Derrière la possible quatrième vague sanitaire, la vague autoritaire toujours actuelle

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Même si les éléments circulent de plus en plus pour remettre en question l’utilité sanitaire du confinement et des autres mesures liberticides, règne toujours l’omerta sur le bien-fondé et la légitimité de ces décisions.

Par Olivier Maurice.

Une quatrième vague à la rentrée ? À base de variant indien et de relâchement des gestes barrières pendant l’été ?  

Un quatrième épisode de la même mauvaise série racontant la fin du monde ?  

Un nouveau raz-de-marée épidémique, mais mitigé par la vaccination ?  

Avons-nous des raisons de le craindre ? C’est en tout cas ce que nous prédit le professeur Delfraissy 

Comment y croire et surtout comment l’entendre sans dénicher en bruit de fond la petite musique de l’annonce du retour avec l’automne des mêmes mesures liberticides, autoritaires, vexatoires et absurdes qui marquent notre quotidien depuis plus d’une année ?

N’est-ce pas tout simplement un avant-goût d’un état d’urgence sanitaire qui deviendrait permanent avec l’excuse de la présence  permanente du virus ? 

La France semble compter suffisamment d’hypocondriaques et l’État suffisamment de forcenés du principe de précaution pour que l’on voit déjà s’esquisser le spectre d’un nouvel épisode de gesticulations hygiénistes pour l’automne. 

Au fait, avant la quatrième vague, il s’est passé quoi ?

Il ne faut malheureusement pas compter sur la période estivale pour opérer un débriefing des événements des 18 derniers mois. Trop contents de retrouver leur apéro et leurs cacahuètes, les Français ont autre chose à penser que de s’interroger sur l’utilité ou non des mesures qui ont empêché tout le monde de vivre pendant un an et demi. 

Et puis, ce serait questionner le prix exorbitant de la meilleure stratégie  au monde. Déjà qu’il a fallu digérer l’effondrement lamentable du meilleur système de santé du monde que celui-ci nous envie, il ne faudrait pas de plus se rendre à l’évidence que l’on a confiné, enfermé, isolé, déprimé, licencié, ruiné, endetté tout le pays pour rien. 

Pour rien, ou même peut-être pour faire pire que mieux. Les éléments factuels commencent effectivement à arriver les uns après les autres pour étayer la thèse selon laquelle les mesures hygiénistes n’auraient absolument pas diminué l’impact sanitaire du virus, loin de là. 

Le naufrage d’Antony Fauci

Mais il est encore trop tôt pour entrer dans cette polémique. Surtout que depuis le début, celle-ci a pris un tour très politique, en particulier aux États-Unis où l’affaire est loin de s’arranger, l’alter ego américain et grand inspirateur du professeur Delfraissy, Antony Fauci est actuellement à la fois au cœur d’un scandale de rétention d’informations présumé sur l’origine du virus et devenu le symbole du mal absolu pour toute une partie de l’Amérique. 

Avec le départ de Donald Trump, le soufflé médiatique est largement retombé en France et il faudra sans doute pas mal de temps pour que les tempêtes qui secouent actuellement les États-Unis arrivent dans l’Hexagone. Les doutes sur l’utilité des mesures sanitaires attendent de moins en moins en embuscade derrière la lapidation publique d’Antony Fauci à laquelle se livre joyeusement le camp républicain. Peu de doute que cette histoire continuera de se dérouler pendant l’été. 

Il y a quand même des questions à se poser sur quelqu’un (Antony Fauci) qui a déclaré publiquement que les vaccins protègent mieux que le fait d’avoir déjà contracté la maladie, surtout quand on ne compte plus le nombre de personnes vaccinées ayant quand même été malades par la suite, alors que les cas de seconde infection restent au niveau de l’anecdotique, voire carrément de l’exception ou de la possible erreur de diagnostic. 

La question est de savoir s’il existe en France une volonté ou un intérêt à réserver au médecin chef français le même lynchage public que celui que subit le Chief Doctor aux USA et si le passager Delfraissy risque ou non de couler avec le bateau Fauci.  

Difficile de dire si cette histoire (qui est loin de s’arrêter) aura des répercussions en France et l’impact que tout cela aura sur l’aura qui a illuminé et continue d’illuminer le camp hygiéniste français. 

L’éclairage médiatique permettra peut-être quand même de faire enfin comprendre aux cocardiers indécrottables que non, la France ne fait pas mieux que les États-Unis parce qu’elle a choisi une autre stratégie, mais que depuis le début, par la voix du fameux « conseil scientifique » elle ne fait que répéter bêtement ce que raconte le responsable sanitaire à la Maison Blanche.

Encore faudrait-il que ceux-ci comprennent que les États-Unis ne sont pas un pays jacobin avec un chef suprême tout en haut, mais cela est une autre histoire…

Quatrième vague : l’enjeu complotiste

Un autre élément risque de compliquer encore plus l’analyse nécessaire des mesures prises dans l’urgence : le calendrier électoral et l’inévitable procès en respectabilité auquel vont se livrer les divers candidats. 

Car si aux États-Unis, la droite a depuis quelques années totalement retourné le débat et joue, à l’instar des gouverneur de Floride, du Texas et de ceux des grandes plaines, à fond la carte de la liberté, la droite française (au sens très large) ne semble pas prête de tourner le dos à l’escalade de mesures étatiques, centralisatrices et coercitives qu’elle se livre avec la gauche depuis l’élection de François Mitterrand. 

La nébuleuse, baptisée complotiste, qui s’est opposée aux mesures sanitaires ou qui a réclamé des alternatives au choix cornélien imposé (soit doliprane, soit réanimation) a été dès le début de l’épidémie rejetée et conspuée par tous les candidats probables à la présidentielle susceptibles de rassembler plus de 10 % des voix.  

La seule inconnue reste le choix du candidat des Républicains. Le parti (opportunément ou malencontreusement) n’a en effet toujours pas désigné de candidat, ni même de candidats à la candidature et le brouillard ne sera semble-t-il pas levé avant l’hiver. Si ce retard de calendrier est voulu, (ce qui reste à démontrer) c’est en tout cas très intelligent, car cela forcera le candidat-Président à faire un choix très engageant à la rentrée : 

  • Soit continuer à soutenir la ligne hygiéniste et à mitiger le ras-le-bol d’une partie de la population avec le sauve-qui-peut de l’autre camp. 
  • Soit offrir au peuple les têtes d’Olivier Véran et de Jean-François Delfraissy et se poser en sauveur de la liberté. 

Ne nous laissons pas abuser, les états-majors des partis sont quant à eux tout à fait conscient que les très infréquentables, mais « heureusement très rares » complotistes et autres contrevenants aux mesures sanitaires, ne sont en fin de compte que très, très loin d’être aussi rares que cela et qu’ils représentent en réalité une part plus que significative de l’électorat. 

Personne n’a donc intérêt pendant l’été d’aller ouvrir les poubelles des mesures sanitaires, à part peut-être le parti de Christian Jacob qui est le seul à compter quelques membres à s’être ouvertement, même timidement, opposé aux mesures restrictives ou, à l’instar du maire de Cannes, à avoir fortement critiqué la dérive bureaucratique 

Continuer, encore et encore …

Malgré tous les appels répétés des libéraux sur les divers médias qui leur donnent un peu de visibilité, le devant de la scène est toujours monopolisé par les ténors de l’État omnipotent qui veulent absolument prouver par tous les moyens que le Léviathan sert à quelque chose. 

Même si les éléments circulent de plus en plus pour remettre en question l’utilité sanitaire du confinement et des autres mesures liberticides, règne toujours l’omerta sur le bien-fondé et la légitimité de ces décisions qui ont été martelées comme étant la voix de l’immense majorité. 

Même si en réalité les mesures sanitaires n’ont été que très lointainement suivies, la contrition règne toujours. Quoi de plus beau en effet que de souffrir pour aider les autres ? 

Entre le peu de chances qu’un réel débat contradictoire se produise pour faire le bilan de la stratégie hygiéniste, règne toujours un profond et bien hypocrite manque d’intérêt pour des mesures que chacun arrange, il faut le dire, bien un peu comme il veut…

Entre l’instrumentalisation politique qui ne manquera pas de se produire en période électorale et surtout le manque flagrant, à la fois de morale, d’honnêteté, de doutes et d’empathie dont ont fait preuve jusqu’à présent l’obèse machine administrative et sanitaire…  

Il y a malheureusement fort à parier que la bonne volonté des citoyens français à avaler les couleuvres les unes après les autres ne suffise pas pour que l’on évite a minima un mauvais épisode d’hystérie pseudo-apocalyptique en septembre, a maxima une pérennisation de l’infantilisation et de la mise en servitude assumée sous couvert d’excuse sanitaire. 

« Vous croyez qu’en obéissant tout ça va s’arrêter… alors que c’est parce que vous obéissez que ça continue. » 

 

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