance de la démocratie?

  • CTRL+F « fonctionnaires », 0 résultat.

    Les fonctionnaires constituent 15% des retraités et perçoivent 30% des retraites…
    On est imposé à plus de 50%…

    Nous sommes leurs esclaves.

    • @Philippe le pays serait bloqué parce que l’état se couche . Si l’état se comportait avec la même brutalité avec le faible pourcentage de fonctionnaires et de régimes spéciaux qui bloque qu’avec les gilets jaunes ce serait plié . Mais voila , l’état refuse de le faire et pourquoi le refuse t il ? parce que c’est son camp. Tant que l’état prendra parti pour les uns (les fonctionnaires et assimilés ) contre les autres (le privé ) rien n’avancera . La vérité c’est que l’état est partial et ce quelque soit le pouvoir en place .

      • Parce que vous trouvez que la l’État a été brutal ou même efficace contre les exactions des GJ (qui est rapidement devenu « tout ce qu’il y a de nuances de gauchisme en France ») ? C’est une blague, rassurez moi !

  • On peut même généraliser « Quinquennat Macron : un immense gâchis ».
    La réforme abandonnée des retraites, ni faite ni à faire, n’est qu’un avatar, pas des moindres reconnaissons-le, des conséquences de l’incompétence et de la suffisance chimiquement pures de Macron et ses sbires. On cherche vainement un truc intelligent qui a été positif…
    En fait, on se demande quelle bouillie glougloute dans leur tête..

    • La macronie représente très certainement la plus belle palette d’incompétents que la France a eu ces dernières années. Jupiter le petit n’a brillé que par le mépris qu’il a opposé aux français et à ses détracteurs. Je reconnais cependant aux membres de la macronie d’être des champions de l’ego et en mettant edm à la Justice on frise les summums de l’idiotie.

  • Le but non avoué de cette réforme, c’est d’en faire un machin universel pour siphonner les réserves de certaines caisses encore excédentaires, et pas du tout pour en faire un truc soi disant égalitaire puisque les régimes spéciaux ne seront pas touchés.

  • Le système de retraite actuel, Fait qu’un fonctionnaire avec une retraite calculée sur les derniers mois de carrière, mono pensionné a une retraite de 25 % supérieur a un pluri pensionné ayant connu un peu de chômage et une retraite calculée sur les 25 meilleurs années « AU PRORATA » de différents systèmes.
    C’est factuel !!!!!!!!!!!!
    Or on a pas les moyens d’aligner les retraites par le haut en passant a un système égalitaire par point, il faut 10 secondes pour s’en rendre compte. Avoir les couilles de toucher aux fonctionnaires même en étalant la reforme sur 40 ans Ils n’ont pas le courage, Rocard l’avait proposé, relisez les archives ….

    • Je viens de regarder hier ma simulation de retraite , on me promet, à 67 ans, une retraite de moins de 30 % de mon revenu actuel et tout ça avec 2000 € de cotis par mois .
      Ca doit être ça qu’on appelle l’égalité républicaine.

      • C’est surtout une incitation à se débrouiller individuellement pour abonder cette retraite par les fruits de la capitalisation d’une épargne, hélas complémentaire, mais qui peut rester modeste si vous n’êtes pas trop proche de la date.

      • Et vous n’avez sans doute encore rien vu! vous calculez à l’instant T mais les règles auront surement encore changé quand vous aurez 67 ans!

      • @chicotier ça s’appelle la solidarité : vous payez et les autres touchent . La solidarité tant vantée par la gauche : ils en profitent et les autres la payent . Les gens de gauches aiment la solidarité , on comprend mieux pourquoi .

        • Effectivement , une bonne partie de la cotis sert pour ce qu’ils appellent pudiquement: « la compensation nationale » et devinez qui en profite entre autres: la SNCF en grève un jour sur 2.

      • Et, encore, attendez que les centres « 1901 » finissent de siphonner ce qui reste de l’exercice libéral … La CARCDSF est condamnée à moyen terme !

    • Ce qu’il faut retenir et comprendre, c’est que le niveau d’inégalités, d’injustices, de sectarisme du système de retraite est tel que personne n’a le courage de l’aborder, car il ay obligation de frapper fort, trés fort, Pour ceux qui aurait des difficultés de compréhension comparé les retraites d’un sénateur et d’un ouvrier ayant travaillé un peu dans l’industrie un peu dans l’agriculture et qui a connu un peu de chômage !
      Il n’y a pas d’autres solutions que de mettre les sénateurs a la rue en caleçon en en confisquant une partie de ce qu’ils ont déjà volés. ça ne suffira a rien mais symboliquement ça fera du bien a la France! Je ne suis pas raciste encore moins « Antiraciste » a la place de sénateurs ont peut en trouver d’autres, bonne recherches.

  • dans un pays en faillite , rien ne dit que dans quelques années il y aura de quoi payer les futurs retraités ….

  • Une réforme qui commence par énoncer comme un principe absolu l’utilisation exclusive du système par répartition alors que c’est précisément ce système qui a créé l’instabilité actuelle, ne peut que se casser la gueule. Décidément, certains, en particulier à gauche, n’ont pas vu que beaucoup d’eau était passée sous les ponts depuis… 76 ans (si je compte bien).

  • Un jeune coq de l’année, suffisant mais brillant, avait séduit par son intelligence et sa jeunesse. Lors, élu par effet de surprise, il s’arrogea tous les pouvoirs et s’accapara une grande part du grain, pensant que le reste de la basse-cour ne méritait même pas le temps d’un avis. Mais la gent à bec, blessée d’être ignorée et manquant bientôt du nécessaire, entrepris de l’accabler au point que le fermier, jugeant qu’il devenait inutile à la ponte, le fit promptement au pot. Il chercha un autre coq pour le remplacer, moins jeune mais plus expérimenté, mais s’aperçu qu’aucun ne pouvait remplir correctement l’office. Alors les poules décidèrent de chercher par elles-mêmes, poussant des cris et attaquant la clôture au bec. C’est ainsi que toute la structure du poulailler s’effondra et qu’un nouvel ordre régna au pays gallinacé.

  • En ce moment tout le monde parle des retraites, mais la majorité de personnes ne connaît pas le vrai problème. Liberté, égalité, fraternité ; OUI, mais surtout pas pour les retraites. Les politiques avancent à reculons sur ce sujet. La réforme des retraites a entre 40 ans de retard. La réforme des retraites des fonctionnaires de l’Etat et des régimes spéciaux les plus généreux, EDF, SNCF, RATP et surtout la très prodigue Banque de France a au minimum 50 ans de retard ! Car, il faut le savoir, nous ne sommes pas tous égaux devant la réforme. Le régime général qui concerne les salariés du privé a subi de profonds changements en 1993 (au mois d’août et en dehors de bla bla aucun syndicat n’a bougé), réforme dite  » Balladur « , et sans qu’aucune modification n’ait été apportée aux régimes des fonctionnaires. Jupé a dit en novembre 1995 qu’il allait réformer les régimes spéciaux et il a eu 7 semaines de grèves. Les grévistes ayant été payés les choses se sont calmées et les réformes ont été repoussées. Pauvre Rocard qui a fait un livre blanc sur les retraites a été viré au profit de Me Cresson (copine de Mitterrand homme fâchée avec l’économie de marché).
    Dans le cas de l’Etat patron, ni les cotisations des agents, ni celles de l’Etat, qui sont énormes, ne sont versées à une caisse. Les retraites des fonctionnaires sont directement payées par le budget de l’Etat. Les cotisations, qu’elles soient salariales ou patronales restent fictives, car non versées. Il en résulte une conséquence importante : il est alors facile de dissimuler la charge à la collectivité et aux fonctionnaires eux-mêmes qui restent persuadés qu’ils financent leurs retraites. Nos gouvernants continuent à nous faire croire que nous préparons nos propres retraites en payant celles de nos aînés alors qu’il nous faudrait plutôt financer les études et l’entretien de nos cadets ! Ce mythe est particulièrement bien enraciné dans nos institutions et dans nos têtes alors qu’aucun économiste ne peut le prendre au sérieux. De plus, il est vrai qu’aujourd’hui le sous-emploi est la cause n° 1 du déficit de la sécurité sociale, et de l’absence d’excédent des caisses de retraite dans leur ensemble, demain le vieillissement de la population sera un facteur de déficit si puissant que le plein emploi ne suffira pas à le compenser.

    La condition pour que les retraités aient des pensions convenables en 2040, c’est que davantage de résidents aient à cette date un emploi productif. Le qualificatif « productif » est important : il faut bien prendre conscience que les emplois-bidon, payés par nos impôts, ne servent à rien. Chers responsables des fonctionnaires territoriaux arrêtez d’augmenter vos effectifs de 6 % par an. Une baisse du taux de chômage obtenue par des artifices tels que retraites anticipées, préretraites, réduction du temps de travail, emplois bidon…n’est pas la solution au problème de l’avenir des retraites. Il est grand temps de réformer structurellement ; ayons le courage de bon sens revenons à l’égalité républicaine. Procédons à l’unification de système de retraites.

    • cela ne changera rien : seule la responsabilisation des citoyens peut le faire et pour cela, il n’y a que la capitalisation, dans laquelle l’Etat n’a même pas à intervenir, sauf pour garantir le respect de la propriété privée.

      • Le principal problème de la capitalisation est de mettre sous les yeux de l’Etat un réservoir monstrueux dans lequel il ne saura se retenir de piocher par anticipation, tant pour augmenter ses dépenses courantes que pour cautionner sa dette. L’Etat, garantir le respect de la propriété privée ? Ca n’est pas pour rien que le mot « propriété » a été banni de la devise de la République…

  • Ouais, si simplement on mettait tout l’argent consacré à l’écologisme, on pourrait enfin créer un fond de pension… Tout le reste est de la poudre de perlinpin entraînant un appauvrissement des retraités entraînant plus de dépenses sociales, soit ils sont betes soit la France n’est qu’une serpillière de l’Europe condamnée à nettoyer les WC de ces messieurs et dames.

    • montant des pensions 300 milliards
      budget ecologie 48 milliards

      Soit quasiment un facteur 10 !
      Et la je parle meme pas d un fond de pension qui va vous faire de 3 % de rendement (3% de 48 ->MOINS de 2 milliards a distribuer au lieu de 300)
      Allez soyons fou, divisons les pensions par 100 comme le propose avorton et attendons.
      18 millions d electeurs retraités vont vous virer aux prochaines elections (les retraités c est quasiment 40 % des electeurs)

  • Le millefeuille administratif français se retrouve dans le millefeuille des retraites françaises. Après ça, allez réformer un système qui compte plus de régimes que de retraités….De plus. tous sont solidaires pour taper sur le gouvernement mais aucun prêt à sacrifier un iota de ses privilèges au nom du collectif dont tous se réclament…..Sacrés Français, trop de fromages disait déjà un général….

    • le collectif on s’en branle, t’asd pas travaillé pour les autres t’as travaillé pour toi, normal que tu récoltes les fruits de ton travail..a te lire faudrait en donner aux autres, bah les autres ils devraient faire comme toi , se redresser les manches et bosser pour SA retraite..

  • D’abord, les ponxionnaires se servent en premiers, dont les personnels des caisses de retraites, directeurs en tête, puis les élus, puis les ayants droits sans avoir cotisé, puis le remboursement partiel des dettes après avoir spéculé, et ce qui reste (ou pas) après avoir rogné jusqu’à l’os la valeur des points de retraite et les avoir amputé de taxes iniques (triple imposition ?) ce qui subsiste donc permet de servir avec parcimonie et erreurs (par inadvertance) la portion congrue . . . .

    • on tape sur les fonctionnaires à raison mais les politiques s’en mettent plein le cornet aussi, rien qu’a voir un sénateur qui ne fiat qu’un mandat il a une retraite dorée à vie ensuite..

  • le probleme est simple : de plus en plus de retraités, qui vivent de plus en plus longtemps imposent soit de taxer plus les actifs soit de baisser les pensions
    D apres l article il y a 18 millions de retraités (il me semblait que c etait 15 millions mais bon). il y a 47 millions d electeurs. donc 38 % des electeurs sont retraités (en en plus ils s abstiennent moins).
    Donc impossible de baisser les pensions (avec pres de 40 % des electeurs c est du suicide electoral)
    Reste donc ce qu on fait tous les gouvernements depuis 30 ans : augmenter les cotisations des jeunes, faire de la dette

    PS: repartition ou capitalisation ne change rien a court terme. Si on passe a la capitalisation demain, il faudra attendre 30 ans avant que ca produise un effet (a moins d arreter de payer toutes les pensions)

    • cd,
      « Aujourd’hui il est interdit à un vieux d’être vieux. »
      Michel Houellebecq
      Artiste, Cinéaste, écrivain, Poète, Romancier (1956 – )

      • quand les retraites ont ete crées, les gens partaient a 65 ans : une bonne parti etaient deja mort, les autres etaient malade, souvent avaient du mal a travailler (c etait plus physique que maintenant), et donc mourraient rapidement (avant 70 ans)
        Maintenant les boomers partent a 60 ans, vont vivre jusqu a 85 au moins (soit 25 ans) avec des pensions nettement superieures .
        Alors forcmeent ca coince !

        PS le niveau de vie des retraité est 9% superieur a celui des actifs (https://www.boursorama.com/patrimoine/actualites/reforme-des-retraites-les-preconisations-de-la-cour-des-comptes-5835bf03d9a07b44e55a172b11034a3c) ! completement delirant que quelqu un qui reste chez lui vive mieux que cleui qui travaille non ?

        • @cd,

          Au delà des considérations comptables incontournables en abordant le sujet des retraites,ne pas oublier la dévalorisation actuelle de la valeur travail.

          La bonne question est donc : « c’est quoi la valeur travail »,lorsque l’on constate que face à une demande importante il existe paradoxalement aujourd’hui une pénurie de main d’œuvre ?

          Les nouvelles habitudes de travail et l’idée que l’on va avoir dans sa vie des métiers différents impliquent un nouveau savoir faire et savoir être. (Mobication)

          Il serait donc souhaitable de ne pas perdre le sens des valeurs en cassant le lien avec le travail dans le cadre d’ une économie assistée envisagée par certains économistes.(C.F. Revenu universel).

          Les » boomers « sans cesse vilipendés ont connu pour la plupart,souvent dés leur adolescence, les RÉALITÉS de cette valeur travail qu’il serait temps de réhabiliter.

          Certains ayant accédé aux responsabilités ont travaillé sans compter avec compétence durant plusieurs dizaines d’années pour assurer une confortable retraite.

          Leur niveau de vie n’est donc pas le fait du hasard ou de l’assistanat comme semblez l’indiquer,mais avant tout de l’incontournable valeur travail que l’on ne saurait ignorer, seule capable de création de richesses.

          https://www.lesechos.fr/2017/12/ma-priorite-cest-lemploi-180317

          • vous parlez de la valeur travail auquels etaient confronté des boomers.
            C est vrai, j etais enfant dans les annees 70 (je suis un quasi boomer car ne juste apres 65). J ai vu des gens refuser de partir en retraite car ca voulait dire qu ils n etaient plus bon a rien
            Mais ces gens n etaient pas des boomers mais la generation d avant (né en 1910-1920)
            Les boomers eux se sont battus pour partir a 60 ans voir a 50 ans dans certains cas et ont inventé la societe des loisirs
            Ils ont completement devalorisé le travail en le taxant a mort afin de payer leurs soins medicaux et pensions de retraite
            Lisez le lien que j ai mit ci dessus: en restant a la maison un retraité vit mieux que celui qui l enourrit par son travail ?
            Comment voulez vous rehabiliter le travail si la personne comprend bien qu il est plus remunerateur de rester chez lui ?

            • @cd,

              L’avènement de la société de consommation et de « loisirs », qui ne l’oubliez pas représente aujourd’hui en France un secteur économique essentiel, et pour lequel il existe une pénurie de main-d’œuvre,(!),a largement démontré qu’une économie de marché pouvait permettre pour chacun de bénéficier des fruits de son travail, représentant un signe évident de progrès.

              Il existe donc une suite logique et une complémentarité entre le concept de valeur travail et de société de loisirs, résultat d’une création de richesse par le travail.

              Exercer un travail avec compétence et constance,ou d’écrasantes responsabilités durant plusieurs décennies ne vont pas de soi, et écarte toute idée d’argent facile ou d’assistanat !

              Comment voulez-vous réhabiliter le travail en oubliant la primauté des compétences et de l’effort permanent d’adaptation qui sont impérativement nécessaires et différents selon les individu,indépendamment d’autres sujets couramment évoqués ?

              Je trouve légitime que l’on puisse librement récolter les fruits de son travail quelque soit son âge, et s’enrichir en fonction de son QI,de son talent,et de ses compétences,ce qui est systématiquement reproché de façon subjective aux « ‘boomers », qui jusqu’à preuve du contraire et dans leur ensemble n’ont en rien démérité.

  • Le problème de base pour moi est le suivant: la complexité est telle (concernant déjà l’existant, concernant une période de transition à mon avis difficilement évitable, concernant ce qu’on veut mettre en place) que l’analyse du problème dans son ensemble est hors de portée d’un cerveau moyen. Seul Dieu pourrait faire cette réforme. Elle ne se fera donc pas, ou si on en fait une, ce sera pire qu’avant.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Après avoir été mis en examen en juillet 2021 pour des faits de « prise illégale d’intérêts » commis dans l’exercice de ses fonctions, le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti a été avisé avant-hier (lundi 3 octobre 2022) qu’il était renvoyé en procès devant la Cour de Justice de la République.

Le même jour, on apprenait qu’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée depuis 2017 et très proche conseiller d’Emmanuel Macron depuis plusieurs années, avait été mis en examen le 23 septembre, également pour « prise illégale d’intérêts... Poursuivre la lecture

Un entretien mené par Matthieu Creson pour la la Revue Politique et Parlementaire. 

 

Pascal Salin est économiste, professeur émérite de l’université Paris-Dauphine, et fut président de la société du Mont-Pèlerin de 1994 à 1996.

Parmi les ouvrages qu’il a publiés, citons notamment La Vérité sur la monnaie (Paris, Odile Jacob, 1990), Libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2000), Français, n’ayez pas peur du libéralisme (Paris, Odile Jacob, 2007), Revenir au capitalisme pour éviter les crises (Paris, Odile Jacob, 2010), La T... Poursuivre la lecture

Suisse
3
Sauvegarder cet article
La réforme de l'AVS (assurance-vieillesse et survivants) passe de justesse

Alors qu'en France on s'interroge sur la procédure à suivre au Parlement – consultations ou passage en force, l'un n'excluant pas l'autre – pour réformer notre système de retraites qui en aurait grand besoin, et qu'on s'achemine vers une confrontation de muscles plutôt que de cerveaux, l'ensemble des Suisses en âge de voter s'est vu conférer le pouvoir de décision en vertu de la Constitution pour un objet et d'une demande de référendum pour l'autre.

(Sou... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles